Danger grave et imminent | Minute Prévention

OPPBTP / PreventionBTP 11 vues 03/05/2026

« J ai un danger grave et imminent, je m arrête. » Cette simple phrase d un salarié peut arrêter un chantier ou une ligne de production. Le droit de retrait, codifié à l article L. 4131-1 du Code du travail, est l un des outils les plus puissants de la protection des travailleurs en France. Mais il est aussi mal connu — et parfois utilisé à tort.

Cette « Minute Prévention » de l OPPBTP rappelle clairement la notion de danger grave et imminent, les conditions du droit de retrait et la procédure d alerte. Indispensable pour les salariés, encadrants, élus CSE/CSSCT et préventeurs.

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Qu est-ce qu un danger grave et imminent ?

Le DGI — Danger Grave et Imminent est défini comme une menace susceptible de provoquer un accident ou une maladie entraînant la mort ou un dommage important pour l intégrité physique du salarié, dans un délai très bref. Trois caractéristiques cumulatives :

Grave

Menace réelle pouvant entraîner la mort ou des blessures sérieuses (handicap, perte de fonction, atteinte durable). Pas un simple inconfort ou une gêne passagère.

Imminent

Susceptible de se réaliser dans un délai très court (heures, voire minutes). Pas un risque hypothétique à long terme. Le danger doit être présent au moment du retrait.

Motif raisonnable

Le salarié doit avoir un motif raisonnable de penser que sa situation présente un DGI. Pas besoin d être expert : la perception subjective fondée sur des éléments tangibles suffit.

Exemples concrets de DGI

  • Travail en hauteur sans EPI antichute alors que les protections collectives sont absentes,
  • Intervention électrique sans consignation ni habilitation,
  • Échafaudage instable, planches manquantes, gardes-corps absents,
  • Manipulation de produits chimiques sans EPI ou en zone non ventilée,
  • Engin de chantier défectueux (frein, direction défaillants),
  • Coactivité dangereuse non encadrée par un plan de prévention,
  • Plus rare mais reconnu : risque de violence par un client, alerte attentat, exposition COVID en l absence de mesures appropriées.

La procédure du droit de retrait

  1. Le salarié interrompt son travail et se met en sécurité. Il informe immédiatement son responsable hiérarchique (verbal, puis écrit recommandé),
  2. Mention dans le registre DGI tenu obligatoirement par l employeur (Code du travail D. 4132-1),
  3. Enquête conjointe employeur/CSE-CSSCT avec présence du salarié alerteur,
  4. Mesures correctives immédiates par l employeur,
  5. Saisine de l Inspection du Travail en cas de désaccord persistant.
Protection du salarié alerteur : aucune sanction (licenciement, retenue de salaire, modification de poste, mise au placard) ne peut être prise contre un salarié qui a légitimement exercé son droit de retrait. Cette protection est absolue tant que le DGI était fondé sur un motif raisonnable. Toute sanction donnerait lieu à des dommages-intérêts importants.

Le rôle clé du CSE/CSSCT

En cas de DGI, le CSE et la CSSCT ont un rôle central :

  • Réception de l alerte formelle des élus du personnel,
  • Enquête conjointe avec l employeur sur le terrain,
  • Avis sur les mesures proposées par l employeur,
  • Saisine du Préfet ou de l Inspection du Travail en cas de blocage persistant (Code du travail L. 4132-3),
  • Réunion extraordinaire dans les 24 h en cas de danger grave et imminent collectif.

Pour aller plus loin

Source vidéo : OPPBTP – Minute Prévention · Références : Code du travail L. 4131-1 (droit de retrait), L. 4132-1 à L. 4132-5 (procédure DGI), D. 4132-1 (registre).

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Questions fréquentes

Une menace susceptible de provoquer un accident ou maladie entraînant la mort ou un dommage important pour l intégrité physique du salarié, dans un délai très bref. 3 caractéristiques cumulatives : Grave (mort ou blessures sérieuses), Imminent (susceptible de se réaliser dans des heures/minutes), Motif raisonnable (perception fondée du salarié).

1) Le salarié interrompt son travail et se met en sécurité. 2) Information immédiate du responsable hiérarchique (verbal puis écrit recommandé). 3) Mention dans le registre DGI obligatoirement tenu par l employeur (D. 4132-1). 4) Enquête conjointe employeur/CSE-CSSCT avec présence du salarié alerteur. 5) Mesures correctives. 6) Si désaccord persistant : saisine de l Inspection du Travail.

Non. La protection est absolue tant que le DGI était fondé sur un motif raisonnable. Aucune sanction (licenciement, retenue de salaire, modification de poste, mise au placard) ne peut être prise. Toute sanction donnerait lieu à des dommages-intérêts importants au tribunal. Cette protection a été plusieurs fois confirmée par la Cour de cassation.

Travail en hauteur sans EPI antichute alors que les protections collectives sont absentes ; intervention électrique sans consignation ; échafaudage instable ; manipulation de produits chimiques sans EPI en zone non ventilée ; engin de chantier défectueux (frein, direction) ; coactivité dangereuse non encadrée. Plus rare mais reconnu : risque de violence par client, alerte attentat.

Le CSE/CSSCT a un rôle central : réception de l alerte formelle, enquête conjointe avec l employeur sur le terrain, avis sur les mesures proposées, saisine du Préfet ou de l Inspection du Travail en cas de blocage persistant (L. 4132-3), réunion extraordinaire dans les 24 h en cas de DGI collectif. Tout élu CSE peut signaler un DGI à l employeur.

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