INRS : anticiper les risques professionnels de demain

INRS 7 vues 05/05/2026

Vieillissement de la population active, transformation numérique, santé mentale, télétravail, transition écologique : la santé-sécurité au travail entre dans une décennie de mutations profondes. L'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), pilier français de la prévention depuis 1947, identifie les risques émergents et oriente la R&D pour anticiper plutôt que subir.

Cette vidéo donne la parole au directeur général de l'INRS qui présente trois grands défis auxquels la prévention doit répondre dans les années à venir. Un éclairage stratégique pour les directions générales, RH, préventeurs HSE, élus CSE et tous les acteurs qui pilotent la santé-sécurité au-delà des obligations courantes.

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Défi n°1 : risques psychosociaux et santé mentale

Les RPS (stress chronique, harcèlement, violences internes ou externes, charge mentale, conflits de valeurs) sont devenus la première cause de souffrance déclarée au travail. La généralisation du télétravail, l'intensification du travail, la porosité vie pro / vie perso amplifient le phénomène. L'INRS pousse une approche systémique :

  • Intégration obligatoire des RPS dans le DUERP (déjà imposée depuis 2008, mais souvent traitée a minima).
  • Prise en compte des RPS dans les projets d'organisation, dès la conception (transformation digitale, restructurations, nouvelles méthodes managériales).
  • Formation des managers de proximité, premier maillon de détection.
  • Politiques de droit à la déconnexion (loi Travail 2016, accords d'entreprise).

Défi n°2 : vieillissement et maintien dans l'emploi

L'âge moyen de départ à la retraite augmente, les carrières s'allongent, la pénibilité doit être pensée sur 40 ans. L'enjeu pour l'industrie : permettre à un opérateur de tenir son poste de 20 à 67 ans sans usure prématurée. Cela passe par :

LevierAction concrète
Ergonomie des postesRéduction des manutentions lourdes, exosquelettes, postes assis-debout réglables
Polyvalence et rotationDiversification des tâches pour éviter les TMS répétitifs
Transitions de carrièreTutorat des juniors, formations bureautiques, reconversion vers la qualité ou les méthodes
Suivi médical renforcéExamens spécifiques après 45 ans (vue, audition, lombalgies, cardio)
Aménagements horairesTemps partiel choisi, retraite progressive, sortie de 3x8 vers le journée
Bon à savoir : le Compte Professionnel de Prévention (C2P) recense l'exposition à 6 facteurs de pénibilité (travail de nuit, équipes alternantes, milieu hyperbare, températures extrêmes, bruit, gestes répétitifs). Il ouvre des droits à formation, temps partiel ou départ anticipé, et structure la politique de prévention de l'employeur.

Défi n°3 : nouveaux risques liés à la transition écologique et numérique

La transformation des outils de production introduit des risques émergents que le DUERP doit intégrer :

  • Nanomatériaux et matériaux composites : exposition à des particules ultrafines dont les effets sanitaires long terme sont mal documentés.
  • Cobotique (robots collaboratifs) : nouvelle interface homme-machine, risques de heurts, charge mentale, sécurité fonctionnelle PLe / SIL3.
  • Filière batteries : risque chimique (électrolyte au lithium), risque thermique (emballement), risque ATEX.
  • Hydrogène : nouveaux risques d'explosion, d'asphyxie, de fuite, encore peu intégrés dans les référentiels.
  • IA et algorithmique RH : surveillance algorithmique, biais de décision, risques psychosociaux liés au management automatisé.

Le rôle institutionnel de l'INRS

L'INRS n'est ni un organisme de contrôle (c'est l'inspection du travail) ni un assureur (c'est la Carsat). C'est un institut technique et scientifique qui :

  • Conduit des programmes de R&D sur les risques émergents (cancérogènes, RPS, agents biologiques).
  • Forme les préventeurs (cycles « Acteur PRAP », formateurs SST).
  • Diffuse des outils gratuits : ED 887 (DUERP), ED 6027 (RPS), ED 6157 (TMS), brochures sectorielles.
  • Conseille les pouvoirs publics et participe à l'élaboration des normes.

Pour aller plus loin

« Anticiper les risques de demain, c'est ne plus traiter la prévention comme une obligation administrative, mais comme un investissement stratégique pour la performance et la résilience de l'entreprise. » – INRS

Source vidéo : INRS

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Questions fréquentes

Trois grandes priorités : RPS et santé mentale, vieillissement de la population active et maintien dans l'emploi, et nouveaux risques liés à la transition écologique et numérique (cobotique, nanomatériaux, batteries, hydrogène, IA RH).

Oui, c'est obligatoire depuis 2008. La loi Santé au travail du 2 août 2021 a renforcé cette exigence en imposant le PAPRiPACT (plan annuel) qui doit traiter les RPS au même titre que les autres risques.

Un dispositif qui recense l'exposition à 6 facteurs de pénibilité (travail de nuit, équipes alternantes, milieu hyperbare, températures extrêmes, bruit, gestes répétitifs) et ouvre des droits à formation, temps partiel ou départ anticipé.

Non. L'INRS est un institut technique et scientifique. Le contrôle relève de l'inspection du travail. La Carsat assure le rôle d'assureur et de conseil. L'INRS publie des guides (ED 887 DUERP, ED 6027 RPS, ED 6157 TMS) et conduit la R&D.

Analyser l'interface homme-machine, les zones de coactivité, les risques de heurt, la charge mentale liée à la surveillance. Vérifier la conformité aux normes de sécurité fonctionnelle (ISO 10218, ISO/TS 15066, EN 62061 SIL2/SIL3, EN ISO 13849 PLd/PLe).

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