Décodeur des normes EPI
S3, 4X42C, FFP2, classe 3, LD, HRO, catégorie III… Tapez le code lu sur l'étiquette : vous obtenez ce qu'il garantit, ce qu'il ne garantit pas, et la norme dont il vient.
Catégories I, II et III — règlement (UE) 2016/425
La catégorie mesure la gravité du risque, pas la qualité de l'EPILe repère le plus rapide est le marquage CE lui-même. Suivi d'un numéro à quatre chiffres ? C'est un EPI de catégorie III, dont la production est contrôlée en continu par un organisme notifié. CE seul, sans numéro ? Catégorie I (autocertifiée) ou catégorie II.
Catégorie I — risques minimaux
Blessures mécaniques superficielles, contact avec des produits d'entretien peu nocifs, contact avec des surfaces chaudes n'excédant pas 50 °C, lésions oculaires dues au rayonnement solaire (hors observation du soleil), conditions atmosphériques non extrêmes.
Autocertification : le fabricant établit lui-même la déclaration UE de conformité. Pas d'organisme notifié, donc pas de numéro à quatre chiffres derrière le marquage CE.
Exemples : Gants de jardinage, lunettes de soleil non professionnelles, gants de vaisselle, tabliers légers.
Catégorie II — risques intermédiaires
Tous les risques qui ne relèvent ni de la catégorie I ni de la catégorie III. C'est la catégorie par défaut : elle couvre l'essentiel des EPI portés au quotidien en industrie et sur les chantiers.
Examen UE de type par un organisme notifié. Le marquage CE n'est pas suivi du numéro de l'organisme.
Exemples : Casques de chantier, lunettes de protection, chaussures de sécurité, gants anticoupure, vêtements haute visibilité.
Catégorie III — risques graves ou mortels
Risques pouvant avoir des conséquences très graves, mortelles ou irréversibles. Le règlement en dresse une liste limitative de douze familles : substances dangereuses, atmosphères à déficit d'oxygène, agents biologiques nocifs, rayonnements ionisants, ambiances à haute ou basse température, chutes de hauteur, chocs électriques et travail sous tension, noyade, coupures par scie à chaîne tenue à la main, jets haute pression, blessures par balle ou par couteau, bruit nocif.
Examen UE de type et contrôle continu de la production (contrôle des produits ou du système qualité). Le marquage CE est suivi du numéro à quatre chiffres de l'organisme notifié qui assure ce suivi.
Exemples : Harnais antichute, appareils de protection respiratoire, gants et combinaisons contre les produits chimiques, EPI contre l'arc électrique, protections contre le bruit.
Les marquages, famille par famille
Pour chaque famille : les normes applicables et, quand le barème a pu être vérifié auprès de l'INRS, la table complète des codes. Les niveaux ne sont jamais reconstitués : une norme dont le barème n'est pas publié figure ici sans table de codes plutôt qu'avec des valeurs approximatives.
Chaussures et bottes de sécurité
Le marquage se lit en deux temps : une catégorie (SB, S1, S2, S3, S6, S7…) qui regroupe un paquet d'exigences, puis d'éventuels symboles additionnels (HRO, CI, FO, M…). La version 2022 de la norme a renommé plusieurs catégories : un S1P acheté avant reste valable, mais ne se retrouve plus tel quel dans le nouveau tableau.
Normes applicables
Catégories — chaussures en cuir et autres matériaux (classe I)
Chaque catégorie reprend la précédente et y ajoute une exigence. La base SB inclut la résistance au glissement sur sol carrelé recouvert d'une solution savonneuse.
Embout de protection + résistance au glissement. Rien d'autre n'est garanti.
Talon absorbeur d'énergie (E) et semelle antistatique (A). Arrière fermé.
Résistance à la pénétration de l'eau sur la tige entière.
Insert anti-perforation métallique et semelle de marche à crampons.
Insert anti-perforation non métallique, testé avec une pointe conique de 4,5 mm.
Insert anti-perforation non métallique, testé avec une pointe conique de 3,0 mm — la protection la plus fine.
Résistance à la pénétration de l'eau sur la chaussure entière.
Anti-perforation métallique et chaussure entière imperméable.
Variante avec insert non métallique 4,5 mm.
Variante avec insert non métallique 3,0 mm.
Exigences de base pour les modèles hybrides.
Catégories — tout caoutchouc ou tout polymère (classe II)
Bottes moulées : ce sont les codes S4 et S5 qui s'appliquent, jamais S1 à S3.
Base des bottes tout caoutchouc ou tout polymère.
Insert anti-perforation métallique et semelle à crampons.
Insert non métallique, pointe conique 4,5 mm.
Insert non métallique, pointe conique 3,0 mm.
Symboles additionnels
Ils s'ajoutent à la catégorie et se lisent à la suite : « S3 HRO CI FO » se décode ligne par ligne.
P : insert métallique. PL et PS : inserts non métalliques, testés respectivement avec une pointe de 4,5 mm et de 3,0 mm.
Amortit l'impact sur le talon en cas de chute.
Limite la génération de charges. Résistance électrique entre 100 kΩ et 1 000 MΩ sous 100 V.
Empêche l'accumulation de charges. Résistance inférieure à 100 kΩ en atmosphère sèche sous 100 V.
Résistance à l'eau sur la tige entière.
Le modèle complet résiste à l'eau.
Contre la chute d'objet sur le dessus du pied.
Contre les chocs sur les chevilles.
Contre la coupure latérale de la tige.
Renfort de la partie extérieure au-dessus des orteils, contre l'abrasion.
Résistance renforcée au glissement sur sol lisse et gras.
Adhérence sur le barreau d'une échelle.
Semelle de marche résistant à la chaleur de contact.
Semelage isolant contre la chaleur ambiante.
À −17 °C, la température intérieure ne doit pas chuter de plus de 10 °C en une demi-heure.
Semelage résistant aux hydrocarbures.
Résistance aux projections de métal en fusion.
Protection des yeux et du visage
Le marquage se lit à deux endroits : sur l'oculaire (numéro d'échelon du filtre, identification du fabricant, classe optique, symboles de résistance) et sur la monture (numéro de la norme, domaines d'utilisation, résistance à l'impact). Quand monture et oculaire ne forment qu'un, tout figure sur la monture.
Normes applicables
Classes optiques
La classe optique conditionne la durée de port, pas le niveau de protection.
Recommandée pour un port permanent ou l'exécution d'un travail minutieux.
Utilisable pour un port intermittent.
N'est utilisable que pour une très brève durée.
Résistance mécanique
Essais réalisés à 23 °C, sauf mention T. Le symbole S est obligatoire pour les oculaires sans action filtrante et pour toute monture ou protection complète.
Bille d'acier de 22 mm et 43 g projetée à 5,1 m/s.
Bille d'acier de 6 mm et 0,86 g à 45 m/s. Meulage, ponçage, fraisage.
Même essai à 120 m/s.
Même essai à 190 m/s.
Essai d'impact réalisé à −5 °C et +55 °C. Se combine : FT, BT, AT.
Domaines d'utilisation et symboles complémentaires
Les chiffres 3, 4, 5, 8 et 9 figurent sur la monture ; K, N et R sur l'oculaire.
Protection contre les projections de liquides (gouttelettes, éclaboussures).
Poussières de granulométrie supérieure à 5 µm.
Gaz, vapeurs, brouillards, fumées et poussières fines.
Protection contre les arcs dus à un court-circuit électrique.
Projections de métal en fusion et pénétration de solides chauds.
Oculaire traité contre les rayures par fines particules.
Traitement antibuée de l'oculaire.
Renvoie le rayonnement infrarouge.
Protection de la tête
Un casque de chantier standard ne protège que contre la chute d'objets sur le sommet du crâne. Tout le reste — froid, chaleur, électricité, écrasement latéral, métal en fusion — relève d'exigences facultatives que le fabricant doit revendiquer, et qui apparaissent alors en clair sur la calotte.
Normes applicables
Exigences de base obligatoires (NF EN 397)
Elles sont satisfaites par tout casque conforme, sans marquage particulier.
Aptitude à dissiper l'énergie d'un choc sur le sommet.
La calotte ne doit pas être traversée.
Obligatoire pour l'EN 397 comme pour l'EN 14052, facultative pour l'EN 812.
Tenue des matériaux dans le temps.
Exigences sur les matériaux, le harnais, la jugulaire et les accessoires.
Exigences facultatives et leur marquage
Ce sont exactement les mentions à chercher sur la calotte quand le poste l'exige.
Le casque conserve ses performances au froid. La valeur marquée est celle testée.
Tenue à la chaleur ambiante élevée.
Résistance au rayonnement thermique, selon le niveau testé.
Protection contre un contact accidentel jusqu'à 440 V en courant alternatif. Ne vaut pas casque isolant NF EN 50365.
Résistance à l'écrasement latéral. Absente des casques NF EN 14052.
Fonderie, soudage, coulée.
Gants de protection
Sous le pictogramme « marteau » de la NF EN 388 se trouve une suite de quatre chiffres puis deux caractères. Chaque position correspond à un essai différent : un gant « 4X42C » n'a pas été testé en coupure par lame, ce que le X signale — et non un niveau nul.
Normes applicables
NF EN 388 — lire les six positions du marquage
Un X à une position signifie « non testé » ou « essai non applicable au matériau ». Ce n'est pas un zéro.
Niveau 0 à 4. Nombre de cycles avant perforation par un abrasif.
Niveau 0 à 5, essai dit « coup test ». Résultat peu fiable sur les matériaux qui émoussent la lame ; la position 5 prend alors le relais.
Niveau 0 à 4. Force nécessaire pour propager une amorce de déchirure.
Niveau 0 à 4. Force nécessaire pour transpercer avec une pointe normalisée. Ne présume pas de la résistance aux aiguilles fines.
Lettre A (le plus faible) à F (le plus élevé). C'est cette valeur qui fait référence pour les gants anticoupure ; elle n'apparaît que depuis la version 2016 de la norme.
La lettre P atteste d'une protection contre les impacts sur le dos de la main. Absence de lettre : essai non revendiqué.
NF EN ISO 374-1 — types de gants chimiques
Les lettres qui suivent le pictogramme « erlenmeyer » identifient les produits chimiques testés, dans une liste normalisée. Un gant testé sur l'acétone ne protège pas des autres solvants.
Temps de passage d'au moins 30 minutes pour six produits de la liste normalisée.
Temps de passage d'au moins 30 minutes pour trois produits.
Temps de passage d'au moins 30 minutes pour un seul produit. Protection la plus limitée.
Protection respiratoire
Un demi-masque filtrant se choisit sur deux critères : son efficacité de filtration et sa fuite totale vers l'intérieur, c'est-à-dire ce qui passe à côté du filtre faute d'étanchéité au visage. Le second critère est celui qui décide sur le terrain — d'où l'importance des essais d'ajustement.
Normes applicables
Demi-masques filtrants (NF EN 149+A1)
Les valeurs de fuite totale vers l'intérieur sont celles publiées par l'INRS.
Fuite totale vers l'intérieur admise : 22 %. Poussières sans toxicité spécifique.
Fuite totale vers l'intérieur admise : 8 %.
Fuite totale vers l'intérieur admise : 2 %. Niveau exigé pour l'amiante et les agents CMR.
Usage limité à une seule vacation de travail.
Utilisable sur plus d'une vacation, après nettoyage selon la notice.
Le masque conserve une résistance respiratoire acceptable après empoussièrement.
Vêtements de protection et haute visibilité
Pour la haute visibilité, la classe ne dépend pas du modèle mais de la surface de matière visible — et cette surface est mesurée sur la plus petite taille disponible. Un même vêtement peut donc être de classe 2 en taille S et de classe 3 à partir du M.
Normes applicables
NF EN ISO 20471 — classes de haute visibilité
Surfaces minimales mesurées sur la plus petite taille disponible. Elles ne doivent pas être réduites par un logo, un lettrage ou une étiquette. La visibilité doit être assurée à 360°.
Travail dans l'obscurité. Fluorescent : 0,80 m². Rétroréfléchissant : 0,20 m². Doit couvrir le torse et comporter au minimum des bandes sur les manches ou sur les jambes longues du pantalon.
Travail dans la pénombre. Fluorescent : 0,50 m². Rétroréfléchissant : 0,13 m².
Lumière du jour uniquement. Ne convient pas à un travail le long de la voie publique. Fluorescent : 0,14 m². Rétroréfléchissant : 0,10 m². Matières à caractéristiques combinées : 0,20 m².
Garanti uniquement pour les matières fluorescentes et rétroréfléchissantes, pas pour les fermetures ni les accessoires. Au-delà, la performance de visibilité n'est plus assurée.
NF EN 343 — protection contre la pluie
Le marquage superpose trois lignes : WP, Ret, puis R ou X.
Quatre classes, l'imperméabilité croissant avec le chiffre.
Respirabilité. Un vêtement de classe Ret 1 est non respirant : sa durée de port doit être limitée selon la température.
Le vêtement prêt-à-porter a été contrôlé sous pluie simulée.
Le vêtement n'a pas été soumis à l'essai sous simulateur de pluie.
Protection contre les chutes de hauteur
Aucun de ces composants ne protège seul : un harnais sans point d'ancrage et sans absorbeur adapté n'est pas un système d'arrêt de chute. Ce sont aussi les seuls EPI, avec la protection respiratoire et les gilets gonflables, à faire l'objet d'une vérification périodique obligatoire tous les douze mois.
Normes applicables
Protection de l'ouïe
Le chiffre d'atténuation affiché sur l'emballage est obtenu en laboratoire : l'atténuation réellement obtenue au poste dépend surtout du bon positionnement et de la durée de port. Une protection retirée cinq minutes par heure perd l'essentiel de son efficacité.
Normes applicables
Ce que le code du travail impose à l'employeur
La norme dit comment mesurer, le code du travail dit qui doit fournirFournir les EPI quand la protection collective ne suffit pas
L'employeur met à disposition des EPI appropriés et, si nécessaire, les vêtements de travail appropriés, lorsque les risques ne peuvent pas être évités ou suffisamment limités par des moyens de protection collective. L'EPI est le dernier maillon, pas le premier.
Lire l'articleGratuité, entretien, remplacement
« Les équipements de protection individuelle et les vêtements de travail […] sont fournis gratuitement par l'employeur qui assure leur bon fonctionnement et leur maintien dans un état hygiénique satisfaisant par les entretiens, réparations et remplacements nécessaires. » Aucune retenue sur salaire, aucun achat à la charge du salarié.
Lire l'articleInformer sur ce que protège l'EPI
Le salarié doit être informé des risques contre lesquels l'EPI le protège, des conditions d'utilisation et notamment des usages auxquels il est réservé, des instructions ou consignes le concernant et des conditions de mise à disposition. Remettre un EPI sans expliquer sa limite d'emploi ne satisfait pas cette obligation.
Lire l'articleVérifications périodiques
Des arrêtés déterminent les EPI pour lesquels l'employeur procède ou fait procéder à des vérifications périodiques, afin de déceler en temps utile tout défaut susceptible de créer des situations dangereuses. L'arrêté du 19 mars 1993 en fixe la liste, limitative, avec une périodicité de douze mois.
Lire l'articleLes seuls EPI soumis à vérification périodique obligatoire
Contrairement à une idée répandue, tous les EPI de catégorie III ne sont pas soumis à une vérification annuelle réglementaire. L'arrêté du 19 mars 1993 fixe une liste limitative de cinq familles, à vérifier dans les douze mois précédents :
- Appareils de protection respiratoire autonomes destinés à l'évacuation
- Appareils de protection respiratoire et équipements complets destinés à des interventions accidentelles en milieu hostile
- Gilets de sauvetage gonflables
- Systèmes de protection individuelle contre les chutes de hauteur
- Stocks de cartouches filtrantes anti-gaz pour appareils de protection respiratoire
Cela ne dispense évidemment pas des contrôles avant chaque usage, ni des échéances de révision fixées par la notice d'instructions du fabricant, qui peuvent être plus courtes.
Sources officielles : INRS ED 6509 — Les EPI du pied et du bas de la jambe · INRS ED 798 — Les EPI des yeux et du visage · INRS ED 993 — Les casques de protection · INRS ED 6546 — Les vêtements de protection · INRS ED 112 — Des gants contre les risques chimiques · Règlement (UE) 2016/425 relatif aux équipements de protection individuelle · Code du travail, art. R4321-4, R4323-95, R4323-99 et R4323-104 · Arrêté du 19 mars 1993 — EPI soumis à vérifications générales périodiques
Contenu vérifié — dernière vérification : septembre 2026