Ce que le jury attend
Dans la phase d'étude de la langue, le candidat doit reconnaître une proposition subordonnée complétive, la délimiter, analyser sa fonction dans la principale et la distinguer d'une relative. Le programme de quatrième demande d'identifier les fonctions des propositions subordonnées conjonctives. Eduscol ajoute la distinction avec la relative : le pronom relatif a une fonction, la conjonction de subordination non.
Une proposition introduite par « que »
La proposition subordonnée conjonctive complétive est introduite par la conjonction de subordination que. Eduscol distingue aussi la proposition subordonnée interrogative totale, introduite par si : Je me demande s'il fera beau (niveau II, p. 55-56).
Proposition subordonnée conjonctive complétive : proposition introduite par la conjonction de subordination que, qui peut occuper une fonction nominale dans la principale : sujet, attribut, COD, complément du nom, apposition.
Le mot « complétive » ne signifie pas que la proposition est nécessairement complément : Eduscol le précise en note (niveau II, p. 55). Il s'agit d'une dénomination de la terminologie, qui tient à la conjonction qui l'introduit.
- Il pense que la pluie cessera. : la complétive que la pluie cessera est COD du verbe pense (niveau II, p. 55).
- Qu'il arrive tard est gênant. : la complétive est sujet du verbe est (niveau II, p. 55).
- Son désir est que tu viennes. : la complétive est attribut du sujet (niveau II, p. 55).
- L'idée que tu partes m'inquiète. : la complétive est complément du nom idée (niveau II, p. 55).
Les fonctions de la complétive
Eduscol énumère six fonctions possibles pour la conjonctive (niveau II, p. 55) :
- sujet : Qu'il arrive tard est gênant ;
- attribut du sujet : Son désir est que tu viennes ;
- COD : Il pense que la pluie cessera ;
- complément du verbe impersonnel : Il faut que tu partes ;
- complément du nom : L'idée que tu partes m'inquiète ;
- apposition : Il ne veut qu'une chose : que tu réussisses.
Le COD est une des fonctions les plus fréquentes. Eduscol place la complétive COD parmi les natures possibles du complément d'objet, aux côtés des pronoms, des groupes infinitifs et des propositions subordonnées (niveau II, p. 85).
Erreur fréquente : traiter tout « que » comme un pronom relatif. Dans Je crois que vous avez raison, « que » n'a pas d'antécédent et n'a pas de fonction dans la subordonnée : c'est une conjonction. Eduscol précise que, dans une complétive ou une circonstancielle, la conjonction de subordination n'a pas de fonction (niveau II, p. 53).
Distinguer la complétive de la relative
La distinction est au cœur de l'analyse. La relative est introduite par un pronom relatif qui a un antécédent dans la principale et une fonction dans la relative : L'homme que tu as vu est un ami, où que est COD de voir et reprend l'homme. La complétive est introduite par une conjonction : Je sais que tu viens ne contient aucun antécédent pour que (niveau II, p. 53, 59).
Pour identifier une complétive :
- repérer le mot introducteur : « que » ou « si » ;
- vérifier s'il reprend un nom ou un groupe nominal de la principale : si oui, c'est un pronom relatif, et la proposition est une relative ;
- si le mot n'a pas de fonction dans la subordonnée, c'est une conjonction : la proposition est une complétive ;
- nommer la fonction de la proposition dans la principale (sujet, COD, attribut, complément du nom, apposition).
Le cas de l'interrogative totale
La proposition subordonnée interrogative totale est introduite par si. Elle équivaut à une question directe à laquelle on peut répondre par « oui » ou « non » : Je me demande s'il fera beau correspond à Fera-t-il beau ? (niveau II, p. 56). Elle est le plus souvent COD : dans Je me demande s'il fera beau, la subordonnée est COD du verbe demander (niveau II, p. 56).
Le si de l'interrogative totale n'est pas le si de la condition : Il viendra si tout va bien est une subordonnée circonstancielle d'hypothèse. La notion de l'interrogation indirecte est traitée à part.
Pièges à éviter
- Confondre « que » conjonction et « que » pronom relatif. Le relatif reprend un nom et a une fonction ; la conjonction n'a pas de fonction.
- Croire que la complétive est toujours complément. Elle peut être sujet ou attribut (niveau II, p. 55).
- Confondre « si » de l'interrogation indirecte et « si » de la condition. Le premier introduit une question, le second une hypothèse.
- La complétive est introduite par la conjonction que, ou par si dans l'interrogation totale.
- Elle peut être sujet, attribut, COD, complément du verbe impersonnel, complément du nom ou apposition.
- Que conjonction n'a pas de fonction ; que pronom relatif reprend un antécédent et a une fonction.
Pour aller plus loin
La distinction entre complétive et relative repose sur le pronom relatif, présenté dans la fiche sur la proposition subordonnée relative. Les compléments d'objet, dont le COD peut être une complétive, sont traités dans la fiche sur les compléments d'objet. La subordination en général, avec la phrase complexe, est présentée dans la fiche sur la phrase simple et la phrase complexe. Le pronom qui reprend ou remplace une complétive est traité dans la fiche sur les pronoms.
Pour vous entraîner, des exercices corrigés reprennent ces analyses, et un quiz de révision porte sur les mêmes notions.