Infections professionnelles à Streptococcus suis
Le tableau 92 RG reconnaît comme maladies professionnelles les infections à Streptococcus suis contractées au contact de porcs ou de viande de porc : méningite avec atteinte cochléo-vestibulaire (surdité séquellaire fréquente), septicémie, arthrites, endocardite. Délais de prise en charge de 25 jours (60 jours pour l'endocardite). Identification bactériologique et typage du germe obligatoires.
Texte officiel du tableau — source Légifrance
Désignation des maladies
Désignation des maladies, délai de prise en charge et liste limitative des travaux
Texte officiel — Annexe II du Code de la sécurité sociale, article R. 461-3. Tableau créé par le décret n° 95-39 du 12 janvier 1995. Source : Légifrance — LEGIARTI000006746417.
Désignation des maladies Délai de prise en charge Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies — Méningite purulente avec bactériémie, accompagnée le plus souvent d'une atteinte cochléo-vestibulaire. 25 jours Travaux exposant au contact de porcs, de leur viande, carcasses, os, abats ou sang :
— dans les élevages de porcs, les abattoirs, les entreprises d'équarrissage ;
— dans les boucheries, charcuteries, triperies, boyauderies, cuisines ;
— dans les entreprises de transport de porcs ou de viande de porc ;
— travaux d'inspection de viande de porc, travaux vétérinaires, travaux de laboratoire au contact de porc ;
— travaux de l'industrie alimentaire avec fabrication d'aliments à base de viande de porc.— Atteinte cochléo-vestibulaire aiguë et ses complications cochléaires. 25 jours — Septicémie isolée, tableau de coagulopathie intravasculaire disséminée. 25 jours — Arthrites inflammatoires ou septiques. 25 jours — Endophtalmie, uvéite. 25 jours — Myocardite. Pneumonie. Paralysie faciale. 25 jours — Endocardite. 60 jours Condition diagnostique impérative : dans tous les cas, il est nécessaire de mettre en évidence le Streptococcus suis et de procéder à son typage (hémoculture, culture du LCR ou du liquide articulaire, identification bactériologique).Type de liste : liste limitative des travaux. La présomption d'origine professionnelle ne joue que si les trois conditions (désignation, délai, travaux) sont remplies. À défaut, le dossier peut être examiné par le CRRMP au titre de l'article L. 461-1 al. 4 du Code de la sécurité sociale (lien direct et essentiel avec le travail habituel).
Qu'est-ce que c'est concrètement ?
Le tableau n° 92 du régime général reconnaît comme maladies professionnelles les infections à Streptococcus suis, une bactérie zoonotique du porc. C'est l'une des zoonoses professionnelles les plus redoutées des filières porcines en raison de la fréquence des séquelles auditives définitives (surdité totale ou partielle, troubles de l'équilibre) qui suivent les méningites guéries.
Qu'est-ce que Streptococcus suis ?
Streptococcus suis est une bactérie commensale des voies respiratoires hautes du porc (présente dans les amygdales, le nez et le tractus génital). Le porc est le réservoir principal : la majorité des élevages européens hébergent la bactérie sans signes cliniques chez les animaux porteurs. Chez le porcelet en post-sevrage, elle provoque méningite et septicémie ; chez l'homme, elle se transmet par inoculation cutanée à la faveur d'une coupure, d'une piqûre osseuse ou d'un contact prolongé avec une peau lésée (plus rarement par inhalation ou ingestion de produits crus).
Les principales formes cliniques
- Méningite purulente avec bactériémie : c'est la forme la plus typique chez l'humain (≈ 60 à 70 % des cas décrits dans la littérature). Apparition brutale 1 à 14 jours après l'inoculation : fièvre, céphalées, raideur de nuque, troubles de la conscience.
- Atteinte cochléo-vestibulaire : surdité de perception bilatérale ou unilatérale, vertiges, ataxie. Particularité majeure du S. suis : la surdité s'installe précocement et reste séquellaire dans plus de la moitié des cas malgré la guérison de la méningite.
- Septicémie et CIVD : tableau plus rare mais grave (purpura, défaillance multiviscérale).
- Arthrites, endophtalmies, endocardites, myocardites, pneumonies : localisations secondaires possibles, justifiant l'inscription au tableau.
Pourquoi un tableau dédié ?
Le tableau 92 a été créé par le décret n° 95-39 du 12 janvier 1995 après la documentation, dans les années 1980-1990, de plusieurs centaines de cas chez des professionnels de la filière porcine en Europe (Pays-Bas, Allemagne, France). Avant 1995, ces infections étaient indemnisables au cas par cas : leur regroupement dans un tableau dédié a apporté la présomption d'origine professionnelle à condition de mettre en évidence et de typer la bactérie au laboratoire.
Qui est concerné ?
Les personnes exposées sont essentiellement : éleveurs de porcs et personnels d'élevage, ouvriers d'abattoirs spécialisés porc (étourdissement, saignée, éviscération, découpe), équarrisseurs, bouchers et charcutiers manipulant porc cru et abats, tripiers et boyaudiers, vétérinaires ruraux exerçant sur élevages porcins, techniciens de laboratoire diagnostiquant la bactérie, salariés des entreprises de transport d'animaux vivants ou de viande, agents des services d'inspection vétérinaire en abattoir et personnels d'industries agro-alimentaires de transformation porcine.
Sources : Légifrance — Tableau 92 RG ; INRS — Fiche MP tableau 92 ; Santé publique France — Surveillance des zoonoses professionnelles.
Procédure de reconnaissance
La reconnaissance d'une infection à Streptococcus suis au titre du tableau 92 ouvre droit à la présomption d'origine professionnelle (article L. 461-1 al. 2 du Code de la sécurité sociale), à condition que les trois critères du tableau soient réunis : désignation médicale exacte, délai de prise en charge respecté, exposition à un travail figurant sur la liste limitative — et que la bactérie ait été identifiée et typée au laboratoire.
Étape 1 — Certificat médical initial (CMI)
Le médecin (urgentiste, infectiologue, neurologue, ORL, médecin du travail) établit un certificat médical initial précisant explicitement le tableau 92 et l'affection visée (méningite, atteinte cochléo-vestibulaire, septicémie, arthrite, endocardite…). Le CMI doit mentionner le résultat bactériologique : identification de Streptococcus suis sur hémoculture, ponction de LCR, liquide articulaire ou autre prélèvement profond, idéalement avec sérotypage (le plus souvent sérotype 2). Sans cette preuve biologique, la présomption d'origine ne peut pas jouer.
Étape 2 — Déclaration à la CPAM
La victime (ou ses ayants droit) adresse à sa CPAM le formulaire Cerfa S6100 « Déclaration de maladie professionnelle » accompagné des deux premiers volets du CMI et de l'attestation de salaire de l'employeur. Le délai de prescription est de 2 ans à compter de la date du CMI (article L. 461-5 CSS). Y joindre toutes les pièces utiles : comptes-rendus d'hospitalisation, résultats bactériologiques, audiogramme en cas d'atteinte auditive, attestations de poste documentant le contact avec porcs/viande de porc.
Étape 3 — Instruction par la CPAM
La CPAM dispose de 120 jours à compter de la réception du dossier complet pour rendre sa décision, prorogeables à 240 jours en cas d'investigations complémentaires (article R. 461-9 CSS). Elle ouvre une enquête contradictoire : l'employeur est informé, peut consulter le dossier et formuler des observations pendant 10 jours francs avant décision.
Étape 4 — Le cas échéant : CRRMP
Si l'une des conditions du tableau n'est pas strictement remplie (délai dépassé, travaux hors liste limitative, identification bactérienne incomplète), le dossier est transmis au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). Le CRRMP examine si la maladie est « directement causée par le travail habituel de la victime » (article L. 461-1 al. 4 CSS). Les expositions atypiques (manipulation occasionnelle de viande de porc en restauration collective, contact accidentel chez un vétérinaire urbain…) sont traitées par cette voie.
Articulation avec l'accident du travail
Une coupure ou piqûre datée et identifiée ayant entraîné l'infection peut également être qualifiée d'accident du travail (article L. 411-1 CSS) si la déclaration est faite dans les 24-48 heures. La voie AT est souvent préférable en cas d'inoculation aiguë documentée, car elle n'exige ni délai de 25 jours ni typage tardif : il suffit du lien fait-traumatisme-maladie. En cas de doute, déclarer en AT puis basculer en MP au titre du tableau 92 si nécessaire.
Sources : Améli — Reconnaissance d'une maladie professionnelle ; articles L. 461-1 à L. 461-5, R. 461-9 du Code de la sécurité sociale.
Indemnisation
Une infection à Streptococcus suis reconnue au titre du tableau 92 ouvre droit aux prestations de la branche AT/MP : indemnités journalières, indemnité en capital ou rente, capital décès, et indemnisation complémentaire en cas de faute inexcusable de l'employeur.
Pendant l'arrêt de travail : indemnités journalières (IJSS)
Versées par la CPAM dès le 1ᵉʳ jour d'arrêt (pas de délai de carence en MP), selon l'article R. 433-1 CSS :
- du 1ᵉʳ au 28ᵉ jour : 60 % du salaire journalier de référence ;
- à partir du 29ᵉ jour : 80 % du salaire journalier de référence.
Plafond fixé à 1/365ᵉ du gain maximal annuel revalorisé chaque année. La convention collective (industries de la viande, IDCC 1534 ; commerce de gros de la viande, IDCC 1534 ; convention vétérinaire, IDCC 1875…) peut prévoir un complément employeur.
À la consolidation : taux d'incapacité permanente (IPP)
Une fois l'état stabilisé, le médecin conseil de la CPAM évalue le taux d'IPP selon le barème indicatif d'invalidité (annexe I de l'article R. 434-32 CSS). Pour le tableau 92, les séquelles auditives (hypoacousie, surdité, troubles de l'équilibre) sont les plus fréquentes et expliquent les IPP souvent élevées :
- IPP < 10 % : indemnité en capital versée en une seule fois.
- IPP ≥ 10 % : rente viagère trimestrielle. Calcul : salaire annuel des 12 derniers mois × taux d'IPP corrigé (taux ÷ 2 jusqu'à 50 %, puis taux × 1,5 au-delà).
- Surdité bilatérale profonde post-méningite : IPP couramment fixée entre 30 et 60 %.
En cas de décès
Les septicémies fulminantes et endocardites peuvent engager le pronostic vital. Le décès ouvre droit pour les ayants droit (conjoint, enfants) à une rente survivants proportionnelle au salaire annuel du défunt : 40 % pour le conjoint, 25 % par enfant à charge, dans la limite de 85 % au total (articles L. 434-7 à L. 434-14 CSS).
Faute inexcusable de l'employeur
Si la victime démontre que l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger (risque biologique zoonotique connu et tracé dans le DUERP ? EPI insuffisants ? absence de formation au risque biologique ? défaut de suivi médical renforcé ?) et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires, la faute inexcusable peut être reconnue (article L. 452-1 CSS). Conséquences :
- rente majorée jusqu'au taux maximum ;
- indemnisation des préjudices personnels : souffrances physiques et morales (méningite + surdité acquise = préjudice psychique majeur), préjudice esthétique (cicatrices, port d'appareils auditifs), préjudice d'agrément (impossibilité de pratiquer certaines activités), perte de chance professionnelle.
Voir notre outil interne : Calculateur faute inexcusable employeur.
Sources : articles L. 431-1, L. 433-1, L. 434-1 à L. 434-14, L. 452-1 à L. 452-5 du Code de la sécurité sociale ; Améli — Rente MP.
Jurisprudence
Le contentieux relatif à Streptococcus suis est quantitativement plus limité que celui de l'amiante ou des TMS, mais il s'inscrit dans les grands principes jurisprudentiels de la chambre sociale et de la 2ᵉ chambre civile applicables aux zoonoses professionnelles et au risque biologique. Quelques lignes structurantes peuvent en être dégagées.
1. Obligation de sécurité et risque biologique zoonotique
Cass. soc., 28 février 2002, n° 99-17.221 (arrêts « amiante ») — Bien que rendus dans le contexte amiante, ces arrêts fondateurs ont consacré l'obligation de sécurité de résultat de l'employeur et la définition de la faute inexcusable : « le manquement à cette obligation a le caractère d'une faute inexcusable lorsque l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver ». Pour le risque biologique zoonotique, la conscience du danger est présumée acquise depuis la transposition de la directive 90/679/CEE (décret n° 94-352 du 4 mai 1994, intégré aujourd'hui aux articles R. 4421-1 et suivants du Code du travail).
2. Présomption d'origine et identification du germe
Cass. 2ᵉ civ., 14 février 2007, n° 05-21.351 — La Cour rappelle que les tableaux de MP doivent être appliqués selon une « interprétation stricte de leurs termes ». Pour le tableau 92, cela signifie que l'identification bactériologique et le typage du S. suis sont des conditions de fond : à défaut, la présomption ne peut pas jouer et le dossier doit être renvoyé au CRRMP au titre du lien direct.
3. CRRMP et zoonoses atypiques
La jurisprudence du contentieux CRRMP (chambres sociales des cours d'appel) tend à retenir le lien direct et essentiel dans les cas d'expositions documentées à la viande de porc même hors des secteurs strictement énumérés, dès lors que le typage est positif et qu'aucune autre source d'exposition extra-professionnelle n'est identifiable (consommation, élevage à titre privé). Voir par analogie : Cass. 2ᵉ civ., 19 décembre 2013, n° 12-19.995 (tableau 76 — agents infectieux et parasitaires) confirmant qu'un travail non listé peut ouvrir droit à reconnaissance via le CRRMP si l'exposition à l'agent causal est démontrée.
4. Préjudice spécifique en cas de surdité séquellaire
Les juridictions du fond reconnaissent, dans le cadre des actions en faute inexcusable, un préjudice d'agrément majoré en cas de surdité bilatérale séquellaire post-méningite à S. suis : impossibilité de poursuivre certaines activités professionnelles, isolement social, charge psychique. Le préjudice s'apprécie au regard du nomenclature Dintilhac (poste « déficit fonctionnel permanent » + « préjudice d'agrément »), conformément aux principes posés par Cass. ass. plén., 20 janvier 2023, n° 21-23.947 et 20-23.673 sur la réparation des préjudices personnels en cas de faute inexcusable.
Pour aller plus loin : rechercher sur Judilibre les mots-clés « Streptococcus suis », « tableau 92 », « zoonose abattoir ».
Prévention
La prévention du risque Streptococcus suis relève du risque biologique encadré par les articles R. 4421-1 à R. 4427-5 du Code du travail (transposant les directives européennes successives sur les agents biologiques en milieu de travail). S. suis est classé agent biologique du groupe 2 (pathogène pour l'homme, transmission possible, traitement existant) — un niveau de classification confirmé par la base EFICATT de l'INRS.
Évaluation du risque
L'employeur doit identifier dans le DUERP les postes exposés à S. suis : salle de mise à mort, saignée, échaudage, éviscération en abattoir porcin ; salle de découpe et désossage ; ateliers de tripiers-boyaudiers ; postes d'élevage (porcheries, mise-bas, vide sanitaire) ; transport et débarquement d'animaux vivants ; postes de laboratoire diagnostiquant la bactérie ; postes vétérinaires en élevage porcin (article R. 4423-1 du Code du travail).
Mesures techniques et organisationnelles
- Conception des postes : limiter les projections et aérosols (cadences raisonnées, plans de travail antidérapants, séparation physique sale/propre).
- Ergonomie des outils : couteaux à manche antidérapant, fendoirs et scies à protection mécanique, fournis et entretenus par l'employeur (articles R. 4321-1 et s.).
- Procédure écrite d'accident d'exposition au sang/contact : nettoyage immédiat à l'eau et au savon, antiseptique, déclaration et orientation médicale (analogue aux AES en milieu hospitalier).
- Hygiène stricte : lavabos en nombre suffisant, vestiaires séparés tenue civile/tenue de travail, blanchisserie professionnelle (article R. 4422-1).
EPI obligatoires (article R. 4424-5)
- Gants de protection mécanique anti-coupure (cotte de mailles ou textile haute performance EN ISO 13998) sur la main non couteau, gant nitrile au-dessous.
- Tabliers PVC, manchettes imperméables.
- Lunettes ou écran facial pour les postes d'éviscération et de saignée (protection contre les projections oculaires : endophtalmie possible).
- Bottes antidérapantes.
- Casque de protection auditive et bouchons pour les zones bruyantes (interaction tableau 92 + tableau 42 RG).
Surveillance médicale
Les salariés exposés à un agent biologique du groupe 2 bénéficient d'un suivi individuel renforcé (SIR) par le médecin du travail (article R. 4624-22 et s.) : examen médical d'aptitude à l'embauche, visites périodiques au moins tous les 2 ans, dossier médical conservé 40 ans. Vaccinations obligatoires : il n'existe pas de vaccin disponible contre S. suis, mais le médecin du travail vérifie les vaccinations recommandées par le calendrier vaccinal pour ces métiers (tétanos, leptospirose si exposition…).
Formation et information
Formation obligatoire au risque biologique à l'embauche puis périodique (article R. 4425-6). Affichage des consignes en cas de plaie ou de projection. Information du CSE et de la CSSCT sur le risque S. suis (articles L. 4612-1 et L. 4612-8 anciennement). Les rappels périodiques sont d'autant plus essentiels que l'infection humaine reste rare et que le risque est sous-estimé sur le terrain.
Droit de retrait
En cas de danger grave et imminent (absence d'EPI, animaux notoirement malades, blessure non prise en charge), le salarié peut exercer son droit de retrait (article L. 4131-1 du Code du travail) sans sanction.
Sources : INRS — Risques biologiques ; INRS — EFICATT ; articles R. 4421-1 à R. 4427-5 du Code du travail.
Cas pratiques
Les cas ci-dessous sont anonymisés et reconstitués à des fins pédagogiques à partir de situations types rapportées dans la littérature médicale et le contentieux social. Ils n'identifient aucune entreprise.
Cas 1 — Méningite à S. suis chez un ouvrier d'abattoir porcin (surdité séquellaire)
M. A., 42 ans, opérateur de découpe en abattoir porcin depuis 11 ans. Une semaine après s'être entaillé l'index gauche en désossant une épaule de porc (plaie superficielle non déclarée), il développe un syndrome méningé fébrile aigu : hospitalisation en urgence, ponction lombaire positive à Streptococcus suis sérotype 2, hémocultures positives. Antibiothérapie 14 jours, évolution favorable de la méningite mais surdité bilatérale profonde séquellaire (audiogramme à J30 confirmé à 6 mois). Reconnaissance MP au titre du tableau 92 (1ʳᵉ ligne, délai 25 jours respecté). IPP fixée à 45 % pour surdité totale bilatérale + vertiges résiduels. M. A. engage une action en faute inexcusable : les expertises retiennent l'absence de gants anti-coupure adaptés sur le poste et l'absence de procédure écrite de prise en charge des plaies. Rente majorée + indemnisation des préjudices personnels.
Cas 2 — Arthrite septique chez un éleveur de porcs (CRRMP)
M. B., 56 ans, éleveur naisseur-engraisseur en EARL (régime général car salarié de sa propre société). Arthrite septique du genou gauche, ponction articulaire positive à S. suis. Le dossier ne précise pas la porte d'entrée cutanée. Conditions du tableau 92 réunies (désignation, délai, identification bactérienne), mais la CPAM s'interroge sur le périmètre exact du « travail en élevage de porcs » pour ce dirigeant assimilé salarié. Le dossier est transmis au CRRMP qui retient le lien direct et essentiel avec le travail habituel au vu du contact quotidien avec les animaux. Reconnaissance acquise, IPP fixée à 12 % (raideur articulaire séquellaire).
Cas 3 — Endocardite chez une bouchère-charcutière (délai 60 jours)
Mme C., 49 ans, bouchère-charcutière en grande distribution depuis 20 ans. Fièvre prolongée, asthénie, souffle cardiaque récent. Échographie cardiaque : végétations mitrales. Hémocultures positives à Streptococcus suis. Le délai entre la dernière exposition au porc cru et le diagnostic est de 48 jours : le délai de 60 jours du tableau 92 (ligne « Endocardite ») est respecté. Reconnaissance MP. Hospitalisation 6 semaines, chirurgie de remplacement valvulaire mitral. IPP fixée à 30 % (limitation fonctionnelle cardiaque post-opératoire, traitement anticoagulant à vie).
Cas 4 — Septicémie chez un vétérinaire (déclaration AT préférée)
Mme D., 38 ans, vétérinaire rurale intervenant régulièrement en élevage porcin. Lors d'une césarienne sur une truie présentant une infection puerpérale, projection sanguine au visage et plaie superficielle de l'avant-bras (gant déchiré). 3 jours après : frissons, fièvre 40°C, choc septique. Hospitalisation en réanimation, hémocultures positives à S. suis. La déclaration est faite en accident du travail (date et fait précis identifiés) plutôt qu'en MP tableau 92 : cette voie permet une prise en charge immédiate sans attendre la confirmation bactériologique formelle ni le délai de 25 jours. Reconnaissance AT acquise. Évolution favorable, IPP de 5 % (asthénie résiduelle, syndrome post-réanimation).
Questions fréquentes
Page mise à jour le 29/05/2026.