Ingénierie, Bureau d'Études & Projets

Fiche Métier : Ingénieur Procédés (Process)

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Illustration des missions du métier : Ingénieur Procédés (Process) dans l'industrie

Ingénieur Procédés (Process)

L'ingénieur procédés (ou process engineer) conçoit, optimise et fiabilise les procédés de fabrication au cœur des usines : réactions chimiques, opérations de mélange, de séparation, de chauffage, de refroidissement, de distillation, de polymérisation, de fermentation, de conditionnement, etc. Interface entre R&D, production, qualité et HSE, il veille à ce que les installations produisent en toute sécurité, au moindre coût et avec le meilleur niveau de qualité.

Métier d'ingénierie Industrie de process Optimisation & performance Sécurité & environnement
En bref
  • Niveau d'accès : Bac+5 (école d'ingénieurs ou master), parfois Bac+3/+4 expérimenté
  • Type de travail : Bureau d'études & terrain (atelier, unité de production)
  • Horaires : Journée, astreintes possibles sur certains sites
  • Mobilité : Déplacements sur sites, parfois à l'international
  • Statuts : Cadre salarié, ingénieur d'études, ingénieur industrialisation, ingénieur support usine

Définition du métier

L'ingénieur procédés est responsable de la définition et de l'amélioration des procédés industriels permettant de transformer des matières premières en produits finis ou semi‑finis. Il dimensionne les équipements (réacteurs, colonnes de distillation, échangeurs, filtres, pompes, compresseurs…), rédige les spécifications techniques, participe à la mise en service des installations et suit leurs performances dans le temps.

Son rôle est transversal : il intervient depuis les études de faisabilité jusqu'à l'exploitation courante, en passant par les phases de conception, d'industrialisation, de qualification et d'optimisation continue, toujours dans le respect des exigences de sécurité, de qualité, de coût et de respect de l'environnement.

Missions principales

Conception & industrialisation

  • Analyser les besoins issus de la R&D, du marketing ou des clients (performances visées, contraintes réglementaires…).
  • Élaborer des schémas de procédé (PFD) et des schémas tuyauterie & instrumentation (P&ID) en lien avec les autres disciplines.
  • Dimensionner les équipements de procédé (bilans matière & énergie, calculs thermiques, hydrauliques, cinétiques).
  • Rédiger les spécifications techniques pour les achats d'équipements (réacteurs, échangeurs, pompes, colonnes…).
  • Participer aux revues de conception (HAZOP, AMDEC procédé, analyses de risques).
  • Contribuer à la qualification des installations (FAT, SAT, QI/QO/QP dans les secteurs réglementés).

Optimisation & support à la production

  • Suivre les indicateurs de performance (rendements, taux de rebut, consommations d'énergie, OEE…).
  • Analyser les dysfonctionnements procédés (variabilité, dérives, non‑conformités) et proposer des plans d'actions.
  • Conduire des essais pilotes ou industriels pour valider des modifications de conditions opératoires.
  • Optimiser les recettes, séquences de marche, temps de cycle et consommations de ressources.
  • Participer aux investigations incident/accident et aux analyses de causes racines.
  • Former les équipes de production aux nouveaux procédés ou aux changements de paramètres.

Missions secondaires

  • Contribuer aux études d'investissement (CAPEX) et aux dossiers de justification économique.
  • Participer à la veille technologique (nouvelles technologies de séparation, catalyseurs, capteurs, outils de simulation…).
  • Collaborer aux dossiers réglementaires (ICPE, dossiers pharmaceutiques, dossiers d'agrément sanitaire…).
  • Standardiser les bonnes pratiques de conduite des procédés et mettre à jour la documentation.
  • Entretenir des relations techniques avec les fournisseurs d'équipements et de matières premières.
Compétences clés

Compétences techniques

  • Maîtrise des fondamentaux du génie des procédés : transferts de matière et de chaleur, mécanique des fluides, réactions chimiques, opérations unitaires.
  • Capacité à réaliser des bilans matière & énergie, des dimensionnements d'équipements, des simulations de procédés.
  • Connaissance des normes de sécurité des procédés (ATEX, ICPE, HAZOP, PSM, Seveso selon le secteur).
  • Familiarité avec les systèmes d'automatisation et d'instrumentation (DCS, PLC, capteurs, vannes de régulation).
  • Compréhension des exigences qualité (GMP, HACCP, ISO 9001, IFS/BRC, selon les industries).
  • À l'international : pratique de l'anglais technique, lecture de normes et de manuels en anglais.

Compétences humaines

  • Rigueur scientifique et esprit d'analyse.
  • Capacité à vulgariser des sujets techniques auprès de publics variés (opérateurs, direction, clients).
  • Esprit d'équipe, travail en mode projet avec plusieurs disciplines.
  • Réactivité et sang‑froid face aux incidents procédés.
  • Autonomie et sens des priorités dans un environnement multi‑projets.
Outils & technologies utilisés
  • Logiciels de simulation de procédés : Aspen Plus/Hysys, ProSim, gPROMS, etc. (selon les entreprises).
  • Outils de calcul scientifique : Excel avancé, Python/MATLAB, outils maison.
  • Logiciels de CAO procédés & schémas : AutoCAD, Eplan, logiciels P&ID, outils de modélisation 3D (en lien avec la mécanique).
  • Outils de supervision industrielle (SCADA, DCS, MES) pour l'analyse de données process.
  • Outils de data analysis & BI : SQL, Power BI, Tableau, solutions analytiques spécialisées.
  • Instruments de mesure sur site : débitmètres, analyseurs en ligne, sondes de température, de pression, de pH, etc.

Environnements de travail et secteurs concernés

Environnements possibles

  • Usines de production : présence régulière sur les unités pour essais, diagnostics, démarrages.
  • Bureaux d'études / ingénierie : conception de nouvelles installations pour le compte de clients industriels.
  • Centres R&D / pilotes : développement de nouveaux procédés et transposition à l'échelle industrielle.
  • Sites à haut niveau de réglementation : chimie, pétrochimie, pharmacie, nucléaire, agroalimentaire.
  • Travail souvent en lien étroit avec les services HSE, maintenance, qualité et production.

Secteurs industriels concernés

  • Chimie, pétrochimie, raffinerie, gaz industriel.
  • Pharmaceutique, biotechnologies, chimie fine.
  • Agroalimentaire, boissons, laiteries, nutraceutique.
  • Matériaux (ciment, verre, céramique, métallurgie, batteries, polymères).
  • Traitement de l'eau, déchets, environnement, énergie (biomasse, hydrogène, biogaz).

Les missions, le niveau d'encadrement réglementaire et la dimension internationale varient fortement selon le secteur, la taille de l'entreprise et la localisation géographique.

Formations pour devenir ingénieur procédés

La majorité des ingénieurs procédés sont issus d'écoles d'ingénieurs ou de masters universitaires orientés génie des procédés, génie chimique ou génie industriel. Certains postes de support process peuvent être occupés par des titulaires de Bac+3/+4 avec une forte expérience de terrain.

Niveau Diplômes / Formations Commentaires
Bac+3 / Bac+4
  • Licence professionnelle en procédés industriels, génie des procédés, chimie industrielle, bioprocédés.
  • Bachelor en génie industriel, génie chimique ou production.
Accès plutôt à des postes de technicien / assistant ingénieur procédés. Peut évoluer vers ingénieur process avec expérience et formation complémentaire.
Bac+5 (voie principale)
  • Diplôme d'ingénieur en génie des procédés, génie chimique, procédés industriels, génie des procédés et bio‑procédés.
  • Diplôme d'ingénieur généraliste avec spécialisation en procédés, énergie, environnement, production.
  • Master universitaire en génie des procédés, génie chimique, génie des bioprocédés, procédés pour l'environnement, etc.
Voie la plus courante pour intégrer des postes d'ingénieur procédés dans l'industrie de process et les sociétés d'ingénierie.
Formation continue
  • Certificats ou DU (diplômes universitaires) en génie des procédés, sécurité des procédés, data analysis appliquée aux procédés.
  • Formations courtes sur les opérations unitaires, la simulation de procédés, la réglementation ICPE, etc.
Permet à des ingénieurs de production, de maintenance ou de qualité d'évoluer vers des fonctions procédés.
Compléments appréciés Formations Lean/6 Sigma, management de projet, HAZOP/LOPA, outils statistiques. Renforcent la capacité à piloter des projets d'amélioration continue et de transformation industrielle.

La plupart des parcours intègrent des stages longs ou de l'alternance en usine, très valorisés pour un premier poste en procédés.

Certifications & habilitations utiles

  • Formations sécurité des procédés : HAZOP, LOPA, analyse de risques procédés, ATEX, sécurité incendie.
  • Formations réglementaires selon les secteurs : ICPE, Seveso, GMP (pharma), HACCP (agroalimentaire), réglementations environnementales.
  • Lean / Six Sigma : Green Belt ou Black Belt pour les fonctions très orientées amélioration continue.
  • Management de projet : certifications type PMP, PRINCE2 ou équivalents peuvent être un atout.
  • Habilitations site : habilitations électriques, radioprotection, sécurité chimique, habilitations spécifiques à certains grands donneurs d'ordre.

Ces certifications ne sont pas toutes obligatoires, mais elles renforcent l'employabilité et l'accès à des projets plus complexes ou à responsabilité accrue.

Conditions de travail typiques

  • Horaires : généralement en journée, avec un statut cadre. Des astreintes techniques ou interventions en dehors des heures ouvrées peuvent être demandées lors de démarrages ou d'incidents.
  • Lieu de travail : alternance entre bureau (calculs, études, réunions) et terrain (relevés, essais, observations en production).
  • Environnement : présence sur des unités industrielles parfois bruyantes, chaudes/froides, avec port d'EPI obligatoire (casque, lunettes, chaussures de sécurité, parfois tenue spécifique).
  • Déplacements : fréquents pour les ingénieurs procédés en sociétés d'ingénierie ou sur des projets multi‑sites ; plus limités pour ceux affectés à une usine unique.
  • Charge mentale : importante lors des phases de démarrage, de modification d'installations ou de gestion de problèmes critiques.

Le niveau de pression et de disponibilité attendu dépend fortement du secteur (procédés en continu vs. batch, produits à forte valeur ajoutée, sites Seveso, etc.).

Salaires observés en France

Les rémunérations varient selon le niveau de diplôme, l'expérience, le secteur (chimie, pharma, énergie, agroalimentaire…), la région (Île‑de‑France, grands bassins industriels) et la taille de l'entreprise. Les montants ci‑dessous sont des ordres de grandeur indicatifs pour la France.

Profil Fourchette de salaire brut annuel
Junior (0 à 3 ans d'expérience) Environ 35 000 à 42 000 € brut / an, avec variations selon les secteurs et régions.
Confirmé (3 à 8 ans d'expérience) Environ 42 000 à 55 000 € brut / an, parfois davantage dans les secteurs à forte valeur ajoutée.
Sénior / Expert procédés Au‑delà de 55 000 € brut / an, pouvant dépasser 65 000–70 000 € dans certains contextes (énergie, chimie lourde, international).

Des éléments variables (prime, intéressement, participation, bonus projet, avantages liés à l'expatriation) peuvent s'ajouter, en particulier dans les grands groupes et l'ingénierie.

Évolutions de carrière possibles

  • Spécialiste / expert procédés : référent technique interne, support aux projets majeurs, participation à la R&D avancée.
  • Responsable amélioration continue / performance industrielle : pilotage de programmes Lean, Six Sigma, optimisation énergétique.
  • Chef de projet industriel : pilotage d'investissements procédés, de nouvelles unités, de transformations de sites.
  • Responsable de production / d'unité : management d'équipes de production avec forte composante technique procédés.
  • Fonctions techniques transverses : HSE procédés, qualité / validation, ingénierie centrale, support global.
  • Consultant / ingénieur d'études en société d'ingénierie ou création de structure de conseil spécialisée.

Qualités personnelles attendues

  • Esprit scientifique et goût pour la modélisation, les chiffres, les essais.
  • Curiosité technique pour comprendre le fonctionnement des installations et des produits.
  • Rigueur dans la rédaction des documents techniques, la traçabilité des essais et la prise en compte de la sécurité.
  • Pragmatisme : capacité à proposer des solutions réalistes, adaptées aux contraintes du terrain.
  • Aisance relationnelle pour travailler avec des profils très variés (opérateurs, techniciens, ingénieurs, direction).
  • Capacité d'apprentissage continu dans un contexte d'évolution rapide des technologies et des réglementations.

Débouchés et tensions de recrutement

Les ingénieurs procédés sont recherchés dans de nombreux secteurs de l'industrie, en particulier ceux engagés dans la transition énergétique, la chimie, les biotechnologies, l'agroalimentaire ou encore le traitement de l'eau et des déchets. Les entreprises peinent parfois à recruter des profils combinant compétences techniques pointues, sens de la sécurité et aptitude au travail interdisciplinaire.

  • Bon niveau d'insertion pour les jeunes diplômés, surtout après des stages/alternances en milieu industriel.
  • Forte demande pour les profils expérimentés ayant participé à des démarrages d'unités ou à des projets d'investissement majeurs.
  • Opportunités importantes dans les sociétés d'ingénierie et de conseil technique.
  • Perspectives de mobilité internationale dans les groupes disposant d'usines à l'étranger.

Les tensions de recrutement sont particulièrement marquées dans les bassins de chimie, de pharmacie, d'énergie et dans les métiers liés à la décarbonation et au traitement de l'eau.

Enjeux actuels du métier

  • Transition énergétique & décarbonation : amélioration de l'efficacité énergétique, valorisation de la chaleur fatale, substitution de matières premières fossiles, développement de bioprocédés.
  • Réduction de l'impact environnemental : diminution des émissions (CO2, NOx, COV…), réduction des effluents et des déchets, recyclage des solvants et des sous‑produits.
  • Digitalisation des procédés : exploitation des données process (data analytics, IA, jumeaux numériques) pour la surveillance avancée, la maintenance prédictive et l'optimisation en temps réel.
  • Renforcement des exigences de sécurité : prévention des accidents majeurs, culture sécurité, analyses de risques systématiques.
  • Montée en puissance des biotechnologies et des procédés doux : fermentation, enzymatique, procédés membranaires, etc.
  • Flexibilité des unités : adaptation rapide à des mélanges variables, à des petits lots ou à des changements fréquents de références.

Idées reçues & réalités du métier

« L'ingénieur procédés reste derrière son ordinateur. »

Les calculs et simulations sont importants, mais une part essentielle du travail se fait sur le terrain : observation des installations, échanges avec les opérateurs, essais en conditions réelles, participation aux démarrages.

« C'est un métier réservé à la chimie lourde. »

Le génie des procédés s'applique à de nombreux domaines : agroalimentaire, cosmétique, pharmaceutique, traitement de l'eau, énergie, matériaux avancés, biotech… Les contextes de travail sont très divers.

« Une fois le procédé mis au point, le travail est terminé. »

Les procédés doivent être en permanence optimisés et adaptés : nouvelles matières premières, évolutions réglementaires, objectifs de réduction de l'impact environnemental, nouvelles demandes clients.

« C'est un métier uniquement théorique. »

La base scientifique est forte, mais la réussite repose aussi sur la compréhension fine des réalités d'atelier, des contraintes de conduite et de maintenance, et sur le dialogue constant avec le terrain.

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