Fiche Salaire : Affréteur routier
Métier clé de la logistique et du transport, l’affréteur routier coordonne les flux, négocie les tarifs et organise les chargements. Cette fonction offre des rémunérations modérées à attractives selon l’expérience, le secteur et la localisation : on passe d’un niveau d’entrée souvent proche du SMIC majoré à des niveaux seniors confortables, notamment dans les grands centres logistiques et les secteurs à haute valeur ajoutée.
1. Salaires moyens en France
Les rémunérations d’un affréteur routier varient en fonction de la taille de l’entreprise, du périmètre d’affrètement (local, national, international) et de la part variable liée aux performances commerciales.
- Débutant : 22 000 € – 28 000 € brut/an (≈ 1 830 € – 2 330 € brut/mois). Salaire d’entrée classique pour profils Bac Pro / BTS débutant en agence ou PME.
- Confirmé : 28 000 € – 36 000 € brut/an (≈ 2 330 € – 3 000 € brut/mois). Après quelques années d’expérience, meilleure maîtrise des négociations et optimisation des coûts.
- Senior / Expert : 36 000 € – 48 000 €+ brut/an (≈ 3 000 € – 4 000 €+ brut/mois). Pour responsables d’affrètement, négociateurs stratégiques ou coordinateurs grands comptes.
Ces écarts s’expliquent par le portefeuille clients géré, la capacité à optimiser les coûts de transport, la responsabilité sur des opérations internationales et la présence d’une part variable (commissions, primes).
2. Variations selon les secteurs industriels
Le secteur d’activité influence fortement la rémunération : complexité des flux, saisonnalité et marge transportable font varier les salaires.
- Énergie : salaires stables, parfois majorés pour astreintes et contraintes sécurité ; postes souvent internes chez des groupes énergétiques ou prestataires spécialisés.
- Aéronautique : plutôt mieux rémunéré lorsque l’affrètement concerne des pièces critiques et des délais courts. Compétences qualité/traçabilité valorisées.
- Automobile : forte exigence logistique (juste-à-temps) ; rémunération compétitive, surtout en région industrielle (sous-traitants et constructeurs).
- Chimie / Pharmacie : primes possibles pour conformité réglementaire, sécurité et respect des filières ; salaires supérieurs pour gestion de flux sensibles.
- BTP / Maintenance industrielle : salaires variables selon saisonnalité et urgence ; souvent majorations pour opérations longues et zones difficiles.
En synthèse, les secteurs à forte valeur ajoutée ou à forte contrainte (pharma, aéronautique, grands comptes de l’automobile) paient généralement mieux.
3. Variations selon la région
La localisation géographique génère des écarts : coût de la vie, concentration d’entreprises logistiques, et concurrence pour les profils qualifiés.
- Île-de-France : +10% à +20% en moyenne par rapport à la moyenne nationale. Forte concentration de sièges, import/export, relais logistiques.
- Grandes métropoles (Lyon, Lille, Marseille, Toulouse) : +5% à +12%. Marché dynamique et entreprises de taille moyenne à grande.
- Régions industrielles classiques (Normandie, Hauts-de-France, Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes) : rémunérations proches de la moyenne nationale, parfois légèrement inférieures (-5% à 0%) sauf cas d’acteurs majeurs.
4. Impact du diplôme
Le niveau d’études conditionne l’accès aux responsabilités commerciales, à la gestion d’un portefeuille clients et à la compréhension des chaînes logistiques complexes.
- CAP / Bac Pro : accès au poste d’affréteur en PME, salaires d’entrée plus bas (20 000 € – 26 000 € brut/an).
- BTS / BUT (Transport, Logistique) : profil majoritaire ; meilleur accès à des postes d’affrètement et à la négociation (24 000 € – 34 000 € brut/an).
- Licence / Master (logistique, commerce) : accès à des postes plus stratégiques ou à responsabilité clients (28 000 € – 38 000 € brut/an).
- Diplôme d’école d’ingénieur / école de commerce : pertinent si orienté supply chain / transport ; positions managériales ou trading transport avec rémunérations > 40 000 € pour les profils opérationnels et commerciaux avancés.
5. Impact de l’expérience
L’expérience est un levier majeur : connaissance du marché du transport, réseau d’affréteurs et compétence en négociation font monter significativement le salaire.
- Junior (0–2 ans) : salaire proche du débutant, apprentissage des réseaux et des tarifs.
- 3 à 5 ans : consolidation des compétences, meilleure négociation et autonomie (passage à confirmé).
- 5 à 10 ans : gestion de grands comptes, optimisation des marges ; salaire en progression nette.
- 10 ans et plus : postes de responsable affrètement, chef de plateau ou responsable transport ; rémunération élevée et part variable importante possible.
6. Primes et compléments possibles
La part variable et les avantages complètent souvent le salaire fixe.
- Primes d’équipe : liées à l’atteinte d’objectifs de performance opérationnelle.
- Travail posté (2x8, 3x8, week-end) : majorations horaires ou primes de poste suivant les conventions.
- Astreintes : rémunérations spécifiques pour disponibilité en dehors des heures ouvrées.
- Intéressement / participation : fréquents dans les entreprises de taille moyenne à grande.
- Avantages sectoriels : véhicule/carte carburant, tickets-restaurant, prise en charge transports, formation professionnelle continue.
7. Tableau comparatif des salaires
| Niveau d’expérience | Salaire brut annuel | Salaire brut mensuel (÷12) | Commentaires |
|---|---|---|---|
| Junior (0–2 ans) | 22 000 € – 28 000 € | 1 830 € – 2 330 € | Entrée en poste, formation sur les tarifs et outils TMS. |
| 3–5 ans | 28 000 € – 36 000 € | 2 330 € – 3 000 € | Autonomie commerciale, gestion d’un portefeuille clientèle. |
| 5–10 ans | 36 000 € – 42 000 € | 3 000 € – 3 500 € | Responsabilité de lots, négociation stratégique avec transporteurs. |
| 10 ans et plus | 42 000 € – 55 000 €+ | 3 500 € – 4 583 €+ | Postes de management, trading transport, forte part variable possible. |
8. Entreprises qui recrutent le plus
Les recruteurs réguliers d’affréteurs routiers sont divers : du petit transporteur à la grande entreprise industrielle. Les niveaux salariaux indiqués correspondent aux pratiques habituelles observées.
- Transporteurs routiers / PME de messagerie : salaires d’entrée à confirmés (22k–34k), contraintes opérationnelles fortes.
- Commissionnaires de transport / freight forwarders : profils commerciaux mieux rémunérés (28k–40k+), possibilité de commissions.
- Grandes enseignes / distribution : affrétage interne, salaires attractifs et stabilité (30k–45k).
- Industrie manufacturière (automobile, pharmaceutique) : postes souvent mieux payés pour la gestion de flux sensibles (32k–48k+).
- Plateformes logistiques & e‑commerce : besoin constant de coordonnateurs, avec opportunités de progression.
9. Conclusion synthétique
L’affréteur routier est un métier stable au coeur des chaînes logistiques. Il est :
- Stable : forte demande structurelle dans le transport et la distribution.
- Bien payé ? : rémunération moyenne à bonne selon le secteur et l’expérience ; la part variable peut significativement augmenter le package.
- Évolutif : possibilités d’évolution vers responsable affrètement, chef de plateau, responsable transport ou trading transport.
- Attractif selon les secteurs : très attractif dans la pharma, l’automobile, la distribution et le freight forwarding ; plus modéré dans les petites structures de transport.
En résumé, pour un candidat souhaitant évoluer, se spécialiser (marchés internationaux, douanes, transport exceptionnel) ou monter en responsabilité (management, commercial) sont les leviers les plus efficaces pour augmenter durablement sa rémunération.

