Calculateur de résistance thermique d'une paroi multicouche

La résistance thermique R, en m²·K/W, mesure ce qu'une paroi oppose au passage de la chaleur : plus elle est élevée, plus la paroi isole. Empilez vos couches (matériau et λ, résistance connue, lame d'air, ossature) : l'outil donne R total, U, l'épaisseur d'isolant à poser et vérifie les seuils de R des aides CEE et MaPrimeRénov'.

Résultat

—
R total (Rsi + couches + Rse)
—
U = 1 / R total, en W/(m²·K)
—
R des couches seules
—
R de l'isolant posé (aides)
—
Rsi + Rse retenus
—
épaisseur totale des couches
—
R de l'isolant seul (e / λ)
—
épaisseur à poser pour le R visé

1. Le type de paroi

Rsi et Rse sont les résistances superficielles intérieure et extérieure. Les valeurs proposées sont celles des règles Th-Bât selon le sens du flux de chaleur ; changez de type de paroi pour les actualiser, ou saisissez les vôtres.

2. Les couches, de l'intérieur vers l'extérieur

Pour chaque couche : un matériau avec son λ, une résistance R déjà connue (isolant certifié, bloc, complexe) ou une lame d'air. Cochez « isolant posé dans les travaux » sur la couche à tester pour les aides.

Exemples à adapter :

3. Seuils de R des aides à l'isolation

Seuils lus sur les fiches CEE BAR-EN-101, 102, 103 et 105 et sur l'article 13-2 de l'arrêté du 17 novembre 2020 (en vigueur au 6 octobre 2026). Atteindre le seuil de R ne suffit pas à ouvrir le droit à l'aide : voir les conditions dans le guide ci-dessous et les simulateurs CEE et MaPrimeRénov'.

4. Quelle épaisseur d'isolant poser ?

« R de l'isolant seul » donne l'épaisseur d'un isolant unique de ce λ. Pour un R total ou un U, l'épaisseur s'ajoute aux couches saisies plus haut. La valeur à retenir pour le produit posé est le λ ou le R déclaré par son fabricant.

5. Déperdition de la paroi (facultatif)

 

Φ = U × S × ΔT, à travers la partie courante de cette paroi. Pour la puissance d'une pièce entière, utilisez le calculateur de déperditions et de puissance de chauffage.

Un seul isolant : R = e / λ

Saisissez le λ déclaré par le fabricant ; à défaut, la liste propose les valeurs par défaut des règles Th-Bât.

Épaisseur nécessaire pour quelques R usuels, avec le λ saisi
R visé (m²·K/W)ÉpaisseurRepère

Détail par couche

CoucheÉpaisseurλRPart du R

Estimation indicative en partie courante : sans ponts thermiques ni défauts de mise en œuvre, elle ne remplace pas une étude thermique ni la valeur certifiée du produit posé. Calcul fait dans votre navigateur, aucune donnée n'est envoyée. Méthode et valeurs par défaut : règles Th-Bât, relues en octobre 2026.

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Comment se calcule la résistance thermique

Dans une couche homogène, la chaleur traverse l'épaisseur e d'un matériau de conductivité thermique λ (lambda). Plus la couche est épaisse et plus λ est faible, plus la résistance est élevée :

R = e / λ avec e en mètres et λ en W/(m·K) : R s'exprime en m²·K/W.

Une paroi de plusieurs couches additionne les résistances de chacune, lames d'air comprises. On ajoute ensuite les résistances superficielles pour obtenir le coefficient de transmission thermique en partie courante :

U = 1 / (Rsi + R1 + R2 + … + Rse), en W/(m²·K).

Exemple : 100 mm de laine minérale de λ 0,038 donnent R = 0,1 / 0,038 = 2,63 m²·K/W. Sur un mur vertical (Rsi 0,13 et Rse 0,04), ce seul isolant donne un R total de 2,80 m²·K/W et un U d'environ 0,36 W/(m²·K), avant d'ajouter le mur lui-même.

Résistances superficielles Rsi et Rse

Une fine couche d'air immobile colle à chaque face de la paroi et ralentit aussi la chaleur. Les règles Th-Bât (version consolidée du 29 avril 2026, § 1.3.2) donnent, en l'absence d'informations spécifiques :

Paroi donnant sur l'extérieur, un passage ouvert ou un local ouvertRsiRseRsi + Rse
Paroi verticale (inclinaison supérieure à 60°), flux horizontal0,130,040,17
Paroi horizontale (inclinaison inférieure à 60°), flux ascendant0,100,040,14
Paroi horizontale (inclinaison inférieure à 60°), flux descendant0,170,040,21

Quand la paroi donne sur un autre local non chauffé, un comble ou un vide sanitaire, Rsi s'applique des deux côtés : l'outil reprend cette convention pour les parois « sur local non chauffé », les planchers de combles perdus et les planchers sur vide sanitaire. Le flux est ascendant pour un plafond ou une toiture (la chaleur monte), descendant pour un plancher bas.

Lames d'air

Une lame d'air non ventilée, dont les deux faces ont une émissivité d'au moins 0,8, a une résistance qui ne dépasse jamais 0,23 m²·K/W : doubler son épaisseur n'apporte presque rien au-delà de quelques centimètres. Les règles Th-Bât (fascicule Parois opaques) donnent, avec interpolation linéaire entre deux lignes :

Épaisseur de la lame (mm)Flux ascendantFlux horizontalFlux descendant
00,000,000,00
50,110,110,11
70,130,130,13
100,150,150,15
150,160,170,17
250,160,180,19
500,160,180,21
1000,160,180,22
3000,160,180,23
  • Fortement ventilée (ouvertures d'au moins 1 500 mm² par mètre de longueur pour une lame verticale, ou par m² pour une lame horizontale) : la lame et toutes les couches situées entre elle et l'extérieur sont ignorées, et la résistance superficielle intérieure Rsi remplace Rse sur la face intérieure de la lame. Un bardage ventilé n'apporte donc aucune résistance.
  • Faiblement ventilée (de 500 à 1 500 mm² selon la même unité) : la résistance totale est une moyenne pondérée entre le cas non ventilé et le cas fortement ventilé, selon la surface des ouvertures.
  • Non ventilée : la lame compte avec la valeur du tableau. Au-delà de 300 mm d'épaisseur, la méthode renvoie à un bilan thermique avec coefficient b, hors de cet outil.

Ossature : montants, chevrons, solives

Un isolant posé entre des montants de bois ou de métal forme une couche hétérogène : la chaleur passe plus facilement par l'ossature. Renseignez la part de la surface occupée par l'ossature (largeur du montant divisée par l'entraxe) et son λ. L'outil calcule deux cas limites : des chemins de chaleur en parallèle (valeur haute de R) et des couches équivalentes superposées (valeur basse). Il affiche l'encadrement et utilise leur moyenne comme valeur indicative. Les ponts thermiques de liaison et les fixations traversantes ne sont pas comptés.

Valeurs de λ proposées

Les règles Th-Bât (fascicule Matériaux) donnent des valeurs par défaut de la conductivité thermique utile selon la masse volumique du matériau. Elles servent faute de valeur déclarée : un fabricant qui déclare un λ ou un R certifié pour son produit, par exemple dans une certification ACERMI, prime sur la liste. Pour les briques alvéolaires, blocs creux et bétons cellulaires, utilisez le R ou le λ équivalent du fabricant (couche « résistance R connue »).

Matériauλ par défaut, W/(m·K)
Isolants (valeur par défaut Th-Bât)
Laine de verre, 15 ≤ ρ < 20 kg/m³0,044
Laine de verre, 20 ≤ ρ < 30 kg/m³0,041
Laine de verre, 30 ≤ ρ < 40 kg/m³0,039
Laine de verre, 40 ≤ ρ < 80 kg/m³0,038
Laine de roche, 25 ≤ ρ < 40 kg/m³0,044
Laine de roche, 40 ≤ ρ < 100 kg/m³0,042
Laine minérale soufflée sur plancher de comble, 10 ≤ ρ < 25 kg/m³0,056
Laine minérale insufflée (mur, rampant), 20 ≤ ρ < 80 kg/m³0,060
Polystyrène expansé (PSE), 15 ≤ ρ < 19 kg/m³0,044
Polystyrène expansé (PSE), 19 ≤ ρ < 24 kg/m³0,042
Polystyrène expansé (PSE), 24 ≤ ρ < 29 kg/m³0,040
Polystyrène expansé (PSE), 29 ≤ ρ < 40 kg/m³0,039
Maçonnerie, enduits, plâtre et bois (valeur par défaut Th-Bât)
Béton plein, 2 000 < ρ ≤ 2 300 kg/m³1,65
Béton plein, 2 300 < ρ ≤ 2 600 kg/m³2,00
Mortier d'enduit ou de joint (ciment, chaux), ρ > 2 000 kg/m³1,80
Plaque de plâtre à parement carton, 750 ≤ ρ ≤ 900 kg/m³0,25
Plâtre d'enduit intérieur courant, 1 000 ≤ ρ ≤ 1 300 kg/m³0,57
Bois résineux léger, ρ ≤ 435 kg/m³0,13
Bois résineux mi-lourd, 435 < ρ ≤ 520 kg/m³0,15
Bois résineux lourd, 520 < ρ ≤ 610 kg/m³0,18
Panneau OSB, ρ ≤ 650 kg/m³0,13

Seuils de R pour les aides à l'isolation

Dans les deux dispositifs, c'est la résistance de l'isolation installée qui est comparée au seuil, et non celle de la paroi complète : la résistance de l'isolation existante n'est pas prise en compte, ni celle du mur, du plâtre ou des lames d'air.

TravauxCEE (fiche, R minimal)MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur (R minimal)
Murs en façade ou en pignonBAR-EN-102 : 3,73,7 par l'intérieur ; 4,4 par l'extérieur
Comble perduBAR-EN-101 : 7,07,0
Rampant de toiture, plafond de comblesBAR-EN-101 : 6,06,0
Toiture-terrasseBAR-EN-105 : 4,5 (isolation extérieure)6,5
Plancher basBAR-EN-103 : 3,03,0
  • CEE : les fiches BAR-EN-101, 102, 103 et 105 s'appliquent aux bâtiments résidentiels existants et sont abrogées à compter du 1er mai 2027. La résistance est évaluée selon les normes NF EN 12664, NF EN 12667 ou NF EN 12939 pour les isolants non réfléchissants, et NF EN ISO 22097 pour les isolants réfléchissants. La pose est réalisée par un professionnel et la facture mentionne la résistance de l'isolant. Les fiches 101, 102 et 103 prévoient en outre une visite technique avant le devis et un délai de sept jours francs entre l'acceptation du devis et le début des travaux.
  • MaPrimeRénov' : selon le mode d'emploi de l'Anah de septembre 2026, le parcours par geste finance le changement de chauffage décarboné, et la rénovation d'ampleur suppose au moins deux gestes d'isolation (murs, fenêtres, sols ou toiture) et un gain d'au moins deux étiquettes énergétiques. Les valeurs de R du tableau sont celles de l'article 13-2 de l'arrêté du 17 novembre 2020, en vigueur depuis le 1er septembre 2026.

Pour chiffrer la prime, utilisez le simulateur de prime CEE et le simulateur MaPrimeRénov'.

Ce que l'outil ne calcule pas

  • Les ponts thermiques de liaison (plancher, refend, menuiserie) et les fixations traversantes.
  • Les planchers sur terre-plein : leur déperdition utilise un coefficient équivalent Ue qui dépend de la forme du plancher. Pour un plancher sur vide sanitaire ou sous-sol, l'outil donne le U de la paroi, pas le Ue.
  • Les lames d'air de plus de 300 mm, les espaces non chauffés assimilés à une résistance équivalente et les parois à plusieurs couches à ossature.
  • Le comportement à l'humidité (pare-vapeur, condensation) et le confort d'été, qui dépendent aussi de l'inertie.

Une fois le U de la paroi connu, le calculateur de déperditions permet de le saisir pour estimer la puissance de chauffage nécessaire.

Questions fréquentes

La résistance thermique d'une couche homogène vaut R = e / λ, avec e l'épaisseur en mètres et λ la conductivité thermique utile en W/(m·K). Pour 100 mm de laine minérale de λ 0,038, R = 0,1 / 0,038 = 2,63 m²·K/W. Pour une paroi de plusieurs couches, on additionne les R de chaque couche, lames d'air comprises. Pour obtenir la résistance totale, on ajoute les résistances superficielles intérieure et extérieure (Rsi et Rse), et le coefficient de transmission thermique en partie courante est U = 1 / (Rsi + R + Rse), en W/(m²·K).

En l'absence d'informations spécifiques, les règles Th-Bât donnent Rsi = 0,13 et Rse = 0,04 m²·K/W pour une paroi verticale (flux horizontal), Rsi = 0,10 et Rse = 0,04 pour un flux ascendant (toiture, plafond sous combles) et Rsi = 0,17 et Rse = 0,04 pour un flux descendant (plancher bas). Quand la paroi donne sur un autre local non chauffé, un comble ou un vide sanitaire, Rsi s'applique des deux côtés. L'outil applique ces valeurs selon le type de paroi choisi et permet de les remplacer.

Pour les certificats d'économies d'énergie, la résistance thermique R de l'isolation installée (l'isolation existante n'étant pas comptée) doit atteindre 3,7 m²·K/W pour les murs (BAR-EN-102), 7 en comble perdu et 6 en rampant de toiture (BAR-EN-101), 4,5 pour une toiture terrasse (BAR-EN-105) et 3 pour un plancher bas (BAR-EN-103). Pour MaPrimeRénov' en rénovation d'ampleur, l'article 13-2 de l'arrêté du 17 novembre 2020, en vigueur depuis le 1er septembre 2026, exige 7 en comble perdu, 6 en rampant, 6,5 en toiture-terrasse, 3,7 pour un mur isolé par l'intérieur, 4,4 par l'extérieur et 3 en plancher bas. Ces seuils ne suffisent pas : les autres conditions (professionnel qualifié, parcours accompagné, gain énergétique) se vérifient sur les textes ou avec les simulateurs dédiés.

Il suffit d'inverser la formule : e = R × λ. Pour atteindre R = 3,7 m²·K/W avec un isolant de λ 0,038 W/(m·K), il faut e = 3,7 × 0,038 = 0,1406 m, soit environ 141 mm, à arrondir à l'épaisseur disponible au-dessus. L'outil calcule cette épaisseur pour un R d'isolant visé ou pour atteindre un R total ou un U cible, en tenant compte des couches déjà saisies. La valeur à retenir est celle du λ ou du R déclaré par le fabricant du produit posé.

Une couche d'isolant interrompue par une ossature n'est pas homogène : la chaleur passe plus facilement par les montants. L'outil encadre alors la résistance par deux cas limites, le flux qui traverse les chemins en parallèle (valeur haute) et celui qui traverse des couches équivalentes en série (valeur basse), et retient leur moyenne à titre indicatif. La norme NF EN ISO 6946 définit la méthode normalisée pour ces couches hétérogènes, et un calcul réglementaire ou contractuel relève d'un professionnel. Pour les aides, seule compte la résistance de l'isolant posé, indiquée sur la facture.

Les λ proposés dans la liste sont les valeurs par défaut des règles Th-Bât, à utiliser faute de valeur déclarée : si le fabricant indique un λ ou un R certifié, saisissez-le. Le résultat est un calcul en partie courante : il ne compte ni les ponts thermiques, ni les fixations traversantes, ni les défauts de mise en œuvre, et il n'applique pas les méthodes forfaitaires du DPE. Pour dimensionner un chauffage, utilisez le calculateur de déperditions du site avec le U obtenu ici.

Repères Th-Bât

Mur : Rsi / Rse0,13 / 0,04
Toiture : Rsi / Rse0,10 / 0,04
Plancher bas : Rsi / Rse0,17 / 0,04
Lame d'air, maximum0,23 m²·K/W
FormuleR = e / λ