Générateur de DRPCE

Le document relatif à la protection contre les explosions n'est pas un document annuel : l'article R4227-54 le veut établi avant le début des travaux, et révisé à chaque modification notable. Voici sa trame, structurée sur les sept rubriques que l'article R4227-52 impose — et un contrôle qui vous dit lesquelles manquent encore.

Art. R4227-52 du Code du travail Arrêté du 8 juillet 2003 Directive 1999/92/CE Gratuit, sans inscription
Ce que dit le texte, mot pour mot
« L'employeur établit et met à jour un document relatif à la protection contre les explosions, intégré au document unique d'évaluation des risques. »
Article R4227-52 du Code du travail

Établir votre DRPCE

Chaque bloc ci-dessous correspond à une rubrique numérotée de l'article R4227-52. Le tableau de bord suit ce qui est renseigné et ce qui manque. Rien n'est envoyé sur un serveur : vos saisies restent dans votre navigateur, et la sauvegarde est locale.

Mentions de l'article R4227-52 0 / 7 rubriques renseignées
Détermination et évaluation des risques d'explosion
Nature des mesures prises
Classification en zones
Emplacements soumis aux prescriptions minimales
Conception, utilisation et entretien
Travaux soumis à instructions écrites ou à autorisation
Utilisation sûre des équipements de travail

Renseignez les rubriques : le document doit couvrir les sept points du texte.

Identification de l'établissement

Rappel de l'article R4227-54 : le document est élaboré avant le début des travaux. Si vous le rédigez après la mise en service, notez-le et datez la régularisation plutôt que d'antidater.

Détermination et évaluation des risques d'explosion

Substances inflammables présentes sur le site

Produits mis en œuvre, stockés, transportés, ou susceptibles d'être libérés lors d'un dysfonctionnement — poussières de process comprises.


Sources d'inflammation identifiées

Catégories recensées par l'INRS, qui renvoie pour le détail à la norme NF EN 1127-1.

3° & 4° Classification en zones et emplacements concernés

Un emplacement par ligne. La définition officielle de la zone choisie et la catégorie d'appareil admise s'affichent automatiquement — la signalisation des accès est exigée par l'article R4227-51.

Le zonage est la partie technique du document. Déterminer l'étendue réelle d'une zone suppose de connaître les caractéristiques d'inflammabilité des produits, les débits de fuite et la ventilation. Cet outil enregistre votre classement, il ne le calcule pas. Notre guide du zonage avec des exemples concrets.

2° & 5° Mesures de prévention et de protection

L'article R4227-44 impose un ordre : empêcher la formation d'atmosphères explosives ; si l'activité ne le permet pas, éviter leur inflammation ; puis atténuer les effets. Cochez ce que vous appliquez réellement.

Travaux soumis à instructions écrites ou à autorisation

Pour chaque type d'intervention retenu, précisez le régime applicable.

Le 6° appelle des documents d'application. Notre générateur de permis de pénétrer en zone ATEX produit l'autorisation nominative correspondante.

Utilisation sûre des équipements et coordination
Zones 0 et 20 : catégorie 1 uniquement. Zones 1 et 21 : catégorie 1 ou 2. Zones 2 et 22 : catégorie 1, 2 ou 3 (annexe II de la directive 1999/92/CE). Pour lire une plaque signalétique : décrypter le marquage ATEX.

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Les sept rubriques imposées par l'article R4227-52

Le texte ne se contente pas d'imposer un document : il en fixe le sommaire. Un DRPCE qui laisse une de ces rubriques vide est incomplet au regard du Code du travail, même s'il fait cinquante pages sur les autres.

Détermination et évaluation des risques d'explosion

« La détermination et l'évaluation des risques d'explosion. »

En pratique : L'inventaire des substances inflammables mises en œuvre, stockées ou susceptibles d'être libérées, et le recensement des sources d'inflammation présentes.

Nature des mesures prises

« La nature des mesures prises pour assurer le respect des objectifs définis à la présente section. »

En pratique : Les mesures retenues dans l'ordre de priorité de l'article R4227-44 : empêcher la formation d'atmosphères explosives, à défaut éviter leur inflammation, à défaut atténuer les effets d'une explosion.

Classification en zones

« La classification en zones des emplacements dans lesquels des atmosphères explosives peuvent se présenter. »

En pratique : La liste des emplacements avec leur zone (0, 1, 2 pour les gaz, vapeurs et brouillards ; 20, 21, 22 pour les poussières), justifiée par la fréquence et la durée de présence de l'atmosphère explosive.

Emplacements soumis aux prescriptions minimales

« Les emplacements auxquels s'appliquent les prescriptions minimales prévues par l'article R. 4227-50. »

En pratique : L'identification des emplacements zonés où s'appliquent les prescriptions minimales, et la signalisation de leurs accès exigée par l'article R4227-51.

Conception, utilisation et entretien

« Les modalités et les règles selon lesquelles les lieux et les équipements de travail, y compris les dispositifs d'alarme, sont conçus, utilisés et entretenus pour assurer la sécurité. »

En pratique : Les règles de conception et d'entretien des lieux et équipements, dispositifs d'alarme compris, et les vérifications périodiques associées.

Travaux soumis à instructions écrites ou à autorisation

« Le cas échéant, la liste des travaux devant être accomplis selon les instructions écrites de l'employeur ou dont l'exécution est subordonnée à la délivrance d'une autorisation par l'employeur ou par une personne habilitée par celui-ci à cet effet. »

En pratique : La liste des interventions encadrées : travaux par point chaud, ouverture de capacité, nettoyage, maintenance, avec le régime applicable — instruction écrite ou autorisation nominative.

Utilisation sûre des équipements de travail

« La nature des dispositions prises pour que l'utilisation des équipements de travail soit sûre, conformément aux dispositions prévues au livre III. »

En pratique : Les dispositions garantissant que le matériel employé dans chaque zone est adapté : catégorie d'appareil admise, mise à la terre et équipotentialité, maîtrise de l'électricité statique.

Les six zones ATEX, dans les termes de l'arrêté

Trois zones pour les gaz, vapeurs et brouillards, trois pour les poussières combustibles. Ce qui les distingue n'est pas la dangerosité du produit mais la fréquence et la durée de présence de l'atmosphère explosive. Définitions littérales de l'article 3 de l'arrêté du 8 juillet 2003.

Zone Famille Définition réglementaire Catégorie d'appareil admise
0 Gaz, vapeurs, brouillards Emplacement où une atmosphère explosive consistant en un mélange avec l'air de substances inflammables sous forme de gaz, de vapeur ou de brouillard est présente en permanence, pendant de longues périodes ou fréquemment. Catégorie 1 uniquement
1 Gaz, vapeurs, brouillards Emplacement où une atmosphère explosive consistant en un mélange avec l'air de substances inflammables sous forme de gaz, de vapeur ou de brouillard est susceptible de se présenter occasionnellement en fonctionnement normal. Catégorie 1 ou 2
2 Gaz, vapeurs, brouillards Emplacement où une atmosphère explosive consistant en un mélange avec l'air de substances inflammables sous forme de gaz, de vapeur ou de brouillard n'est pas susceptible de se présenter en fonctionnement normal ou n'est que de courte durée, s'il advient qu'elle se présente néanmoins. Catégorie 1, 2 ou 3
20 Poussières combustibles Emplacement où une atmosphère explosive sous forme de nuage de poussières combustibles est présente dans l'air en permanence, pendant de longues périodes ou fréquemment. Catégorie 1 uniquement
21 Poussières combustibles Emplacement où une atmosphère explosive sous forme de nuage de poussières combustibles est susceptible de se présenter occasionnellement en fonctionnement normal. Catégorie 1 ou 2
22 Poussières combustibles Emplacement où une atmosphère explosive sous forme de nuage de poussières combustibles n'est pas susceptible de se présenter en fonctionnement normal ou n'est que de courte durée, s'il advient qu'elle se présente néanmoins. Catégorie 1, 2 ou 3

Catégories admises par zone : annexe II de la directive 1999/92/CE. Les conditions d'installation des matériels électriques dans ces emplacements sont fixées par l'arrêté du 28 juillet 2003.

Le DRPCE arrive en dernier, pas en premier

C'est l'erreur de méthode la plus fréquente : vouloir remplir le document avant d'avoir fait l'analyse. Dans la démarche de prévention présentée par l'INRS, la rédaction du DRPCE est la huitième et dernière étape. Le document formalise un travail déjà accompli — il ne le remplace pas.

1
Réaliser l'inventaire des produits
2
Analyser les procédés de mise en œuvre
3
Étudier les dysfonctionnements potentiels
4
Classer les emplacements dangereux (zonage)
5
Identifier les sources d'inflammation
6
Évaluer la gravité d'une explosion
7
Rechercher les mesures de prévention et protection
8
Rédiger le DRPCE Vous êtes ici

Source : INRS, « Explosion sur le lieu de travail — démarche de prévention des risques ».

Quand l'établir, quand le réviser

Beaucoup d'entreprises calquent le DRPCE sur la mise à jour annuelle du document unique. Le texte dit autre chose.

À l'établissement

Le document est élaboré avant le début des travaux. Il précède donc la mise en service de l'installation, la première intervention en zone, ou l'entrée d'un intervenant extérieur.

À la révision

Il est révisé lorsque des modifications, extensions ou transformations notables sont apportées aux lieux de travail, aux équipements ou à l'organisation du travail. C'est un déclencheur par événement, pas une échéance de calendrier.

Ce qui compte comme modification notable, en pratique : changement de produit ou de fournisseur modifiant les caractéristiques d'inflammabilité, ajout ou déplacement d'une ligne, modification de la ventilation ou du captage, nouveau mode de nettoyage, changement d'un équipement en zone, réorganisation des interventions de maintenance, arrivée d'une entreprise extérieure sur un périmètre nouveau.

Le DRPCE étant intégré au document unique, la révision annuelle de ce dernier reste par ailleurs l'occasion naturelle de vérifier que le zonage et les mesures décrites correspondent toujours à l'installation réelle. Notre générateur de DUERP couvre l'ensemble des risques professionnels dans lequel ce volet vient s'insérer.

Le cadre juridique, article par article

Le risque d'explosion est traité par la section 6 du chapitre consacré à la prévention des incendies et des explosions, aux articles R4227-42 à R4227-54. Voici ce que chacun impose.

Référence Objet Ce qu'elle impose
Code du travail, art. R4227-52 Le DRPCE lui-même L'employeur établit et met à jour un document relatif à la protection contre les explosions, intégré au document unique d'évaluation des risques. Il comporte les informations relatives au respect des obligations des articles R4227-44 à R4227-48, réparties en sept rubriques.
Code du travail, art. R4227-54 Calendrier Le document est élaboré avant le début des travaux et révisé lorsque des modifications, des extensions ou des transformations notables sont apportées aux lieux de travail, aux équipements ou à l'organisation du travail. Ce n'est donc pas un document annuel : c'est un document préalable, mis à jour sur événement.
Code du travail, art. R4227-44 Ordre de priorité des mesures Trois priorités dans cet ordre : empêcher la formation d'atmosphères explosives ; si la nature de l'activité ne le permet pas, éviter leur inflammation ; puis atténuer les effets nuisibles d'une explosion afin d'assurer la santé et la sécurité des travailleurs.
Code du travail, art. R4227-43 Définition de l'atmosphère explosive Un mélange avec l'air de substances inflammables sous forme de gaz, vapeurs, brouillards ou poussières, dans lequel, après inflammation, la combustion se propage à l'ensemble du mélange non brûlé.
Code du travail, art. R4227-50 et R4227-51 Zonage et signalisation L'employeur subdivise en zones les emplacements où des atmosphères explosives peuvent se présenter et veille à l'application des prescriptions minimales. Les accès à ces emplacements sont signalés conformément à la réglementation sur la signalisation de sécurité et de santé au travail.
Code du travail, art. R4227-53 Coactivité Lorsque plusieurs entreprises sont présentes sur un même lieu de travail, le chef de l'entreprise utilisatrice précise l'objet, l'étendue et les modalités de mise en œuvre de la coordination générale des mesures de prévention.
Code du travail, art. R4227-42 Exclusions La section ne s'applique pas aux zones servant directement au traitement médical de patients, à l'utilisation des appareils à gaz, ni à la fabrication, au maniement, à l'utilisation, au stockage et au transport des explosifs ou des substances chimiquement instables.
Arrêté du 8 juillet 2003 Zones et prescriptions minimales Fixe les règles de classification des emplacements en zones 0, 1, 2, 20, 21 et 22, ainsi que les prescriptions minimales destinées à améliorer la sécurité et la protection de la santé des travailleurs susceptibles d'être exposés au risque d'atmosphères explosives.
Arrêté du 28 juillet 2003 Matériels électriques Fixe les conditions d'installation des matériels électriques dans les emplacements où des atmosphères explosives peuvent se présenter.
Directives 1999/92/CE et 2014/34/UE Origine européenne La première, du 16 décembre 1999, porte sur les prescriptions minimales visant à améliorer la protection des travailleurs exposés au risque d'atmosphères explosives : c'est elle que transposent les articles R4227-42 et suivants. La seconde, du 26 février 2014, porte sur les appareils et systèmes de protection destinés à être utilisés en atmosphères explosibles : elle s'adresse aux fabricants.

Avant et après le DRPCE

Questions fréquentes

Le document relatif à la protection contre les explosions est le document par lequel l'employeur formalise sa démarche de prévention du risque d'atmosphère explosive. L'article R4227-52 du Code du travail impose à l'employeur de l'établir et de le mettre à jour, et précise qu'il est intégré au document unique d'évaluation des risques. Il comporte sept rubriques : évaluation des risques d'explosion, nature des mesures prises, classification en zones, emplacements soumis aux prescriptions minimales, règles de conception et d'entretien des lieux et équipements, liste des travaux soumis à instruction écrite ou autorisation, et dispositions pour une utilisation sûre des équipements de travail.

Il est obligatoire pour tout employeur dont l'activité peut donner lieu à la formation d'atmosphères explosives, quelle que soit la taille de l'entreprise. Le seuil n'est pas un effectif mais la présence du risque : dès qu'un gaz, une vapeur, un brouillard ou une poussière combustible peut former avec l'air un mélange susceptible de propager une combustion, la section 6 du Code du travail s'applique. Elle ne s'applique pas, en revanche, aux zones servant directement au traitement médical de patients, à l'utilisation des appareils à gaz, ni à la fabrication et au maniement des explosifs (article R4227-42).

Il n'y a pas de périodicité annuelle, contrairement à une idée répandue. L'article R4227-54 pose deux exigences de calendrier : le document est élaboré avant le début des travaux, et il est révisé lorsque des modifications, des extensions ou des transformations notables sont apportées aux lieux de travail, aux équipements ou à l'organisation du travail. Un changement de produit, l'ajout d'une ligne, une modification de ventilation ou une réorganisation des interventions déclenchent donc une révision, indépendamment de la date de la dernière mise à jour.

Le DUERP couvre l'ensemble des risques professionnels de l'entreprise. Le DRPCE est le volet spécifique au risque d'explosion, et l'article R4227-52 précise qu'il est intégré au document unique. Concrètement, il ne s'agit pas de deux démarches parallèles : le DRPCE approfondit et documente le risque ATEX, puis vient s'annexer au DUERP. Un DUERP qui mentionnerait le risque d'explosion en une ligne sans DRPCE ne satisfait pas l'article R4227-52.

Trois zones pour les gaz, vapeurs et brouillards, trois pour les poussières combustibles, distinguées par la fréquence et la durée de présence de l'atmosphère explosive. Zones 0 et 20 : présence en permanence, pendant de longues périodes ou fréquemment. Zones 1 et 21 : présence susceptible d'apparaître occasionnellement en fonctionnement normal. Zones 2 et 22 : présence non susceptible d'apparaître en fonctionnement normal, ou seulement de courte durée. Ces définitions sont fixées par l'article 3 de l'arrêté du 8 juillet 2003.

Selon l'annexe II de la directive 1999/92/CE, reprise en droit français, les zones 0 et 20 n'admettent que des appareils de catégorie 1, les zones 1 et 21 des appareils de catégorie 1 ou 2, et les zones 2 et 22 des appareils de catégorie 1, 2 ou 3. La catégorie se lit sur le marquage de la plaque signalétique de l'appareil. Les conditions d'installation des matériels électriques dans ces emplacements sont par ailleurs fixées par l'arrêté du 28 juillet 2003.

La responsabilité en incombe à l'employeur, qui peut le faire rédiger en interne ou se faire assister. Il n'existe aucune obligation légale de recourir à un prestataire agréé, et aucun agrément d'ailleurs n'existe pour cette prestation. En pratique, la partie qui demande une réelle compétence technique est le zonage : déterminer l'étendue d'une zone suppose de connaître les caractéristiques d'inflammabilité des produits, les débits de fuite et la ventilation. Le reste du document relève de la connaissance de l'installation, que l'exploitant possède mieux que quiconque.

L'article R4227-53 prévoit que, lorsque plusieurs entreprises sont présentes sur un même lieu de travail, le chef de l'entreprise utilisatrice précise l'objet, l'étendue et les modalités de mise en œuvre de la coordination générale des mesures de prévention. Le DRPCE doit donc être porté à la connaissance des intervenants extérieurs, et les zones ainsi que les régimes d'autorisation de travail leur être opposables. C'est le point le plus souvent défaillant lors d'un accident en coactivité.

Il produit une trame structurée sur les sept rubriques de l'article R4227-52 et vous indique lesquelles ne sont pas encore renseignées. La conformité du résultat dépend entièrement de l'exactitude de ce que vous y saisissez, et notamment de la validité du zonage, qui relève d'une analyse technique de vos installations. L'outil ne réalise pas cette analyse et ne se substitue ni à l'évaluation des risques, ni à l'avis d'un préventeur compétent.

L'essentiel

Texte de référence
Art. R4227-52 du Code du travail
Rubriques imposées
7
Zones ATEX
0, 1, 2 · 20, 21, 22
Périodicité imposée
Aucune — avant travaux puis sur modification notable
Rattachement
Intégré au document unique

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