Travail en Hauteur

PEMP, nacelles et conduite à tenir

Module 4 / 4

Module 4 : PEMP, nacelles et conduite à tenir

Vérifications avant prise de poste (VGP)

5 minutes d'inspection avant chaque utilisation

Une nacelle qui paraît en parfait état peut cacher un défaut de freinage, un détecteur de pente défectueux ou une fuite hydraulique. La vérification quotidienne avant prise de poste est obligatoire pour le conducteur. Elle prend 5 minutes et peut sauver des vies. Aucun planning, aucune urgence ne justifie de la sauter.

Les deux niveaux de vérification PEMP

La réglementation impose deux types de vérifications complémentaires sur les PEMP : la VGP (Vérification Générale Périodique) par un organisme compétent, et la vérification quotidienne par le conducteur lui-même.

VGP — semestrielle

Tous les 6 mois, par un organisme compétent agréé.

  • Inspection complète mécanique et hydraulique
  • Tests de stabilité et de freinage
  • Rapport écrit conservé 5 ans
  • Marquage de validité visible (vignette ou plaque)
Vérification quotidienne

Chaque jour, par le conducteur, avant chaque prise de poste.

  • Examen visuel + tests fonctionnels
  • Consignée dans le carnet d'entretien
  • Pas de PEMP utilisable si vérification non faite ou défaut détecté
Cadre réglementaire
La VGP des PEMP est imposée par l'arrêté du 1er mars 2004. La périodicité est de 6 mois pour les appareils servant au levage de personnes (PEMP, chariot avec nacelle, etc.), contre 12 mois pour le levage de charges. La vérification quotidienne relève de l'article R.4323-23 du Code du travail.

La check-list quotidienne du conducteur

Avant chaque prise de poste, le conducteur effectue une vérification systématique en suivant un ordre précis. Cette routine ne s'invente pas : elle est généralement définie par le constructeur (notice) et peut être complétée par l'employeur.

1. Examen documentaire

  • VGP en cours de validité : vignette ou plaque collée sur la PEMP, datée < 6 mois.
  • Carnet de bord / d'entretien à jour, présent à bord.
  • Notice constructeur disponible (souvent dans une boîte étanche sur la machine).
  • Plaque de capacité lisible (charge max, pente admissible, vitesse max du vent).

2. Inspection visuelle externe (PEMP au sol)

  • Châssis : pas de fissure, déformation, soudure cassée. État des pneus / chenilles.
  • Vérins hydrauliques : pas de fuite d'huile, axes de fixation en place.
  • Bras / ciseaux : axes graissés, pas de jeu anormal, pas de déformation.
  • Stabilisateurs (PEMP type 1B notamment) : sortie/rentrée sans à-coups, semelles en place.
  • Niveaux : huile hydraulique, gasoil/AdBlue (PEMP thermique), batterie (PEMP électrique).

3. Inspection du panier

  • Garde-corps : lisse haute, lisse intermédiaire, plinthe complets. Portillon ferme correctement avec verrou.
  • Plancher : antidérapant en bon état, pas de trou.
  • Anneaux d'ancrage du harnais en place (pour les PEMP type 3B notamment).
  • Pictogrammes et plaques d'instructions lisibles.

4. Tests fonctionnels (PEMP en marche)

  • Démarrage et arrêt d'urgence : tester le coup de poing rouge en bas et en haut.
  • Mouvements complets : montée, descente, rotation, déport latéral. Tester chaque commande.
  • Détecteurs de sécurité : capteur de pente (la machine doit s'arrêter en surcharge ou hors limites), détecteur de présence dans le panier (homme mort).
  • Avertisseur sonore et gyrophare fonctionnels.
  • Descente de secours manuelle : connaître l'emplacement et la procédure en cas de panne hydraulique.
Au moindre défaut : on consigne

Si une vérification révèle un défaut (fuite hydraulique, détecteur HS, garde-corps cassé), la PEMP doit être immédiatement consignée (étiquette rouge "HORS SERVICE", clé retirée), le défaut signalé au responsable et au loueur si la machine est louée. Aucune utilisation tant que la réparation n'est pas faite et la VGP éventuellement refaite.

Inspection de la zone de travail

La PEMP elle-même peut être impeccable : si elle est utilisée dans un environnement inadapté, l'accident est garanti. Avant de mettre la nacelle en station, le conducteur doit inspecter la zone d'évolution :

  • Nature du sol : portance suffisante (béton, enrobé, dalles compactées). Sol meuble, terre détrempée, dalles fragiles ⇒ utiliser des plaques de répartition.
  • Pente : à confronter avec la notice (généralement < 5° en stationnement, plus restrictif en mouvement). Détecteur de pente actif.
  • Obstacles aériens : lignes électriques (distance minimale 3 m sous BT, 5 m sous HT), structures, panneaux, branchages.
  • Obstacles au sol : trémies, regards, bouches d'égout, bordures, marches. Risque de basculement.
  • Conditions météo : vent (généralement limite à 12,5 m/s soit 45 km/h), neige, verglas, orage. Anémomètre intégré sur les grandes PEMP.
  • Co-activité : présence de piétons, de véhicules, d'autres engins de chantier. Balisage de la zone obligatoire.
Lignes électriques aériennes : la zone tueuse n°1

Les contacts ou amorçages avec une ligne électrique aérienne sont la cause majeure d'accidents mortels en PEMP. La distance de sécurité minimale dépend de la tension : 3 m sous 50 kV (basse et moyenne tension), 5 m au-delà de 50 kV. En cas de doute, faire consigner la ligne par le distributeur d'énergie.

À retenir

« Deux niveaux : VGP semestrielle (organisme compétent, arrêté 1er mars 2004) + vérification quotidienne (conducteur, R.4323-23). Check-list en 4 temps : documentsvisuel externepaniertests fonctionnels. Inspection de la zone : sol portant, pente, obstacles aériens (lignes > 3 m), météo (vent < 45 km/h), co-activité. Tout défaut ⇒ consignation immédiate. »

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