Coût horaire chargé d'un salarié :
à quel prix facturer l'heure ?
Un salarié à 2 200 € brut ne vous coûte pas 14,50 € de l'heure. Une fois chargé et ramené aux heures réellement facturables, le coût grimpe fortement. Ici, les charges patronales sont calculées à partir du salaire avec la RGDU 2026 — pas de pourcentage à deviner — puis converties en tarif horaire HT minimum.
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De quoi se compose le tarif horaire ? (par heure facturée)
Décomposition indicative : le coût chargé est ramené aux seules heures facturables, ce qui explique l'écart avec le simple salaire horaire.
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Coût horaire chargé et tarif facturable d'un salarié en 2026
Beaucoup d'artisans et de dirigeants de PME facturent leur main-d'œuvre en partant du salaire horaire brut, et découvrent ensuite qu'ils travaillent à perte. La raison : un salarié coûte bien plus que son salaire (il faut ajouter les charges patronales), et il ne produit pas toutes les heures qu'on lui paie (congés, jours fériés, déplacements, devis, intempéries). Ce calculateur reconstitue la chaîne complète, du brut versé jusqu'au prix de vente horaire HT.
Étape 1 — du salaire brut au coût chargé
Coût annuel chargé = Salaire brut annuel × (1 + taux de charges patronales)
Toute la difficulté est dans ce taux de charges : il n'est pas fixe. Avant allègement, les cotisations patronales pèsent environ 44 % du brut. Mais la réduction générale dégressive unique (RGDU), entrée en vigueur le 1er janvier 2026, les efface presque entièrement au niveau du SMIC. C'est pourquoi ce calculateur ne vous demande pas de deviner un pourcentage : il le calcule à partir de votre salaire.
La RGDU 2026 : pourquoi un salarié au SMIC ne coûte pas 42 % de charges
Depuis le 1er janvier 2026, la RGDU remplace d'un seul coup trois dispositifs : l'ancienne réduction générale dite « Fillon », le taux réduit d'assurance maladie (7 % au lieu de 13 %) et le taux réduit d'allocations familiales (3,45 % au lieu de 5,25 %). Deux changements majeurs en découlent : elle s'applique désormais jusqu'à 3 SMIC (contre 1,6 SMIC auparavant), et son coefficient se calcule par une formule unique :
Coefficient = Tmin + ( Tdelta × [ (1/2) × (3 × SMIC annuel ÷ brut annuel − 1) ]P )
Avec, pour 2026 : Tmin = 0.02, P = 1.75, et Tdelta = 0.3781 pour un employeur de moins de 50 salariés (FNAL à 0,10 %) ou 0.3821 à partir de 50 salariés (FNAL à 0,50 %). Le coefficient plafonne donc à 39,81 % du brut, ou 40,21 % au-delà de 50 salariés.
Le piège de 2026 : deux SMIC coexistent
Le SMIC versé aux salariés est passé à 12,31 €/h le 1er juin 2026. Mais le décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 a gelé à 12,02 €/h le SMIC de référence servant au calcul de la RGDU, pour toute l'année 2026. Conséquence concrète et rarement expliquée : un salarié payé au SMIC se situe désormais légèrement au-dessus du SMIC de référence de la réduction, si bien que celle-ci n'est plus maximale — les charges patronales sur un SMIC ont donc augmenté en juin 2026, sans que le taux de cotisation n'ait bougé.
Coût horaire chargé selon le niveau de salaire (2026)
Voici ce que donne le calcul pour un employeur de moins de 50 salariés, sur la base de 1607 heures travaillées, 4,0 % de cotisations hors champ de la RGDU et 15 % de temps non facturable. Les montants sont hors frais de structure et hors marge.
| Niveau de salaire | Brut mensuel | Réduction RGDU | Charges effectives | Coût employeur / mois | Coût / h travaillée | Coût / h facturable |
|---|---|---|---|---|---|---|
| SMIC | 1 867 € | − 37,50 % | 6,3 % | 1 985 € | 14,82 € | 17,43 € |
| 1,25 SMIC | 2 334 € | − 20,85 % | 23,0 % | 2 869 € | 21,43 € | 25,21 € |
| 1,5 SMIC | 2 801 € | − 12,33 % | 31,5 % | 3 682 € | 27,49 € | 32,35 € |
| 2 SMIC | 3 734 € | − 4,94 % | 38,9 % | 5 185 € | 38,72 € | 45,55 € |
| 2,5 SMIC | 4 668 € | − 2,52 % | 41,3 % | 6 595 € | 49,24 € | 57,93 € |
| 3 SMIC et au-delà | 5 601 € | − 0,00 % | 43,8 % | 8 054 € | 60,14 € | 70,76 € |
Lecture : l'écart de charges entre un SMIC et un salaire à 2 SMIC est de plus de 30 points de pourcentage. C'est la raison pour laquelle un taux de charges « moyen » appliqué à tous vos salariés fausse complètement le calcul du tarif horaire.
Étape 2 — heures payées, heures travaillées, heures facturables
C'est ici que se logent la plupart des erreurs de calcul, parce que trois volumes différents portent à peu près le même nom :
- 1 820 heures payées par an pour un temps plein : 151,67 h par mois × 12. Ce sont les heures que vous rémunérez, congés payés et jours fériés compris. C'est cette base — et elle seule — qui permet de convertir un taux horaire brut en salaire annuel.
- 1607 heures travaillées par an : la durée annuelle de référence pour 35 h par semaine, journée de solidarité incluse. On retire des 1 820 h les 25 jours ouvrés de congés payés et environ 8 jours fériés. C'est la base correcte du coût horaire réel.
- Les heures facturables : il reste à retirer le temps non productif (trajets entre chantiers, rédaction de devis, administratif, réunions, intempéries, formation, absences maladie). En pratique on ne vend souvent que 1 250 à 1 450 heures.
Diviser le coût annuel par 1 820 au lieu de 1607 sous-estime le coût horaire d'environ 12 % — c'est déjà, à lui seul, de quoi transformer une marge en perte.
Coût horaire facturable = Coût annuel chargé ÷ Heures réellement facturables
C'est le véritable seuil de rentabilité : en dessous de ce tarif, chaque heure vendue fait perdre de l'argent.
Étape 3 — frais de structure et marge
Le coût chargé ne couvre que la main-d'œuvre. Pour ne pas vendre à perte, on répartit sur les heures facturables l'ensemble des frais généraux : loyer ou atelier, véhicules et carburant, outillage, assurances (dont la décennale dans le BTP), téléphonie, comptabilité, logiciels. On ajoute enfin la marge commerciale visée pour dégager du bénéfice et financer les aléas.
Prix de vente HT = (Coût horaire facturable + frais de structure / h) × (1 + marge)
Taux horaire chargé, taux horaire de revient, prix de vente : ne pas confondre
Ces trois expressions désignent trois montants croissants, et les employeurs les emploient souvent indifféremment — ce qui conduit à facturer le mauvais chiffre.
| Notion | Ce qu'elle contient | À quoi elle sert |
|---|---|---|
| Taux horaire brut | Le salaire seul, divisé par les heures payées. C'est le chiffre qui figure sur le bulletin de paie. | Établir la paie. Jamais à facturer. |
| Taux horaire chargé (ou coût horaire réel) |
Salaire brut + charges patronales, rapportés aux heures travaillées. | Connaître le coût de la main-d'œuvre, chiffrer un devis en interne. |
| Taux horaire de revient (ou prix de revient horaire) |
Coût chargé rapporté aux heures facturables, + quote-part de frais de structure. | C'est le seuil de rentabilité : en dessous, on vend à perte. |
| Prix de vente horaire | Taux de revient + marge commerciale. | Le tarif à inscrire sur le devis. |
Combien coûte une heure de travail à un employeur ?
Prenons le cas le plus fréquent, un salarié au SMIC à temps plein (1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026). Après RGDU, ses charges patronales effectives tournent autour de 6 % du brut : il coûte donc environ 1 985 € par mois à l'entreprise, soit 14,82 € par heure réellement travaillée. Si 15 % de son temps n'est pas facturable, l'heure vendue au client doit déjà couvrir 17,43 € — avant tout frais de structure et avant la moindre marge. On mesure l'écart avec le taux horaire brut de 12,31 € : le coût réel est supérieur d'environ 42 %.
Le même raisonnement sur un salaire à 2 SMIC (3 734 € brut) donne 39 % de charges et 45,55 € par heure facturable : le coût ne double pas, il fait bien davantage, parce que la réduction de charges s'estompe en même temps que le salaire monte.
Le taux horaire sur la fiche de paie : de quoi parle-t-on ?
Sur un bulletin de paie, le « taux horaire » est le taux horaire brut : le salaire de base divisé par les heures rémunérées de la période, soit 151,67 h pour un temps plein mensualisé. C'est ce taux qui sert de base aux majorations d'heures supplémentaires (+ 25 % de la 36e à la 43e heure, + 50 % au-delà, sauf accord plus favorable) et au calcul des retenues d'absence. Il ne dit rien du coût pour l'employeur, ni du tarif à facturer : il ne contient ni les charges patronales, ni les heures non productives.
Repères : taux horaire de vente par métier (HT)
| Métier | Taux horaire de vente indicatif (HT) |
|---|---|
| Manœuvre / aide | 30 – 45 € |
| Maçon | 35 – 55 € |
| Électricien | 40 – 65 € |
| Plombier / chauffagiste | 45 – 70 € |
| Technicien qualifié / spécialisé | 55 – 90 € |
Ces fourchettes ne sont pas une référence réglementaire : ce sont des ordres de grandeur observés sur le marché, hors taxes, qui varient fortement selon la zone géographique, la structure de coûts et le positionnement de l'entreprise. Elles servent uniquement à situer votre résultat — si votre calcul tombe très en dehors de la fourchette de votre métier, c'est le signe qu'un paramètre est à revoir (part non facturable sous-estimée, frais de structure oubliés). Le seul chiffre qui vous engage est celui calculé à partir de vos données.
Questions fréquentes
- SMIC (1 867 € brut) → 6,3 %
- 1,25 SMIC (2 334 € brut) → 23,0 %
- 1,5 SMIC (2 801 € brut) → 31,5 %
- 2 SMIC (3 734 € brut) → 38,9 %
- 2,5 SMIC (4 668 € brut) → 41,3 %
- 3 SMIC et au-delà (5 601 € brut) → 43,8 %
Sources officielles : Service Public Entreprendre — réduction générale dégressive unique (RGDU), paramètres 2026 · economie.gouv.fr — fonctionnement de la RGDU · Décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 (gel du SMIC de référence RGDU, art. D. 241-7 IV CSS) · Urssaf — taux de cotisations patronales et allègements · Code du travail, art. L3121-27 et L3121-41 (durée légale, durée annuelle de référence)
Contenu vérifié — dernière vérification : septembre 2026