Démission pour reconversion :
le chômage en quittant un CDI, légalement
Depuis 2019, un salarié en CDI peut démissionner pour se reconvertir ou entreprendre en conservant l'ARE. Mais le dispositif est une course d'obstacles chronologique : tout se joue AVANT la lettre de démission.
Le dispositif démissionnaire : quitter un CDI avec l'ARE
Depuis la loi « avenir professionnel », un salarié en CDI peut démissionner pour se reconvertir (formation) ou créer/reprendre une entreprise tout en percevant l'allocation chômage. Ce n'est pas une démission légitime classique mais un dispositif à part entière — avec un mot d'ordre absolu : tout se joue avant la lettre de démission.
Les 3 conditions 2026
| Condition | Détail |
|---|---|
| Être en CDI de droit privé | Au moment de la démission (les CDD, intérimaires et fonctionnaires ne sont pas éligibles) |
| 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois | ≈ 5 ans d'activité, tous employeurs confondus — les longues interruptions font manquer le seuil |
| Un projet « réel et sérieux » validé AVANT la démission | Formation qualifiante ou création/reprise d'entreprise, attesté par la commission Transitions Pro (ATpro) régionale |
La chronologie, étape par étape
- 1. CEP obligatoire : solliciter un conseil en évolution professionnelle (gratuit — opérateurs régionaux, mon-cep.org) avant toute démission ; il aide à structurer le projet et vérifie le décompte des 1 300 jours ;
- 2. Dossier : plan de formation (devis, débouchés) ou business plan de création — le CEP le met en forme ;
- 3. Passage en commission : l'association Transitions Pro de votre région statue sur le caractère réel et sérieux ; en cas de refus, recours gracieux possible ;
- 4. Attestation en main → démission (préavis normal, sauf dispense négociée) ;
- 5. Inscription à France Travail dans les 6 mois suivant la validation ;
- 6. Mise en œuvre contrôlée : France Travail vérifie au plus tard 6 mois après l'ouverture des droits que le projet est réellement engagé — un abandon sans motif légitime = radiation et remboursement possible.
Montant, durée, différés
L'ARE est celle de droit commun : calculée sur vos 24 derniers mois de salaires, durée normale des droits, délai d'attente de 7 jours + différé congés payés. Pas d'indemnité de rupture (c'est une démission), donc pas de différé spécifique — contrairement à la rupture conventionnelle, l'indemnisation démarre vite.
Reconversion vs rupture conventionnelle : l'arbitrage
- Choisissez la reconversion si l'employeur refuse toute négociation, si votre projet est déjà mûr, et si vous voulez une indemnisation rapide sans différé ;
- Choisissez la rupture conventionnelle si elle est négociable : indemnité en plus (au moins l'indemnité légale de licenciement), pas de commission à convaincre, pas de contrôle du projet — mais différé d'indemnisation potentiellement long si l'indemnité dépasse le minimum ;
- Dans les deux cas, le CPF finance tout ou partie de la formation — vérifiez votre solde avant de dimensionner le dossier.
L'ARE de droit commun, calculée sur vos salaires actuels — chiffrez avant de vous lancer.
Sources officielles : demission-reconversion.gouv.fr, transitionspro.fr, unedic.org.