Garder sa mutuelle d'entreprise : lettre de portabilité (et loi Évin)
Gardez gratuitement votre mutuelle d'entreprise après un licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de CDD — ou demandez le maintien individuel loi Évin une fois la portabilité terminée.
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Conseils pratiques
- Portabilité : écrivez à votre employeur. Maintien loi Évin : écrivez directement à l'organisme assureur
- La portabilité est gratuite et dure la durée de votre dernier contrat, dans la limite de 12 mois (art. L911-8 CSS)
- Un licenciement pour faute grave y ouvre droit : seule la faute lourde en prive
- Vous devez être indemnisé par France Travail, et le justifier à l'organisme assureur
- La portabilité couvre aussi la prévoyance (incapacité, invalidité, décès), pas seulement la santé
- Après la portabilité, vous avez 6 mois pour demander le maintien individuel loi Évin — passé ce délai, le droit est perdu
- Joignez votre certificat de travail et votre justificatif France Travail à la demande
Portabilité de la mutuelle : vos droits après la fin du contrat
Quand votre contrat de travail prend fin, vous ne perdez pas immédiatement la mutuelle d'entreprise. La portabilité prévue à l'article L911-8 du Code de la sécurité sociale, issue de la loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 de sécurisation de l'emploi qui a transposé l'accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013, vous permet de conserver gratuitement votre couverture santé et prévoyance pendant plusieurs mois après votre départ.
Trois conditions doivent être réunies. La rupture du contrat ne doit pas résulter d'une faute lourde — un licenciement pour faute grave ouvre donc bien droit à la portabilité, contrairement à une idée répandue. Vous devez être pris en charge par l'assurance chômage et pouvoir en justifier auprès de l'organisme assureur. Enfin, vous deviez être affilié au régime collectif au moment de la rupture.
Attention à la durée : elle n'est pas automatiquement de 12 mois. Le maintien dure exactement aussi longtemps que votre dernier contrat de travail, apprécié en mois entiers et arrondi au mois supérieur, dans la limite de 12 mois. Après un CDD de 5 mois, vous avez 5 mois de portabilité ; après 3 ans dans l'entreprise, vous atteignez le plafond de 12 mois. Les contrats successifs chez le même employeur se cumulent.
La portabilité est financée par mutualisation : les cotisations des salariés en poste couvrent les anciens salariés. Vous n'avez donc rien à payer, et l'employeur ne peut pas vous réclamer de participation. Elle cesse automatiquement en cas de reprise d'un emploi ouvrant droit à une nouvelle couverture, à la fin de votre indemnisation par France Travail, ou au terme de la durée acquise.
Le dispositif est en principe automatique : l'employeur doit signaler le maintien des garanties sur votre certificat de travail et informer l'organisme assureur. En pratique, l'oubli est fréquent, et c'est vous qui découvrez le problème au premier remboursement refusé. D'où l'intérêt d'écrire : le courrier ci-dessus formalise votre demande, déclenche le traitement du dossier et vous constitue une preuve datée.
Une fois la portabilité épuisée, un second dispositif prend le relais : le maintien individuel de l'article 4 de la loi Évin du 31 décembre 1989. Il n'est plus gratuit, mais son tarif est encadré et il est proposé sans questionnaire médical ni délai de carence. Le générateur ci-dessus produit indifféremment l'une ou l'autre des deux lettres : cochez la case correspondant à votre situation.
Portabilité puis loi Évin : les deux étapes à ne pas confondre
Ce sont deux dispositifs distincts, qui s'enchaînent. Le premier est gratuit et temporaire, le second est payant mais durable.
| Portabilité (art. L911-8 CSS) | Maintien individuel (art. 4 loi Évin) | |
|---|---|---|
| Qui peut en bénéficier | Ancien salarié indemnisé par France Travail, dont la rupture n'est pas due à une faute lourde | Ancien salarié en fin de portabilité, retraité, titulaire d'une pension d'invalidité, et ayants droit d'un assuré décédé |
| Durée | Durée du dernier contrat en mois entiers, plafonnée à 12 mois | Sans limite de durée (viager pour les retraités) |
| Coût | Gratuit — financé par mutualisation | À votre charge intégrale, avec un plafond réglementé |
| Tarif | Aucun | 1re année : tarif des actifs. 2e année : + 25 % maximum. 3e année : + 50 % maximum. Libre ensuite (décret n° 2017-372 du 21 mars 2017) |
| Garanties | Identiques à celles des salariés en poste, prévoyance comprise | Volet santé uniquement, garanties identiques, sans questionnaire médical ni délai d'attente |
| Ayants droit | Maintenus s'ils étaient couverts au départ | Contrat individuel séparé à souscrire pour chacun |
| À qui écrire | À l'employeur, qui informe l'organisme assureur | Directement à l'organisme assureur |
| Délai pour agir | Aucune démarche en principe : le dispositif est automatique | 6 mois à compter de la fin de la portabilité (ou de la rupture du contrat s'il n'y a pas eu de portabilité) |
Quelle durée de portabilité selon votre situation ?
| Votre dernier contrat | Durée de portabilité | Remarque |
|---|---|---|
| CDD de 3 mois | 3 mois | Le plafond de 12 mois n'est jamais atteint sur un contrat court |
| CDD de 8 mois | 8 mois | Ouvre 6 mois de plus pour demander la loi Évin ensuite |
| CDI de 10 mois | 10 mois | Arrondi au mois supérieur si le contrat ne finit pas un 30 ou 31 |
| CDI de 3 ans | 12 mois | Plafond légal atteint |
| Trois CDD consécutifs de 5 mois chez le même employeur | 12 mois | Les contrats successifs se cumulent, dans la limite du plafond |
Dans tous les cas, la portabilité s'interrompt avant terme dès que vous retrouvez un emploi avec une couverture collective, ou dès que votre indemnisation par France Travail s'arrête. Vous devez signaler ces deux événements à l'organisme assureur : continuer à bénéficier de garanties auxquelles vous n'avez plus droit vous expose à un remboursement des prestations versées.
Les documents à fournir
- Votre certificat de travail, sur lequel l'employeur doit mentionner le maintien des garanties au titre de la portabilité. C'est la pièce que l'organisme assureur demande en premier.
- Votre justificatif de prise en charge par France Travail — l'avis de situation ou l'attestation de paiement. L'assureur peut vous le redemander périodiquement pendant toute la durée du maintien.
- Votre attestation employeur destinée à France Travail, remise avec le solde de tout compte.
- Un relevé d'identité bancaire et votre attestation de droits à l'assurance maladie, pour que les remboursements continuent d'être versés sans interruption.
Que faire si l'employeur ou l'assureur ne joue pas le jeu ?
- Relancez par écrit en recommandé, en rappelant que le maintien des garanties est un droit d'ordre public : il ne dépend ni de l'accord de l'employeur, ni d'une clause du contrat de mutuelle.
- Écrivez directement à l'organisme assureur si l'employeur reste silencieux. L'assureur est tenu au maintien dès lors que les conditions légales sont réunies, et il peut régulariser sans attendre l'employeur.
- Saisissez le médiateur de l'assurance si l'organisme refuse. La saisine est gratuite et suspend les délais ; elle règle une large part des litiges sans procédure.
- Si l'entreprise a fait l'objet d'une liquidation judiciaire, la portabilité est en principe maintenue dès lors que le contrat d'assurance n'a pas été résilié. C'est un point de friction fréquent : adressez-vous directement à l'organisme assureur et au mandataire liquidateur, sans attendre.
Questions fréquentes
Sources officielles : Code de la sécurité sociale, art. L911-8 (Légifrance) · Loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989 (loi Évin), art. 4 · Décret n° 2017-372 du 21 mars 2017 (encadrement des tarifs) · service-public.gouv.fr — Complémentaire santé d'entreprise
Contenu vérifié — dernière vérification : septembre 2026