En 50 ans, la part de l'industrie dans le PIB français est passée de 23 % à environ 10 %, l'une des chutes les plus fortes des pays développés. La désindustrialisation a touché tous les bassins : sidérurgie en Lorraine, textile dans le Nord, automobile en Île-de-France, machine-outil en Rhône-Alpes. Depuis 2017, un mouvement de réindustrialisation s'amorce, soutenu par le plan France 2030, mais reste fragile.
Cette analyse de France 24 revient sur les causes de la désindustrialisation et discute des leviers possibles pour relancer la production sur le territoire : énergie, formation, normes, fiscalité, souveraineté. Une ressource utile pour les RH industriels, dirigeants de PME, étudiants en économie ou en école d'ingénieurs, et journalistes économiques.
Les chiffres de la désindustrialisation
| Indicateur | 1974 | 2024 |
|---|---|---|
| Part de l'industrie dans le PIB | 23 % | ~ 10 % |
| Emplois industriels | 5,9 millions | ~ 2,8 millions |
| Solde commercial industriel | + 5 Md€ | – 80 Md€ (déficit) |
| Nombre d'usines (sites > 10 salariés) | ~ 65 000 | ~ 30 000 |
À titre de comparaison, l'Allemagne maintient une industrie à 22 % de son PIB, l'Italie à 20 %. La France figure parmi les pays les plus désindustrialisés de l'Union européenne, juste devant le Royaume-Uni.
Les 5 causes principales
- Coût du travail : charges sociales et salaires globalement plus élevés qu'en Europe centrale ou en Asie, ce qui a accéléré les délocalisations dans les années 1990-2010.
- Désinvestissement chronique : sous-investissement en R&D et en outils de production, surtout dans les ETI, conduisant à une baisse de productivité relative.
- Énergie : forte hausse des prix depuis 2022, qui pénalise particulièrement la chimie, la sidérurgie, le verre, le papier-carton, l'aluminium.
- Pénurie de compétences : difficulté à recruter en chaudronnerie, soudage, usinage, maintenance, techniciens spécialisés ; image dégradée des métiers de l'industrie auprès des jeunes.
- Normes et complexité administrative : ICPE, IED, REACH, classement Seveso, surcoût et délais de mise en service vs. concurrence hors UE.
Les leviers de relance
- France 2030 : 54 milliards d'euros sur 5 ans pour les filières stratégiques (batteries, hydrogène, aéronautique décarbonée, semi-conducteurs, médicaments).
- Crédit d'impôt « Industrie verte » : déduction fiscale pour investissements dans les filières de la transition (batteries, éoliennes, panneaux solaires, pompes à chaleur).
- Sites « clés en main » labellisés par les régions et l'État pour accélérer les autorisations administratives.
- Réforme du marché de l'électricité et soutien aux contrats long terme pour stabiliser les coûts énergétiques.
- Plans de formation régionaux dans les filières en tension (métallurgie, plasturgie, énergie, agroalimentaire).
Les filières qui recrutent en France
Plusieurs filières industrielles affichent des plans de recrutement massifs sur 2026-2030 :
- Batteries : ACC, Verkor, AESC, ProLogium ouvrent des gigafactories dans le nord et l'est, avec 8 000 à 15 000 emplois directs visés.
- Aéronautique : Airbus, Safran, Dassault Aviation, Latécoère prévoient plus de 25 000 embauches/an d'ici 2030.
- Métallurgie / chaudronnerie : structurellement en tension, 25 000 à 30 000 postes/an non pourvus.
- Industrie pharmaceutique : relocalisation de principes actifs, projets Sanofi, Recipharm, Biose Industrie.
- Hydrogène et énergies renouvelables : centaines de techniciens et d'ingénieurs recherchés.
Pour aller plus loin
- Nos fiches métiers Soudeur, Automaticien, Technicien maintenance
- L'outil Simulateur de salaire pour comparer les rémunérations industrie
- L'article DUERP : guide pratique 2026
- Les autres vidéos du portail Industrie française
« Réindustrialiser la France, ce n'est pas faire revivre les usines de 1980. C'est créer une industrie compétitive, décarbonée, automatisée — qui demande des compétences que le pays doit reconstruire massivement. » – France 24
Source vidéo : France 24