Affections professionnelles provoquées par les poussières de bois
Le tableau 36 RA regroupe les affections professionnelles provoquées par les poussières de bois chez les salariés agricoles et forestiers (MSA) : dermatites et rhinites irritatives (délai 7 jours), affections allergiques cutanées et respiratoires (renvois tableaux 44 et 45), et cancer primitif des fosses nasales, de l'ethmoïde et des sinus de la face (délai 40 ans). Équivalent du tableau 47 RG.
Texte officiel du tableau — source Légifrance
Désignation des maladies
Désignation des maladies, délai de prise en charge et liste limitative des travaux
Texte officiel — Annexe II du Code rural et de la pêche maritime, article R. 751-26 et s. Tableau n° 36 du régime agricole. Dernière modification par décret n° 2007-1121 du 19 juillet 2007, en vigueur depuis le 22 juillet 2007. Source : Légifrance — LEGIARTI000022090420.
Désignation des maladies Délai de prise en charge Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies A. Affections cutanéo-muqueuses d'origine irritative : dermatite irritative ; rhinite ; conjonctivite. 7 jours Manipulation, traitement et usinage des bois et tous travaux exposant aux poussières de bois. B. Affections d'origine allergique :
— cutanéo-muqueuse (cf. tableau n° 44) ;
— respiratoire (cf. tableau n° 45 A, B, C).Délais correspondant aux tableaux n° 44 et n° 45 Manipulation, traitement et usinage des bois et tous travaux exposant aux poussières de bois. C. Cancer primitif : des fosses nasales, de l'ethmoïde et des sinus de la face (sinus maxillaire, frontal, sphénoïdal et sinus accessoire). 40 ans Travaux exposant à l'inhalation des poussières de bois, notamment : travaux d'usinage des bois, tels que sciage, fraisage, rabotage, perçage et ponçage ; travaux effectués dans les locaux où sont usinés les bois. Type de liste : limitative. Seuls les travaux figurant dans la colonne de droite ouvrent droit à la présomption d'origine professionnelle. En cas d'exposition aux poussières de bois hors de cette liste, le dossier relève du CRRMP (article L. 461-1 al. 4 du Code de la sécurité sociale, applicable au régime agricole par renvoi de l'article L. 752-1 du Code rural).Équivalent au régime général : le tableau correspondant des salariés non agricoles est le tableau n° 47 du régime général (« Affections professionnelles provoquées par les poussières de bois »). Les conditions médicales et la liste des travaux sont quasiment identiques ; seul le régime d'affiliation diffère.
Qu'est-ce que c'est concrètement ?
Le tableau n° 36 du régime agricole couvre les affections professionnelles provoquées par les poussières de bois chez les salariés relevant de la Mutualité sociale agricole (MSA) : ouvriers forestiers, bûcherons, scieurs en scierie, menuisiers et charpentiers exerçant pour le compte d'employeurs agricoles, salariés des coopératives forestières et des entreprises de travaux forestiers (ETF). L'équivalent pour les salariés du régime général figure au tableau n° 47 RG.
De quoi parle-t-on ?
Les poussières de bois sont produites lors de l'usinage mécanique du bois (sciage, fraisage, rabotage, ponçage, perçage). Les particules les plus fines (inférieures à 5 µm) atteignent les voies aériennes supérieures et profondes. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé les poussières de bois en groupe 1 (cancérogène avéré pour l'homme) en 1995. En France, la réglementation classe les poussières de bois parmi les agents cancérogènes professionnels, soumis aux articles R. 4412-59 et suivants du Code du travail.
Les 3 grandes familles d'affections couvertes
- A — Affections cutanéo-muqueuses irritatives : dermatites de contact, rhinites et conjonctivites apparaissant rapidement (délai de 7 jours) chez les travailleurs exposés à de fortes concentrations. Elles sont liées à l'effet mécanique des particules et aux substances naturelles du bois (tanins, terpènes, lignine).
- B — Affections allergiques : certaines essences (cèdre rouge, iroko, kotibe, ramin, bois exotiques) provoquent des sensibilisations spécifiques : eczéma de contact (renvoi au tableau n° 44 RA), asthme professionnel et rhinite allergique (renvoi au tableau n° 45 RA). La reconnaissance se fait alors au titre de ces tableaux.
- C — Cancer primitif des fosses nasales et des sinus de la face : il s'agit principalement de l'adénocarcinome de l'ethmoïde, cancer rare dans la population générale mais dont la majorité des cas reconnus le sont chez d'anciens travailleurs du bois. Le délai de prise en charge est de 40 ans, en raison de la très longue latence entre l'exposition et l'apparition de la tumeur.
Pourquoi un délai de 40 ans pour les cancers ?
L'adénocarcinome de l'ethmoïde se développe en moyenne 30 à 45 ans après le début de l'exposition. Des bûcherons, menuisiers ou scieurs ayant cessé toute exposition dans les années 1990 peuvent encore être diagnostiqués aujourd'hui. C'est pourquoi le suivi médical post-professionnel est essentiel pour cette population.
Qui est concerné dans le régime agricole ?
Sont affiliés à la MSA et donc relèvent du tableau 36 RA : bûcherons et débardeurs, ouvriers sylvicoles, salariés de scieries agricoles et de coopératives forestières, charpentiers et menuisiers travaillant pour des employeurs agricoles ou forestiers, ouvriers des entreprises de travaux forestiers (ETF), salariés des pépinières et reboisements. Les artisans menuisiers ou les ouvriers de menuiserie industrielle relèvent en revanche du régime général (tableau 47 RG).
La reconnaissance d'une affection inscrite au tableau 36 ouvre droit à la présomption d'origine professionnelle : dès lors que les trois conditions du tableau sont remplies (désignation médicale + délai de prise en charge + travaux figurant dans la liste limitative), le caractère professionnel est acquis sans que la victime ait à prouver le lien de causalité.
Procédure de reconnaissance
La procédure de reconnaissance d'une maladie professionnelle dans le régime agricole est régie par les articles L. 751-1 à L. 751-9 et R. 751-22 et suivants du Code rural, qui renvoient pour l'essentiel aux dispositions du Code de la sécurité sociale applicables au régime général. La caisse compétente est la Mutualité sociale agricole (MSA) dont dépend le salarié.
Étape 1 — Certificat médical initial (CMI)
Le médecin (généraliste, ORL, pneumologue, médecin du travail de la MSA) établit un certificat médical initial mentionnant explicitement le tableau 36 RA et l'affection visée (ex. : « adénocarcinome de l'ethmoïde — tableau 36 C RA »). Ce document marque le point de départ de la procédure et conditionne la prescription.
Étape 2 — Déclaration à la MSA
La victime (ou ses ayants droit en cas de décès) adresse à sa caisse de MSA le formulaire de déclaration de maladie professionnelle (Cerfa n° 11138*04), accompagné des deux premiers volets du CMI et d'une attestation de salaire de l'employeur. Délai de prescription : 2 ans à compter de la date du CMI (article L. 461-5 CSS, applicable par renvoi).
Étape 3 — Instruction par la MSA
La MSA ouvre une enquête contradictoire. Elle dispose de 120 jours à compter de la réception du dossier complet pour rendre sa décision, avec possibilité d'extension à 240 jours en cas d'investigations complémentaires. L'employeur reçoit le dossier et peut le consulter pendant 10 jours avant la décision. La MSA peut solliciter un avis de son service du contrôle médical.
Étape 4 — Le cas échéant : CRRMP
Si une condition du tableau n'est pas strictement remplie (délai de prise en charge dépassé, travaux hors liste limitative), le dossier est transmis au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) compétent. Le CRRMP examine si la maladie est « directement causée par le travail habituel de la victime » (article L. 461-1 al. 4 CSS). Sa décision s'impose à la MSA. Pour le cancer de l'ethmoïde, le CRRMP retient fréquemment la reconnaissance même en l'absence de toutes les conditions du tableau, compte tenu de la spécificité étiologique avec les poussières de bois.
Étape 5 — Suivi post-professionnel
Les anciens salariés exposés aux poussières de bois peuvent demander à leur caisse de MSA un suivi médical post-professionnel gratuit (arrêté du 6 décembre 2011 relatif à la traçabilité des expositions professionnelles aux agents chimiques dangereux et cancérogènes). Il comprend un examen ORL et, selon les situations, une nasofibroscopie ou une imagerie des sinus, particulièrement utile pour le dépistage précoce de l'adénocarcinome de l'ethmoïde.
Sources : MSA — Déclarer une maladie professionnelle ; articles L. 751-1 et s. du Code rural ; articles L. 461-1 à L. 461-5 du Code de la sécurité sociale.
Indemnisation
Une maladie professionnelle reconnue au titre du tableau 36 RA ouvre droit à plusieurs prestations cumulatives versées par la MSA, à partir de la date du certificat médical initial. Les barèmes et règles sont identiques à ceux du régime général (articles L. 431-1 et s. CSS, applicables au régime agricole par renvoi).
Pendant l'arrêt de travail : indemnités journalières (IJSS)
Versées par la MSA dès le 1ᵉʳ jour d'arrêt (pas de délai de carence en MP, contrairement à la maladie ordinaire), selon les modalités de l'article R. 433-1 CSS :
- du 1ᵉʳ au 28ᵉ jour : 60 % du salaire journalier de référence ;
- à partir du 29ᵉ jour : 80 % du salaire journalier de référence.
Plafond fixé à 1/365ᵉ du gain maximal annuel, revalorisé chaque année. La convention collective nationale des entreprises du paysage ou des exploitations forestières peut prévoir un complément employeur.
À la consolidation : taux d'incapacité permanente (IPP)
Lorsque l'état de santé est stabilisé, le médecin conseil de la MSA évalue le taux d'incapacité permanente partielle (IPP) selon le barème indicatif d'invalidité annexé à l'article R. 434-32 CSS.
- IPP < 10 % : indemnité en capital versée en une seule fois (barème fixé par décret).
- IPP ≥ 10 % : rente viagère trimestrielle, calculée sur la base du salaire annuel des 12 derniers mois × taux d'IPP corrigé (taux ÷ 2 jusqu'à 50 %, puis taux × 1,5 au-delà).
- IPP ≥ 66 % : la rente peut être majorée pour assistance d'une tierce personne.
Pour les cancers de l'ethmoïde, l'IPP retenue est souvent élevée (40 à 80 %) compte tenu de la lourdeur des traitements (chirurgie, radiothérapie) et des séquelles fonctionnelles (anosmie, troubles respiratoires, déformations).
En cas de décès
Le décès d'un salarié agricole d'une affection inscrite au tableau 36 RA ouvre droit pour les ayants droit (conjoint, enfants) à une rente de survivants proportionnelle au salaire annuel du défunt : 40 % pour le conjoint, 25 % par enfant à charge dans la limite de 85 % au total (articles L. 434-7 à L. 434-14 CSS).
Faute inexcusable de l'employeur
Si le salarié (ou ses ayants droit) démontre que l'employeur agricole avait ou aurait dû avoir conscience du danger lié aux poussières de bois et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour préserver sa santé (article L. 452-1 CSS), la rente est majorée jusqu'au taux maximum et la victime obtient l'indemnisation des préjudices personnels : souffrances physiques et morales, préjudice esthétique, préjudice d'agrément, perte ou diminution des possibilités de promotion professionnelle.
Sources : articles L. 431-1, L. 433-1, L. 434-1 à L. 434-14, L. 452-1 à L. 452-5 du Code de la sécurité sociale ; MSA — Indemnisation AT/MP.
Jurisprudence
Le contentieux du tableau 36 RA est moins abondant que celui de l'amiante mais structuré autour de quelques arrêts de référence concernant la reconnaissance des cancers naso-sinusiens et la faute inexcusable de l'employeur agricole exposant aux poussières de bois.
1. Obligation de sécurité de résultat appliquée à l'exposition aux poussières de bois
Cass. soc., 28 février 2002, n° 99-17.201 et arrêts de la même série (arrêts « amiante ») — Bien que rendue à propos de l'amiante, cette jurisprudence fondatrice s'applique à tout agent cancérogène professionnel, dont les poussières de bois classées CMR. La Cour de cassation juge que « le manquement [à l'obligation de sécurité] a le caractère d'une faute inexcusable [...] lorsque l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver ». Pour les poussières de bois, la conscience du danger cancérogène est présumée acquise au moins depuis la classification CIRC de 1995 et, en droit interne, depuis le décret n° 2003-1254 du 23 décembre 2003 fixant la VLEP à 1 mg/m³.
2. Présomption d'origine professionnelle du cancer de l'ethmoïde
Cass. 2ᵉ civ., 19 décembre 2013, n° 12-25.661 — La Cour rappelle que dès lors qu'une victime atteinte d'un adénocarcinome de l'ethmoïde justifie avoir exercé pendant plusieurs années une activité d'usinage du bois figurant dans la liste limitative du tableau 47 RG (transposable au tableau 36 RA), la présomption d'origine professionnelle joue de plein droit. Il appartient à l'employeur ou à la caisse de rapporter la preuve d'une cause étrangère, ce qui est exceptionnel compte tenu de la spécificité étiologique de cette tumeur.
3. CRRMP et reconnaissance hors conditions du tableau
Cass. 2ᵉ civ., 7 mai 2014, n° 13-15.594 — La Cour confirme que le CRRMP peut reconnaître le caractère professionnel d'un cancer naso-sinusien chez un ancien salarié du bois même si la durée d'exposition documentée est inférieure aux usages, dès lors que la nature des travaux (usinage exposant aux poussières) est attestée. La spécificité étiologique de l'adénocarcinome de l'ethmoïde, dont les poussières de bois sont la cause quasi-exclusive, justifie une appréciation souple.
Pour aller plus loin : rechercher sur Judilibre les mots-clés « poussières de bois + maladie professionnelle » ou « adénocarcinome ethmoïde » pour suivre les évolutions récentes.
Prévention
Les poussières de bois étant classées agent cancérogène avéré (groupe 1 CIRC), leur prévention relève des dispositions « CMR » du Code du travail (articles R. 4412-59 et suivants), avec un objectif de réduction de l'exposition à un niveau aussi bas que techniquement possible.
Évaluation des risques et substitution
L'employeur agricole ou forestier doit évaluer l'exposition aux poussières de bois dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) (article L. 4121-1 et R. 4121-1 du Code du travail). La substitution étant rarement possible, la priorité est donnée aux mesures collectives de captage à la source.
VLEP — valeur limite d'exposition professionnelle
La VLEP réglementaire est fixée à 1 mg/m³ sur 8 heures, exprimée en poussières inhalables, par l'article R. 4412-149 du Code du travail (décret n° 2003-1254). Cette valeur est contraignante depuis le 1ᵉʳ juillet 2005. Des mesurages réguliers par un organisme accrédité COFRAC sont obligatoires. À l'échelle européenne, la directive (UE) 2017/2398 a confirmé cette VLEP.
Mesures techniques collectives
- Captage à la source : aspiration mécanique sur chaque machine (scie, raboteuse, dégauchisseuse, ponceuse), avec débit adapté et hottes enveloppantes.
- Ventilation générale du local d'usinage, avec rejet de l'air filtré à l'extérieur.
- Nettoyage par aspirateur HEPA (jamais de soufflage à l'air comprimé, qui remet les poussières en suspension).
- Entretien régulier des installations d'aspiration (contrôle annuel, changement de filtres).
Équipements de protection individuelle (EPI)
Lorsque les mesures collectives ne suffisent pas à atteindre la VLEP, port d'un masque FFP3 ou d'un demi-masque avec filtre P3, voire d'un masque à ventilation assistée (TM3P) en cas d'opérations très empoussiérantes. Lunettes de protection contre les projections et la poussière. Combinaison à manches longues pour limiter les contacts cutanés (prévention des dermatites du tableau 36 A).
Surveillance médicale renforcée
Les travailleurs exposés aux poussières de bois bénéficient d'un suivi individuel renforcé (SIR) par le médecin du travail de la MSA (article R. 4624-23 et s. du Code du travail). Examen médical initial avant affectation, périodicité maximale de 2 ans, dossier médical conservé 50 ans. À la cessation d'exposition : attestation d'exposition et suivi post-professionnel, avec examen ORL et imagerie des sinus selon les recommandations.
Formation et information
Les salariés doivent recevoir une formation à la sécurité spécifique au risque chimique cancérogène (article R. 4412-87 du Code du travail) et être informés des risques sanitaires à long terme, notamment du risque de cancer naso-sinusien à 30-40 ans de latence. Le CSE est consulté annuellement sur le bilan de l'exposition.
Sources : INRS — Dossier poussières de bois ; articles R. 4412-59 à R. 4412-149 du Code du travail ; décret n° 2003-1254 du 23 décembre 2003 (VLEP).
Cas pratiques
Les cas ci-dessous sont anonymisés et reconstitués à des fins pédagogiques à partir de situations types rencontrées par les caisses de MSA, les CRRMP et les juridictions sociales. Ils n'identifient aucune entreprise.
Cas 1 — Adénocarcinome de l'ethmoïde chez un ancien scieur en scierie agricole (tableau 36 C RA)
M. A., 68 ans, a exercé entre 1975 et 2010 comme scieur dans plusieurs scieries rattachées à des coopératives forestières. Il développe des saignements de nez répétés et une obstruction nasale unilatérale. Une nasofibroscopie puis une IRM révèlent un adénocarcinome de l'ethmoïde. Son ORL établit le CMI mentionnant le tableau 36 C RA. La MSA reconnaît la MP (délai de 40 ans respecté, travaux d'usinage du bois documentés sur l'ensemble de la carrière). IPP fixée à 50 % après chirurgie et radiothérapie : rente viagère trimestrielle. M. A. engage parallèlement une action en faute inexcusable contre son dernier employeur (absence d'aspiration aux postes pendant les années 1990), qui aboutit à la majoration de la rente et à l'indemnisation des préjudices personnels.
Cas 2 — Asthme professionnel chez un bûcheron exposé au cèdre rouge (tableau 36 B → tableau 45 RA)
M. B., 42 ans, bûcheron salarié d'une entreprise de travaux forestiers (ETF) depuis 12 ans, présente des crises d'asthme survenant systématiquement à l'occasion de l'abattage et du tronçonnage de cèdres dans une zone reboisée. Les explorations fonctionnelles respiratoires confirment un asthme professionnel avec sensibilisation IgE-médiée. La désignation relève du tableau 36 B RA, qui renvoie au tableau 45 RA pour les délais et conditions précises. La MSA reconnaît la MP. M. B. fait l'objet d'un reclassement professionnel hors exposition.
Cas 3 — Dermatite irritative chez un menuisier d'exploitation agricole (tableau 36 A RA)
Mme C., 35 ans, menuisière dans une exploitation agricole transformant son propre bois, développe en quelques semaines une dermatite des avant-bras et du visage exposée aux poussières de chêne et de châtaignier. Diagnostic posé par le médecin du travail de la MSA, CMI au titre du tableau 36 A. Le délai de 7 jours étant largement respecté, reconnaissance automatique par la MSA. L'employeur met en place un captage à la source et fournit des combinaisons à manches longues : les symptômes régressent.
Cas 4 — Cancer naso-sinusien hors conditions du tableau, CRRMP saisi
M. D., 71 ans, a exercé pendant 6 ans seulement (1985-1991) comme ouvrier dans une scierie coopérative, puis dans d'autres secteurs sans exposition au bois. Diagnostic d'adénocarcinome de l'ethmoïde à 70 ans. La désignation est bien au tableau 36 C RA, le délai de 40 ans est respecté, mais la durée d'exposition limitée à 6 ans peut soulever des doutes. La MSA transmet au CRRMP, qui retient la reconnaissance compte tenu de la spécificité étiologique du cancer de l'ethmoïde (cause quasi-exclusive : poussières de bois) et conclut au lien direct avec le travail habituel. IPP fixée à 55 %.
Questions fréquentes
Page mise à jour le 29/05/2026.