Calculateur WBGT
Stress Thermique au Poste de Travail
Évaluez l'indice WBGT (Wet Bulb Globe Temperature) à votre poste de travail et comparez-le aux seuils ISO 7243 selon la classe métabolique, l'acclimatation et le courant d'air.
1. Conditions environnementales
Températures et humidité au poste2. Caractéristiques du poste
Métabolisme, acclimatation, ventilationÉvaluation du stress thermique
Mesures de prévention recommandées
Top 3 actions prioritaires
Seuils WBGT — NF EN ISO 7243:2017
| Classe métabolique | Métab. (W/m²) | Acclimaté | Non acclimaté | Effet du vent |
|---|---|---|---|---|
| Classe 0 — Repos | ≤ 65 | 33 °C | 32 °C | — |
| Classe 1 — Faible (assemblage léger) | 65-130 | 30 °C | 29 °C | — |
| Classe 2 — Modéré (opérateur, manutention) | 130-200 | 28 °C | 26 °C | — |
| Classe 3 — Élevé (BTP soutenu) | 200-260 | 26 / 25 °C | 23 / 22 °C | Avec / sans vent |
| Classe 4 — Très élevé (sidérurgie, fonderie) | > 260 | 25 / 23 °C | 20 / 18 °C | Avec / sans vent |
La NF EN ISO 7243:2017 (annexe A) donne une valeur de référence unique par classe (33/32, 30/29, 28/26, 26/23, 25/20 °C acclimaté/non acclimaté). La distinction avec / sans mouvement d'air pour les classes 3 et 4 provient de l'édition 1989 de la norme ; elle est conservée ici par prudence (valeurs plus basses en air immobile). Les valeurs sont des limites au-delà desquelles le risque physiologique devient significatif.
Stress thermique au travail : guide complet
L'évaluation du stress thermique au poste de travail s'appuie sur l'indice WBGT normalisé par la NF EN ISO 7243:2017. Cet indicateur composite combine la température de l'air, l'humidité, le rayonnement et la vitesse de l'air pour estimer la contrainte physiologique subie par le salarié. Couplé à l'évaluation du métabolisme (NF EN ISO 8996) et à l'analyse de l'acclimatation, il permet de définir des seuils objectifs au-delà desquels des mesures de prévention deviennent obligatoires.
Qu'est-ce que le WBGT (NF EN ISO 7243)
Le WBGT (Wet Bulb Globe Temperature) est un indice empirique développé dans les années 1950 par l'US Navy pour prévenir les coups de chaleur chez les recrues. Normalisé par l'ISO dès 1982 puis 1989 (norme ISO 7243), il a été révisé en 2017 pour intégrer l'effet des vêtements (facteurs d'ajustement CAV), décrire les capteurs de globe noir non normalisés et fournir une méthode de prévision de la température humide naturelle. Sa formule en intérieur ou extérieur ombré est :
WBGT = 0,7 × Tw + 0,3 × Tg
En extérieur avec ensoleillement (rayonnement solaire direct) :
WBGT = 0,7 × Tw + 0,2 × Tg + 0,1 × Ta
où Tw est la température humide naturelle (psychromètre à mèche, intègre l'effet du refroidissement par évaporation), Tg est la température du globe noir (capte le rayonnement) et Ta est la température sèche ambiante.
Comment mesurer Tg, Tw et Ta
La NF EN ISO 7726 définit la métrologie de référence :
- Tg — globe noir : sphère de cuivre noire mat de 150 mm de diamètre (norme), thermomètre au centre. Temps de réponse 20-30 min. Une variante 50 mm existe pour les espaces confinés (correction nécessaire).
- Tw — humide naturel : thermomètre à mèche en coton humide, ventilation naturelle (pas aspirée). Important : ne pas confondre avec la température humide aspirée du psychromètre fronde, qui donne des valeurs plus basses.
- Ta — sec : thermomètre classique protégé du rayonnement par un écran.
Les capteurs sont placés à 1,1 m du sol (poste debout) ou 0,6 m (poste assis), idéalement à la tête, au tronc et aux chevilles pour évaluer l'uniformité. La mesure dure au minimum 30 minutes après stabilisation et doit être répétée plusieurs fois sur le cycle de travail.
Différence intérieur / extérieur
La distinction repose sur la présence d'un rayonnement solaire direct. En intérieur, le facteur Tg est multiplié par 0,3 car le rayonnement provient principalement des parois et machines. En extérieur ensoleillé, le coefficient Tg passe à 0,2 mais Ta intervient avec un facteur 0,1 pour tenir compte de la composante diffuse. Un chantier sous nuages se calcule comme un poste intérieur.
Classes métaboliques (NF EN ISO 8996)
Le métabolisme énergétique au poste se mesure en W/m² de surface corporelle (1 met = 58 W/m², soit la dépense au repos). La norme classe les activités en 5 niveaux :
- Classe 0 (≤ 65 W/m²) : repos assis, surveillance vidéo passive, télétravail intellectuel.
- Classe 1 (65-130 W/m²) : assemblage électronique fin, contrôle qualité statique, conduite de véhicule léger, dactylographie debout.
- Classe 2 (130-200 W/m²) : opérateur machine, manutention légère (5-15 kg), marche normale 3-5 km/h, soudage à l'arc statique, peinture industrielle.
- Classe 3 (200-260 W/m²) : BTP soutenu (maçonnerie, charpente), marteau-piqueur, déménagement, terrassement manuel léger, manutention 15-25 kg répétée.
- Classe 4 (> 260 W/m²) : sidérurgie (hauts fourneaux, coulée), fonderie, manutention manuelle intense (> 25 kg), terrassement à la pelle continu, abattage forestier.
Acclimatation à la chaleur
L'acclimatation est une adaptation physiologique au stress thermique qui se développe en 5 à 14 jours d'exposition progressive. Mécanismes : abaissement du seuil de sudation, augmentation du débit sudoral (jusqu'à +200 %), réduction de la perte de sel dans la sueur (économie de NaCl), stabilisation du débit cardiaque et de la température centrale. Un travailleur acclimaté supporte 1 à 3 °C WBGT de plus qu'un non acclimaté.
Selon la NF EN ISO 7243, un salarié est considéré acclimaté s'il a été exposé à des conditions similaires pendant au moins 5 jours consécutifs au cours des 14 derniers jours. La perte d'acclimatation est rapide : 50 % perdus en 1 semaine sans exposition, 100 % en 3-4 semaines. Cas particulier critique : intérimaires, nouveaux embauchés, retours de congés, salariés en arrêt maladie de longue durée — tous considérés non acclimatés.
Obligations employeur (R4225-2 à R4225-4, décret n° 2025-482)
Le Code du travail impose plusieurs obligations spécifiques :
- R4225-2 : mettre à disposition de l'eau potable et fraîche pour permettre aux travailleurs de se désaltérer et de se rafraîchir.
- R4225-3 : lorsque des conditions particulières de travail conduisent les travailleurs à se désaltérer fréquemment, fournir gratuitement au moins une boisson non alcoolisée (liste des postes établie après avis du médecin du travail et du CSE).
- R4225-4 : déterminer l'emplacement des postes de distribution des boissons à proximité des postes de travail, dans de bonnes conditions d'hygiène.
- R4534-143 : sur les chantiers BTP dépourvus d'eau courante, fournir au moins 3 L d'eau potable et fraîche par jour et par travailleur.
- L4121-1 et L4121-2 : obligation générale de sécurité — évaluer et prévenir les risques liés à l'ambiance thermique.
- Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 (en vigueur depuis le 1er juillet 2025, articles R4463-1 à R4463-8) : évaluer le risque lié aux épisodes de chaleur intense (définis par les vigilances Météo-France jaune, orange et rouge), définir des mesures de prévention dans le DUERP et le plan de prévention BTP, adapter l'organisation (horaires, pauses, aménagement des postes) en cas d'épisode de chaleur.
Mesures de prévention (rotation, pauses, hydratation, brumisation)
Hiérarchie des mesures selon L4121-2 :
- Suppression du risque : isolation thermique des sources de chaleur, automatisation des tâches à haut métabolisme, climatisation des cabines.
- Mesures collectives techniques : ventilation forcée (renouvellement d'air 6-10 vol/h), brumisation, écrans anti-rayonnement, parois réfléchissantes (aluminisées) en sidérurgie.
- Organisation du travail : décalage horaires (5h-13h en canicule), rotation 50/50 entre zones froides et chaudes, augmentation des pauses (15 min/h en limite, 30 min/h en dépassement), réduction des cycles, télétravail si possible.
- EPI et tenue : vêtements amples respirants en coton ou techniques (laine mérinos, fibres wicking), casquettes/chapeaux à large bord, lunettes UV, crème solaire IP50+, gants ventilés.
- Hydratation imposée : protocole de boisson — 250 mL toutes les 15-20 min, eau fraîche (10-15 °C) à proximité immédiate, boissons supplémentées en électrolytes au-delà de 4 h d'exposition continue.
- Surveillance médicale renforcée : visite SMR pour les classes 3 et 4 (R4624-23), formation des SST à la reconnaissance des pathologies thermiques.
Vêtements et facteur d'ajustement (CAV)
La norme 2017 introduit le Clothing Adjustment Value à ajouter au WBGT mesuré pour tenir compte de l'isolation des vêtements de protection :
- Tenue standard coton (chemise + pantalon) : +0 °C
- Combinaison de travail tissée : +1 °C
- Surcombinaison double couche (chimie légère) : +3 °C
- Combinaison non perméable anti-projection : +4 à +6 °C
- Combinaison étanche aux gaz (Tyvek niveau 3) : +8 à +11 °C
- Tenue d'intervention pompier complète : +10 à +12 °C
Conséquence opérationnelle : un poste de désamiantage avec combinaison étanche en sous-section 3 à 25 °C WBGT mesuré équivaut à 33-36 °C WBGT effectif, ce qui impose des rotations courtes (15-20 min de travail / 30-45 min de repos).
Pathologies liées à la chaleur
Par ordre de gravité croissante :
- Crampes de chaleur : douleurs musculaires (mollets, cuisses, abdomen) par déséquilibre hydroélectrolytique. Réversible avec repos et boisson salée.
- Syncope de chaleur : malaise vagal par vasodilatation périphérique, perte de conscience brève. Mettre en PLS, refroidir.
- Épuisement thermique : céphalées, nausées, vertiges, fatigue intense, température 38-40 °C, peau moite. Urgence médicale — refroidir activement, perfusion IV au besoin.
- Coup de chaleur (hyperthermie maligne) : T° centrale > 40 °C, arrêt de la sudation (peau sèche et brûlante), troubles neurologiques (confusion, convulsions, coma). URGENCE VITALE — mortalité 10 à 50 %. Appel SAMU 15 immédiat, immersion eau froide, pulvérisation + ventilation forcée, oxygénation.
Reconnaissance AT/MP : le coup de chaleur survenu au travail est reconnu comme accident du travail au titre de l'article L411-1 CSS. La déshydratation chronique peut conduire à une insuffisance rénale aiguë (mécanisme reconnu, notamment chez les ouvriers agricoles et BTP).
Vigilance canicule (plan Météo France)
Le Plan National Canicule distingue 4 niveaux :
- Niveau 1 — vert (veille saisonnière, 1er juin – 15 septembre) : préparation, information du personnel, plan d'action prêt, DUERP à jour.
- Niveau 2 — jaune (avertissement) : rappels d'hydratation, surveillance des salariés vulnérables (femmes enceintes, > 55 ans, pathologies cardio-rénales).
- Niveau 3 — orange (alerte canicule) : décalage horaires recommandé, suspension des tâches les plus pénibles 12h-16h, pauses doublées.
- Niveau 4 — rouge (canicule extrême) : réévaluation obligatoire des mesures de prévention (décret n° 2025-482), report ou suspension recommandés des travaux les plus exposés aux heures les plus chaudes, télétravail prioritaire ; dans le BTP, arrêt de chantier indemnisable via le chômage-intempéries (canicule intégrée par le décret n° 2024-630 du 28 juin 2024).
Le CSE doit être consulté sur toute mesure dérogatoire d'organisation (article L2312-8). Le salarié dispose d'un droit de retrait s'il a un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé (L4131-1) — il a pu être jugé légitime pour du travail en plein soleil par forte chaleur sans eau ni aménagement.
Questions fréquentes — WBGT et chaleur au travail
Sources officielles : Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 — protection des travailleurs contre la chaleur (Légifrance) · Code du travail, art. R4225-2 à R4225-4 — mise à disposition de boissons (Légifrance) · INRS — Travail à la chaleur (ED 6373) · ISO 7243:2017 — Estimation de la contrainte thermique (indice WBGT)
Contenu vérifié — dernière vérification : août 2026
Seuils WBGT 2026
| Classe | Acclim. | Non |
|---|---|---|
| 0 Repos | 33 | 32 |
| 1 Léger | 30 | 29 |
| 2 Modéré | 28 | 26 |
| 3 Élevé | 26/25 | 23/22 |
| 4 Très élevé | 25/23 | 20/18 |
Valeurs en °C. Référence NF EN ISO 7243:2017 (valeur unique = X). Format X/Y = avec / sans mouvement d'air (distinction issue de l'édition 1989, conservée par prudence).