Coût employeur 2026 par niveau de salaire
Le réflexe du « brut × 1,42 » ne fonctionne pas en 2026 : entre un SMIC et un salaire à 3 SMIC,
le taux de charges patronales effectif passe de 5,8 %
à 43,5 %. Repères calculés avec les taux 2026,
pour un non-cadre d'une entreprise de 11 à 49 salariés, au taux AT/MP moyen de
2,08 %, hors versement mobilité, mutuelle et prévoyance.
| Niveau |
Brut mensuel |
Réduction RGDU |
Charges patronales |
Taux effectif |
Coût employeur |
Coût annuel |
| SMIC |
1 867 € |
− 700 € |
109 € |
5,8 % |
1 976 € |
23 710 € |
| 1,5 SMIC |
2 801 € |
− 345 € |
868 € |
31,0 % |
3 669 € |
44 024 € |
| 2 SMIC |
3 734 € |
− 184 € |
1 434 € |
38,4 % |
5 168 € |
62 011 € |
| 3 SMIC |
5 601 € |
— |
2 439 € |
43,5 % |
8 040 € |
96 479 € |
Deux enseignements pratiques. D'abord, embaucher au SMIC est très peu coûteux en charges :
environ 109 € par mois, contre
809 € sans la RGDU. Ensuite, la
pente est très raide juste au-dessus du SMIC : augmenter un salarié de 100 € de brut coûte
bien plus de 100 € à l'entreprise dans cette zone, parce que l'augmentation fait perdre une partie de la
réduction. C'est l'effet de « trappe à bas salaires » régulièrement discuté, et c'est aussi la raison pour
laquelle un chiffrage d'augmentation doit toujours se faire en coût employeur, jamais en brut.
À l'inverse, au-delà de 3 SMIC la réduction disparaît totalement et le taux se stabilise autour de
43 % — c'est là, et seulement là, que le fameux coefficient de 1,42 à 1,44 retrouve
un sens. Pour convertir un brut en net côté salarié, voir la
calculatrice brut / net ; pour raisonner en coût
horaire et en tarif à facturer, le
calculateur de coût horaire chargé.
Questions fréquentes – Coût d'embauche
Il n'y a pas de coefficient unique, et le « brut × 1,42 » que l'on lit partout est faux pour la moitié des salaires : la RGDU fait varier les charges patronales effectives de
6 % du brut au SMIC à environ
43 % au-delà de 3 SMIC. Ordres de grandeur pour un non-cadre de 11 à 49 salariés, au taux AT/MP moyen :
- SMIC — 1 867 € brut → 1 976 € / mois (5,8 % de charges)
- 1,5 SMIC — 2 801 € brut → 3 669 € / mois (31,0 % de charges)
- 2 SMIC — 3 734 € brut → 5 168 € / mois (38,4 % de charges)
- 3 SMIC — 5 601 € brut → 8 040 € / mois (43,5 % de charges)
Deux taux réduits ont disparu le 1er janvier 2026 : le 7 % d'assurance maladie et le 3,45 % d'allocations familiales, absorbés par la RGDU. Les taux patronaux 2026 sont donc :
maladie 13,00 %,
allocations familiales 5,25 %,
vieillesse plafonnée 8,55 % (tranche 1) et déplafonnée 2,11 %,
chômage 4,00 %, AGS 0,25 %,
CSA 0,30 %, FNAL 0,10 % (< 50 salariés) ou 0,50 %,
AT/MP notifié par la CARSAT (2,08 % en moyenne),
AGIRC-ARRCO 4,72 % (T1) puis 12,95 % (T2),
CEG 1,29 % puis 1,62 %,
formation 0,55 à 1,00 %,
taxe d'apprentissage 0,68 %, versement mobilité 0 à 3,20 % selon la commune.
Depuis le
1er janvier 2026, la
réduction générale dégressive unique remplace en un seul dispositif l'ancienne réduction Fillon
et les taux réduits maladie et famille. Elle s'applique jusqu'à
3 SMIC (et non plus 1,6 SMIC) :
Coefficient = Tmin + ( Tdelta × [ (1/2) × (3 × SMIC annuel ÷ brut annuel − 1) ]P )
avec T
min = 0.02, P = 1.75, et T
delta = 0.3781 (moins de 50 salariés, FNAL 0,10 %) ou 0.3821 (50 salariés et plus). Le coefficient plafonne à
39,81 % du brut (40,21 % au-delà de 50 salariés). Elle couvre la maladie, la vieillesse, les allocations familiales, une fraction de l'AT/MP, le FNAL, la CSA, le chômage et la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO — mais pas l'AGS, la formation, la taxe d'apprentissage ni le versement mobilité.
Subtilité 2026 : le SMIC de référence de la RGDU est gelé à 12,02 €/h pour toute l'année (décret n° 2026-509 du 12 juin 2026), alors que le SMIC versé est passé à 12,31 €/h le 1er juin. Un salarié au SMIC se situe donc au-dessus du SMIC de référence : la réduction n'est plus maximale, et les charges sur un SMIC ont augmenté en juin 2026 sans qu'aucun taux n'ait bougé.
Oui. Un CDD génère deux surcoûts : l'indemnité de fin de contrat (précarité) de 10% de la rémunération brute totale (art. L1243-8), et une contribution patronale CDD courte durée de 0,5% (CDD > 3 mois) à 4,5% (CDD < 1 mois selon le motif). Au total, un CDD coûte environ 10 à 15% de plus qu'un CDI à salaire brut identique. La prime de précarité n'est pas due pour les contrats saisonniers, les CDD d'usage et les contrats avec un jeune en congé scolaire.
Le SMIC brut mensuel est de 1 867,02 € depuis le 1er juin 2026. Pour un non-cadre de 11 à 49 salariés, au taux AT/MP moyen et hors versement mobilité, la RGDU ramène les charges patronales à environ 109 € par mois, soit un taux effectif de 5,8 % du brut. Le coût total employeur ressort à environ 1 976 € par mois, soit près de 23 710 € par an. Sans la réduction, les mêmes cotisations coûteraient environ 809 € par mois : la RGDU représente donc 700 € par mois, soit 8 402 € par an — de loin la première aide à l'emploi des bas salaires.
L'écart est plus faible qu'on ne le croit. Depuis la fusion AGIRC-ARRCO de 2019, la retraite complémentaire ne dépend plus du statut mais uniquement de la tranche de rémunération : un non-cadre payé au-dessus du plafond de la sécurité sociale (4 005 €) cotise lui aussi 12,95 % sur la tranche 2. Il ne reste donc que deux surcoûts réellement propres aux cadres : l'APEC (0,036 % côté employeur sur la tranche 1) et la prévoyance cadre obligatoire de 1,50 % de la tranche 1 (article 7 de la CCN de 1947, maintenu par l'ANI de 2017). À salaire égal, l'écart est d'environ 1,5 point de pourcentage.
Non, ce simulateur calcule le coût brut sans aides spécifiques. Aides à déduire si applicable : Aide à l'embauche apprentissage (6 000 € la 1re année), Emplois francs (jusqu'à 15 000 € sur 3 ans dans les QPV), Aide TPE jeunes (4 000 € la 1re année), Contrat Pro (jusqu'à 5 000 € pour les 26+), Aide AGEFIPH (jusqu'à 4 000 € + aménagement de poste pour travailleur handicapé). Ces aides peuvent réduire le coût annuel net de 4 000 € à 15 000 €.
Au-delà des cotisations directement assises sur le brut, l'employeur supporte aussi : mutuelle d'entreprise (généralement 30-50 €/mois par salarié pour la part employeur ≥ 50%), prévoyance cadre obligatoire (1,5% MS), titres-restaurant (part employeur 50-60% de 11,84€/jour soit ~130€/mois), forfait mobilité durable optionnel (600€/an exonéré), médecine du travail (≈ 100-150€/an/salarié), équipements et locaux (informatique, EPI, vêtements). Le coût total réel atteint souvent 1,5 à 1,7× le brut affiché.