Tableau 74 · Régime Général · En vigueur

Affections professionnelles provoquées par le furfural et l'alcool furfurylique

Le tableau 74 RG couvre les affections allergiques et irritatives provoquées par l’exposition au furfural (2-furaldéhyde) et à l’alcool furfurylique : rhinite, asthme, conjonctivite (délai 7 jours) et dermite eczématiforme (délai 15 jours). Secteurs concernés : fonderie (résines furaniques), industrie chimique, raffinage, caoutchouc, abrasifs.

Numéro
74
Régime
Régime Général
Agent causal
Furfural et alcool furfurylique
Type de liste
Indicative
Durée d'exposition
Non exigée
Dernière modif.
13/02/2003

Texte officiel du tableau — source Légifrance

Désignation des maladies

Désignation des maladies, délai de prise en charge et liste indicative des travaux

Texte officiel — Annexe II du Code de la sécurité sociale, article R. 461-3. Tableau créé par décret du 22 juin 1984, dernière modification par décret n° 2003-110 du 11 février 2003 (en vigueur depuis le 13 février 2003). Source : Légifrance — LEGIARTI000006746393.

Désignation des maladies Délai de prise en charge Liste indicative des principaux travaux susceptibles de provoquer ces maladies
Rhinite récidivant en cas de nouvelle exposition au risque ou confirmée par test. 7 jours Travaux exposant aux émanations de furfural et d'alcool furfurylique utilisés comme :
— solvants, réactifs ;
— agents de synthèse des pesticides, de médicaments ou de matières plastiques, en particulier pour la préparation et l'utilisation de moules en fonderie ;
— accélérateurs de vulcanisation du caoutchouc.
Asthme objectivé par explorations fonctionnelles respiratoires récidivant en cas de nouvelle exposition au risque ou confirmé par test. 7 jours
Conjonctivite récidivant après nouvelle exposition. 7 jours
Dermite eczématiforme récidivant en cas de nouvelle exposition au risque ou confirmée par un test épicutané. 15 jours
Type de liste : indicative. Le tableau 74 RG retient une liste indicative des principaux travaux : la présomption d'origine professionnelle joue dès lors que la pathologie est constatée dans le délai prévu, même si l'activité précise ne figure pas explicitement dans la colonne de droite, à condition que le salarié rapporte la preuve d'une exposition au furfural ou à l'alcool furfurylique (article L. 461-1 al. 3 CSS).

Qu'est-ce que c'est concrètement ?

Le tableau n° 74 du régime général couvre les affections allergiques et irritatives provoquées par l'exposition professionnelle au furfural (également appelé 2-furaldéhyde ou furfuraldéhyde) et à l'alcool furfurylique : rhinite, asthme, conjonctivite et dermite eczématiforme. Le délai de prise en charge est court (7 à 15 jours) car ces pathologies apparaissent rapidement après une nouvelle exposition.

Que sont le furfural et l'alcool furfurylique ?

Le furfural est un aldéhyde aromatique liquide jaunâtre, dérivé des pentoses obtenus par hydrolyse de la biomasse végétale (rafles de maïs, balles d'avoine, son de blé, bagasse de canne à sucre, coques d'amande, sciures). L'alcool furfurylique en est le dérivé hydrogéné. Tous deux sont des intermédiaires de synthèse largement utilisés dans la chimie industrielle, en particulier pour produire les résines furaniques employées comme liants des noyaux et moules de fonderie. Ils dégagent à température ambiante des vapeurs irritantes pour les voies respiratoires, les yeux et la peau, et présentent un fort pouvoir sensibilisant.

Mécanisme physiopathologique

L'exposition répétée par inhalation déclenche, chez les sujets sensibilisés, une réponse immuno-allergique de type IgE pouvant aboutir à :

  • Rhinite professionnelle : obstruction nasale, éternuements, rhinorrhée claire récidivant à chaque retour au poste.
  • Asthme allergique : bronchoconstriction objectivée par EFR (chute du VEMS, test de provocation bronchique), souvent précédée d'une rhinite.
  • Conjonctivite : larmoiement, hyperhémie, prurit oculaire à l'exposition.
  • Dermite eczématiforme : eczéma allergique de contact des mains, avant-bras et visage, confirmé par tests épicutanés (patch-tests positifs au furfural ou à l'alcool furfurylique).

Qui est concerné ?

Les secteurs les plus exposés sont :

  • Fonderie (la principale source d'exposition) — préparation et utilisation des sables agglomérés à liant furanique pour la fabrication de noyaux et moules : mouleurs-noyauteurs, fondeurs, agents de coulée.
  • Industrie chimique et plasturgie : fabrication de résines furaniques, de plastiques techniques, opérateurs de réacteurs et de polymérisation.
  • Pétrochimie / raffinage : le furfural est utilisé comme solvant extractif des aromatiques dans le raffinage des huiles lubrifiantes.
  • Caoutchouc : emploi comme accélérateur de vulcanisation.
  • Fabrication d'abrasifs agglomérés (meules à liant résine furanique).
  • Industrie pharmaceutique et phytosanitaire : agent de synthèse pour pesticides et médicaments.
  • Agroalimentaire : production d'arômes (le furfural est un composé aromatique naturellement présent dans le café torréfié, le pain et certaines eaux-de-vie), opérations sur sources de pentoses (distillation).

Sources : INRS — Fiche MP tableau 74 · INRS — Fiches toxicologiques furfural et alcool furfurylique.

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Procédure de reconnaissance

La reconnaissance d'une affection inscrite au tableau 74 ouvre droit à la présomption d'origine professionnelle (article L. 461-1 al. 2 du Code de la sécurité sociale) : dès lors que la maladie est constatée dans le délai prévu et qu'une exposition au furfural ou à l'alcool furfurylique est rapportée, le caractère professionnel est présumé. La liste des travaux étant indicative, le bénéfice du tableau s'applique même si l'activité précise n'est pas listée, sous réserve de démontrer l'exposition (article L. 461-1 al. 3 CSS).

Étape 1 — Certificat médical initial (CMI)

Le médecin (généraliste, pneumologue, allergologue, dermatologue ou médecin du travail) établit un certificat médical initial mentionnant explicitement le tableau 74 et l'affection visée (ex. : « asthme allergique au furfural — tableau 74 »). Les EFR avec test de provocation ou les patch-tests épicutanés positifs sont des éléments médico-légaux clés.

Étape 2 — Déclaration à la CPAM

La victime adresse à sa CPAM le formulaire Cerfa S6100 « Déclaration de maladie professionnelle », accompagné des deux premiers volets du CMI et de l'attestation de salaire de l'employeur. Délai de prescription : 2 ans à compter de la date du CMI (article L. 461-5 CSS).

Étape 3 — Instruction par la CPAM

La CPAM ouvre une enquête administrative et médicale contradictoire. Elle dispose de 120 jours à compter de la réception du dossier complet pour rendre sa décision (article R. 461-9 CSS), prolongeables de 120 jours en cas d'investigations complémentaires. L'employeur a accès au dossier pendant 10 jours francs et peut produire ses observations.

Étape 4 — Le cas échéant : CRRMP

Si le délai de prise en charge est dépassé ou si la pathologie ne correspond pas exactement à la désignation du tableau, le dossier est transmis au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). Le CRRMP examine si la maladie est « directement causée par le travail habituel de la victime » (article L. 461-1 al. 4 CSS). Sa décision motivée s'impose à la CPAM.

Étape 5 — Reclassement et aménagement de poste

La reconnaissance d'une rhinite, d'un asthme ou d'une dermite professionnelle entraîne quasi systématiquement une contre-indication médicale à toute nouvelle exposition au furfural et à l'alcool furfurylique, prononcée par le médecin du travail (article L. 4624-3 du Code du travail). L'employeur a alors une obligation de reclassement (articles L. 1226-10 et suivants en cas d'inaptitude).

Sources : Améli — Reconnaissance MP · articles L. 461-1 à L. 461-5 et R. 461-9 du Code de la sécurité sociale · article L. 4624-1 du Code du travail.

Indemnisation

La reconnaissance d'une affection au titre du tableau 74 ouvre droit à l'ensemble des prestations de la branche AT/MP du régime général. Les montants ci-dessous sont indicatifs et dépendent du salaire de référence, du taux d'IPP attribué et du barème CPAM en vigueur.

Indemnités journalières (IJSS)

Pendant l'arrêt de travail, la victime perçoit des IJSS majorées AT/MP (article L. 433-1 CSS) :

  • 60 % du salaire journalier de référence du 1ᵉʳ au 28ᵉ jour ;
  • 80 % à partir du 29ᵉ jour ;
  • Versement dès le 1ᵉʳ jour (pas de délai de carence).

Frais médicaux

Prise en charge à 100 % sur la base des tarifs de la Sécurité sociale, avec dispense d'avance de frais (article L. 431-1 CSS) : consultations spécialisées (pneumologue, allergologue, dermatologue), EFR, tests épicutanés, traitements de fond (corticoïdes inhalés, antihistaminiques, immunothérapie), suivi médical au long cours.

Incapacité Permanente Partielle (IPP)

À la consolidation, le médecin-conseil de la CPAM évalue le taux d'IPP (article L. 434-2 CSS). Pour les pathologies du tableau 74, les taux usuels relevés par le Barème indicatif d'invalidité des maladies professionnelles (annexe II du décret du 24 avril 2007) sont :

  • Rhinite isolée : 0 à 10 %.
  • Asthme allergique : 10 à 70 % selon la sévérité fonctionnelle, la stabilité sous traitement, le retentissement sur la vie professionnelle. Asthme persistant sévère pouvant aller au-delà.
  • Conjonctivite chronique : 0 à 5 %.
  • Dermite eczématiforme professionnelle : 5 à 30 % selon l'étendue, la chronicité et la gêne fonctionnelle.

Capital ou rente

  • Taux d'IPP < 10 % : versement d'un capital unique dont le montant est fixé par décret (barème CPAM).
  • Taux d'IPP ≥ 10 % : versement d'une rente trimestrielle calculée sur le salaire utile et le taux d'IPP.

Faute inexcusable de l'employeur

Si l'exposition résulte d'un manquement à l'obligation de sécurité de résultat (absence de captage à la source, absence de protection respiratoire adaptée, absence d'évaluation du risque chimique conformément aux articles R. 4412-1 et suivants du Code du travail, absence de suivi médical renforcé), la victime peut engager une action en faute inexcusable (article L. 452-1 CSS) devant le pôle social du tribunal judiciaire. Conséquences :

  • Majoration de la rente à son taux maximum ;
  • Indemnisation des préjudices personnels (souffrances physiques et morales, préjudice d'agrément, préjudice esthétique, perte de chance de promotion professionnelle).

Sources : articles L. 431-1, L. 433-1, L. 434-1, L. 434-2, L. 452-1 du Code de la sécurité sociale · Améli — Indemnisation MP · Barème indicatif d'invalidité des MP (décret du 24 avril 2007).

Jurisprudence

Le tableau 74 a généré moins de contentieux médiatique que l'amiante ou les TMS, mais la jurisprudence en matière d'asthme professionnel et de dermite eczématiforme allergique apporte des principes directement transposables.

1. Asthme professionnel — caractère habituel du travail et liste indicative

Cass. 2ᵉ civ., 19 décembre 2013, n° 12-19.995. La Cour de cassation rappelle que, lorsque la liste des travaux du tableau est indicative, la présomption d'origine professionnelle s'applique dès lors que la pathologie correspond à la désignation et que le délai de prise en charge est respecté, sans qu'il soit nécessaire que l'activité précise figure mot pour mot dans la colonne des travaux. Cette solution est directement applicable au tableau 74, dont la liste est expressément qualifiée d'indicative.

2. Obligation de sécurité et risque chimique — faute inexcusable

Cass. soc., 28 février 2002, n° 99-17.221 et suivants (arrêts « amiante »). La Cour de cassation a posé le principe selon lequel l'employeur est tenu, à l'égard du salarié, d'une obligation de sécurité de résultat en matière de risques professionnels, dont le manquement a le caractère d'une faute inexcusable dès lors qu'il avait ou aurait dû avoir conscience du danger. Cette jurisprudence, étendue à tous les agents chimiques sensibilisants par Cass. soc., 11 avril 2002, n° 00-16.535, fonde la responsabilité des fonderies et industries chimiques qui n'auraient pas mis en œuvre les mesures de captage et de protection respiratoire requises par les articles R. 4412-1 et suivants du Code du travail.

3. Reclassement après inaptitude à l'exposition

Cass. soc., 4 juin 2014, n° 13-14.628. L'inaptitude au poste prononcée par le médecin du travail en raison d'une sensibilisation à un agent chimique reconnu en MP (transposable au furfural) oblige l'employeur à rechercher un reclassement sérieux et loyal en évitant toute exposition résiduelle au produit en cause. Le simple changement d'atelier sans modification effective des conditions d'exposition ne satisfait pas à l'obligation de reclassement.

Sources : arrêts consultables sur Judilibre — Cour de cassation. Les commentaires ci-dessus sont synthétiques et ne se substituent pas à l'avis d'un avocat en droit social.

Prévention

Le furfural et l'alcool furfurylique sont classés comme agents chimiques dangereux au sens des articles R. 4412-1 et suivants du Code du travail. La prévention repose sur la combinaison : évaluation du risque, substitution, protection collective, protection individuelle et surveillance médicale renforcée.

Évaluation du risque chimique

L'employeur évalue le risque dans le DUERP (article L. 4121-3 CT) et tient à jour la fiche d'exposition du salarié. Le furfural fait l'objet d'une valeur limite d'exposition professionnelle (VLEP) indicative sur 8 heures fixée par circulaire : 2 ppm (8 mg/m³) sur 8 h, 10 ppm (40 mg/m³) sur 15 min (valeurs publiées par l'INRS dans la base Biotox/MétroPol).

Substitution et procédés

La substitution du furfural par un liant moins sensibilisant doit être recherchée chaque fois que techniquement possible (article R. 4412-66 CT). À défaut, le procédé doit être fermé ou conduit en vase clos autant que faisable.

Protection collective

  • Captage à la source (article R. 4222-12 CT) : aspiration localisée sur les stations de noyautage, les têtes de réacteur et les zones de coulée.
  • Ventilation générale dimensionnée selon l'INRS ED 6008 et ED 695.
  • Contrôle annuel des installations d'aération (article R. 4222-20 CT).

Équipements de protection individuelle (EPI)

  • Protection respiratoire : demi-masque ou masque complet à cartouches gaz/vapeurs organiques (type A, AX selon concentration) — voir INRS ED 6106.
  • Protection cutanée : gants en nitrile ou butyle (le PVC n'offre pas de protection durable contre le furfural), vêtements longs imperméables aux vapeurs.
  • Protection oculaire : lunettes étanches en cas de risque de projection.

Surveillance médicale renforcée (SMR)

Les salariés exposés bénéficient d'un suivi individuel renforcé par le médecin du travail (article R. 4624-22 CT) : visite d'aptitude avant affectation, examens périodiques avec exploration fonctionnelle respiratoire de référence, recherche de signes précoces de sensibilisation (questionnaire de rhinite/asthme), tests épicutanés en cas de suspicion de dermite. Un retrait immédiat de l'exposition est indiqué dès les premiers signes d'allergie professionnelle : toute poursuite de l'exposition conduit à une aggravation et à une généralisation des symptômes.

Information et formation

L'employeur informe et forme les salariés exposés (articles R. 4412-38 à R. 4412-41 CT) sur les risques, les EPI, les consignes de manipulation et les conduites à tenir en cas d'incident. La fiche de données de sécurité (FDS) du furfural et de l'alcool furfurylique doit être à disposition.

Sources : INRS — Fiches toxicologiques · INRS ED 6008 (ventilation), ED 6106 (appareils respiratoires) · articles R. 4412-1 et suivants du Code du travail.

Cas pratiques

Les cas ci-dessous sont anonymisés et reconstitués à des fins pédagogiques à partir de configurations typiques observées par les services de santé au travail et la jurisprudence sociale. Toute ressemblance avec une situation réelle serait fortuite.

Cas 1 — Mouleur-noyauteur en fonderie d'aluminium

Profil : M., 42 ans, mouleur-noyauteur depuis 14 ans dans une fonderie sous-traitante de l'automobile. Travaille quotidiennement sur des noyaux de sable agglomérés à liant furanique (procédé « no-bake »).
Histoire : apparition progressive d'une rhinite obstructive et d'une toux sèche aux retours de congés, puis épisodes de sifflements et de gêne respiratoire à l'effort. Le pneumologue objective un asthme avec test de provocation bronchique positif au furfural.
Procédure : CMI rédigé par le pneumologue en référence au tableau 74. Déclaration via Cerfa S6100 dans les 2 ans. Reconnaissance par la CPAM en 95 jours (présomption d'origine professionnelle : désignation + délai + exposition documentée par la fiche d'exposition).
Issue : IPP de 25 %. Inaptitude au poste prononcée par le médecin du travail. Reclassement comme contrôleur qualité hors atelier de moulage.

Cas 2 — Opératrice en industrie chimique (synthèse de résines)

Profil : Mme L., 38 ans, opératrice sur ligne de polymérisation de résines furaniques destinées au marché des abrasifs.
Histoire : dermite des mains et des avant-bras apparue après 18 mois sur le poste, s'aggravant à chaque cycle de production. Le dermatologue réalise des tests épicutanés : positivité forte à l'alcool furfurylique.
Procédure : reconnaissance au titre du tableau 74 (dermite eczématiforme, délai 15 jours respecté). IPP fixée à 12 %.
Suites : contre-indication définitive à toute exposition au furfural et à l'alcool furfurylique. La salariée engage une action en faute inexcusable : la juridiction sociale retient l'absence de captage à la source au poste d'ensachage et l'absence de fourniture de gants butyle, en méconnaissance des articles R. 4412-1 et suivants CT.

Cas 3 — Agent de maintenance dans une raffinerie

Profil : M. R., 51 ans, agent de maintenance sur unité d'extraction au furfural (procédé de désaromatisation des huiles lubrifiantes).
Histoire : conjonctivite récidivante et rhinite documentées par le médecin du travail à l'occasion des opérations de maintenance des colonnes d'extraction. Tests confirmant la sensibilisation.
Procédure : reconnaissance au titre du tableau 74 (conjonctivite + rhinite, délai 7 jours).
Suites : IPP de 8 % (capital). Aménagement du poste avec port systématique de masque complet à cartouches AX et lunettes étanches lors des arrêts techniques ; refonte du mode opératoire pour limiter les ouvertures de capacités contenant du furfural.

À retenir : dans ces trois situations, la précocité du diagnostic et le retrait immédiat de l'exposition conditionnent le pronostic. Toute poursuite de l'exposition après apparition d'une sensibilisation conduit à une aggravation et compromet le maintien dans l'emploi.

Questions fréquentes

Le délai est de 7 jours pour la rhinite, l’asthme et la conjonctivite. Il est de 15 jours pour la dermite eczématiforme. Ce délai correspond au temps maximum entre la fin de l’exposition au furfural ou à l’alcool furfurylique et la première constatation médicale de la maladie.

La liste est indicative. La présomption d’origine professionnelle s’applique même si l’activité précise ne figure pas explicitement dans la liste, à condition que le salarié démontre une exposition au furfural ou à l’alcool furfurylique dans son travail habituel (article L. 461-1 al. 3 du Code de la sécurité sociale).

La fonderie est le premier secteur exposé, en raison de l’usage des résines furaniques comme liants des sables de noyautage. Les autres secteurs concernés sont l’industrie chimique (synthèse de résines, pesticides, plastiques), le raffinage du pétrole (extraction d’huiles lubrifiantes), la fabrication d’abrasifs et de pièces en caoutchouc.

Pour l’asthme, des explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) avec test de provocation bronchique au furfural sont déterminantes. Pour la dermite, des tests épicutanés (patch-tests) positifs au furfural ou à l’alcool furfurylique confirment la sensibilisation. Ces examens sont réalisés par un pneumologue, un allergologue ou un dermatologue.

Le furfural fait l’objet d’une valeur limite d’exposition professionnelle indicative de 2 ppm (8 mg/m³) sur 8 heures et 10 ppm (40 mg/m³) sur 15 minutes (court terme), selon les publications INRS. Un dépassement régulier de ces valeurs impose à l’employeur de mettre en place des mesures de captage à la source et de protection respiratoire adaptée.

Le salarié bénéficie de la prise en charge à 100 % de ses soins, d’indemnités journalières majorées AT/MP et, à la consolidation, d’un capital ou d’une rente selon le taux d’IPP. Le médecin du travail prononce généralement une contre-indication définitive à toute exposition au furfural, ce qui implique pour l’employeur une obligation de reclassement sur un poste sans exposition.
Avertissement : cette fiche a une vocation informative. Pour toute démarche concrète de reconnaissance d'une maladie professionnelle, contactez votre médecin du travail, votre CPAM ou un professionnel du droit social. Pour le texte officiel en vigueur, référez-vous à Légifrance.
Page mise à jour le 28/05/2026.