Ce que le jury attend
Dans la phase d'étude de la langue de la première épreuve écrite, le candidat doit analyser le groupe circonstanciel d'une phrase, reconnaître un complément circonstanciel, le nommer selon le sens qu'il apporte (lieu, temps, cause, manière), et le distinguer d'un complément d'objet. Le programme de cinquième demande d'identifier les compléments circonstanciels de lieu, de cause, de temps et de manière, « en utilisant des manipulations syntaxiques » ; celui de quatrième ajoute les compléments d'opposition et de condition.
Le complément circonstanciel : une information sur l'événement
Dans la phrase, le groupe sujet et le groupe verbal forment un ensemble. Le complément circonstanciel donne une information sur cet ensemble : le lieu, le moment, la cause ou la manière de l'événement décrit (niveau I, p. 17 ; niveau II, p. 89). Eduscol le définit par opposition au complément d'objet : celui-ci est lié au sens du verbe, alors que le complément circonstanciel n'entretient avec le verbe aucun rapport de sens nécessaire (niveau I, p. 17).
Complément circonstanciel : complément facultatif, déplaçable, qui apporte une information complémentaire sur l'événement décrit par le groupe sujet et le groupe verbal. Dans la formule d'Eduscol, la phrase s'écrit P = [GS + GV] (+ GC) : le groupe circonstanciel (GC) est entre parenthèses, car il est facultatif (niveau I, p. 17).
Le groupe circonstanciel se reconnaît à deux tests. Il est facultatif : on peut le supprimer sans que la phrase devienne agrammaticale. Il est déplaçable : on peut le mettre en tête de phrase, ou le placer entre le sujet et le verbe.
- Le facteur distribue le courrier à huit heures. : le groupe à huit heures est complément circonstanciel de temps. On peut écrire À huit heures, le facteur distribue le courrier, ou Le facteur distribue le courrier.
- Le facteur distribue le courrier dans le quartier. : le groupe dans le quartier est complément circonstanciel de lieu.
Le complément d'objet ne se déplace pas
Le complément d'objet fait partie du groupe verbal, et il ne peut pas être déplacé en tête de phrase. Eduscol donne l'exemple agrammatical « *Le courrier le facteur distribue à huit heures » (niveau I, p. 17). Le test du déplacement sépare donc les deux fonctions, comme le test de la suppression.
Une difficulté tient à la préposition. Dans Le facteur va à Paris, le groupe à Paris est un complément d'objet indirect : le verbe aller appelle un point d'arrivée, et le complément est obligatoire. Dans Le facteur travaille à Paris, la même préposition introduit un complément circonstanciel, qui informe sur le lieu de l'activité (niveau II, p. 92).
Eduscol signale aussi des cas intermédiaires. Dans À Paris, Alice travaille à la réussite de l'entreprise, le groupe à la réussite de l'entreprise est un COI ; le groupe à Paris est un complément circonstanciel, qui peut être remplacé par une autre circonstance (Depuis un an, Alice travaille à la réussite de l'entreprise) (niveau II, p. 92).
Erreur fréquente : classer tout groupe prépositionnel de lieu comme complément circonstanciel. Un groupe de lieu peut être COI quand le verbe l'impose, comme dans aller à Paris. Le test de la mobilité et celui de la suppression permettent de trancher.
Les formes du complément circonstanciel
La fonction peut être assurée par quatre familles de groupes : le groupe nominal prépositionnel (GNP), le groupe nominal (GN), l'adverbe et la proposition subordonnée (niveau I, p. 17 ; niveau II, p. 89). Eduscol ajoute des formes non verbales ou non conjuguées : le groupe infinitif prépositionnel, le gérondif et la proposition participiale (niveau II, p. 89-90).
- GNP : à huit heures, dans le quartier, avec patience, malgré la pluie ;
- GN : le matin, cette année ;
- adverbe : aujourd'hui, ici, patiemment ;
- proposition subordonnée : quand le jour se lève, parce que c'est son métier, si tout va bien ;
- groupe infinitif prépositionnel : avant de partir, pour gagner sa vie ;
- gérondif : en se dépêchant, en roulant trop vite ;
- proposition participiale : Le jour levé, le facteur distribue le courrier (niveau II, p. 90).
Les types de compléments circonstanciels
Une fois la fonction reconnue, on distingue les compléments selon leur sens. Eduscol souligne que cette identification sémantique reste secondaire par rapport à l'identification syntaxique de la fonction (niveau II, p. 89).
- temps : le matin, à huit heures, aujourd'hui, quand le jour se lève (niveau I, p. 18) ;
- lieu : dans le quartier, ici (niveau I, p. 18 ; niveau II, p. 91) ;
- cause : à cause des conditions météorologiques, parce que c'est son métier (niveau I, p. 18) ;
- conséquence : au point de nuire à la qualité de son travail ; de sorte qu'il termine sa tournée (niveau II, p. 91) ;
- manière : avec patience, patiemment, en se dépêchant (niveau II, p. 91) ;
- moyen ou accompagnement : avec un stylo plume (êtres inanimés) ; avec une collègue (êtres animés) (niveau II, p. 91) ;
- but : pour gagner sa vie, pour que le courrier soit distribué (niveau II, p. 91) ;
- hypothèse : en cas de besoin, si tout va bien (niveau II, p. 92) ;
- concession, que le programme nomme opposition : malgré la pluie, bien qu'il pleuve (niveau II, p. 92 ; BO 2026, quatrième : « complément circonstanciel d'opposition ») ;
- condition : à condition de recruter un facteur (niveau II, p. 92 ; BO 2026, quatrième : « complément circonstanciel de condition »).
Eduscol rappelle qu'un grand nombre des exemples de compléments circonstanciels donnés dans sa terminologie peuvent aussi être analysés comme des compléments circonstanciels du verbe (niveau II, p. 92, note 27). La classe sémantique est donc un repère, non une preuve : la preuve tient à la suppression et au déplacement.
- Il a échoué à son examen tout en n'ayant commis aucune infraction grave. : le gérondif tout en n'ayant commis aucune infraction grave est complément circonstanciel de concession (niveau II, p. 92).
- Il s'est rendu malade pour avoir trop mangé. : le groupe infinitif prépositionnel pour avoir trop mangé est complément circonstanciel de cause (niveau II, p. 91).
Pièges à éviter
- Confondre le COI et le complément circonstanciel. Le COI est appelé par le verbe ; le complément circonstanciel ne l'est pas. Dans Le facteur va à Paris, le groupe à Paris est un COI, car le verbe aller l'impose.
- Prendre un groupe prépositionnel du nom pour un complément circonstanciel. Un groupe comme de midi dans le train de midi précise un nom : c'est un complément du nom, à l'intérieur d'un groupe nominal.
- Dire qu'un complément circonstanciel complète le verbe. Eduscol écarte cette analyse : le complément circonstanciel donne une information sur l'ensemble [GS + GV] (niveau II, p. 92).
- Croire que la préposition décide. Une même préposition, comme à, peut introduire un COI ou un complément circonstanciel. Le sens du verbe et les tests tranchent.
- Le complément circonstanciel donne une information sur l'événement décrit par [GS + GV] ; il est facultatif et déplaçable.
- Il n'est pas appelé par le verbe : c'est ce qui le distingue du COD et du COI.
- Il peut être un GNP, un GN, un adverbe, une proposition subordonnée, un groupe infinitif prépositionnel, un gérondif ou une participiale.
- Son sens (temps, lieu, cause, manière, but, hypothèse, concession, condition) vient après sa fonction, qu'on établit par les tests.
Pour aller plus loin
Les propositions subordonnées circonstancielles, qui ont toujours cette fonction, sont présentées dans la fiche sur la proposition subordonnée circonstancielle. Pour distinguer le complément circonstanciel du complément d'objet, voir la fiche sur les compléments d'objet. La phrase simple et la phrase complexe, qui distinguent une proposition unique d'une proposition subordonnée, sont présentées dans la fiche sur la phrase simple et la phrase complexe. Lorsqu'un complément circonstanciel est introduit par une préposition dans un groupe nominal, il peut être confondu avec un complément du nom : la fiche sur le groupe nominal distingue les deux fonctions.
Pour vous entraîner, des exercices corrigés reprennent ces tests, et un quiz de révision porte sur les mêmes notions.