Calculateur Pénibilité
C2P
Identifiez les facteurs d'exposition avec les seuils en vigueur depuis le 1er septembre 2023, calculez les points C2P acquis et les droits associés (formation, reconversion, temps partiel, retraite anticipée).
Depuis le 1er septembre 2023, une exposition sur une partie de l'année ouvre 1 point par facteur et par période de 3 mois (4 points par facteur sur une année complète).
L'exposition s'apprécie après application des mesures de protection collective et individuelle (article L4163-2) : un opérateur portant des protections auditives efficaces peut rester sous le seuil bruit.
Détail par facteur
Droits du salarié
Estimation indicative. Seul l'organisme gestionnaire du C2P (CARSAT / CGSS / CRAMIF) attribue les points, sur la base des expositions déclarées en DSN.
Compte Pénibilité C2P : guide complet 2026
Le Compte Professionnel de Prévention (C2P) permet aux salariés exposés à certains facteurs de risques professionnels d'acquérir des points convertibles en formation, projet de reconversion, temps partiel rémunéré ou retraite anticipée. D'après les indicateurs de la Sécurité sociale, environ 886 000 salariés ont été déclarés exposés au titre de 2024, dont 13 % à plusieurs facteurs, principalement dans l'industrie, le BTP, la logistique, la santé et la métallurgie.
Le cadre légal : du compte pénibilité au C2P
Le dispositif est codifié aux articles L4163-1 et suivants du Code du travail. Créé sous le nom de « compte personnel de prévention de la pénibilité » (C3P) par la loi du 20 janvier 2014, il a été refondu par l'ordonnance n° 2017-1389 du 22 septembre 2017, puis assoupli par la réforme des retraites de 2023 :
- Avant 2018 : 10 facteurs de risques (dont manutentions manuelles, postures, vibrations, agents chimiques) et deux cotisations pénibilité à la charge de l'employeur.
- Depuis le 1er janvier 2018 : 6 facteurs, suppression des cotisations pénibilité, financement par la branche AT/MP.
- Depuis le 1er septembre 2023 (décrets n° 2023-759 et n° 2023-760 du 10 août 2023) : abaissement effectif des seuils du travail de nuit (120 → 100 nuits/an) et des équipes successives alternantes (50 → 30 nuits/an), déplafonnement de la poly-exposition, suppression du plafond de 100 points sur la carrière, point de formation porté de 375 € à 500 € et création de l'usage « projet de reconversion professionnelle ».
- Depuis le 27 juin 2026 : la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales instaure un montant plancher de pénalité en cas de déclaration inexacte et un doublement en cas de réitération.
Les 6 facteurs de pénibilité et leurs seuils 2026
| Facteur | Intensité minimale | Durée minimale | Points/an |
|---|---|---|---|
| Travail de nuit | Au moins 1 h de travail entre minuit et 5 h | 100 nuits/an | 4 pts |
| Équipes successives alternantes | Poste impliquant au moins 1 h entre minuit et 5 h | 30 nuits/an | 4 pts |
| Travail répétitif | ≥ 15 actions techniques pour un cycle ≤ 30 s ou ≥ 30 actions/min si le cycle est > 30 s, variable ou inexistant | 900 h/an | 4 pts |
| Bruit | 81 dB(A) rapportés à 8 h ou 135 dB(C) de niveau de crête | 600 h/an ou 120 fois/an pour les crêtes | 4 pts |
| Températures extrêmes | ≤ 5 °C ou ≥ 30 °C | 900 h/an | 4 pts |
| Milieu hyperbare | Interventions ou travaux à ≥ 1 200 hPa | 60 interventions/an | 4 pts |
L'évaluation est annuelle et repose sur les conditions habituelles de travail du poste, appréciées après application des mesures de protection collective et individuelle. Le salarié exposé à plusieurs facteurs acquiert, depuis le 1er septembre 2023, 4 points par an et par facteur sans plafonnement (3 facteurs = 12 pts/an, contre 8 pts maximum auparavant). Pour une exposition partielle, chaque période de 3 mois ouvre 1 point par facteur. Un régime transitoire, aujourd'hui résiduel, double les points des salariés nés avant le 1er juillet 1956.
Les 4 usages des points C2P
Formation professionnelle
1 point = 500 € de prise en charge de frais de formation vers un emploi non exposé (375 € avant sept. 2023).
Les 20 premiers points y sont réservés (10 pts pour les salariés nés entre 1960 et 1962, aucune réserve avant 1960).
Reconversion professionnelle
Usage créé en 2023 : financement des frais de formation et de la rémunération pendant un congé de reconversion.
Même valorisation que la formation (500 € le point).
Temps partiel rémunéré
10 points = 4 mois à mi-temps avec maintien de la rémunération.
Réduction du temps de travail comprise entre 20 % et 80 %, accord de l'employeur requis.
Retraite anticipée
10 points = 1 trimestre de majoration de durée d'assurance. Maximum 80 points = 8 trimestres (2 ans).
Mobilisable dès 55 ans.
Ces usages ne sont pas cumulables sur un même point : un point affecté à la formation n'est plus disponible pour la retraite (article L4163-7).
Les obligations de l'employeur
- Évaluer les expositions chaque année au regard des seuils (article L4163-2), à partir des conditions habituelles du poste et après prise en compte des protections collectives et individuelles.
- Documenter dans le DUERP (Document Unique d'Évaluation des Risques) les facteurs d'exposition identifiés, et consigner en annexe les proportions de salariés exposés (loi du 2 août 2021).
- Déclarer via la DSN les expositions au-delà des seuils : DSN du dernier mois travaillé de l'année (celle de décembre, exigible en janvier) ou DSN du mois de sortie du salarié.
- Informer le salarié : il consulte ses points sur son compte en ligne et peut contester la déclaration auprès de l'employeur puis de l'organisme gestionnaire.
- Négocier un accord ou établir un plan d'action (article L4162-1) dans les entreprises d'au moins 50 salariés lorsqu'au moins 25 % de l'effectif est déclaré exposé, ou lorsque l'indice de sinistralité AT/MP dépasse le seuil réglementaire.
- Conserver les éléments d'évaluation : les organismes gestionnaires peuvent contrôler l'exposition déclarée sur les trois années civiles précédentes (article L4163-16).
Sanctions en cas de manquement
- Déclaration inexacte ou omise : régularisation du nombre de points du salarié et pénalité comprise entre 1,25 % et 50 % du plafond mensuel de la sécurité sociale, soit de 50,06 € à 2 002,50 € en 2026 (PMSS de 4 005 €), par salarié concerné (article L4163-16 II). Le plancher a été introduit par la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026.
- Réitération : la pénalité est doublée en cas de nouveau manquement identique, dans les conditions fixées par décret.
- Entreprise utilisatrice : elle peut elle-même être pénalisée lorsque son manquement a empêché l'entreprise de travail temporaire de remplir ses obligations déclaratives.
- Absence d'accord ou de plan d'action (entreprises de 50 salariés et plus concernées) : pénalité pouvant atteindre 1 % des rémunérations versées aux salariés exposés pendant les périodes non couvertes (article L4162-4).
- Responsabilité envers le salarié : si le défaut de déclaration l'a privé de points, le salarié peut engager une action devant le conseil de prud'hommes pour obtenir réparation de son préjudice.
- Faute inexcusable : en cas d'accident ou de maladie professionnelle liés à une exposition non prévenue, le pôle social du tribunal judiciaire peut la reconnaître, entraînant la majoration de la rente et l'indemnisation des préjudices (article L452-1 du Code de la sécurité sociale).
Bonnes pratiques pour l'employeur
- Repartir des seuils 2023 avant la campagne DSN : une entreprise qui déclarait sur 120 nuits et 50 nuits sous-déclare mécaniquement depuis septembre 2023.
- Cartographier les postes exposés par typologie (production de nuit, atelier bruyant, chambre froide, travaux hyperbares) plutôt que salarié par salarié : l'évaluation porte sur les conditions habituelles du poste.
- Mesurer objectivement : sonométrie et exposimétrie, comptage des nuits, relevés de température, chronométrage des cycles. En cas de contrôle, les mesures techniques et le DUERP constituent la preuve.
- Anticiper la poly-exposition : depuis le déplafonnement, un poste cumulant 3 facteurs génère 12 points par an, soit un trimestre de retraite anticipée tous les 10 mois environ — un signal fort pour prioriser les investissements de prévention.
- Agir sur l'exposition, pas sur la déclaration : protection collective (encoffrement, aspiration, automatisation des tâches à cycle court), rotation des équipes, aménagement thermique. Des aides financières existent auprès des CARSAT (subventions Prévention TPE, contrats de prévention) et du FIPU pour l'usure professionnelle.
- Sécuriser le volet collectif : au-delà de 25 % de salariés exposés dans une entreprise de 50 salariés et plus, l'accord se négocie avec les délégués syndicaux ; à défaut, un plan d'action est adopté après avis du CSE et déposé auprès de la DREETS.
Questions fréquentes – Pénibilité C2P
Sources officielles : Code du travail, art. L4163-1 à L4163-19 (Légifrance) · Décret n° 2023-760 du 10 août 2023 (seuils d'exposition) · Décret n° 2023-759 du 10 août 2023 (points et usages) · service-public.gouv.fr — Compte professionnel de prévention · compteprofessionnelprevention.fr (organisme gestionnaire) · Loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 (lutte contre les fraudes)
Contenu vérifié — dernière vérification : août 2026
Portail Employeur
Tous les outilsOutils associés
Seuils C2P 2026
En vigueur depuis le 1er septembre 2023.