Tchernobyl, anatomie d'une catastrophe (1/3) – En enfer – ARTE

ARTE 65 vues 07/05/2026

ARTE consacre une série documentaire majeure à Tchernobyl, anatomie d'\\'une catastrophe, structurée en 3 parties : En enfer, Radiation, Rétablissement. Le premier épisode reconstitue avec une précision chirurgicale les heures qui ont suivi l'\\'explosion du réacteur n°4 le 26 avril 1986 — quand quelques dizaines d'\\'opérateurs ont affronté l'\\'inimaginable, et où la Soviétique a basculé d'\\'un mensonge bureaucratique à une catastrophe planétaire.

Cette ressource ARTE de référence donne accès à des images d'\\'archives soviétiques inédites, des témoignages de liquidateurs survivants et une analyse minute par minute. Indispensable pour les ingénieurs nucléaires, formateurs en culture sûreté, historiens de l'\\'industrie et étudiants en école d'\\'ingénieurs énergie.

Publicité

Les premières heures — l'\\'enfer en direct

À 1 h 23 min 47 s, le réacteur n°4 explose. Le toit du bâtiment réacteur (1 000 tonnes de béton) est éjecté. Le cœur, mis à nu, libère du graphite incandescent et des éléments radioactifs dans l'\\'atmosphère. Les premières heures sont marquées par une succession d'\\'erreurs et d'\\'actes héroïques :

  • 1 h 24 : les opérateurs présents en salle de contrôle ne mesurent pas l'\\'ampleur. Le directeur de quart Akimov refuse d'\\'admettre que le réacteur est détruit.
  • 1 h 28 : Vladimir Pravik et son équipe de pompiers de Tchernobyl arrivent. Ils combattront le feu sur le toit du bâtiment 3, à proximité du cœur exposé. 28 d'\\'entre eux mourront en quelques semaines du syndrome aigu de radiation.
  • 2 h 30 : les ingénieurs Toptounov et Akimov sont envoyés ouvrir des vannes — ils marchent dans l'\\'eau radioactive et meurent dans les jours suivants.
  • 9 h 00 : la direction de la centrale informe Moscou. Aucune alerte publique. Pripyat continue sa journée normale, à 3 km du réacteur en feu.
  • 27 avril, 14 h 00 : évacuation de Pripyat, 36 heures après l'\\'explosion. 49 000 habitants évacués en 3 heures. Personne ne reviendra.
Attention : les premiers liquidateurs (pompiers, opérateurs, militaires envoyés sur le site) ont reçu des doses létales en quelques minutes — jusqu'\\'à 15 sieverts pour certains, soit 50 fois la dose létale immédiate. La plupart sont morts dans les semaines suivantes du syndrome aigu de radiation. Leurs corps ont été enterrés dans des cercueils de plomb, à 3 mètres de profondeur sous béton.

L'\\'opération « Liquidation »

Pour empêcher la catastrophe d'\\'empirer, l'\\'URSS a mobilisé des moyens colossaux :

ActionDétail
Hélicoptères largueurs~ 5 000 tonnes de sable, plomb, dolomite, bore et argile largués sur le cœur exposé
Liquidateurs mobilisés~ 600 000 sur 1986-1989 (pompiers, militaires, civils, ingénieurs)
Construction du sarcophage206 jours, 90 000 m³ de béton, terminé en novembre 1986
Décontamination du siteExcavation des sols, abattage de la « forêt rousse », arrosage des routes
Zone d'\\'exclusion (« Zone des 30 km »)2 600 km², toujours interdite en 2024
Coût total URSS~ 18 milliards de roubles (1986), env. 25 % du PIB de la République ukrainienne
Bon à savoir : en 2016, la « Nouvelle Arche de Confinement » a été glissée par-dessus le sarcophage initial — une structure mobile de 36 000 tonnes financée par 45 pays donateurs (1,5 milliard d'\\'euros). Elle est conçue pour contenir le combustible fondu pendant 100 ans, le temps de mettre au point une solution de démantèlement définitif.

Pour aller plus loin

« Tchernobyl, premières heures, c'\\'est l'\\'histoire d'\\'opérateurs qui ne pouvaient même pas concevoir ce qu'\\'ils voyaient. La culture sûreté commence là : pouvoir nommer le pire, sans tabou, pour mieux y répondre. » – ARTE

Source vidéo : ARTE

Publicité

Questions fréquentes

28 pompiers de Tchernobyl ont reçu des doses létales en quelques minutes (jusqu'à 15 sieverts pour certains, soit 50 fois la dose létale immédiate). Ils sont morts dans les semaines suivantes du syndrome aigu de radiation. Leurs corps ont été enterrés dans des cercueils de plomb, sous béton.

Le 27 avril 1986 à 14 h 00, soit 36 heures après l'explosion. 49 000 habitants évacués en 3 heures. Personne n'est jamais revenu vivre dans la zone interdite des 30 km. C'est l'un des aspects les plus critiqués de la gestion soviétique : le mensonge bureaucratique et le retard de l'évacuation.

Environ 600 000 liquidateurs (pompiers, militaires, civils, ingénieurs) sur la période 1986-1989. Ils ont largué 5 000 tonnes de matériaux sur le cœur exposé (sable, plomb, dolomite, bore, argile), construit le sarcophage initial en 206 jours, décontaminé les sols. Beaucoup sont morts ou gravement malades depuis.

Une structure mobile de 36 000 tonnes glissée par-dessus le sarcophage initial en 2016. Financée par 45 pays donateurs (1,5 milliard d'euros). Conçue pour contenir le combustible fondu pendant 100 ans, le temps de mettre au point une solution de démantèlement définitif du réacteur n°4.

Oui. La « Zone des 30 km » autour de Tchernobyl est toujours interdite à l'habitation en 2024 (2 600 km²). Quelques retours d'anciens habitants âgés sont tolérés, mais sans services publics. La forêt rousse (pinède morte par radiation autour du réacteur) reste l'une des zones les plus contaminées.

Vidéos similaires