10 juillet 1976 : Catastrophe de Seveso – Archive INA

INA 14 vues 08/05/2026

Le 10 juillet 1976, à 12 h 37, un nuage de dioxine s'échappe du réacteur B de l'usine ICMESA, à Meda, en Lombardie. En quelques heures, la commune voisine de Seveso est contaminée par l'un des poisons les plus toxiques jamais synthétisés par l'homme : la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-para-dioxine (TCDD).

Cette archive INA, diffusée dans les jours qui ont suivi, donne à voir l'évacuation des habitants, les animaux morts dans les jardins et le périmètre rouge bouclé par les autorités italiennes. C'est de cette catastrophe qu'est née, en 1982, la première directive européenne sur la maîtrise des dangers liés aux accidents majeurs : la directive Seveso.

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Le scénario d'une catastrophe oubliée trop vite

L'usine ICMESA, filiale du groupe suisse Givaudan-Hoffmann-La Roche, fabriquait du trichlorophénol, un précurseur de désherbant. Une réaction exothermique non maîtrisée fait grimper la température du réacteur, provoque l'ouverture de la soupape de sécurité et libère un nuage contenant entre 100 g et 30 kg de TCDD — une fourchette qui dit toute l'incertitude de l'époque.

  • Zone A (la plus contaminée) : 736 personnes évacuées, sol décapé sur 30 cm, habitations rasées.
  • Zone B : 4 700 habitants, restrictions alimentaires sévères pendant des années.
  • Faune : plus de 3 300 animaux retrouvés morts dans les jours suivants.
  • Effets sanitaires : chloracné chez les enfants, hausse documentée des cancers et lymphomes des décennies plus tard.
Pourquoi « Seveso » est devenu un mot du droit européen ? Six ans après l'accident, l'Europe adopte la directive 82/501/CEE imposant la déclaration des établissements à risques majeurs. Aujourd'hui transposée dans le Code de l'environnement français (articles L. 515-32 et suivants), la directive Seveso III (2012/18/UE) classe en France près de 1 300 sites « seuil bas » et 700 « seuil haut ».

Ce que la vidéo apprend aux préventeurs d'aujourd'hui

Une réaction emballée et une sécurité passive insuffisante

Le réacteur n'avait pas de système de quench (refroidissement d'urgence) ni de bac de confinement. Aujourd'hui, les sites Seveso doivent caractériser ces scénarios dans leur étude de dangers, avec arbres de défaillance et barrières de sécurité instrumentées (SIL).

L'absence de plan de communication d'urgence

Les habitants ont été prévenus plusieurs jours après l'événement. La directive Seveso III impose désormais une information préalable des riverains et des plans particuliers d'intervention (PPI) régulièrement testés.

La traçabilité des effets différés

Les conséquences sanitaires ne sont apparues que des années plus tard. Cela a fondé l'obligation de surveillance épidémiologique des populations exposées, aujourd'hui assurée par Santé publique France autour des sites classés.

Pour aller plus loin

« Seveso a obligé l'Europe à inventer un droit du risque industriel. Aujourd'hui, chaque exploitant Seveso seuil haut produit une étude de dangers pluri-volume, mise à jour tous les cinq ans. » — INERIS

Source vidéo : INA

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Questions fréquentes

Une réaction emballée dans le réacteur B de l'usine ICMESA a libéré un nuage contenant entre 100 g et 30 kg de dioxine TCDD, contaminant la commune voisine de Seveso.

736 habitants de la zone A (la plus contaminée) ont été évacués et leurs habitations rasées. La zone B, peuplée de 4 700 personnes, a connu des restrictions sévères.

La directive 82/501/CEE adoptée en 1982 a pris le nom de la commune italienne en hommage et pour signifier que l'Europe construisait un cadre commun pour éviter qu'une catastrophe similaire ne se reproduise.

Environ 1 300 sites classés seuil bas et 700 sites seuil haut, soumis à des obligations renforcées d'étude de dangers et de plan particulier d'intervention.

Oui, c'est l'une des substances les plus toxiques connues. Elle est persistante, bioaccumulable et cancérogène avéré pour l'homme (groupe 1 du CIRC).

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