Qualité, Inspection & CND

Fiche Métier : Contrôleur Qualité Soudage

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Illustration des missions du métier : Contrôleur Qualité Soudage dans l'industrie

Contrôleur Qualité Soudage

Le contrôleur qualité soudage vérifie que les soudures réalisées sur des pièces ou structures industrielles respectent les normes, les procédures et les exigences de sécurité. Il contrôle visuellement et par essais (souvent avec des méthodes de Contrôle Non Destructif) la conformité des assemblages soudés, de la préparation des joints jusqu'à la réception finale.

Qualité & inspection Soudage & assemblages Contrôles visuels & CND Secteurs à haute exigence
En bref
  • Niveau d'accès : Bac Pro à Bac+2/3 technique + qualifications soudage / CND
  • Type de travail : Terrain (atelier, chantier, site industriel), un peu de bureau (rapports)
  • Horaires : Journée, mais aussi équipes, nuits ou week-ends lors d'arrêts techniques
  • Mobilité : Déplacements fréquents selon les chantiers et sites clients
  • Secteurs : Nucléaire, pétrochimie, énergie, construction métallique, chaudronnerie, naval, ferroviaire, aéronautique

Définition du métier

Le contrôleur qualité soudage est le spécialiste des contrôles sur les assemblages soudés. Il s'assure que les soudures sont réalisées conformément :

  • aux WPS (procédures de soudage qualifiées),
  • aux normes (EN ISO, ASME, RCC-M, spécifications clients),
  • aux plans et exigences de conception.

Il intervient à toutes les étapes : vérification des préparations de joints, contrôle en cours de soudage, inspection finale (dimensionnelle, visuelle, parfois CND), suivi des réparations, rédaction des rapports. Son rôle est fondamental pour la sécurité des installations (réservoirs, tuyauteries sous pression, structures, équipements sensibles) et la conformité réglementaire.

Missions principales

Avant et pendant le soudage

  • Prendre connaissance des plans, spécifications, WPS, QMOS, DMOS et exigences qualité du chantier.
  • Vérifier la conformité des préparations de joints (chanfreins, jeux, alignements, propreté), des matériaux (certificats matière, traçabilité) et des consommables (baguettes, fils, gaz).
  • Contrôler la qualification des soudeurs (QMOS/QS, EN ISO 9606 ou équivalent) et la validité de leurs certificats.
  • Surveiller le respect des paramètres essentiels définis par les WPS : procédé, intensité, tension, vitesse, préchauffage, température inter-passe, etc.
  • Réaliser des contrôles en cours de soudage (visuels, dimensionnels) pour détecter d’éventuels défauts (morsures, manque de fusion, soufflures de surface…).

Après soudage & réception

  • Effectuer le contrôle visuel final (VT) : aspect du cordon, surépaisseur, largeur, sous-coupes, projections, défauts de surface.
  • Contrôler les dimensions (épaisseurs, cotes, tolérances) et la conformité géométrique des assemblages.
  • Définir et/ou suivre les contrôles CND complémentaires (PT, MT, UT, RT, ET) avec les spécialistes CND lorsque c’est requis par les plans de contrôle.
  • Identifier, caractériser et enregistrer les non-conformités : localisation, type de défaut, sévérité par rapport aux critères d’acceptation.
  • Valider les réparations et recontrôles jusqu’à obtention de la conformité.
  • Renseigner les dossiers de suivi soudage (N° de soudure, soudeur, WPS utilisée, résultats de contrôle…).

Missions secondaires

  • Participer à l’élaboration ou à la mise à jour des plans de soudage et plans de contrôle.
  • Contribuer à la qualification de nouvelles procédures de soudage (QMOS) et à l’essai de nouveaux procédés ou consommables.
  • Assurer un rôle de conseil technique auprès des soudeurs et chefs d’équipe (bonnes pratiques, prévention des défauts récurrents).
  • Participer aux audits qualité (clients, organismes de certification) et aux inspections d’organismes notifiés ou de contrôle.
  • Former ou sensibiliser les nouveaux arrivants aux exigences qualité en soudage.
Compétences clés

Compétences techniques

  • Très bonne connaissance des procédés de soudage : arc MMA, MIG/MAG, TIG, soudage sous flux, éventuellement soudage automatique / robotisé.
  • Maîtrise de la lecture de plans, isométriques, plans de fabrication et symboles de soudure (EN ISO 2553).
  • Bonnes bases en métallurgie (aciers carbone, inox, alliages), préparation des joints, comportements HAZ (zones affectées thermiquement).
  • Connaissance des principales normes soudage : EN ISO 5817, EN ISO 9606, EN ISO 15614, codes ASME, RCC-M, EN 1090, etc., selon les secteurs.
  • Maîtrise du contrôle visuel (VT) et, idéalement, de notions de CND (PT, MT, UT de base) pour interpréter ou compléter les contrôles.
  • Utilisation d’outils de mesure : jauges de cordons, pieds à coulisse, jauges de soudure, lasers d’alignement, etc.

Compétences humaines

  • Rigueur extrême et sens des responsabilités (impact direct sur la sécurité).
  • Capacité à travailler en équipe avec soudeurs, chefs de chantier, contrôleurs CND, ingénieurs qualité.
  • Diplomatie et pédagogie pour faire appliquer les exigences qualité sans bloquer inutilement la production.
  • Esprit d’analyse et de synthèse pour remonter les problèmes récurrents et proposer des actions préventives.
  • Autonomie sur le terrain, capacité à organiser ses tournées de contrôle.
  • À l’international : compréhension de la documentation technique en anglais (normes, WPS, rapports).
Outils & moyens utilisés
  • Jauges de soudure, gabarits, calibres d’angle et de rayon, règles, pieds à coulisse, micromètres.
  • Appareils de mesure de dureté (portable), jauges d’épaisseur, mesures de préchauffage (thermomètres infrarouges, crayons thermiques).
  • Équipements de CND courants (ou en lien avec un prestataire) : kits de ressuage, magnétoscopie, appareils UT de base.
  • Tableaux et grilles d’acceptation (normes EN ISO 5817, exigences client) pour juger des défauts.
  • Outils numériques : tablettes de saisie sur le terrain, logiciels de suivi de soudage, bases de données QMOS/QS.
  • Équipements de protection individuelle : casque, lunettes, gants, chaussures de sécurité, protections auditives, harnais pour travail en hauteur.

Environnements de travail et secteurs concernés

Environnements possibles

  • Ateliers de chaudronnerie, tuyauterie, construction métallique : contrôle en cours de fabrication et en réception.
  • Chantiers industriels : centrales, raffineries, usines, plateformes offshore, chantiers navals.
  • Services qualité ou inspection intégrés à de grands groupes (nucléaire, pétrochimie, énergie, transport).
  • Organismes de contrôle ou bureaux d’études spécialisés, en prestation pour des donneurs d’ordre.
  • Travail majoritairement sur le terrain, parfois dans des conditions climatiques ou d’accès difficiles.

Secteurs industriels concernés

  • Nucléaire, énergie conventionnelle, réseaux vapeur, chaudières, récipients sous pression.
  • Oil & gas, pétrochimie, chimie, traitement de l’eau (tuyauteries, cuves, échangeurs…).
  • Aéronautique, spatial (structures, moteurs, pièces critiques soudées ou brisées fusion).
  • Ferroviaire, automobile, engins de travaux publics (châssis, bogies, structures).
  • Construction métallique, ouvrages d’art, bâtiments industriels et ponts (EN 1090, Eurocodes).

Les référentiels, les tolérances et le niveau de traçabilité varient fortement selon les secteurs, certains étant très réglementés et traçables (nucléaire, aéronautique) et d’autres plus flexibles.

Formations pour devenir contrôleur qualité soudage

Le métier s’appuie sur des compétences en soudage et en contrôle, souvent acquises via une formation technique (soudage, chaudronnerie, mécanique) complétée par des qualifications en inspection et CND. De nombreux contrôleurs qualité soudage sont d’anciens soudeurs ou chaudronniers montés en compétence.

Niveau Diplômes / Formations Commentaires
Bac Pro
  • Bac Pro Technicien en Chaudronnerie Industrielle (TCI).
  • Bac Pro Réalisation d’Ouvrages Chaudronnés et de Structures Métalliques.
  • Bac Pro Technicien d’Usinage, MEI, avec spécialisation soudage.
Première étape vers une carrière de soudeur qualifié, puis évolution possible vers le contrôle après expérience et formations complémentaires.
Bac+2 / Bac+3
  • BTS Construction Métallique, CRCI (Conception et Réalisation en Chaudronnerie Industrielle), BTS CIRA (avec orientation CND).
  • BUT GMP (Génie Mécanique et Productique), GIM (Génie Industriel & Maintenance) avec options soudage / qualité.
  • Licences professionnelles en construction soudée, inspection, CND ou qualité industrielle (selon les universités).
Voie privilégiée pour devenir technicien/inspecteur qualité soudage, en lien avec des certifications CND et/ou soudo-métallurgiques.
Formations spécialisées soudage
  • Certifications type IWS / EWS (International / European Welding Specialist), IWT/IWE (Technologist / Engineer) délivrées sous l’égide de l’IIW (International Institute of Welding).
  • Formations d’inspecteur en soudage proposées par des organismes spécialisés.
Très appréciées pour les postes à forte responsabilité technique et normative.
Formation continue Nombreux contrôleurs qualité soudage se forment via la formation professionnelle (CND, lecture de codes, EN ISO, ASME, RCC-M) après plusieurs années de pratique de la fabrication ou de la soudure. Voie importante pour des soudeurs expérimentés ou des techniciens qualité souhaitant se spécialiser en soudage.

Les parcours exacts varient selon les régions et les entreprises. L’expérience atelier/chantier et la connaissance concrète de la soudure sont souvent autant valorisées que le diplôme initial.

Certifications & habilitations utiles

  • Certifications CND (COFREND, EN ISO 9712) au moins en contrôle visuel (VT) et idéalement en PT/MT/UT, selon le niveau d’intervention.
  • Qualifications en soudage (IWS/EWS, IWT/IWE) appréciées pour les postes de haut niveau technique.
  • Formations aux codes de construction : EN 13480/13445, EN 1090, ASME, RCC-M, EN ISO 3834, selon les secteurs.
  • Habilitations sécurité (travail en hauteur, espaces confinés, risques chimiques, nucléaire, ATEX…) selon les sites.
  • Permis de conduire indispensable pour les postes itinérants (ateliers multiples, chantiers distants).

Beaucoup de ces certifications sont financées et pilotées par les employeurs, qui ont intérêt à faire monter en compétences leurs inspecteurs sur des référentiels exigeants.

Conditions de travail typiques

  • Horaires : principalement en journée, mais avec des possibilités d’horaires décalés, de travail de nuit ou le week-end lors de pics d’activité ou d’arrêts d’unités.
  • Rythme : alternance de phases calmes (préparation documentaire, rapports) et de périodes très denses sur chantier ou en atelier.
  • Environnement : ateliers bruyants, zones de soudage (fumées, chaleur), chantiers extérieurs, contraintes de port d’EPI stricts.
  • Déplacements : fréquents pour les contrôleurs intervenant sur plusieurs sites ou en prestation (grands déplacements possibles).
  • Exigences physiques : stations debout prolongées, postures parfois inconfortables, travail en hauteur ou dans des espaces exigus selon les cas.

Les entreprises mettent de plus en plus l’accent sur la prévention des risques (ventilation, EPI, ergonomie) mais le métier reste plus physique que des fonctions purement de bureau.

Salaires observés en France

Les salaires dépendent de l’expérience, du nombre de qualifications (soudage, CND), du secteur (nucléaire, pétrochimie, aéronautique, BTP industriel…), de la région et de la mobilité. Les montants ci-dessous donnent des ordres de grandeur bruts mensuels hors primes.

Profil Fourchette de salaire brut mensuel
Débutant (< 2 ans, peu de qualifications) Environ 1 900 à 2 200 € brut / mois, selon le secteur et la taille de l’entreprise.
Confirmé (3 à 7 ans, plusieurs codes/normes maîtrisés) Environ 2 200 à 2 800 € brut / mois, voire davantage dans les secteurs très exigeants (nucléaire, pétrochimie, offshore).
Très expérimenté / Référent soudage Environ 2 800 à 3 500 € brut / mois, voire plus pour des profils multi-certifiés (CND + IWS/IWT) ou avec des responsabilités d’encadrement.

Les primes de chantier, d’astreinte, d’expatriation, ainsi que les indemnités de déplacement et paniers peuvent représenter une part significative du revenu global pour les contrôleurs très mobiles.

Évolutions de carrière possibles

  • Contrôleur qualité senior / référent soudage sur un site ou au niveau d’une entreprise.
  • Responsable contrôle qualité en atelier ou sur chantier (pilotage d’équipe, plan de contrôle, relation client).
  • Coordinateur soudage (selon EN ISO 14731) ou responsable soudage, en lien avec les certifications ISO 3834 et EN 1090.
  • Technicien / responsable CND avec montée en compétence multi-méthodes et niveaux supérieurs.
  • Inspecteur d’organisme de contrôle ou d’organisme notifié (inspection réglementaire, réception d’équipements sous pression).
  • Évolution possible vers des fonctions d’ingénierie soudage, de méthodes ou de chargé d’affaires en capitalisant sur l’expertise technique et la connaissance du terrain.

Qualités personnelles attendues

  • Minutie et sens aigu du détail : un petit défaut peut avoir de grandes conséquences.
  • Éthique professionnelle : ne pas céder aux pressions de planning au détriment de la sécurité.
  • Curiosité technique : intérêt pour les nouveaux procédés de soudage, matériaux, normes.
  • Capacité à dire non lorsque la conformité n’est pas atteinte, tout en restant constructif.
  • Esprit d’équipe et sens du dialogue avec les soudeurs et les encadrants.
  • Souplesse pour travailler dans des contextes et cultures de sécurité différents selon les sites.

Débouchés et tensions de recrutement

Les contrôleurs qualité soudage font partie des profils en tension dans de nombreux bassins industriels. La rareté de compétences associant maîtrise pratique de la soudure, connaissance des normes et culture qualité rend ces profils très recherchés.

  • Bonne insertion pour les jeunes ayant une base solide en soudage et une première expérience en contrôle.
  • Demande forte dans les secteurs soumis à des normes strictes (nucléaire, offshore, pétrochimie, ferroviaire, aéronautique).
  • Possibilités de missions longues sur grands projets, en France et à l’international.
  • Marché dynamique pour les profils mobiles et prêts à travailler sur des grands chantiers ou en environnement contraint.

La relance de certains secteurs (énergie, infrastructures, industrie lourde) et les enjeux de prolongation de durée de vie des installations accentuent encore ces besoins.

Enjeux actuels du métier

  • Évolution des normes soudage et des codes de construction (Eurocodes, EN 1090, ISO 3834, codes nucléaires…).
  • Transition énergétique : nouvelles applications (hydrogène, éolien offshore, réseaux de chaleur) avec des exigences spécifiques sur les soudures.
  • Digitalisation du suivi soudage : traçabilité numérique, outils de collecte de données en temps réel, analyse statistique des défauts.
  • Pénurie de soudeurs qualifiés : nécessité d’accompagner et sécuriser l’arrivée de nouveaux profils via un contrôle renforcé et une pédagogie adaptée.
  • Vieillissement des installations : contrôle renforcé des soudures existantes en vue de prolonger la durée de vie d’équipements critiques.
  • Intégration des CND avancés (UT multi-éléments, radiographie numérique) qui modifient la façon d’inspecter et d’interpréter les soudures.

Idées reçues & réalités du métier

« Le contrôleur qualité soudage est là pour embêter les soudeurs. »

En réalité, son rôle est de sécuriser le travail des soudeurs et de l’entreprise : en détectant les défauts tôt, il évite des reprises coûteuses, des accidents et des litiges avec les clients. Il est un partenaire de la production, pas un adversaire.

« Il suffit d’avoir un bon œil, c’est un métier empirique. »

L’expérience compte, mais le métier est très normé et s’appuie sur des référentiels précis. Les décisions de conformité reposent sur des critères objectifs, connus et partagés avec les clients.

« Le contrôleur qualité soudage reste toujours au même endroit. »

Au contraire, il se déplace souvent entre ateliers, chantiers, sites clients, parfois à l’étranger. Les environnements sont variés et le métier peut offrir beaucoup de mobilité.

« Avec les robots et les procédés automatisés, on n’aura plus besoin de contrôle. »

Les procédés automatisés améliorent la répétabilité, mais ils nécessitent toujours un contrôle qualité rigoureux, notamment en phase de mise au point, de qualification et de surveillance en production. Le rôle du contrôleur évolue, mais ne disparaît pas.

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