Ce que le jury attend
Dans l'étude de la langue du cycle 4, le candidat doit accorder le déterminant et l'adjectif avec le nom, et expliquer le cas qui fait hésiter : une couleur, une apposition, un « tout » ou un « quelque ». Il s'agit de nommer la fonction du mot accordé, puis de justifier la forme choisie.
La règle de base
Le déterminant et l'adjectif qualificatif s'accordent avec le nom qu'ils déterminent ou qualifient (Eduscol, référentiel de correction, cycle 3, PDF p. 4). La Terminologie grammaticale précise que l'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte (TG, p. 38).
Adjectif épithète : expansion du nom, qui le qualifie directement dans le groupe nominal. Adjectif attribut du sujet : rattaché au sujet par un verbe attributif, comme être. La TG range l'épithète parmi les expansions du nom (p. 19) et traite l'attribut du sujet à part (p. 16).
- Une cuisine spacieuse et claire : les deux adjectifs sont épithètes du nom cuisine, féminin singulier.
- Les deux sœurs sont attentives : l'adjectif est attribut du sujet les deux sœurs et s'accorde avec lui (féminin pluriel).
Le programme de 5e demande de « maîtriser les chaines d'accord du groupe nominal en développant son raisonnement » ; celui de 4e vise le fonctionnement de ces chaînes avec un déterminant indéfini. Les sources versées ne définissent pas la chaîne d'accord : cette fiche ne propose donc pas de définition, et s'en tient aux cas que l'Académie détaille.
Les couleurs
L'Académie française traite ce cas sous le titre « Couleur : accord de l'adjectif et du nom ».
- Les adjectifs simples de couleur s'accordent : des chaussures noires, des lacs verdâtres.
- Les noms communs employés comme adjectifs de couleur sont invariables : des chaussures marron. On peut y voir une ellipse : de la couleur du marron.
- Quatre exceptions sont traditionnellement relevées : rose, mauve, pourpre et écarlate restent variables. Fauve et incarnat, adjectifs d'origine, sont variables aussi.
- Les formes complexes sont invariables : des yeux bleu-vert, des pulls vert pâle.
Le piège le plus fréquent consiste à accorder marron ou vert pâle. Le nom de couleur reste invariable, et la couleur composée aussi.
L'apposition
Au pluriel, un nom mis en apposition à un autre nom, comme dans danseuse étoile ou film culte, ne varie que s'il est possible d'établir une relation d'équivalence entre les deux noms. L'Académie française le formule à partir de la phrase « Les danseuses étoiles regardent des films culte ».
- Des recettes phares : les recettes ne sont pas des phares, il n'y a pas d'équivalence : phares reste invariable.
- Des joueuses vedettes : les joueuses sont des vedettes, il y a équivalence : vedettes varie.
« Avoir l'air »
Le sens du verbe commande l'accord (Académie française, « Avoir l'air : « Elle a l'air malin » ou « Elle a l'air maligne » ? »).
- Quand air garde son sens plein, l'adjectif est épithète du mot air et s'accorde avec lui : avoir l'air noble, l'air martial.
- Quand avoir l'air est une locution figée qui signifie « sembler, paraître », l'adjectif est attribut et s'accorde avec le sujet : Elle a l'air méfiante.
« Tel » et « tel que »
L'Académie française distingue deux emplois (« Tel / Tel que (accord) »).
- Dans tel que, tel s'accorde avec le nom qui le précède : les oiseaux migrateurs, tels que la cigogne.
- Tel placé avant le terme de comparaison s'accorde avec le terme qui suit : L'élève en retard, telle une flèche, traverse la cour.
« Quelque »
« Quelque », en un seul mot, est un adjectif indéfini qui s'accorde en nombre avec le nom (« Quelque, quelque…que, quel que »).
- Au singulier, il marque une indétermination sur l'identité ou la quantité : quelque personne qui soit de cet avis.
- Au pluriel, il indique un nombre indéterminé et peu considérable : quelques minutes.
« Tout » adverbe
Devant un adjectif féminin, « tout » adverbe s'écrit « toute » ou « toutes » lorsque l'adjectif commence par une consonne, et reste « tout » devant une voyelle (« Tout étonnée, mais toute surprise »).
- Elle est restée toute surprise : « surprise » commence par une consonne, « toute » s'accorde.
- Elles sont restées tout étonnées : « étonnées » commence par une voyelle, « tout » reste invariable.
« Leur » et « leurs »
Quand un nom désigne un objet que plusieurs personnes possèdent chacune, l'usage hésite entre le singulier et le pluriel, selon que l'on pense à l'exemplaire de chacun ou à l'ensemble des exemplaires (Académie française, « Leur chapeau ou leurs chapeaux ? »). Les deux formes sont attestées chez de bons auteurs : il n'y a pas, ici, une réponse unique à donner.
- Le déterminant et l'adjectif s'accordent avec le nom qu'ils déterminent ou qualifient.
- Un nom de couleur et une couleur composée restent invariables ; les couleurs simples s'accordent.
- L'apposé varie seulement s'il y a une relation d'équivalence avec le nom auquel il est apposé.
- « Avoir l'air » : l'adjectif s'accorde avec air au sens plein, avec le sujet au sens figé.
- « Tout » adverbe devient « toute » devant une consonne, reste « tout » devant une voyelle.
Pièges à éviter
- Accorder un nom de couleur. Des chaussures marron ne prend pas de s.
- Confondre apposition et épithète. Dans des joueuses vedettes, l'accord dépend de la relation d'équivalence, non de la place du mot.
- Appliquer la règle de « tout » à l'aveugle. La forme dépend de la lettre initiale de l'adjectif féminin.
Pour aller plus loin
Cette fiche ne traite pas l'accord de l'adjectif avec des noms de genres différents, ni les mots demi, nu, feu, même et chacun : le programme ne les détaille pas, et la fiche ne les développe pas.
Sur la nature des sources : l'Académie française fait autorité en matière de langue, sans être un texte réglementaire. Les pages Eduscol sont des ressources d'accompagnement : la règle de base est donnée pour le cycle 3, et le programme de cycle 4 demande une maîtrise plus large.
Les notions voisines sont le groupe nominal, l'attribut du sujet et l'accord du verbe avec le sujet.