Le 24 avril 2013 à 8 h 57, à Savar (banlieue de Dhaka, Bangladesh), le bâtiment Rana Plaza s'\\'effondre en quelques secondes. 1 134 morts, 2 500 blessés, en grande majorité des ouvrières textiles travaillant pour de grandes marques occidentales (Mango, Primark, Benetton, Walmart, Auchan). C'\\'est, à ce jour, la plus grande catastrophe industrielle textile du XXIe siècle et un cas d'\\'école sur la responsabilité des chaînes d'\\'approvisionnement mondialisées.
Cette vidéo recueille les témoignages de survivants 10 ans après le drame, retrace les défaillances structurelles et la crise éthique provoquée chez les marques internationales. Indispensable pour les responsables QHSE, acheteurs internationaux, RSE compliance officers, juristes en devoir de vigilance et étudiants en éthique des affaires.
Les défaillances qui ont causé l'\\'effondrement
L'\\'enquête bangladaise a identifié une chaîne d'\\'illégalités cumulées par le propriétaire Sohel Rana :
- Construction illégale : 4 étages ajoutés au-dessus du permis initial (5 étages autorisés, 9 construits).
- Sol marécageux mal stabilisé : pas d'\\'études géotechniques préalables, fondations sous-dimensionnées.
- Génératrices lourdes installées en étages élevés : vibrations transmises à toute la structure.
- Fissures visibles ignorées la veille : 23 avril, des inspecteurs alertent et demandent l'\\'évacuation. La banque et un commerce du rez-de-chaussée ferment ; les ateliers textiles sont rouverts par menace de licenciement.
- Surcharge structurelle : empilement de plus de 5 000 ouvrières dans les ateliers le matin du 24 avril.
- Effondrement total en 90 secondes à 8 h 57.
| Indicateur | Bilan |
|---|---|
| Décès | 1 134 (officiel) |
| Blessés graves | ~ 2 500 |
| Marques occidentales travaillant avec les ateliers | ~ 30 (Mango, Primark, Benetton, Walmart, Auchan, etc.) |
| Salaire des ouvrières au moment de la catastrophe | ~ 38 € / mois |
| Indemnisation versée par fonds international | ~ 30 millions USD (mais retards et critiques) |
| Condamnation du propriétaire | Sohel Rana condamné à mort en avril 2024 |
L'\\'héritage juridique : devoir de vigilance
La catastrophe a accéléré la création d'\\'un cadre juridique nouveau dans plusieurs pays :
- Accord de Bangladesh sur la sécurité incendie et bâtiments (mai 2013) : signé par 200+ marques, audit indépendant de 1 600 ateliers, plus de 100 000 mesures correctives.
- Loi française du 27 mars 2017 sur le devoir de vigilance : oblige les grandes entreprises (5 000 salariés en France ou 10 000 dans le monde) à publier un plan de vigilance couvrant filiales et sous-traitants à l'\\'étranger.
- Directive européenne CSRD (2022) sur le reporting de durabilité : extension à 50 000 entreprises européennes.
- Directive CS3D (2024) sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité : obligations renforcées dans toute la chaîne de valeur.
- Salaire minimum bangladais textile revalorisé à 110 € / mois en 2023 (vs 38 € en 2013).
Pour aller plus loin
- Notre fiche métier Responsable QHSE
- L'outil Générateur de DUERP
- L'article DUERP : guide pratique 2026
- Les autres vidéos du portail Catastrophes industrielles
« Rana Plaza a démontré une vérité dérangeante : tant que la sécurité des ouvrières asiatiques restait invisible aux consommateurs européens, aucune marque ne se sentait responsable. La chaîne de valeur ne peut plus être un alibi à l'\\'irresponsabilité. »
Source vidéo : YouTube