Comment devenir Ingénieur Procédés (Process) ?

Guide complet des études, diplômes et formations nécessaires.

Publicité
Illustration des études et diplômes pour le métier d'ingénieur Procédés (Process)

Devenir ingénieur procédés (ou process engineer), c'est apprendre à transformer une réaction qui fonctionne en laboratoire en une unité industrielle stable, sûre et rentable. Le socle est le génie des procédés : opérations unitaires, thermodynamique, bilans matière et énergie, sécurité des procédés.

Deux grandes routes mènent au poste : la voie diplôme d'ingénieur ou master (Bac+5), qui reste la référence pour les fonctions de conception et de dimensionnement, et la voie BUT puis admission parallèle ou promotion interne, plus fréquente qu'on ne le croit sur les sites de production.

En bref. Bac général (spécialités maths / physique-chimie) ou technologique STL / STI2D → BUT GCGP (Bac+3) ou cycle préparatoire intégré → école d'ingénieurs en génie des procédés ou master → premier poste entre 36 000 € et 43 000 € brut/an.

Le BUT GCGP : la voie technologique de référence

Le BUT Génie Chimique – Génie des Procédés (GCGP) est un diplôme national de niveau 6 (Bac+3). Il forme à la conception, à la mise en œuvre et à la conduite des opérations de transformation de la matière et de l'énergie par voie physique, chimique et biologique — c'est-à-dire au cœur exact du métier.

Les trois parcours, choisis en 2e année

ParcoursOrientationDébouché naturel
Conception des procédés et innovation technologiqueDimensionnement, design d'unités, développement de procédésBureau d'études, R&D procédés, ingénierie
Contrôle, pilotage et optimisation des procédésConduite d'installation, régulation, performanceProduction, exploitation, méthodes
Contrôle, qualité, environnement et sécurité des procédésMaîtrise des risques, conformité, QHSE procédésSécurité des procédés, qualité, environnement

Admission : sur dossier scolaire, éventuellement complétée de tests ou d'un entretien, pour les titulaires d'un baccalauréat général ou technologique STL ou STI2D. La poursuite d'études vers un Bac+5 (master, diplôme d'ingénieur, voire école de commerce) est prévue par le référentiel — et c'est le chemin le plus courant pour viser un poste d'ingénieur procédés à part entière.

À savoir. Le BUT GCGP mène directement à des postes de technicien supérieur (conduite d'unité, laboratoire, méthodes). Pour le titre d'ingénieur procédés, il faut soit poursuivre en école via admission parallèle, soit accumuler l'expérience terrain puis passer par la formation continue ou la VAE.

Les écoles d'ingénieurs : le réseau Gay-Lussac

La filière est structurée par la Fédération Gay-Lussac, réseau réunissant 20 écoles d'ingénieurs de chimie et de génie des procédés en France. C'est le repère le plus fiable pour identifier une formation reconnue dans le domaine : les écoles y mutualisent leurs cursus et leurs voies d'admission.

Les deux voies d'entrée du réseau

CPI — Cycle Préparatoire Intégré

Deux années de contrôle continu, sans concours à l'issue du cycle.

La réussite du CPI ouvre l'intégration de l'une des 20 écoles du réseau. Une alternative sérieuse à la CPGE pour qui sait déjà viser la chimie et les procédés.

CHEM.I.ST — CPI international

Cycle préparatoire intégré international de 2 ans, proposé par les écoles de Lille, Rennes, Clermont-Ferrand, Pau et Strasbourg.

Ouvert aux étudiants internationaux de bon niveau, il donne accès aux 20 écoles du réseau, où la formation d'ingénieur dure ensuite 3 ans.

Écoles fréquemment citées en génie des procédés

  • ENSIC (Nancy) — génie des procédés et génie chimique.
  • ENSIACET (Toulouse) — génie chimique, génie des procédés et matériaux.
  • ENSGTI (Pau) — génie thermique, énergétique et procédés ; propose le CPI Gay-Lussac.
  • CPE Lyon, ECPM (Strasbourg), écoles de chimie de Lille, Rennes et Clermont-Ferrand.
  • Écoles généralistes avec option procédés : INSA, Polytech, UTC, écoles des Mines.

Côté université, les masters en génie des procédés, génie chimique, procédés industriels ou procédés pour l'énergie et l'environnement constituent l'autre voie Bac+5 reconnue. Pour le détail des programmes, des écoles et des débouchés du niveau master, voir notre dossier dédié : master génie des procédés : programme, écoles et débouchés.

Alternance et admissions parallèles

L'apprentissage est très répandu dans la filière procédés, pour une raison simple : les industries concernées (chimie, pharmacie, agroalimentaire, énergie) ont des sites qui tournent en continu et un besoin permanent de profils déjà acclimatés aux contraintes d'exploitation.

  • Admission parallèle après BUT GCGP ou licence : entrée en cycle ingénieur, souvent en 1re ou 2e année du cycle.
  • Cursus ingénieur en apprentissage : rythme alterné école / site industriel sur les 3 années du cycle.
  • Licences professionnelles en génie des procédés, chimie industrielle, procédés pharmaceutiques ou agroalimentaires — insertion rapide en exploitation ou en bureau d'études.

Un point souvent négligé : l'alternance sur un site classé est l'un des rares moyens d'acquérir, avant le diplôme, une culture réelle de la sécurité des procédés — la compétence qui départage les candidatures.

Reconversion depuis le terrain

Les profils venus de la production, de la qualité, du laboratoire ou de la maintenance évoluent régulièrement vers l'ingénierie des procédés, en particulier dans les secteurs en tension.

La VAE vers un titre d'ingénieur ou un master

La validation des acquis de l'expérience est une voie pertinente pour les chefs d'équipe, responsables d'unité, techniciens méthodes ou de production qui pilotent déjà des projets d'optimisation ou de mise en œuvre de procédés. La clé de réussite du dossier : démontrer une capacité à analyser un procédé — risques, performances, qualité — et à proposer des améliorations argumentées, plutôt qu'à décrire des tâches réalisées.

Certifications qui pèsent réellement

  • Analyses de risques procédés : HAZOP, AMDEC procédé, LOPA — le socle de la sécurité des procédés.
  • Sécurité et réglementation : ATEX (atmosphères explosives), équipements sous pression, procédés thermiques.
  • Simulation de procédés : Aspen HYSYS, Aspen Plus, ProSim — souvent exigés dès l'annonce.
  • Amélioration continue : Lean Six Sigma (Green Belt, Black Belt).
La spécialisation la plus valorisée. L'ingénieur sécurité des procédés (process safety engineer) est le débouché le plus recherché de la filière, notamment sur les sites classés SEVESO où l'étude de dangers est une obligation réglementaire. Voir la fiche du métier et la carte des sites industriels à risque pour identifier les bassins d'emploi concernés.

Le socle technique à maîtriser en sortie d'études

Sciences du procédé
  • Thermodynamique appliquée et équilibres
  • Bilans matière et énergie
  • Opérations unitaires (distillation, extraction, séchage, filtration)
  • Transferts (chaleur, masse, quantité de mouvement)
  • Cinétique et génie de la réaction chimique
Outils et culture industrielle
  • Simulation de procédés (Aspen, ProSim)
  • Sécurité des procédés et HAZOP
  • ATEX et équipements sous pression
  • Lean / Six Sigma, analyse de données
  • Culture QHSE et cadre réglementaire

Débouchés et premier salaire

Les diplômés s'insèrent en bureau d'études, en R&D procédés, en exploitation ou production, et en sécurité des procédés. Les secteurs employeurs : chimie et chimie fine, pharmacie, agroalimentaire, énergie, eau et environnement, matériaux, pétrole et gaz.

ProfilBrut annuel (ordre de grandeur)
Sortie d'études / junior (0–3 ans)≈ 36 000 € – 43 000 €
Confirmé (3–8 ans, pilotage de projets)≈ 43 000 € – 52 000 €
Expert / responsable procédés≈ 52 000 € – 70 000 €, davantage sur les grands sites de chimie fine, pharmacie et énergie

Les primes d'astreinte, d'objectifs ou de projet d'investissement améliorent sensiblement le package, en particulier dans le pétrole et gaz, la chimie lourde et l'énergie. Détail par secteur et par région : salaire de l'ingénieur procédés et simulateur de salaire pharma-chimie.

Fourchettes indicatives de marché, non opposables à un employeur. Seuls le SMIC et les minima de la convention collective applicable au site constituent des planchers contraignants.

Après le diplôme : les trajectoires

Pour la description complète des missions au quotidien, voir la fiche métier ingénieur procédés.

Sources

  • Onisep — fiches du BUT Génie chimique, génie des procédés : niveau de diplôme, compétences visées, parcours de 2e année, conditions d'admission et poursuites d'études. onisep.fr.
  • Fédération Gay-Lussac — réseau des 20 écoles de chimie et de génie des procédés : cycle préparatoire intégré (CPI) et cycle international CHEM.I.ST. 20ecolesdechimie.com.
  • Sites officiels des écoles d'ingénieurs de la filière (ENSIC, ENSIACET, ENSGTI, CPE Lyon, ECPM, INSA, Polytech) pour les cursus et voies d'admission.
  • France Compétences — répertoire national des certifications professionnelles, pour vérifier l'enregistrement d'un diplôme ou d'un titre. francecompetences.fr.
  • INRS et INERIS — références sur la sécurité des procédés, les analyses de risques (HAZOP, LOPA) et la réglementation ATEX. inrs.fr · ineris.fr.

Tout sur le métier d'ingénieur Procédés (Process)

Questions fréquentes – Formation Ingénieur Procédés (Process)

Le socle est le génie des procédés. Deux voies dominent : le BUT Génie chimique-Génie des procédés (niveau 6, bac+3) suivi d'une admission parallèle en école d'ingénieurs, ou un cycle préparatoire intégré puis une école du réseau Fédération Gay-Lussac. Un master universitaire en génie des procédés ou génie chimique constitue l'autre voie bac+5 reconnue.

Le BUT Génie chimique, génie des procédés est un diplôme national de niveau 6 qui forme à la conception, la mise en œuvre et la conduite des opérations de transformation de la matière et de l'énergie par voie physique, chimique et biologique. Trois parcours se choisissent en deuxième année : conception des procédés et innovation technologique ; contrôle, pilotage et optimisation des procédés ; contrôle, qualité, environnement et sécurité des procédés.

La filière est structurée par la Fédération Gay-Lussac, réseau de vingt écoles d'ingénieurs de chimie et de génie des procédés en France. Parmi les plus citées dans le domaine : l'ENSIC à Nancy, l'ENSIACET à Toulouse, l'ENSGTI à Pau, CPE Lyon et l'ECPM à Strasbourg, auxquelles s'ajoutent les écoles généralistes proposant une option procédés comme les INSA, Polytech, l'UTC et les écoles des Mines.

Oui. Le cycle préparatoire intégré de la Fédération Gay-Lussac se déroule sur deux années en contrôle continu et permet, en cas de réussite, d'intégrer l'une des vingt écoles du réseau sans passer de concours. Un cycle intégré international, CHEM.I.ST, est également proposé par les écoles de Lille, Rennes, Clermont-Ferrand, Pau et Strasbourg.

Les fourchettes de marché observées se situent autour de 36 000 à 43 000 € brut par an en sortie d'études, 43 000 à 52 000 € pour un profil confirmé pilotant des projets, et 52 000 à 70 000 € pour un expert ou un responsable procédés, davantage sur les grands sites de chimie fine, de pharmacie et d'énergie. Ces montants sont indicatifs et non opposables à un employeur.

La sécurité des procédés est la spécialisation la plus recherchée, en particulier sur les sites classés SEVESO où l'étude de dangers est une obligation réglementaire. Les formations aux analyses de risques (HAZOP, AMDEC procédé, LOPA), la réglementation ATEX et les équipements sous pression, ainsi que la maîtrise des logiciels de simulation de procédés comme Aspen HYSYS ou ProSim, sont les compétences qui départagent les candidatures.

Oui, notamment depuis la production, la qualité, le laboratoire ou la maintenance. La validation des acquis de l'expérience permet de viser un titre d'ingénieur ou un master, en particulier pour les chefs d'équipe, responsables d'unité ou techniciens méthodes qui pilotent déjà des projets d'optimisation. Le dossier doit démontrer une capacité à analyser un procédé et à proposer des améliorations argumentées.

Page vérifiée et mise à jour le 03/09/2026.

Académie en ligne - 100% gratuite

Préparez vos certifications
avec nos modules e-learning gratuits

Accès complet aux parcours de formation mis à jour pour 2026, rédigés par des experts.

H0-B0
Électrique
ATEX 0
Atmosphères explosives
AIPR 2026
Proximité des réseaux
Accès au cours Accès gratuits, sans inscription
Cours complété
AIPR
Progression 100%
Certificat disponible

Autres métiers en Ingénierie, Bureau d'Études & Projets