Pénurie de main-d'œuvre : de nombreux secteurs en hémorragie – France 24

France 24 10 vues 06/05/2026

En 2024, plus de 360 000 emplois ne trouvent pas preneur en France selon France Travail. La pénurie touche tous les secteurs, mais frappe particulièrement l'\\'industrie, le BTP, la santé, la restauration et les transports. Pour les entreprises industrielles, c'\\'est devenu le premier frein à la croissance — bien avant les coûts de l'\\'énergie ou la fiscalité.

Cette analyse de France 24 détaille les secteurs en hémorragie, les causes structurelles (image, démographie, formation), et les pistes pour redresser la barre. Une ressource utile pour les RH industriels, dirigeants de PME, élus locaux, formateurs et journalistes économiques qui pilotent ou commentent l'\\'attractivité des métiers.

Publicité

Les secteurs les plus touchés

SecteurPostes non pourvus / anMétiers les plus en tension
Métallurgie / industrie~ 80 000Soudeur, chaudronnier, usineur, technicien maintenance
BTP~ 70 000Maçon, couvreur, charpentier, conducteur de travaux
Santé~ 50 000Aide-soignant, infirmier, médecin
Hôtellerie-restauration~ 50 000Cuisinier, serveur, réceptionniste
Transports / logistique~ 40 000Chauffeur PL/SPL, cariste, préparateur de commandes
Numérique~ 30 000Développeur, cybersécurité, data engineer

Les 5 causes structurelles

  1. Démographie : départs en retraite massifs des générations baby-boom, non compensés par les jeunes qui entrent sur le marché. Effet « papy-boom » dans la métallurgie et le BTP particulièrement.
  2. Image dégradée de l'\\'industrie auprès des jeunes : impression de métiers sales, dangereux, mal payés. Or les usines modernes n'\\'ont plus rien à voir avec celles des années 1980.
  3. Inadéquation formation / besoins : trop de Bac+5 généralistes, pas assez de CAP/Bac Pro dans les filières manuelles.
  4. Mobilité géographique faible : difficulté à se loger dans les bassins industriels en tension (logements rares, prix élevés, transports limités).
  5. Concurrence entre secteurs : les industries qui offrent salaires + 13ᵉ mois + intéressement + RTT attirent au détriment des autres.
Bon à savoir : selon Pôle emploi (devenu France Travail), 1 employeur sur 2 considère ses recrutements difficiles en 2024. Pour les métiers de la métallurgie, ce taux atteint 85 %. Cela explique pourquoi les industriels investissent massivement dans la marque employeur, l'\\'alternance et les partenariats CFA.

Les leviers à activer

  • Massifier l'\\'alternance : taux d'\\'embauche en CDI à 7 mois > 75 % chez les diplômés alternants. Aide unique de 6 000 € pour l'\\'employeur.
  • POEC sectorielles : 3 à 6 mois 100 % financés par l'\\'OPCO + engagement d'\\'embauche.
  • Marque employeur : mettre en avant les valeurs, les conditions de travail modernisées, les opportunités d'\\'évolution interne.
  • Reconversions adultes : ouvrir l'\\'industrie aux profils de plus de 30 ans en bifurcation de carrière.
  • Transformation des conditions de travail : ergonomie des postes, exosquelettes, automatisation des tâches pénibles, polyvalence.
  • Politique salariale et avantages : 13ᵉ mois, intéressement, mutuelle premium, plan d'\\'épargne abondé sont devenus des standards.

Pour aller plus loin

« La pénurie de compétences n'\\'est pas un problème conjoncturel. C'\\'est le résultat de 30 ans de désinvestissement dans l'\\'industrie et l'\\'enseignement professionnel. Y répondre demandera au moins 10 ans d'\\'effort soutenu. » – France 24

Source vidéo : France 24

Publicité

Questions fréquentes

Plus de 360 000 selon France Travail en 2024. La pénurie touche tous les secteurs mais frappe particulièrement la métallurgie/industrie (~80 000 postes), le BTP (~70 000), la santé (~50 000), la restauration (~50 000), les transports (~40 000) et le numérique (~30 000).

Cinq causes : démographie (départs en retraite massifs), image dégradée de l'industrie, inadéquation formation/besoins (trop de Bac+5 généralistes), mobilité géographique faible (logements rares en bassins industriels), concurrence entre secteurs sur les avantages.

Soudeur, chaudronnier, usineur, technicien maintenance dans la métallurgie. Côté BTP : maçon, couvreur, charpentier, conducteur de travaux. Côté logistique : chauffeur PL/SPL, cariste, préparateur de commandes.

Massification de l'alternance (taux d'embauche en CDI > 75 %), POEC sectorielles (3-6 mois 100 % financées par OPCO + engagement embauche), marque employeur, ouverture aux reconversions adultes, transformation des conditions de travail (ergonomie, exosquelettes), politique salariale (13ᵉ mois, intéressement, mutuelle).

Oui en 2026, montant 6 000 € pour les apprentis de moins de 30 ans (depuis 2024, conditions susceptibles d'évoluer). Elle s'ajoute à l'exonération renforcée de cotisations patronales et à la prise en charge OPCO de 100 % du coût formation.

Vidéos similaires