Le métier de soudeur reste l'un des plus emblématiques — et l'un des plus en tension — de l'industrie française. Plus de 25 000 postes par an ne trouvent pas preneur dans la métallurgie, et un soudeur licencié confirmé peut viser des rémunérations dépassant 4 500 € bruts/mois en chantier nucléaire ou aéronautique. Pourtant, la profession reste mal connue du grand public.
Cette vidéo donne la parole à un soudeur professionnel chez France Inox à Saubusse (Landes), spécialiste de la chaudronnerie inox pour l'agroalimentaire et la pharmacie. Il raconte son parcours, son quotidien, ce qu'il aime dans son métier, l'apprentissage des procédés et l'importance des licences. Une bonne ressource pour les apprentis, les RH industriels et les personnes en reconversion vers les métiers manuels qualifiés.
Les 4 grands procédés du soudeur industriel
| Procédé | Code ISO | Usage typique |
|---|---|---|
| TIG (GTAW) | 141 | Inox, alu, titane — qualité visible, médical, aéronautique, agroalimentaire |
| MIG / MAG (GMAW) | 131 / 135 | Acier carbone, inox — productivité, gros volumes, BTP, ferroviaire, naval |
| Électrode enrobée (MMAW / SMAW) | 111 | Chantier extérieur, réparation, tuyauterie — robuste mais lent |
| Fil fourré (FCAW) | 136 / 138 | Charpente métallique, naval, structures épaisses |
Les licences ISO 9606-1 : le passeport du soudeur
En soudage industriel, le diplôme ne suffit pas : ce qui compte, ce sont les licences (qualifications) ISO 9606-1 délivrées après épreuve par un organisme notifié (TÜV, Bureau Veritas, Apave, SGS). Chaque licence couvre :
- Un procédé : 141 (TIG), 135 (MAG), 111 (électrode), etc.
- Un matériau : groupe d'aciers (1.1, 8.1, 8.2…) — un soudeur licencié sur acier carbone n'est pas qualifié sur inox.
- Une position : à plat (PA), en angle (PB), montante (PC, PF), corniche (PG), plafond (PD/PE).
- Une épaisseur et un type de joint (bout à bout, en angle).
- Une validité de 2 ans, renouvelable par épreuve ou suivi de production.
La grille salariale 2026
- Soudeur débutant (hors licence) : 1 900 – 2 200 € bruts/mois.
- Confirmé licencié (TIG ou MAG, 5-10 ans) : 2 500 – 3 500 € bruts/mois.
- Soudeur multi-licences (chantiers naval, ferroviaire, charpente) : 3 200 – 4 200 € bruts/mois.
- Soudeur grand déplacement nucléaire / aéro : 4 000 – 6 000 € nets/mois (paniers + IGD + primes radio).
- Compagnon expert / contrôleur soudage (IWS, IWT, IWE) : 4 500 – 6 500 € bruts/mois.
Conditions d'exercice et formation
Le soudage est un métier physiquement exigeant : positions contraignantes, port d'EPI complet (cagoule, tablier cuir, gants), exposition aux fumées et UV. Le risque CMR (les fumées de soudage sont classées cancérogènes Groupe 1 par le CIRC depuis 2017) impose une ventilation à la source obligatoire (R. 4222-13 du Code du travail).
- CAP Réalisations Industrielles en Chaudronnerie ou Soudage (CAP RICS) — référence pour entrer dans le métier.
- MC Soudage (1 an post-CAP) pour spécialiser TIG, MIG/MAG.
- Bac Pro TCI (Technicien en Chaudronnerie Industrielle) ou Bac Pro TRPM.
- BTS CRCI (Conception et Réalisation en Chaudronnerie Industrielle) pour l'évolution vers les BE.
- CQPM Soudeur Industriel de la métallurgie pour les reconversions adultes.
Pour aller plus loin
- Notre fiche métier Soudeur
- L'outil Simulateur de salaire pour comparer les rémunérations soudure
- La convention collective de la métallurgie
- Les autres vidéos du portail Métiers – Soudure
« Souder, ce n'est pas faire fondre du métal. C'est sentir le bain de fusion, anticiper le retrait, lire la matière. Quand on devient bon, on ne chôme jamais — l'industrie française nous court après. »
Source vidéo : YouTube – France Inox