Toulouse : Explosion de l'usine AZF – Archive INA

INA 49 vues 08/05/2026

Le 21 septembre 2001, à 10 h 17, l'explosion d'un stock de nitrate d'ammonium dans le hangar 221 de l'usine AZF, au sud de Toulouse, fait 31 morts, plus de 2 500 blessés et souffle un quartier entier. L'onde de choc, équivalente à un séisme de magnitude 3,4, a marqué une génération de salariés de la chimie et redéfini la doctrine française de prévention des risques industriels.

Cette archive de l'INA, tournée le jour même, montre les premières images de la catastrophe : nuage rougeâtre, façades arrachées, vitres pulvérisées sur des kilomètres. Pour les RH, préventeurs, salariés du secteur chimique et étudiants en QHSE, c'est un document brut indispensable pour comprendre pourquoi les directives Seveso ont été durcies en France après AZF.

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Ce que montre cette archive INA

Les images ont été captées dans les heures qui ont suivi l'explosion. Elles documentent un cratère de 65 mètres de diamètre et 7 mètres de profondeur, des bâtiments effondrés à plusieurs centaines de mètres, et la stupeur des Toulousains. Le journaliste rappelle déjà l'hypothèse retenue dès le premier jour : la détonation accidentelle d'un stock de 300 à 400 tonnes de nitrate d'ammonium déclassé.

  • Bilan humain : 31 morts (dont 22 salariés et sous-traitants du site), 2 500 blessés, environ 14 000 logements endommagés.
  • Coût matériel : estimé à plus de 2 milliards d'euros pour Total (maison-mère de Grande Paroisse, exploitant d'AZF).
  • Onde de choc : ressentie jusqu'à 80 km, vitres brisées dans toute l'agglomération toulousaine.
Le tournant Seveso III : AZF a accéléré la transposition en France de la directive Seveso II et préfiguré la loi Bachelot du 30 juillet 2003 (PPRT — plans de prévention des risques technologiques) qui impose désormais aux exploitants une étude de dangers et un plan d'urbanisme contraignant autour des sites classés.

Les enseignements pour la prévention industrielle

Vingt ans après, AZF reste un cas d'école dans toute formation HSE et tout DUERP des industries chimiques. Trois constats structurent la doctrine actuelle de prévention des risques majeurs :

1. La proximité urbaine n'est jamais neutre

L'usine AZF, ouverte en 1924, s'est progressivement retrouvée enclavée par l'urbanisation toulousaine. La loi Bachelot impose désormais des PPRT pour figer ou réduire l'urbanisation autour des sites Seveso seuil haut.

2. Le stockage des matières instables

Le nitrate d'ammonium déclassé entreposé en vrac sans séparation des lots conformes a probablement réagi à un agent contaminant. Depuis, la traçabilité des stocks et la séparation physique des matières incompatibles sont devenues des exigences ICPE strictes.

3. La sous-traitance en cascade

Plusieurs victimes étaient des intérimaires ou sous-traitants. AZF a remis en lumière les angles morts de la coactivité et renforcé l'exigence de plans de prévention écrits (article R. 4512-7 du Code du travail).

Pour aller plus loin

« Le 21 septembre 2001 a installé durablement, dans la conscience collective française, l'idée qu'une usine n'est jamais entièrement maîtrisable et que la séparation industrie/habitat est un principe de sécurité publique. » — Rapport parlementaire AZF, 2002

Source vidéo : INA

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Questions fréquentes

L'explosion a fait 31 morts, dont 22 salariés et sous-traitants du site, ainsi que plus de 2 500 blessés et environ 14 000 logements endommagés.

La détonation accidentelle d'un stock de 300 à 400 tonnes de nitrate d'ammonium déclassé entreposé dans le hangar 221, vraisemblablement contaminé par un agent incompatible.

La loi Bachelot du 30 juillet 2003 a créé les Plans de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) et accéléré la transposition de la directive Seveso II en France.

Oui. L'usine AZF était classée Seveso seuil haut, comme le sont aujourd'hui environ 700 sites industriels en France.

Non. Le site a définitivement fermé après la catastrophe. Une partie du terrain accueille aujourd'hui le campus universitaire de Rangueil-Lespinet.

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