Le soudage MIG/MAG (Metal Inert Gas / Metal Active Gas) est le procédé le plus utilisé dans l'industrie : plus de 60 % des cordons dans la métallurgie, l'automobile, le BTP, les chantiers navals. Il combine productivité, polyvalence et facilité d'apprentissage : un débutant peut faire un cordon correct en quelques heures, là où le TIG demande des semaines de pratique.
Cette vidéo (partie 1) pose les bases : principe du semi-automatique, sécurité atelier, installation du poste, choix du fil, montage de la torche, premier réglage. Idéale pour les apprentis CAP RICS, les chaudronniers et tuyauteurs qui élargissent leur palette, et les bricoleurs avertis qui veulent passer au métier.
MIG ou MAG, quelle différence ?
Les deux procédés utilisent le même principe : un fil-électrode fusible déroulé en continu fond dans un arc électrique sous protection gazeuse. La différence tient au gaz :
- MIG (Metal Inert Gas) : argon pur ou Ar/He. Réservé aux métaux non ferreux (aluminium, cuivre, alliages spéciaux) — pas de réaction chimique avec le bain.
- MAG (Metal Active Gas) : argon + CO₂ (12-20 %), parfois argon + O₂. Le CO₂ est actif : il participe à la chimie du bain, donne de la pénétration, casse la tension de surface. Procédé universel pour acier carbone et inox.
Les 3 régimes de transfert
| Régime | Tension | Usage |
|---|---|---|
| Court-circuit (short-arc) | 16-22 V | Faibles épaisseurs (1-3 mm), positions verticale et plafond |
| Globulaire | 22-26 V | Compromis, peu utilisé en industrie (projections) |
| Spray-arc (pulvérisation axiale) | 26-32 V | Fortes épaisseurs (5+ mm), position à plat, haut rendement |
Les réglages de base
Sur un poste MIG/MAG industriel (Fronius, Lincoln, ESAB, Migatronic, Kemppi), on règle 4 paramètres principaux :
- Tension (U en volts) : conditionne la longueur de l'arc et la forme du cordon.
- Vitesse de fil (m/min) : pilote l'intensité indirectement (plus de fil = plus de courant).
- Débit de gaz (L/min) : 8 à 15 L/min selon la torche et l'environnement (vent, courants d'air).
- Diamètre de fil : 0,8 à 1,2 mm le plus courant en industrie. 0,8 pour la tôle fine, 1,0 pour le standard, 1,2 pour les fortes épaisseurs.
Les défauts courants en MIG/MAG
- Cordon en relief mou : tension trop élevée, vitesse de fil trop faible, ou trop d'écart électrode-pièce. Réduire la tension ou rapprocher la torche.
- Projections excessives : régime court-circuit instable, gaz inadapté, fil sale ou humide. Vérifier le gaz, nettoyer le fil, ajuster les paramètres.
- Manque de pénétration : tension insuffisante, vitesse d'avance trop rapide, mauvaise préparation des bords. Chanfreiner et augmenter le courant.
- Porosités : protection gazeuse insuffisante (vent, débit faible, buse encrassée), pièce sale (huile, peinture, oxydation).
Formations et débouchés
Le MIG/MAG s'apprend dès le CAP Réalisations Industrielles en Chaudronnerie ou Soudage (CAP RICS), puis se perfectionne en MC Soudage et en Bac Pro TCI. Les licences de soudage ISO 9606-1 (135-MAG, 136-fil fourré, 138-MAG métal noyau métallique) sont délivrées par les organismes notifiés (TÜV, Bureau Veritas, Apave) après épreuve. Un soudeur MAG licencié confirmé vise 2 800 à 4 500 € bruts/mois selon les industries (chantiers navals, ferroviaire, charpente métallique).
Pour aller plus loin
- Notre fiche métier Soudeur et Chaudronnier
- L'outil Simulateur de salaire pour comparer les rémunérations soudure
- La convention collective de la métallurgie
- Les autres vidéos du portail Métiers – Soudure
« Le MIG/MAG, c'est le procédé que tout soudeur industriel doit maîtriser en premier. C'est lui qui paie la facture en fin de mois — le TIG, c'est le luxe et la précision. »
Source vidéo : YouTube