Vieillissement de la population active, transformation numérique, santé mentale, télétravail, transition écologique : la santé-sécurité au travail entre dans une décennie de mutations profondes. L'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), pilier français de la prévention depuis 1947, identifie les risques émergents et oriente la R&D pour anticiper plutôt que subir.
Cette vidéo donne la parole au directeur général de l'INRS qui présente trois grands défis auxquels la prévention doit répondre dans les années à venir. Un éclairage stratégique pour les directions générales, RH, préventeurs HSE, élus CSE et tous les acteurs qui pilotent la santé-sécurité au-delà des obligations courantes.
Défi n°1 : risques psychosociaux et santé mentale
Les RPS (stress chronique, harcèlement, violences internes ou externes, charge mentale, conflits de valeurs) sont devenus la première cause de souffrance déclarée au travail. La généralisation du télétravail, l'intensification du travail, la porosité vie pro / vie perso amplifient le phénomène. L'INRS pousse une approche systémique :
- Intégration obligatoire des RPS dans le DUERP (déjà imposée depuis 2008, mais souvent traitée a minima).
- Prise en compte des RPS dans les projets d'organisation, dès la conception (transformation digitale, restructurations, nouvelles méthodes managériales).
- Formation des managers de proximité, premier maillon de détection.
- Politiques de droit à la déconnexion (loi Travail 2016, accords d'entreprise).
Défi n°2 : vieillissement et maintien dans l'emploi
L'âge moyen de départ à la retraite augmente, les carrières s'allongent, la pénibilité doit être pensée sur 40 ans. L'enjeu pour l'industrie : permettre à un opérateur de tenir son poste de 20 à 67 ans sans usure prématurée. Cela passe par :
| Levier | Action concrète |
|---|---|
| Ergonomie des postes | Réduction des manutentions lourdes, exosquelettes, postes assis-debout réglables |
| Polyvalence et rotation | Diversification des tâches pour éviter les TMS répétitifs |
| Transitions de carrière | Tutorat des juniors, formations bureautiques, reconversion vers la qualité ou les méthodes |
| Suivi médical renforcé | Examens spécifiques après 45 ans (vue, audition, lombalgies, cardio) |
| Aménagements horaires | Temps partiel choisi, retraite progressive, sortie de 3x8 vers le journée |
Défi n°3 : nouveaux risques liés à la transition écologique et numérique
La transformation des outils de production introduit des risques émergents que le DUERP doit intégrer :
- Nanomatériaux et matériaux composites : exposition à des particules ultrafines dont les effets sanitaires long terme sont mal documentés.
- Cobotique (robots collaboratifs) : nouvelle interface homme-machine, risques de heurts, charge mentale, sécurité fonctionnelle PLe / SIL3.
- Filière batteries : risque chimique (électrolyte au lithium), risque thermique (emballement), risque ATEX.
- Hydrogène : nouveaux risques d'explosion, d'asphyxie, de fuite, encore peu intégrés dans les référentiels.
- IA et algorithmique RH : surveillance algorithmique, biais de décision, risques psychosociaux liés au management automatisé.
Le rôle institutionnel de l'INRS
L'INRS n'est ni un organisme de contrôle (c'est l'inspection du travail) ni un assureur (c'est la Carsat). C'est un institut technique et scientifique qui :
- Conduit des programmes de R&D sur les risques émergents (cancérogènes, RPS, agents biologiques).
- Forme les préventeurs (cycles « Acteur PRAP », formateurs SST).
- Diffuse des outils gratuits : ED 887 (DUERP), ED 6027 (RPS), ED 6157 (TMS), brochures sectorielles.
- Conseille les pouvoirs publics et participe à l'élaboration des normes.
Pour aller plus loin
- Notre générateur de DUERP intégrant les RPS et la pénibilité
- L'article DUERP : guide pratique 2026
- Notre fiche métier Préventeur HSE et Responsable QHSE
- Les autres vidéos du portail HSE / Sécurité
« Anticiper les risques de demain, c'est ne plus traiter la prévention comme une obligation administrative, mais comme un investissement stratégique pour la performance et la résilience de l'entreprise. » – INRS
Source vidéo : INRS