COP26 : la Chine s'équipe du plus haut barrage du monde – France 24

France 24 10 vues 07/05/2026

Lors de la COP26 à Glasgow en novembre 2021, la Chine a annoncé un projet hydroélectrique sans précédent : la construction du plus haut barrage du monde sur le Brahmapoutre, au Tibet. Plus de 300 mètres de hauteur prévus, 60 GW de puissance installée — soit trois fois les Trois Gorges. Une décision aux implications géopolitiques majeures, qui inquiète l'\\'Inde et le Bangladesh, pays en aval du fleuve.

Cette analyse de France 24 détaille le projet chinois Motuo, ses caractéristiques techniques, ses enjeux climatiques et les tensions diplomatiques qu'\\'il génère. Indispensable pour les ingénieurs énergie, géopoliticiens des ressources, journalistes économiques et étudiants en relations internationales.

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Le projet Motuo en chiffres

CaractéristiqueValeur projetée
LocalisationComté de Motuo, Tibet, près de la frontière indienne
FleuveYarlung Tsangpo (devient Brahmapoutre en aval, en Inde)
Hauteur prévue~ 300 m (plus haut barrage du monde)
Puissance installée~ 60 000 MW (3x les Trois Gorges)
Production annuelle estimée~ 300 TWh / an
Coût annoncé~ 137 milliards USD
Annonce officielleDécembre 2024 (cadre 14ᵉ plan quinquennal chinois)
Mise en service prévueÀ partir de 2030 par phases

Les tensions géopolitiques

Le Brahmapoutre est un fleuve transfrontalier majeur qui alimente plus de 200 millions de personnes en Inde et au Bangladesh. La construction d'\\'un barrage géant à sa source pose des questions critiques :

  • Modification des débits saisonniers : crues maîtrisées (effet positif) mais étiages aggravés (effet négatif sur l'\\'irrigation et la pêche en aval).
  • Sédiments : capture des limons fertiles dans le réservoir, baisse de fertilité des deltas indiens et bangladais.
  • Risque sismique : zone tectonique très active à la frontière des plaques indienne et eurasiatique.
  • Arme géopolitique potentielle : la Chine pourrait théoriquement contrôler le débit du fleuve en cas de tension avec l'\\'Inde.
  • Absence de traité bilatéral : contrairement au Mékong (accord de 1995), aucune convention internationale ne régit le partage du Brahmapoutre.
Attention : l'\\'Inde a réagi en accélérant ses propres projets hydroélectriques sur le Brahmapoutre indien (Arunachal Pradesh). Le Bangladesh, plus en aval, est le plus exposé : effets potentiels sur la sécurité alimentaire de 170 millions de personnes. Les ONG environnementales et les ONU appellent à un traité international sur ce fleuve majeur.

L'\\'enjeu pour la transition climatique

La Chine défend ce projet au nom de la décarbonation. 60 GW d'\\'hydroélectricité, c'\\'est l'\\'équivalent de :

  • ~ 60 réacteurs nucléaires de 1 GW (en termes de capacité installée).
  • ~ 300 millions de panneaux solaires de 200 W (en équivalent annuel).
  • L'\\'évitement de ~ 200 millions de tonnes de CO₂/an par rapport à du charbon.
  • ~ 20 % de la consommation électrique chinoise actuelle.

La Chine est déjà le premier producteur mondial d'\\'hydroélectricité (1 410 TWh en 2023, soit 30 % de la production mondiale). Avec Motuo, elle consoliderait cette position de manière décisive.

Bon à savoir : en parallèle, la Chine reste le plus gros consommateur de charbon au monde (~ 4,7 milliards de tonnes/an, soit la moitié de la consommation mondiale). Le pays est dans une trajectoire ambivalente : champion mondial des renouvelables installées, et premier émetteur de CO₂. La COP26 a montré que les déclarations climatiques chinoises se concrétisent dans des projets gigantesques mais aux conséquences débattues.

Pour aller plus loin

« Le projet Motuo cristallise les contradictions de notre époque : champion de la transition climatique pour les uns, arme géopolitique pour les autres. La frontière entre énergie verte et hégémonie hydraulique est plus fine qu'\\'on ne le croit. » – France 24

Source vidéo : France 24

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Questions fréquentes

Le plus haut barrage du monde projeté en Chine, sur le Yarlung Tsangpo (qui devient le Brahmapoutre en Inde) au Tibet. ~ 300 m de hauteur, 60 000 MW (3x les Trois Gorges), 137 milliards USD, mise en service à partir de 2030 par phases. Annoncé officiellement en décembre 2024.

Le Brahmapoutre alimente plus de 200 millions de personnes en aval (Inde, Bangladesh). Le barrage chinois pourrait modifier les débits saisonniers, capturer les sédiments fertiles, devenir une arme géopolitique. Aucun traité international ne régit ce fleuve transfrontalier (contrairement au Mékong avec accord 1995).

Modification de l'écosystème estuarien, sédimentation altérée affectant la fertilité des deltas indiens et bangladais, risque sismique en zone tectonique très active, déplacements de population importants au Tibet. Les ONG environnementales et l'ONU appellent à un traité international pour ce fleuve majeur.

60 GW d'hydroélectricité = équivalent 60 réacteurs nucléaires de 1 GW. Évitement estimé à 200 millions de tonnes de CO₂/an comparé au charbon. ~ 20 % de la consommation électrique chinoise actuelle pourrait être couverte par ce seul barrage. La Chine est déjà 1ʳᵉ productrice mondiale d'hydroélectricité.

En parallèle, la Chine reste le plus gros consommateur de charbon au monde (~ 4,7 milliards de t/an, 50 % de la consommation mondiale). Trajectoire ambivalente : champion des renouvelables installées et premier émetteur de CO₂. La COP26 a montré que les déclarations climatiques chinoises se concrétisent en projets gigantesques mais aux conséquences débattues.

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