Maritime & Portuaire

Fiche Métier : Soudeur Scaphandrier Offshore

Le soudeur scaphandrier offshore est l'un des métiers les mieux rémunérés et les plus rares en France : il intervient sous l'eau pour souder, inspecter ou réparer des structures offshore (plateformes pétrolières, éoliennes, pipelines, ouvrages portuaires). Métier extrême, accessible après une formation INPP et plusieurs années d'expérience.

Combien gagne un Soudeur Scaphandrier Offshore ?

Grille de salaire, TJM et primes.

Voir le salaire

Quelle formation pour devenir Soudeur Scaphandrier Offshore ?

Diplômes, études et cursus.

Voir les études
Publicité
Illustration des missions du métier : Soudeur Scaphandrier Offshore dans l'industrie

Mis à jour le

Soudeur scaphandrier : le métier en une phrase

Profession rare et spécialisée, au carrefour du soudage industriel et de la plongée professionnelle. Interventions dans des environnements immergés pour maintenir, réparer ou construire des structures offshore.

Définition

Le soudeur scaphandrier offshore réalise des opérations de soudage, découpe et montage sous l'eau, le plus souvent sur des installations maritimes (plateformes pétrolières, parcs éoliens, coques de navires, ouvrages portuaires). Il travaille soit en "wet welding" (soudage directement sous l'eau), soit en environnement sec via un habitat ou une cloche (soudage en caisson/habitât) pour des interventions à pression. Son activité combine des compétences en plongée professionnelle, en techniques de soudage spécifiques et en sécurité offshore.

Missions principales

  • Préparer et exécuter des soudures et découpes sous l'eau (réparations de structures, renforts, assemblages).
  • Contrôler l'état des pièces avant et après intervention (nettoyage, sondage, inspection visuelle).
  • Respecter et appliquer les procédures de sécurité et les consignes de décompression.
  • Rédiger des rapports d'intervention et des dossiers de conformité / traçabilité du soudage.

Missions secondaires

  • Participation aux opérations de levage et de positionnement d'éléments immergés.
  • Maintenance et contrôle du matériel de plongée et de soudage.
  • Formation et encadrement de plongeurs moins expérimentés ou d'équipes de maintenance.

Compétences techniques

  • Maîtrise des procédés de soudage adaptés au travail immergé (électrode enrobée, air-arc, oxycoupage, procédés en habitat).
  • Lecture de plans et nomenclatures, capacité à tracer et préparer pièces métalliques.
  • Connaissance des matériaux (aciers, inox), des corrosions en milieu marin et des traitements de surface.
  • Inspection post-soudage et contrôle non destructif basique (visuel, ressuage selon son niveau).
  • Certains environnements exigent des connaissances en hyperbarie, procédures de décompression et utilisation de cloches/caissons.
  • Maintenance du matériel de plongée et des installations de soudage offshore.
  • Utilisation d'outils spécifiques : torches, générateurs, alimentations de soudage, pincettes, kits d'étanchéité.

Compétences humaines

  • Capacité à travailler en équipe et à communiquer clairement dans un environnement bruyant et contraint.
  • Sang-froid, rigueur et gestion du stress — la sécurité prime à chaque instant.
  • Autonomie et sens de l'observation pour anticiper les risques.
  • Adaptabilité : rotations longues, météo et contraintes logistiques.

Environnements de travail & secteurs

Principaux environnements :

  • Plateformes pétrolières et gazières offshore.
  • Parcs éoliens offshore (construction et maintenance).
  • Chantiers navals et coques de navires.
  • Ouvrages portuaires, ponts immergés, conduites et pipelines.
  • Interventions d'urgence (fuites, collisions, renforts structurels).

Outils, machines et technologies

  • Équipements de plongée professionnelle : casque ou système full-face, alimentation surface (surface-supplied diver), cloche de plongée, caisson hyperbare.
  • Postes de soudage adaptés (générateurs, alimentation continues ou pulsées) et électrodes spécifiques pour milieu humide.
  • Outils de découpe (oxy-coupe, air-arc), meuleuses étanches et outillage portatif renforcé.
  • Matériel de contrôle : caméras subaquatiques, ROV (véhicules sous-marins téléguidés) en assistance, instruments de mesure et détecteurs de fuite.

Comment devient-on soudeur scaphandrier ?

Deux compétences à acquérir séparément, et dans cet ordre : d'abord le soudage, par un CAP ou un bac professionnel de chaudronnerie complété de qualifications de soudeur ; ensuite la plongée professionnelle, par un certificat d'aptitude à l'hyperbarie et un titre de scaphandrier. Le soudage hyperbare proprement dit s'ajoute encore par-dessus, et reste une spécialité rare.

Formation soudeur scaphandrier

Certifications & habilitations

  • Qualification de soudeur selon standards EN/ISO adaptés au code concerné (ex. codes navals ou codes pétroliers) pour réaliser des soudures qualifiées.
  • Certificat médical d'aptitude à la plongée professionnelle et suivis médicaux réguliers.
  • Habilitations offshore type BOSIET / HUET / FOET (formations sécurité hélicoptère, évacuation) selon opérateur.
  • Formations premiers secours (SST, PSE1) et habilitations spécifiques (travail en espace confiné, travail en hauteur, habilitation électrique si nécessaire).
  • Certifications en CND (contrôle non destructif) utiles pour évoluer vers inspecteur.

Évolution de carrière

  • Chef d'équipe scaphandriers / chef de quai.
  • Contrôleur / inspecteur CND spécialisé en soudage sous-marin.
  • Technicien offshore polyvalent, coordinateur sécurité, formateur en soudage/plongée.
  • Transition vers ROV pilotage ou métiers d'ingénierie (après formation supérieure).

Qualités personnelles

  • Robustesse physique et bonne condition cardio-respiratoire.
  • Sérieux, sens des responsabilités et conscience de la sécurité.
  • Bonne coordination motrice et dextérité manuelle.
  • Capacité à rester concentré en situation difficile et isolement temporaire.

Combien gagne un soudeur scaphandrier ?

C'est un des métiers les mieux payés de l'industrie, mais la comparaison avec un salaire classique n'a guère de sens : l'essentiel du revenu vient des indemnités liées aux rotations offshore, qui ne sont pas du salaire, et le travail se compte en jours embarqués plutôt qu'en mois. La grille par niveau, le détail du package et la mise au point sur les montants fantaisistes qui circulent sont traités sur la page dédiée.

Salaire soudeur scaphandrier

Conditions de travail typiques

Publicité
  • Horaires souvent en rotation (ex. 2 à 4 semaines en mer puis repos à terre) ; travail parfois de nuit selon urgences.
  • Rythme physique soutenu, interventions dans des conditions météo difficiles.
  • Mobilité nationale et internationale fréquente ; hébergement à bord ou en base offshore pendant les rotations.
  • Exposition à des risques professionnels (décompression, noyade, brûlures, chutes) avec protocole de prévention strict.

Débouchés et tensions de recrutement

La demande varie selon les cycles économiques et les chantiers offshore. Les périodes d'activité pétrolière génèrent de la demande, mais la transition vers les énergies renouvelables (parcs éoliens) ouvre aussi des opportunités. Le métier reste très spécialisé : il y a régulièrement des besoins pour des profils qualifiés, notamment pour la maintenance d'infrastructures existantes et la construction d'éoliennes offshore. Les tensions existent surtout sur les profils expérimentés et certifiés.

Enjeux actuels

  • Digitalisation & robotisation : recours accru à la télédétection, caméras HD et ROV pour réduire les interventions humaines et augmenter la sécurité.
  • Automatisation : le développement d'outils de soudage robotisés sous-marins et d'outillages à distance modifie certaines interventions.
  • Transition écologique : croissance du secteur éolien offshore : nouveaux types d'interventions, matériaux et exigences environnementales.
  • Sécurité & santé : procédures de sécurité renforcées, suivi médical strict et formation continue obligatoire.
  • Normes & traçabilité : exigences croissantes en matière de qualification des soudures et documentation (CND, conformité aux codes techniques).

Erreurs fréquentes et réalités

  • Mythe : le soudeur scaphandrier passe tout son temps immergé à souder comme dans un film. Réalité : beaucoup de temps consacré à la préparation, à l'inspection, aux vérifications et aux procédures de sécurité ; les interventions sous pression sont planifiées minutieusement.
  • Mythe : n'importe quel soudeur peut devenir scaphandrier rapidement. Réalité : il faut des formations de plongée professionnelle, des habilitations spécifiques et un suivi médical rigoureux ; la courbe d'acquisition d'expérience est longue.
  • Mythe : le métier va disparaître avec les robots. Réalité : la robotisation réduit certains risques et remplace des tâches répétitives, mais les interventions complexes, l'expertise et la prise de décision humaine restent nécessaires.

Conseils pour qui veut se lancer

  1. Commencer par une formation en soudage / chaudronnerie puis compléter par une formation de plongée professionnelle agréée.
  2. Accumuler de l'expérience en métier de la mer ou en chantier naval avant de viser l'offshore.
  3. S'assurer d'un suivi médical régulier et se préparer physiquement (endurance, contrôle corporel).
  4. Se spécialiser (CND, hyperbarie, ROV) pour multiplier les opportunités et sécuriser son parcours professionnel.

Cette fiche présente des informations générales sur le métier de soudeur scaphandrier offshore en France. Les pratiques, rémunérations et certifications peuvent varier selon les entreprises, le secteur (pétrolier, naval, éolien) et la région.

Sources et méthode

  • Code du travail, articles R.4461-1 et suivants — travaux en milieu hyperbare : classes et mentions d'intervention, certificat d'aptitude à l'hyperbarie, aptitude médicale.
  • Arrêté du 21 décembre 2015 — procédures d'accès, de séjour, de sortie et d'organisation du travail pour les interventions en milieu hyperbare exécutées avec immersion (mention A, travaux subaquatiques).
  • NF EN ISO 9606-1 — qualification des soudeurs ; le soudage hyperbare fait l'objet de qualifications spécifiques complémentaires.
  • Indemnités de déplacement et de grand déplacement : barèmes URSSAF des frais professionnels, révisés chaque année.

Page mise à jour le 11 septembre 2026. Les fourchettes de rémunération sont des ordres de grandeur observés sur le marché français ; elles ne constituent ni un barème ni un engagement contractuel.

Tout sur le métier de soudeur Scaphandrier Offshore

Questions fréquentes sur le métier de soudeur Scaphandrier Offshore

Un scaphandrier titulaire du certificat d'aptitude à l'hyperbarie mention A — celle des travaux subaquatiques — également qualifié en soudage. Il combine deux compétences rares : la plongée professionnelle encadrée par le décret n° 2011-45, et le soudage sous l'eau (soudage humide à l'électrode enrobée, ou soudage en caisson sec hyperbare). Il intervient sur les structures immergées et les ouvrages d'art submergés.

Tous les scaphandriers sont des plongeurs professionnels, mais l'inverse est faux. Le scaphandrier réalise des travaux subaquatiques — soudage, découpe, béton, assemblage — là où d'autres plongeurs professionnels interviennent en inspection, en archéologie ou en sciences. Ces activités relèvent de mentions différentes du certificat d'aptitude à l'hyperbarie.

Très : risques d'accidents de décompression, narcose à l'azote (au-delà de 30 m), barotraumatismes, panne de gaz, pollution chimique sous-marine. Les protocoles de sécurité hyperbare sont stricts (Code du travail Art. R. 4461). Mais les statistiques d'accidents graves restent faibles grâce à la formation INPP exigeante.

Oui : les missions offshore sont par nature ponctuelles (campagnes de 1-3 mois), ce qui favorise le statut indépendant. Beaucoup de soudeurs scaphandriers expérimentés alternent salariat (Subsea7, Saipem, Bourbon) et missions freelance via portage ou EURL pour optimiser leur rémunération.

De deux façons. Le soudage en milieu mouillé se pratique directement dans l'eau, avec des électrodes enrobées étanches : rapide, mais la qualité métallurgique reste limitée par le refroidissement brutal. Le soudage hyperbare en caisson sec, lui, isole la zone à souder dans une enceinte mise en pression : c'est plus lourd à mettre en œuvre, et c'est la seule voie pour des soudures à exigence structurelle.

C'est encadré par la réglementation hyperbare, pas par l'endurance du plongeur : durée d'intervention, paliers de décompression et intervalles entre deux plongées dépendent de la profondeur et du mélange respiré. L'entreprise qui dirige les travaux est responsable de cette organisation, y compris de l'équipe d'assistance et des moyens de secours.
Publicité

Autres métiers en Maritime & Portuaire

joxBox

Restez informé des offres !

Newsletter