Tableau 1 · Régime Agricole · En vigueur

Tétanos professionnel

Le tableau 1 du régime agricole couvre le tétanos contracté en dehors d'un accident du travail à la suite de travaux agricoles ou de tout travail comportant un contact avec les animaux domestiques, leurs dépouilles ou leurs déjections. Délai de prise en charge : 30 jours. Liste limitative. Vaccination antitétanique obligatoire (art. L. 3111-4 CSP).

Numéro
1
Régime
Régime Agricole
Agent causal
Clostridium tetani
Type de liste
Limitative
Dernière modif.
22/04/2005

Texte officiel du tableau — source Légifrance

Désignation des maladies

Désignation de la maladie, délai de prise en charge et liste limitative des travaux

Texte officiel — Annexe II du Code rural et de la pêche maritime, Livre VII (Tableaux des maladies professionnelles en agriculture). Sources : Légifrance — Tableau n° 1 (LEGIARTI000006599534) · INRS — Tableau RA 1.

Désignation de la maladie Délai de prise en charge Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer cette maladie
Tétanos en dehors des cas consécutifs à un accident du travail. 30 jours Travaux agricoles, ainsi que tous travaux comportant un contact avec les animaux domestiques, leurs dépouilles ou leurs déjections.
Type de liste : limitative. Seuls les travaux agricoles et les travaux comportant un contact avec les animaux domestiques, leurs dépouilles ou leurs déjections ouvrent droit à la présomption d'origine professionnelle au titre du tableau 1 RA. Pour une exposition tellurique en dehors du champ agricole et de l'élevage :
  • les salariés du régime général peuvent invoquer le tableau 7 du régime général (tétanos lié aux travaux effectués dans les égouts) ;
  • la voie complémentaire du CRRMP (article L. 461-1 al. 4 CSS) reste ouverte lorsque le lien direct avec le travail habituel peut être démontré ;
  • lorsque la contamination résulte d'une plaie identifiée survenue à l'occasion du travail (clou, outil souillé, morsure animale), c'est la qualification d'accident du travail (article L. 411-1 CSS et articles L. 751-6 et s. du Code rural pour les salariés agricoles) qui s'applique.
Aucune durée minimale d'exposition n'est exigée par le tableau : dès lors que la victime a exercé des travaux agricoles ou en contact avec les animaux domestiques, leurs dépouilles ou leurs déjections, la présomption d'origine joue automatiquement si le diagnostic de tétanos est posé dans le délai de prise en charge de 30 jours suivant la fin de l'exposition.

Qu'est-ce que c'est concrètement ?

Le tableau n° 1 du régime agricole couvre le tétanos professionnel contracté en dehors d'un accident du travail, lorsqu'il fait suite à des travaux agricoles ou à tous travaux comportant un contact avec les animaux domestiques, leurs dépouilles ou leurs déjections. Il fait partie de l'Annexe II du Code rural et de la pêche maritime et concerne les actifs affiliés à la MSA (salariés agricoles et non-salariés).

Qu'est-ce que le tétanos ?

Le tétanos est une infection bactérienne grave provoquée par Clostridium tetani, un bacille anaérobie strictement tellurique présent dans le sol, la poussière, les déjections animales et la matière organique en décomposition. La bactérie pénètre l'organisme par une plaie — même minime (piqûre par épine, écorchure par outil, morsure animale) — et libère une neurotoxine puissante, la tétanospasmine, qui provoque un trismus (contracture invincible des muscles de la mâchoire), des spasmes musculaires généralisés et une rigidité pouvant gagner le diaphragme. Selon Santé publique France, la létalité du tétanos déclaré reste d'environ 20 à 30 % malgré la réanimation moderne.

Pourquoi le milieu agricole et l'élevage ?

Le milieu agricole concentre les conditions favorables à la contamination tétanique : terre travaillée en permanence, présence massive de déjections animales sur les exploitations (bouses, fumier, lisier), plaies fréquentes liées aux outils tranchants, aux barbelés, aux épines de la taille des arbres fruitiers ou de la vigne, aux morsures et coups d'animaux. Les Clostridium sont des bactéries anaérobies sporulées particulièrement résistantes : leurs spores peuvent persister des années dans la terre et les déjections, prêtes à germer dans une plaie souillée et mal oxygénée. Les articles R. 4421-1 et suivants du Code du travail classent d'ailleurs Clostridium tetani parmi les agents biologiques pathogènes du groupe 2. Pour les salariés agricoles, les règles spécifiques de santé au travail relèvent en outre des articles R. 717-1 et suivants du Code rural.

Pourquoi 30 jours de délai de prise en charge ?

La période d'incubation du tétanos est généralement de 3 à 21 jours, exceptionnellement jusqu'à 30 jours selon la profondeur, la contamination de la plaie et la quantité de toxine produite. Le délai de prise en charge de 30 jours du tableau 1 RA colle exactement à cette physiopathologie : tout tétanos déclaré dans le mois suivant des travaux agricoles ou un contact avec animaux/déjections est présumé d'origine professionnelle, sans que la victime ait à prouver le lien de cause à effet.

Une maladie devenue rare grâce à la vaccination

Grâce à la vaccination antitétanique obligatoire en France — généralisée depuis 1952 et imposée par l'article L. 3111-4 du Code de la santé publique aux personnes exerçant une activité l'exposant au risque — le tétanos est devenu rarissime : Santé publique France recense en moyenne moins de 10 cas par an sur le territoire métropolitain, presque exclusivement chez des personnes âgées ou non à jour de leurs rappels. Plusieurs des derniers cas déclarés concernaient des retraités agricoles vivant à la campagne, qui s'étaient blessés en jardinant ou en s'occupant d'animaux. La reconnaissance au titre du tableau 1 RA conserve toute sa portée juridique en cas de défaillance vaccinale ou de plaie particulièrement contaminée.

Qui est concerné aujourd'hui ?

Les métiers entrant dans le champ du tableau 1 RA sont nombreux : exploitants agricoles et salariés des exploitations en grandes cultures, éleveurs (bovins, ovins, caprins, porcins, équins, volailles), viticulteurs, arboriculteurs, maraîchers, horticulteurs, pépiniéristes, ouvriers et techniciens forestiers, bûcherons, jardiniers et paysagistes employés par une exploitation agricole ou un groupement, agents d'entretien des espaces ruraux, palefreniers, soigneurs animaliers, maréchaux-ferrants, ainsi que toute personne intervenant en contact direct avec des animaux domestiques, leurs dépouilles ou leurs déjections (équarrissage, abattoirs en lien avec élevages, services vétérinaires de terrain). Les agents intervenant dans les égouts relèvent en revanche du tableau 7 du régime général.

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Procédure de reconnaissance

La reconnaissance d'un tétanos professionnel au titre du tableau 1 RA ouvre droit à la présomption d'origine professionnelle (article L. 461-1 al. 2 du Code de la sécurité sociale, applicable au régime agricole via les articles L. 751-1 et suivants du Code rural et de la pêche maritime) : dès lors que les conditions du tableau sont remplies — diagnostic de tétanos, déclaration dans le délai de 30 jours suivant la fin de l'exposition, exercice de travaux agricoles ou en contact avec animaux/déjections — le caractère professionnel est acquis sans avoir à démontrer le lien de causalité. La procédure est gérée par la MSA, non par la CPAM.

Étape 1 — Diagnostic et certificat médical initial (CMI)

Le tétanos étant une urgence vitale, le diagnostic est généralement posé en réanimation par un infectiologue ou un réanimateur (trismus, contractures musculaires généralisées, spasmes, contexte de plaie souillée). Une fois la phase aiguë franchie — ou en cas de séquelles — un médecin (médecin traitant, médecin hospitalier, médecin du travail agricole) établit un certificat médical initial mentionnant explicitement le tableau 1 du régime agricole. Ce document est indispensable : il marque le point de départ de la procédure et le délai de prescription.

Étape 2 — Déclaration à la MSA

La victime (ou ses ayants droit en cas de décès) adresse à sa caisse de MSA le formulaire de déclaration de maladie professionnelle, accompagné :

  • des deux premiers volets du CMI ;
  • d'une attestation de l'employeur agricole ou, pour les non-salariés, des justificatifs d'affiliation MSA (relevé de carrière AMEXA) ;
  • d'un descriptif des travaux effectués (cultures, élevage, contact animaux/déjections) et, le cas échéant, des circonstances de la plaie initiale.

Délai de prescription : 2 ans à compter de la date du CMI ou de la cessation du travail (article L. 461-5 CSS).

Étape 3 — Instruction par la MSA

La caisse de MSA ouvre une enquête contradictoire visant à vérifier : (i) le diagnostic médical, (ii) l'exercice effectif de travaux agricoles ou en contact avec animaux domestiques, leurs dépouilles ou leurs déjections, (iii) le respect du délai de 30 jours entre la fin de l'exposition et le premier constat médical. Elle dispose de 120 jours à compter du dossier complet pour rendre sa décision (article R. 461-9 CSS), prorogeable à 240 jours si des investigations complémentaires sont nécessaires. L'employeur peut consulter le dossier pendant 10 jours avant la décision.

Étape 4 — Le cas échéant : CRRMP agricole

Si une condition du tableau n'est pas strictement remplie (par exemple : tétanos diagnostiqué au-delà de 30 jours, ou contracté lors d'une activité non strictement agricole — voirie, espaces verts hors exploitation, bricolage à domicile pour un actif agricole), le dossier est transmis au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) compétent pour le régime agricole. Le CRRMP examine alors si la maladie est « directement causée par le travail habituel de la victime » (article L. 461-1 al. 4 CSS) et rend un avis qui s'impose à la MSA.

Étape 5 — Articulation avec la qualification d'accident du travail

Le tableau 1 RA exclut explicitement les tétanos consécutifs à un accident du travail. Lorsque la contamination résulte d'une plaie identifiée survenue à l'occasion du travail (coupure par outil souillé, morsure animale, piqûre par épine ou barbelé contaminé), c'est la qualification d'accident du travail agricole (articles L. 411-1 CSS et L. 751-6 et s. du Code rural) qui s'applique, avec une déclaration en 48 heures par l'employeur (article L. 441-1 CSS) et non la procédure de déclaration de MP.

Sources : MSA — Reconnaissance maladie professionnelle · articles L. 411-1, L. 441-1, L. 461-1 à L. 461-5 et R. 461-9 du Code de la sécurité sociale ; articles L. 751-1 et suivants et R. 717-1 et suivants du Code rural et de la pêche maritime.

Indemnisation

Un tétanos professionnel reconnu au titre du tableau 1 RA ouvre droit aux prestations de la branche AT/MP gérée par la MSA (articles L. 751-1 et s. du Code rural), à partir de la date du certificat médical initial. La gravité potentielle du tétanos (réanimation prolongée, séquelles neurologiques durables, décès) rend les enjeux indemnitaires lourds, en particulier pour les non-salariés agricoles dont la couverture est plus modeste que celle des salariés.

Prise en charge des soins à 100 %

Tous les frais médicaux, pharmaceutiques, d'hospitalisation et de réadaptation liés au tétanos sont pris en charge à 100 % du tarif conventionnel, sans avance de frais, par la MSA au titre de la branche AT/MP (article L. 431-1 CSS). Cela inclut les séjours en réanimation, la rééducation fonctionnelle et le suivi neurologique post-aigu.

Pendant l'arrêt : indemnités journalières (IJSS)

Pour les salariés agricoles, les IJSS sont versées dès le 1er jour d'arrêt (pas de carence en MP, contrairement à la maladie ordinaire) selon les modalités de l'article R. 433-1 CSS :

  • du 1er au 28e jour : 60 % du salaire journalier de référence ;
  • à partir du 29e jour : 80 % du salaire journalier de référence.

Pour les non-salariés agricoles (exploitants), les indemnités journalières sont versées par la MSA au titre du régime AT/MP des non-salariés (articles L. 752-1 et s. du Code rural), selon des montants forfaitaires fixés par décret, plus modestes que ceux des salariés.

À la consolidation : taux d'incapacité permanente (IPP)

Une fois l'état stabilisé, le médecin conseil de la MSA évalue le taux d'incapacité permanente partielle (IPP) selon le barème indicatif d'invalidité (annexe I de l'article R. 434-32 CSS). Pour le tétanos, les séquelles peuvent être :

  • raideurs musculaires résiduelles et troubles moteurs ;
  • troubles cognitifs ou neuropsychiques en cas d'anoxie cérébrale liée à des spasmes laryngés prolongés ;
  • complications cardiaques ou respiratoires post-réanimation ;
  • syndrome de stress post-traumatique consécutif au séjour en réanimation.

L'IPP donne lieu :

  • IPP < 10 % : indemnité en capital versée en une fois (barème fixé par décret).
  • IPP ≥ 10 % : rente viagère trimestrielle, calculée sur la base du salaire annuel des 12 derniers mois × taux d'IPP corrigé (÷ 2 jusqu'à 50 %, × 1,5 au-delà). Pour les non-salariés, la rente est calculée sur le gain forfaitaire annuel des non-salariés agricoles (article L. 752-6 du Code rural).
  • IPP ≥ 66 % : majoration possible pour assistance d'une tierce personne (article L. 434-2 CSS).

En cas de décès

Le décès consécutif à un tétanos professionnel reconnu ouvre droit aux ayants droit (conjoint, enfants) à une rente de survivants : 40 % du salaire annuel du défunt pour le conjoint, 25 % par enfant à charge dans la limite de 85 % au total (articles L. 434-7 à L. 434-14 CSS). S'y ajoutent les frais funéraires dans la limite d'un plafond légal.

Faute inexcusable de l'employeur

Si la victime ou ses ayants droit démontrent que l'employeur agricole avait ou aurait dû avoir conscience du danger d'exposition au tétanos (absence de vaccination proposée et tracée, absence d'EPI adaptés, absence d'analyse du risque biologique dans le DUERP) et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires (article L. 452-1 CSS), la rente est majorée jusqu'au taux maximum et l'ensemble des préjudices personnels peut être indemnisé : souffrances physiques et morales, préjudice esthétique, préjudice d'agrément, perte de chance professionnelle (article L. 452-3 CSS).

Sources : articles L. 431-1, L. 433-1, L. 434-1 à L. 434-14, L. 452-1 à L. 452-5 du Code de la sécurité sociale ; articles L. 751-1 à L. 752-7 du Code rural et de la pêche maritime ; MSA — Santé et sécurité au travail.

Jurisprudence

Le contentieux propre au tableau 1 RA est numériquement rare, en raison de la diminution drastique des cas de tétanos en France grâce à la vaccination obligatoire. La jurisprudence applicable s'appuie largement sur les principes dégagés en matière de tétanos professionnel (tableau 7 RG transposable) et sur la doctrine générale du risque biologique et de l'obligation de sécurité de l'employeur.

1. L'obligation de sécurité couvre les risques biologiques connus

Cass. soc., 28 février 2002, n° 99-17.221 et arrêts du même jour : la Cour de cassation pose le principe selon lequel « en vertu du contrat de travail le liant à son salarié, l'employeur est tenu envers celui-ci d'une obligation de sécurité de résultat » et que le manquement à cette obligation constitue une faute inexcusable lorsque l'employeur « avait ou aurait dû avoir conscience du danger ». Appliquée au tétanos en milieu agricole et en élevage, cette obligation impose à l'employeur de proposer activement la vaccination antitétanique (relayée par la médecine du travail agricole gérée par la MSA), de la tracer dans le dossier médical en santé au travail, et de fournir les EPI adaptés (gants, bottes, manchettes anti-épines, lunettes). L'absence de vaccination tracée et d'EPI adaptés caractérise la faute inexcusable.

2. La présomption d'origine joue dès que les conditions du tableau sont remplies

Cass. soc., 19 décembre 2002, n° 00-22.482 : la Cour rappelle que la présomption d'origine professionnelle prévue par l'article L. 461-1 CSS « est de droit dès lors que les conditions du tableau sont remplies » et qu'il n'appartient pas à la caisse ou à l'employeur de la combattre, sauf à apporter la preuve d'une exposition extra-professionnelle déterminante. Pour le tableau 1 RA, la simple démonstration d'un travail agricole ou d'un contact avec animaux/déjections dans les 30 jours précédant l'apparition des signes suffit à fonder la reconnaissance.

3. Vaccination obligatoire et responsabilité de l'employeur agricole

L'article L. 3111-4 du Code de la santé publique impose la vaccination antitétanique aux personnes exerçant une activité professionnelle les exposant au risque. Le coût est à la charge de l'employeur (article R. 4426-6 du Code du travail, transposé aux exploitations agricoles via les articles R. 717-1 et s. du Code rural). La jurisprudence est constante : le défaut de vaccination tracée engage la responsabilité de l'employeur en cas de tétanos contracté en service et facilite la reconnaissance d'une faute inexcusable lorsque la victime n'avait pas été convoquée pour ses rappels par le service de santé au travail.

4. Cas des non-salariés agricoles (exploitants)

Les exploitants agricoles sont leurs propres employeurs au sens de la prévention : ils doivent appliquer à eux-mêmes et à leur famille travaillant sur l'exploitation les obligations de prévention prévues par le Code du travail et le Code rural. La jurisprudence reconnaît qu'un exploitant atteint d'une MP ne peut faire valoir une faute inexcusable contre lui-même, mais conserve le bénéfice du tableau 1 RA et de la rente correspondante calculée sur le gain forfaitaire annuel (articles L. 752-1 et s. du Code rural).

Pour aller plus loin : rechercher sur Judilibre les mots-clés « tétanos professionnel agricole », « faute inexcusable employeur agricole vaccination » ou « risque biologique élevage ».

Prévention

La prévention du tétanos professionnel en milieu agricole repose sur trois piliers : vaccination obligatoire à jour, protection mécanique des plaies par EPI adaptés, et traitement immédiat de toute effraction cutanée survenue sur l'exploitation. Le cadre juridique général est posé par les articles R. 4421-1 à R. 4427-5 du Code du travail (risque biologique) et l'article L. 3111-4 du Code de la santé publique (vaccination obligatoire) ; il est complété, pour les salariés agricoles, par les articles R. 717-1 et suivants du Code rural et de la pêche maritime.

Vaccination antitétanique obligatoire

L'article L. 3111-4 du Code de la santé publique rend la vaccination antitétanique obligatoire pour toute personne exerçant une activité l'exposant à des risques de contamination. Les salariés agricoles, éleveurs, ouvriers forestiers et personnes en contact avec des animaux domestiques sont concernés. L'employeur agricole :

  • prend en charge intégralement le coût de la vaccination et des rappels (article R. 4426-6 du Code du travail) ;
  • doit organiser le suivi du calendrier vaccinal via le service de santé au travail de la MSA ;
  • conserve une trace écrite des vaccinations dans le dossier médical en santé au travail (article R. 4624-46 du Code du travail).

Calendrier : primovaccination en trois injections puis rappels selon le calendrier vaccinal en vigueur (Santé publique France), avec rappel décennal à l'âge adulte. Les exploitants non-salariés doivent assurer eux-mêmes leur propre couverture vaccinale auprès de leur médecin traitant ; la MSA mène régulièrement des campagnes de sensibilisation à destination des chefs d'exploitation et de leurs conjoints collaborateurs.

Évaluation du risque biologique (DUERP)

Conformément à l'article L. 4121-1 du Code du travail et aux articles R. 4423-1 à R. 4423-4, l'employeur agricole doit identifier le risque biologique (Clostridium tetani est un agent du groupe 2), évaluer les expositions sur chaque poste (préparation du sol, soins aux animaux, manipulation du fumier et du lisier, taille et travaux forestiers) et mettre en œuvre les mesures de prévention adaptées dans le Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP). Une fiche d'exposition aux risques biologiques est tenue à jour.

EPI et organisation du travail

  • Gants de protection mécanique adaptés à la tâche (cuir/anti-coupure pour la taille et la manipulation d'outils, étanches EN 374 pour les déjections et lisiers).
  • Bottes anti-perforation, vêtements couvrants, manchettes anti-épines pour la viticulture et l'arboriculture.
  • Désinfection systématique de toute coupure, écorchure ou piqûre survenue sur l'exploitation ; consultation médicale immédiate en cas de plaie souillée par terre, lisier ou fumier.
  • Pour les travaux à risque biologique élevé (équarrissage à la ferme, manipulation d'animaux morts, curage de fosse à lisier), procédures écrites et plan de prévention en cas d'intervention d'entreprise extérieure (article R. 4512-7 du Code du travail).

Suivi individuel renforcé (SIR) par la médecine du travail MSA

Les salariés agricoles exposés à des agents biologiques pathogènes du groupe 2 bénéficient d'un suivi individuel renforcé assuré par les services de santé au travail de la MSA (articles R. 4624-22 et s. du Code du travail, articles R. 717-14 et s. du Code rural) : examen médical d'aptitude avant affectation au poste, périodicité maximale de 4 ans, visite intermédiaire à 2 ans. Le médecin du travail vérifie notamment la mise à jour des vaccinations obligatoires (tétanos en premier lieu, ainsi que leptospirose, hépatites A/B, rage ou autres selon les recommandations propres à chaque filière).

Conduite à tenir en cas de plaie souillée

Lavage abondant à l'eau et au savon, antisepsie, consultation médicale immédiate. Le médecin évalue le risque tétanigène (statut vaccinal, ancienneté du dernier rappel, nature et profondeur de la plaie, présence de terre/fumier/déjections) et peut prescrire une injection de rappel et/ou d'immunoglobulines antitétaniques selon les recommandations de la HAS et de Santé publique France.

Sources : INRS — Risques biologiques ; MSA — Santé sécurité au travail des actifs agricoles ; articles R. 4421-1 à R. 4427-5 du Code du travail ; articles R. 717-1 et suivants du Code rural et de la pêche maritime ; article L. 3111-4 du Code de la santé publique ; Santé publique France — Tétanos.

Cas pratiques

Les cas ci-dessous sont anonymisés et reconstitués à des fins pédagogiques à partir de situations types rencontrées par les caisses de MSA, les services de santé au travail agricoles et les CRRMP. Ils n'identifient aucune exploitation ni personne.

Cas 1 — Tétanos chez un éleveur ovin insuffisamment vacciné (tableau 1 RA reconnu)

M. A., 61 ans, exploitant ovin dans le Massif central depuis 35 ans, est hospitalisé en réanimation pour trismus et contractures musculaires généralisées. Le diagnostic de tétanos est confirmé. L'enquête retrouve une plaie ancienne à la main droite contractée en évacuant du fumier dix jours auparavant, et un dernier rappel vaccinal documenté il y a près de 25 ans. La MSA reconnaît la MP au titre du tableau 1 RA (travaux agricoles avec contact direct avec les déjections animales, délai de 30 jours respecté). Après 4 semaines de réanimation et 5 mois de rééducation, l'IPP est fixée à 24 % : faiblesse musculaire résiduelle, syndrome de stress post-traumatique. La MSA verse une rente viagère trimestrielle calculée sur le gain forfaitaire annuel des non-salariés agricoles.

Cas 2 — Salarié viticole, plaie identifiée — accident du travail retenu

Mme B., 38 ans, salariée viticole en CDI sur un domaine. Lors d'une opération de taille hivernale, elle se blesse profondément à la paume avec un sécateur souillé de terre. Soins immédiats, mais rappel vaccinal antitétanique non administré (vaccination supposée à jour). Trois semaines plus tard, premiers signes de tétanos. Le diagnostic est posé. Ici, la contamination étant liée à une plaie identifiée survenue à l'occasion du travail, c'est la qualification d'accident du travail agricole (articles L. 411-1 CSS et L. 751-6 du Code rural) qui est retenue plutôt que le tableau 1 RA. L'employeur a déclaré l'AT dans les 48 heures (article L. 441-1 CSS). Prise en charge à 100 %, IJSS dès le 1er jour, évaluation d'IPP à la consolidation. Une action en faute inexcusable est engagée au motif que le statut vaccinal de la salariée n'avait pas été vérifié par le service de santé au travail.

Cas 3 — Maraîcher salarié, dossier au CRRMP

M. C., 49 ans, salarié maraîcher employé par un GAEC. Il développe les signes d'un tétanos 24 jours après une succession de travaux de désherbage manuel et de manipulation de compost. Aucune plaie franche identifiée, mais de multiples micro-écorchures aux avant-bras. Le médecin du travail MSA propose une déclaration au titre du tableau 1 RA. La caisse instruit le dossier, mais relève que la chronologie précise de l'exposition tellurique est mal documentée et que le statut vaccinal du salarié n'a pas été tracé. Le dossier est transmis au CRRMP agricole. Au vu de la fiche de poste, des registres d'activité du GAEC et du contexte clinique, le CRRMP retient un lien direct avec le travail habituel et conclut à la reconnaissance. IPP fixée à 14 %, rente trimestrielle versée.

Cas 4 — Décès d'un ouvrier forestier, rente de survivants pour la famille

M. D., 57 ans, ouvrier forestier salarié d'une coopérative forestière, intervient en abattage et débardage. Il décède en réanimation d'un tétanos généralisé compliqué d'insuffisance respiratoire, 18 jours après une plaie à la jambe par un débris végétal en zone humide. Vaccination du dossier de santé au travail périmée depuis 14 ans, absence de relance documentée. La MSA reconnaît la MP au titre du tableau 1 RA. La veuve et les deux enfants à charge bénéficient des rentes de survivants prévues aux articles L. 434-7 à L. 434-14 CSS (40 % pour la conjointe, 25 % par enfant), ainsi que de la prise en charge des frais funéraires. L'action en faute inexcusable engagée par la famille conduit à la majoration maximale de la rente et à l'indemnisation des préjudices moraux des ayants droit (article L. 452-3 CSS).

Questions fréquentes

Le délai de prise en charge est de 30 jours. Le tétanos doit être diagnostiqué dans les 30 jours qui suivent la fin de l'exposition aux travaux agricoles ou au contact avec les animaux domestiques, leurs dépouilles ou leurs déjections pour que la présomption d'origine professionnelle joue automatiquement.

La liste limitative vise les travaux agricoles ainsi que tous travaux comportant un contact avec les animaux domestiques, leurs dépouilles ou leurs déjections. Sont concernés les exploitants agricoles, salariés agricoles, éleveurs, viticulteurs, arboriculteurs, maraîchers, ouvriers forestiers, paysagistes employés par une exploitation, palefreniers et soigneurs animaliers.

Le tableau 1 du régime agricole concerne le tétanos contracté lors de travaux agricoles ou en contact avec les animaux domestiques, gestion par la MSA. Le tableau 7 du régime général vise le tétanos contracté à la suite de travaux effectués dans les égouts (égoutiers, agents d'assainissement), gestion par la CPAM. Ce sont deux tableaux distincts couvrant des publics et des expositions différents.

Oui. L'article L. 3111-4 du Code de la santé publique impose la vaccination antitétanique à toute personne exerçant une activité l'exposant au risque, et l'employeur en supporte le coût (article R. 4426-6 du Code du travail). En agriculture, le suivi vaccinal est assuré par le service de santé au travail de la MSA. Le défaut de vaccination tracée engage la responsabilité de l'employeur et facilite la reconnaissance d'une faute inexcusable.

Oui. Les exploitants agricoles non-salariés affiliés à la MSA sont couverts par le régime AT/MP des non-salariés agricoles (articles L. 752-1 et suivants du Code rural). Ils peuvent demander la reconnaissance au titre du tableau 1 RA selon la même procédure que les salariés, mais les indemnités journalières et la rente sont calculées sur le gain forfaitaire annuel des non-salariés, généralement plus modeste.

Le tableau 1 RA exclut explicitement les tétanos consécutifs à un accident du travail. Lorsque la contamination résulte d'une plaie identifiée (coupure par outil souillé, piqûre par épine ou barbelé, morsure animale), c'est la procédure d'accident du travail agricole (articles L. 411-1 CSS et L. 751-6 et s. du Code rural) qui s'applique, avec déclaration par l'employeur dans les 48 heures.
Avertissement : cette fiche a une vocation informative. Pour toute démarche concrète de reconnaissance d'une maladie professionnelle, contactez votre médecin du travail, votre CPAM ou un professionnel du droit social. Pour le texte officiel en vigueur, référez-vous à Légifrance.
Page mise à jour le 29/05/2026.