Assembler et souder
Module 4 / 5
Sommaire
4.3 Montage, accostage et contrôle dimensionnel
Une fois les éléments débités et formés, il faut les assembler dans le bon ordre, à la bonne place et aux bonnes cotes. Le montage positionne les pièces les unes par rapport aux autres, l'accostage ajuste les bords avant soudage, et le contrôle dimensionnel vérifie que l'ensemble respecte les tolérances du plan. C'est l'étape où la précision du chaudronnier se voit — ou se paie.
La panoplie du contrôle dimensionnel
Réglet / mètre
Longueurs, entraxes, repères.
Pied à coulisse
Épaisseurs, diamètres précis.
Équerre
Perpendicularité, équerrage.
Niveau
Horizontalité, verticalité.
Gabarit
Forme, angle, courbure.
Laser / théodolite
Grands ensembles, alignements.
Le montage : positionner les éléments selon le plan
Le montage consiste à positionner les éléments débités et formés les uns par rapport aux autres, conformément au plan d'ensemble, avant de les fixer par soudage. C'est une phase de mise en place rigoureuse, pas une simple juxtaposition.
- La mise en position : les pièces sont posées sur un marbre, une table de montage ou un gabarit qui sert de référence stable et plane.
- L'alignement et le niveau : on contrôle que les éléments sont droits, d'aplomb et à la bonne hauteur avant tout pointage.
- Le respect des jeux : les espaces prévus entre pièces (jeux d'accostage) sont ménagés avant soudage, jamais comblés au hasard.
L'accostage : ajuster les bords avant soudage
L'accostage est l'opération qui consiste à ajuster les bords à assembler juste avant le pointage et le soudage. Il conditionne directement la qualité de la soudure et la justesse des cotes finales.
- Le jeu à la racine : l'espace ménagé au fond du joint, indispensable à une bonne pénétration du cordon.
- L'alignement : les deux pièces doivent être dans le prolongement l'une de l'autre.
- Le désaffleurement : le décalage entre les deux faces doit rester dans une limite admissible.
Les moyens de contrôle dimensionnel
Le chaudronnier dispose d'un éventail d'instruments, du plus simple au plus sophistiqué, qu'il choisit selon la cote à vérifier et la taille de l'ensemble :
- Instruments courants d'établi : mètre et réglet (longueurs, entraxes), pied à coulisse (épaisseurs et diamètres précis), équerre (perpendicularité), niveau (horizontalité, verticalité), rapporteur d'angle (angles), gabarits (formes et courbures).
- Instruments pour grands ensembles : sur les structures de grande dimension, on recourt à des moyens optiques — niveau optique, théodolite, traceur ou niveau laser — pour aligner et reporter des points sur de longues distances.
Le bon instrument est celui qui correspond à la précision demandée : on ne vérifie pas un diamètre de virole au mètre ruban, ni l'alignement d'une charpente de 15 mètres au réglet d'atelier.
Les tolérances : la norme NF EN ISO 13920
Le chaudronnier ne travaille pas « au pile-poil » : il travaille dans des tolérances. Une cote n'est juste que si elle reste dans la fourchette admise par le plan. La norme NF EN ISO 13920 fixe les tolérances générales des constructions soudées.
Elle définit deux familles de classes, du plus serré au plus large :
| Famille de tolérances | Objet du contrôle | Classes |
|---|---|---|
| Dimensions linéaires et angulaires | Longueurs, entraxes, angles | Classes A à D (A = la plus serrée, D = la plus large) |
| Rectitude, planéité, parallélisme | Forme des surfaces et des arêtes | Classes désignées de la plus serrée à la plus large |
La classe applicable est indiquée sur le plan. C'est elle qui dit, pour chaque cote, l'écart admissible — et donc si la pièce est bonne ou à reprendre.
Logique des classes NF EN ISO 13920
Dimensions linéaires & angulaires
Rectitude, planéité, parallélisme
Les contrôles typiques et l'autocontrôle
Selon la pièce, le chaudronnier vérifie plusieurs caractéristiques dimensionnelles :
- L'équerrage : les angles droits sont-ils respectés ?
- La planéité et le voilage : la surface est-elle plane, sans déformation ?
- Les diamètres et la circularité : les viroles sont-elles bien rondes, au bon diamètre ?
- Les entraxes : les distances entre perçages ou repères sont-elles justes ?
- La verticalité : les éléments montés sont-ils d'aplomb ?
La traçabilité du contrôle
Un contrôle n'a de valeur que s'il est tracé. Le contrôle dimensionnel se formalise et se conserve :
- Le procès-verbal de contrôle dimensionnel : il consigne les cotes relevées et leur conformité aux tolérances du plan.
- Le repérage des pièces : chaque élément est identifié pour relier la mesure à la bonne pièce.
- Le lien avec les contrôles de soudure : le contrôle non destructif des soudures (visuel VT, ressuage PT, radiographie RT…) complète le contrôle dimensionnel — l'un vérifie la géométrie, l'autre la santé des cordons.
Mes réflexes terrain
- Je monte sur marbre ou gabarit et je vérifie alignement et niveau avant tout pointage.
- Je contrôle l'accostage (jeu à la racine, alignement, désaffleurement) avant de souder, pas après.
- Je lis la classe de tolérance indiquée sur le plan et je contrôle au fur et à mesure, jamais seulement à la fin.
À retenir
- Le montage positionne les éléments selon le plan, sur marbre, table ou gabarit, avec alignement, niveau et jeux respectés.
- L'accostage ajuste les bords (jeu à la racine, alignement, désaffleurement) avant pointage : un mauvais accostage donne défauts de soudure et cotes fausses.
- Les moyens de contrôle vont du réglet, pied à coulisse, équerre, niveau et gabarit aux instruments optiques (niveau, théodolite, laser) pour les grands ensembles.
- La NF EN ISO 13920 fixe les tolérances générales des constructions soudées : classes pour dimensions linéaires/angulaires et pour rectitude/planéité/parallélisme ; la classe est indiquée sur le plan.
- Contrôles typiques : équerrage, planéité/voilage, diamètres/circularité, entraxes, verticalité, de préférence en autocontrôle.
- La traçabilité (PV de contrôle, repérage) et le contrôle non destructif des soudures (VT, PT, RT) complètent le contrôle dimensionnel.