Supervision, Chantier & Construction

Fiche Métier : Coordonnateur SPS (CSPS)

Le coordonnateur SPS, aussi écrit coordinateur SPS, est le tiers désigné par le maître d'ouvrage pour prévenir les risques de coactivité sur les chantiers de bâtiment et de génie civil. Un métier de terrain et d'arbitrage, exercé le plus souvent en indépendant ou en bureau de contrôle.

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Illustration des missions du métier : Coordonnateur SPS (CSPS) dans l'industrie

Mis à jour le

Cette page décrit le métier. Pour la définition de l'acronyme, le rôle réglementaire et les livrables (PGC, DIUO, registre-journal), voyez CSPS : définition, rôle et missions. Pour savoir quel niveau de compétence correspond à quel chantier, voyez CSPS niveau 1, 2 ou 3.

Le coordonnateur SPS — sécurité et protection de la santé, souvent abrégé CSPS — est le professionnel désigné par le maître d'ouvrage pour prévenir les risques nés de la coactivité sur un chantier : plusieurs entreprises qui travaillent au même endroit, en même temps ou successivement, et dont les interventions se gênent, se superposent, parfois se mettent mutuellement en danger. Ce n'est ni un contrôleur technique, ni le préventeur d'une entreprise : c'est un tiers, missionné par le donneur d'ordre, dont l'existence même est une obligation légale.

L'essentiel en 20 secondes : dès que deux entreprises (sous-traitants et travailleurs indépendants compris) interviennent sur une opération de bâtiment ou de génie civil, un coordonnateur SPS doit être désigné, dès la phase de conception. Il rédige le PGC, tient le registre-journal et constitue le DIUO. Trois niveaux de compétence existent (1, 2, 3) selon la taille des opérations. Le maître d'ouvrage qui ne le désigne pas encourt 10 000 € d'amende.

Coordonnateur ou coordinateur SPS ?

Les deux orthographes circulent, y compris dans les offres d'emploi. Le terme employé par le Code du travail est coordonnateur — c'est celui qui figure sur l'attestation de compétence et dans les pièces de marché. « Coordinateur SPS » est un usage courant, parfaitement compris dans le métier, mais juridiquement c'est bien le coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la santé qui est désigné par le maître d'ouvrage. Les deux désignent la même fonction et la même personne.

Quand un coordonnateur SPS est-il obligatoire ?

C'est le point qui déclenche le plus de contentieux, et la règle est plus large qu'on ne le croit généralement : la coordination s'impose dès que plusieurs entreprises ou travailleurs indépendants sont appelés à intervenir sur une même opération de bâtiment ou de génie civil. Il n'y a ni seuil de montant, ni seuil de surface : deux entreprises suffisent, y compris si la seconde est un sous-traitant ou un artisan qui ne passe qu'une demi-journée.

Qui le désigne, et quand

La désignation appartient au maître d'ouvrage, qui doit intervenir dès la phase de conception, d'étude et d'élaboration du projet — et non à l'ouverture du chantier, erreur fréquente.

Le coordonnateur exerce ses missions sous la responsabilité du maître d'ouvrage, qui doit lui donner l'autorité et les moyens nécessaires. Une mission confiée trop tard, ou vidée de ses moyens, engage la responsabilité du donneur d'ordre.

Ce que coûte l'omission

L'article L.4744-4 du Code du travail sanctionne le maître d'ouvrage d'une amende de 10 000 € lorsqu'il :

  • ne désigne pas de coordonnateur, ou ne lui donne pas l'autorité et les moyens ;
  • désigne une personne ne remplissant pas les conditions de compétence ;
  • ne fait pas établir le plan général de coordination ;
  • ne fait pas constituer le dossier d'interventions ultérieures sur l'ouvrage.

En récidive : un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.

L'exception du particulier. Le particulier qui fait construire pour son usage personnel, celui de son conjoint ou de ses ascendants et descendants, est dispensé de désigner un coordonnateur (article L.4532-7). La coordination est alors assurée par le maître d'œuvre en phase conception et par celui qui dirige effectivement le chantier en phase travaux — ou, hors permis de construire, par l'entreprise dont la part de main-d'œuvre est la plus importante.

Les trois catégories d'opérations

Toute la mécanique de la coordination — niveau de compétence exigé, documents à produire, instances à réunir — dépend de la catégorie dans laquelle tombe l'opération. Ce classement se fait au volume de travail prévu, exprimé en hommes-jours, et au nombre d'entreprises attendues.

Catégorie Seuils Ce que ça implique
I Première Plus de 10 000 hommes-jours et au moins 10 entreprises (bâtiment) ou 5 entreprises (génie civil). Coordonnateur de niveau 1, PGC, déclaration préalable et constitution d'un CISSCT (collège interentreprises de sécurité, de santé et des conditions de travail).
II Deuxième Opérations soumises à déclaration préalable et n'entrant pas en catégorie I : plus de 500 hommes-jours, ou chantier de plus de 30 jours ouvrés avec plus de 20 travailleurs simultanément. Coordonnateur de niveau 1 ou 2, PGC obligatoire, déclaration préalable.
III Troisième Toutes les autres opérations soumises à coordination. Coordonnateur de niveau 1, 2 ou 3. PGC exigé uniquement en présence de travaux à risques particuliers.
La déclaration préalable est adressée par le maître d'ouvrage à l'inspection du travail, à la Carsat et à l'OPPBTP, à la date du dépôt de la demande de permis de construire ou, à défaut de permis, au moins 30 jours avant le début des travaux. Elle doit être affichée de façon visible sur le chantier.

Les documents dont il a la charge

Le CSPS ne se juge pas à ses documents, mais c'est par eux que sa mission devient opposable. Quatre pièces structurent le dossier de coordination, et il est important de ne pas les confondre : deux relèvent du coordonnateur, une des entreprises, une du maître d'ouvrage.

Document Qui l'établit À quoi il sert
PGC
Plan général de coordination
Le coordonnateur, dès la conception Fixe les mesures de prévention communes : accès, installations de chantier, moyens de levage mutualisés, phasage des interventions incompatibles, secours.
PPSPS
Plan particulier de sécurité
Chaque entreprise intervenante Décline le PGC sur ses propres travaux. Le coordonnateur en assure l'harmonisation et vérifie la cohérence d'ensemble.
Registre-journal Le coordonnateur, en continu Trace les observations, mises en demeure, comptes rendus de visites et de réunions. C'est la mémoire — et la preuve — de la mission.
DIUO
Dossier d'interventions ultérieures
Constitué par le coordonnateur, remis au maître d'ouvrage Prépare la sécurité des futures interventions de maintenance : accès en toiture, points d'ancrage, nettoyage des façades, remplacement d'équipements.

Le métier au quotidien, phase par phase

Conception

La phase où l'on gagne le plus, et celle qu'on saborde le plus souvent en arrivant trop tard.

  • Analyse des contraintes du site : réseaux, mitoyenneté, circulation, coactivité avec un site en exploitation.
  • Propositions intégrées aux plans : trémies, réservations, ancrages définitifs plutôt que protections provisoires.
  • Rédaction du PGC et ouverture du DIUO.
  • Avis sur le phasage et l'allotissement du marché.
Réalisation

Le cœur du temps passé : présence terrain, arbitrages, écrits.

  • Inspections communes préalables avec chaque entreprise entrante.
  • Harmonisation des PPSPS et mise à jour du PGC au fil des avenants.
  • Visites de chantier, constats d'écart, consignation au registre-journal.
  • Animation des réunions de coordination et, en catégorie I, du CISSCT.
  • Analyse des presque-accidents et des accidents.
Réception

La phase la plus négligée, et pourtant celle qui engage sur des décennies.

  • Finalisation et remise du DIUO au maître d'ouvrage.
  • Vérification que les dispositifs pérennes annoncés existent réellement.
  • Contribution au retour d'expérience et clôture du registre-journal.

Niveaux 1, 2 et 3 : qui peut coordonner quoi

La fonction est réglementée : on ne s'improvise pas coordonnateur. Trois niveaux de compétence existent, et chacun donne accès à un périmètre d'opérations. À cela s'ajoute une condition d'expérience — ou, depuis le décret n° 2021-652 du 25 mai 2021, de diplôme pour les niveaux 2 et 3.

Niveau Opérations accessibles Conception Réalisation
Niveau 1 Toutes les opérations, catégorie I comprise 5 ans d'expérience minimum 5 ans d'expérience minimum
Niveau 2 Catégories II et III 5 ans d'expérience, ou un diplôme au moins équivalent à une licence professionnelle hygiène, sécurité, environnement attestant de compétences en construction et BTP 5 ans d'expérience minimum
Niveau 3 Catégorie III uniquement 3 ans d'expérience, ou un diplôme au moins équivalent à une licence en architecture ou dans le domaine de la construction et du BTP 3 ans d'expérience minimum

L'expérience attendue relève de l'architecture, de l'ingénierie ou de la maîtrise de chantier. S'y ajoute la formation spécifique de coordonnateur, dispensée par un organisme certifié, et son actualisation tous les cinq ans. Voir le détail des formations CSPS et leur financement.

Compétences et posture : l'autorité sans le pouvoir

La difficulté du métier tient à un paradoxe : le coordonnateur n'a aucun pouvoir hiérarchique sur les entreprises qu'il coordonne. Il ne les dirige pas, ne les sanctionne pas, ne peut pas arrêter un chantier de sa propre initiative. Son influence repose entièrement sur la qualité de ses analyses, la traçabilité de ses écrits et sa capacité à obtenir l'arbitrage du maître d'ouvrage au bon moment.

Techniques

  • Réglementation SPS et prévention des risques BTP.
  • Lecture de plans, phasage et méthodes d'exécution.
  • Risques majeurs du chantier : chutes de hauteur, effondrement, engins, électricité, amiante, plomb.
  • Analyse de risques et hiérarchisation des mesures selon les principes généraux de prévention.
  • Rédaction technique : un PGC illisible ne protège personne.

Relationnelles

  • Légitimité à construire face à des conducteurs de travaux plus anciens que soi.
  • Capacité à convaincre plutôt qu'à imposer, sans renoncer sur l'essentiel.
  • Indépendance vis-à-vis des enjeux de délai et de coût du chantier.
  • Sang-froid en situation d'accident et rigueur dans la formalisation.

Trois idées reçues sur le métier

« Le CSPS, c'est le gendarme du chantier. »

Il n'a pas de pouvoir de sanction. Son rôle est d'anticiper les interférences entre entreprises et de faire trancher le maître d'ouvrage : un chantier bien coordonné est aussi un chantier plus fluide et moins coûteux en aléas.

« C'est un métier de bureau. »

La rédaction pèse, mais sans présence terrain régulière la coordination perd tout effet. Les inspections communes et les visites inopinées sont le cœur de la mission en phase travaux.

« Il ne faut de CSPS que sur les gros chantiers. »

Faux : la coordination s'impose dès deux entreprises. Ce sont les obligations qui s'allègent en catégorie III, pas l'obligation de désigner un coordonnateur.

Où exerce-t-on, et vers quoi évolue-t-on ?

Code ROME

F1204 — Sécurité et protection santé du BTP. Le code à utiliser pour vos recherches d'emploi et vos dossiers de financement de formation.

Employeurs

Bureaux d'études et cabinets de coordination SPS, bureaux de contrôle, sociétés d'ingénierie, grands maîtres d'ouvrage publics et privés, exercice indépendant.

Évolutions

Montée en niveau de compétence, référent SPS ou responsable d'agence, expert prévention, responsable HSE d'entreprise, formateur, ou création de son cabinet.

Sources

  • Code du travail, articles L.4532-2 et suivants (obligation de coordination), L.4532-4 (désignation par le maître d'ouvrage), L.4532-7 (dispense du particulier) — Légifrance
  • Article L.4744-4 du Code du travail (amende de 10 000 €, récidive : un an d'emprisonnement et 15 000 €) — Légifrance
  • Articles R.4532-1 (catégories d'opérations), R.4532-2 et R.4532-3 (déclaration préalable), R.4532-23 à R.4532-25 (niveaux de compétence et conditions d'accès) — Légifrance
  • Décret n° 2021-652 du 25 mai 2021 relatif aux compétences et à la formation des coordonnateurs SPS — JORF
  • Arrêté du 26 décembre 2012 relatif à la formation des coordonnateurs SPS — Légifrance
  • Cadre réglementaire de la coordination SPS — INRS ; fiche ROME F1204 — France Travail

Tout sur le métier de coordonnateur SPS (CSPS)

Questions fréquentes sur le métier de coordonnateur SPS (CSPS)

CSPS signifie coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la santé. C'est le professionnel désigné par le maître d'ouvrage sur une opération de bâtiment ou de génie civil pour prévenir les risques liés à la coactivité, c'est-à-dire à l'intervention simultanée ou successive de plusieurs entreprises. Il rédige le plan général de coordination, tient le registre-journal et constitue le dossier d'interventions ultérieures sur l'ouvrage.

Dès que plusieurs entreprises ou travailleurs indépendants sont appelés à intervenir sur une même opération de bâtiment ou de génie civil, sous-traitants compris. Il n'existe ni seuil de montant ni seuil de surface : deux entreprises suffisent. Le maître d'ouvrage doit le désigner dès la phase de conception, d'étude et d'élaboration du projet.

Le Code du travail emploie le terme coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la santé. C'est cette orthographe qui figure sur l'attestation de compétence et dans les pièces de marché. Coordinateur SPS est un usage courant du métier, parfaitement compris, mais juridiquement c'est bien coordonnateur qu'il faut écrire.

Le plan général de coordination est rédigé par le coordonnateur SPS dès la conception et fixe les mesures de prévention communes à l'ensemble du chantier. Le plan particulier de sécurité et de protection de la santé est établi par chaque entreprise intervenante et décline ces mesures sur ses propres travaux. Le coordonnateur harmonise les PPSPS entre eux et vérifie leur cohérence avec le PGC.

Le niveau 1 permet de coordonner toutes les opérations, y compris celles de première catégorie. Le niveau 2 donne accès aux opérations de deuxième et troisième catégories, le niveau 3 aux seules opérations de troisième catégorie. L'accès suppose une expérience de 5 ans, ramenée à 3 ans pour le niveau 3, ou depuis le décret du 25 mai 2021 un diplôme équivalent pour les niveaux 2 et 3 en phase conception. La formation s'actualise tous les cinq ans.

L'article L.4744-4 du Code du travail prévoit une amende de 10 000 €, portée en cas de récidive à un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. La sanction vise aussi le fait de désigner une personne ne remplissant pas les conditions de compétence, de ne pas faire établir le plan général de coordination ou de ne pas faire constituer le dossier d'interventions ultérieures sur l'ouvrage.
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