Tableau 4 · Régime Agricole · En vigueur

Charbon professionnel

Le tableau 4 du régime agricole couvre la maladie du charbon (anthrax), zoonose aiguë due à Bacillus anthracis chez les actifs agricoles : pustule maligne, œdème malin, charbon gastro-intestinal et charbon pulmonaire. Délai de prise en charge de 30 jours, liste limitative de travaux (contact avec animaux infectés, équarrissage, peaux, laine, marchandises souillées). Reconnaissance et indemnisation par la MSA (salariés et ATEXA pour les non-salariés).

Numéro
4
Régime
Régime Agricole
Agent causal
Bacillus anthracis
Type de liste
Limitative
Durée d'exposition
Non requise
Dernière modif.
15/01/1976

Texte officiel du tableau — source Légifrance

Désignation des maladies

Désignation des maladies, délai de prise en charge et liste limitative des travaux

Texte officiel — Annexe II du Code rural et de la pêche maritime (régime agricole), tableau n° 4. Tableau créé par le décret du 17 juin 1955, dernière modification par décret du 15 janvier 1976. Intitulé officiel : « Charbon professionnel ». Source : Légifrance — Code rural et de la pêche maritime, annexe II · INRS — fiche RA 4.

Désignation des maladies Délai de prise en charge Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies
Pustule maligne. 30 jours Travaux susceptibles de mettre les ouvriers en contact avec des animaux atteints d'infection charbonneuse ou avec des cadavres de ces animaux.
Chargement, déchargement ou transport de marchandises susceptibles d'avoir été souillées par des animaux ou des débris d'animaux infectés.
Œdème malin. 30 jours
Charbon gastro-intestinal. 30 jours
Charbon pulmonaire.
(En dehors des cas considérés comme accidents du travail.)
30 jours
Type de liste : limitative. Seuls les travaux figurant dans la colonne de droite ouvrent droit à la présomption d'origine professionnelle pour les salariés et exploitants agricoles. En cas d'exposition à Bacillus anthracis hors de cette liste, le dossier relève du CRRMP (article L. 461-1 al. 4 du Code de la sécurité sociale, applicable au régime agricole par renvoi des articles L. 751-7 et L. 752-1 du Code rural).
Le délai de prise en charge est court (30 jours) car le charbon est une maladie aiguë qui se déclare rapidement après le contact contaminant. Ce délai correspond au temps maximal pouvant s'écouler entre la fin de l'exposition au risque et la première constatation médicale de l'affection.
Le tableau 4 du régime agricole est l'équivalent agricole du tableau 18 du régime général. Désignation des maladies, délai et liste des travaux sont identiques ; seul change le régime de protection sociale d'affiliation (MSA pour les actifs agricoles, CPAM pour le régime général).

Qu'est-ce que c'est concrètement ?

Le tableau n° 4 du régime agricole couvre la maladie du charbon (aussi appelée anthrax en anglais, à ne pas confondre avec l'anthrax dermatologique courant), une zoonose bactérienne aiguë due à Bacillus anthracis, contractée par les actifs agricoles au contact d'animaux infectés ou de leurs produits. Il est l'équivalent, pour la MSA, du tableau 18 du régime général.

De quoi parle-t-on ?

Bacillus anthracis est une bactérie qui produit des spores extrêmement résistantes, capables de persister des décennies dans le sol, sur les peaux, la laine, les poils, les os ou les cuirs d'animaux contaminés. L'humain se contamine au contact d'herbivores malades (bovins, ovins, caprins, chevaux), de leurs cadavres ou de produits dérivés. La maladie n'est pas, en pratique, transmissible d'humain à humain.

Les formes cliniques couvertes par le tableau

  • Pustule maligne (charbon cutané) : forme la plus fréquente (≈ 95 % des cas selon l'OMS). Pénétration de la spore par une plaie. Apparition d'une papule prurigineuse puis d'une vésicule, évoluant vers une escarre noire indolore entourée d'un œdème. Mortalité faible si traitée tôt.
  • Œdème malin : forme cutanée œdémateuse extensive, sans escarre nette, parfois au visage ou au cou, pouvant compromettre les voies respiratoires.
  • Charbon gastro-intestinal : ingestion de spores (viande contaminée mal cuite). Forme rare, signes digestifs sévères, mortalité élevée.
  • Charbon pulmonaire (inhalation) : inhalation de spores en aérosol (laine, poils : « maladie des trieurs de laine »). Forme la plus grave, débutant comme un syndrome grippal puis évoluant vers une détresse respiratoire et une septicémie. Mortalité très élevée sans antibiothérapie précoce.

Toutes ces formes peuvent évoluer, faute de traitement, vers une septicémie charbonneuse souvent fatale.

Qui est concerné en agriculture ?

Au régime agricole, sont concernés les actifs en contact avec des animaux malades, leurs cadavres ou leurs produits : éleveurs et exploitants agricoles (bovins, ovins, caprins, équins), bergers et vachers, salariés des coopératives d'utilisation du matériel agricole (CUMA) intervenant sur cheptel, employés d'abattoirs et de l'équarrissage relevant du régime agricole, vétérinaires et techniciens vétérinaires en pratique rurale, ouvriers du travail des peaux, cuirs, laine, poils, crins et os, manipulateurs de farines d'origine animale, dockers et manutentionnaires chargeant ou déchargeant des marchandises (peaux, laines importées) susceptibles d'avoir été souillées.

Une maladie devenue rare en France

Grâce à la vaccination du bétail, à la surveillance vétérinaire et à l'hygiène des élevages, le charbon humain est aujourd'hui exceptionnel en France. Des cas sporadiques restent possibles, notamment dans des foyers telluriques connus (zones de pâturage où des animaux sont morts du charbon par le passé) lors d'années chaudes et sèches qui font remonter les spores en surface. Le charbon reste une maladie à déclaration obligatoire chez l'humain (article D. 3113-7 du Code de la santé publique) et chez l'animal (Code rural, danger sanitaire de première catégorie).

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Procédure de reconnaissance

La reconnaissance d'une affection inscrite au tableau 4 du régime agricole ouvre droit à la présomption d'origine professionnelle (article L. 461-1 al. 2 CSS, rendu applicable au régime agricole par les articles L. 751-7 et L. 752-1 du Code rural et de la pêche maritime) : dès lors que les trois conditions du tableau sont réunies (désignation médicale + délai de prise en charge de 30 jours + travaux figurant sur la liste limitative), le caractère professionnel est acquis sans que la victime ait à prouver le lien de causalité.

Étape 1 — Diagnostic et certificat médical initial (CMI)

Le charbon étant une maladie aiguë et grave, le diagnostic est posé en urgence (escarre noire caractéristique, signes respiratoires ou digestifs). Le médecin établit un certificat médical initial mentionnant le tableau 4 du régime agricole et la forme clinique (ex. : « pustule maligne — tableau 4 RA »). Le charbon humain est par ailleurs une maladie à déclaration obligatoire à l'Agence régionale de santé (article D. 3113-7 du Code de la santé publique) ; le foyer animal est signalé à la DDPP / DDETSPP (vétérinaire départemental).

Étape 2 — Déclaration à la MSA

La victime (salarié agricole, exploitant non salarié, ou ayants droit en cas de décès) adresse à sa caisse de Mutualité sociale agricole (MSA) le formulaire Cerfa S6100i « Déclaration de maladie professionnelle », accompagné des deux premiers volets du CMI. Pour un salarié agricole : ajouter l'attestation de salaire. Pour un non-salarié (exploitant) : la MSA gère la double affiliation maladie + ATEXA. Délai de prescription : 2 ans à compter de la date du CMI (article L. 461-5 CSS, applicable au régime agricole).

Étape 3 — Instruction par la MSA

La MSA ouvre une enquête contradictoire. Elle dispose de 120 jours à compter de la réception du dossier complet pour statuer, avec extension possible à 240 jours en cas d'investigations complémentaires (articles R. 461-9 CSS et R. 751-32 du Code rural). L'employeur agricole est informé et peut consulter le dossier ; pour les exploitants non salariés, l'instruction se fait directement avec l'assuré.

Étape 4 — Le cas échéant : CRRMP

Si une condition du tableau n'est pas strictement remplie (délai de 30 jours dépassé, travaux hors liste), le dossier est transmis au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP), qui examine si la maladie est « directement causée par le travail habituel de la victime » (article L. 461-1 al. 4 CSS).

Sources : MSA — Maladie professionnelle · articles L. 461-1 à L. 461-5 et R. 461-9 CSS · articles L. 751-1 et suivants, L. 752-1 et suivants, R. 751-26 et suivants du Code rural et de la pêche maritime · article D. 3113-7 du Code de la santé publique.

Indemnisation

Une maladie professionnelle reconnue au titre du tableau 4 du régime agricole ouvre droit à plusieurs prestations cumulatives, versées par la MSA, à partir de la date du certificat médical initial. Le régime de protection diffère selon le statut : salarié agricole (proche du régime général) ou non-salarié agricole / exploitant (régime ATEXA).

Salariés agricoles — Indemnités journalières (IJSS)

Versées par la MSA dès le 1ᵉʳ jour d'arrêt (pas de délai de carence en MP), selon l'article R. 433-1 CSS :

  • du 1ᵉʳ au 28ᵉ jour : 60 % du salaire journalier de référence ;
  • à partir du 29ᵉ jour : 80 % du salaire journalier de référence.

Le montant est plafonné ; la convention collective de la production agricole, des coopératives ou des entreprises du paysage peut prévoir un complément employeur.

Non-salariés agricoles — Régime ATEXA

Pour les exploitants, collaborateurs et aides familiaux affiliés à l'ATEXA (assurance contre les accidents du travail et maladies professionnelles des non-salariés agricoles), des indemnités journalières forfaitaires sont versées (articles L. 752-1 et suivants du Code rural). Le montant est forfaitaire, sans rapport avec le revenu professionnel.

À la consolidation : taux d'incapacité permanente (IPP)

Le charbon cutané (pustule maligne) traité à temps guérit le plus souvent sans séquelles. Les formes graves (pulmonaire, digestive, septicémie) peuvent laisser des séquelles importantes. Lorsque l'état est stabilisé, le médecin conseil de la MSA évalue un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) selon le barème indicatif d'invalidité (annexe I de l'article R. 434-32 CSS) :

  • IPP < 10 % : indemnité en capital versée en une fois ;
  • IPP ≥ 10 % : rente viagère trimestrielle. Pour les salariés, calculée sur le salaire annuel × taux d'IPP corrigé. Pour les non-salariés ATEXA, rente forfaitaire fonction du taux d'IPP.

En cas de décès

Le charbon pulmonaire et la septicémie charbonneuse peuvent être mortels. Le décès consécutif à une affection du tableau 4 RA ouvre droit, pour les ayants droit, à une rente survivants (40 % du salaire annuel pour le conjoint, 25 % par enfant à charge, dans la limite de 85 % au total — articles L. 434-7 à L. 434-14 CSS pour les salariés ; rente forfaitaire ATEXA pour les non-salariés).

Faute inexcusable de l'employeur

Si le salarié agricole (ou ses ayants droit) démontre que l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger biologique et n'a pas pris les mesures nécessaires (article L. 452-1 CSS), la rente est majorée et la victime obtient l'indemnisation de ses préjudices personnels (souffrances physiques et morales, préjudice esthétique lié à l'escarre, préjudice d'agrément).

Sources : articles L. 431-1, L. 433-1, L. 434-1 à L. 434-14, L. 452-1 à L. 452-5 et R. 433-1, R. 434-32 du Code de la sécurité sociale ; articles L. 751-1 et suivants (salariés agricoles) et L. 752-1 et suivants (non-salariés / ATEXA) du Code rural ; MSA — Maladie professionnelle. Montants indicatifs, variables selon le taux d'IPP et le statut.

Jurisprudence

Le charbon humain professionnel étant devenu exceptionnel en France, le contentieux spécifique au tableau 4 du régime agricole est rare. Les principes applicables sont ceux, généraux, du droit des maladies professionnelles, de l'obligation de sécurité de l'employeur et du risque biologique, parfaitement transposables aux zoonoses professionnelles affectant les actifs agricoles.

1. La présomption d'origine professionnelle s'impose à la MSA

Dès lors que les trois conditions d'un tableau (désignation de la maladie, délai de prise en charge, travaux limitativement énumérés) sont réunies, l'origine professionnelle est présumée et la caisse ne peut renverser cette présomption qu'en rapportant la preuve d'une cause totalement étrangère au travail (principe constant tiré de l'article L. 461-1 al. 2 CSS, applicable au régime agricole). Pour le charbon, la présence d'une escarre charbonneuse chez un éleveur, un berger ou un employé d'équarrissage agricole dans le délai de 30 jours suffit à ouvrir la reconnaissance.

2. L'obligation de sécurité de l'employeur face au risque biologique

La chambre sociale juge de longue date que l'employeur est tenu d'une obligation de sécurité envers ses salariés (Cass. soc., 28 février 2002, arrêts « amiante », n° 99-17.221 et a.) : le manquement à cette obligation a le caractère d'une faute inexcusable lorsque l'employeur « avait ou aurait dû avoir conscience du danger » et « n'a pas pris les mesures nécessaires pour en préserver le salarié ». Ce standard s'applique au risque biologique encadré par les articles R. 4421-1 et suivants du Code du travail (évaluation du risque, classement de Bacillus anthracis en agent biologique de groupe 3), pleinement opposable aux exploitations agricoles employant des salariés.

3. Reconnaissance hors tableau via le CRRMP

Lorsque le délai de 30 jours est dépassé ou que les travaux ne figurent pas exactement dans la liste limitative, la victime conserve une voie de reconnaissance par le CRRMP (article L. 461-1 al. 4 CSS), à charge d'établir un lien direct entre l'infection charbonneuse et le travail habituel — point régulièrement admis pour les éleveurs intervenant sur un foyer tellurique connu.

4. Cas particulier des non-salariés agricoles (ATEXA)

L'obligation de sécurité au sens de l'article L. 4121-1 du Code du travail vise l'employeur. Pour les exploitants non salariés affiliés à l'ATEXA, la voie de la faute inexcusable n'est pas ouverte : la reconnaissance MP donne droit aux prestations ATEXA, mais sans majoration de rente faute d'employeur. L'exploitant peut en revanche agir contre un tiers responsable de l'exposition (article L. 454-1 CSS).

Pour aller plus loin : rechercher sur Judilibre les mots-clés « maladie professionnelle agricole + présomption d'origine + risque biologique ». Les références citées illustrent des principes généraux, non des arrêts propres au charbon en régime agricole.

Prévention

La prévention du charbon professionnel en agriculture relève à la fois de la santé animale (en amont, sous l'autorité du vétérinaire sanitaire et de la DDPP) et de la prévention du risque biologique en entreprise agricole. Pour les salariés, les articles R. 4421-1 à R. 4427-5 du Code du travail s'appliquent ; pour les non-salariés agricoles, des dispositions spécifiques figurent au Livre VII du Code rural (articles R. 717-1 et suivants). Bacillus anthracis est classé agent biologique pathogène du groupe 3.

Maîtrise du risque animal en amont

  • Vaccination du bétail dans les zones à risque (foyers telluriques connus) et surveillance vétérinaire des cheptels.
  • Déclaration obligatoire de la maladie animale (danger sanitaire de 1ʳᵉ catégorie) et destruction réglementée des cadavres suspects par équarrissage / incinération, sans ouverture ni dépeçage sur place pour éviter la sporulation du germe au contact de l'air.
  • Contrôle sanitaire à l'importation des peaux, laines, poils, os et farines animales.

Évaluation et organisation dans l'exploitation

L'employeur agricole intègre le risque biologique dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), identifie les postes exposés (élevage, étable, abattoir, équarrissage, tannerie, manutention de peaux importées) et met en place des procédures de travail limitant la mise en suspension de spores. Les exploitants non salariés sont également tenus d'évaluer les risques pour eux-mêmes et leurs aides familiaux.

Mesures collectives et individuelles

  • Hygiène stricte : lavage des mains, désinfection des plaies, pansement de toute lésion cutanée avant la prise de poste, vestiaires séparés « propre / sale ».
  • EPI : gants étanches, vêtements de protection, bottes, protection respiratoire (FFP3 minimum) pour les opérations générant des aérosols (cardage, battage de laine, manipulation de cadavre suspect).
  • Décontamination des locaux et des matériels : les spores étant très résistantes, les désinfectants usuels sont insuffisants ; des procédés spécifiques (formaldéhyde, oxydants forts, autoclavage, incinération) sont nécessaires.
  • Nettoyage des vêtements de travail par l'employeur, séparé du linge personnel.

Surveillance médicale et conduite à tenir

Les salariés agricoles exposés bénéficient d'un suivi individuel renforcé par le médecin du travail de la MSA (articles R. 717-13 et suivants du Code rural et R. 4624-22 et suivants du Code du travail). En cas de lésion cutanée suspecte ou de syndrome grippal après exposition, une consultation médicale urgente s'impose : l'antibiothérapie (pénicilline, doxycycline ou ciprofloxacine) est très efficace si elle est instaurée précocement.

Droit d'alerte et de retrait

Face à un danger grave et imminent (manipulation d'un animal suspect sans protection adaptée), le salarié agricole peut exercer son droit de retrait (article L. 4131-1 du Code du travail), opposable à l'employeur agricole.

Sources : INRS — Tableau RA 4 ; articles R. 4421-1 et suivants du Code du travail (risque biologique) ; articles R. 717-1 et suivants du Code rural (santé au travail en agriculture) ; ANSES — Fiche fièvre charbonneuse ; MSA — Santé-sécurité au travail.

Cas pratiques

Les cas ci-dessous sont anonymisés et reconstitués à des fins pédagogiques à partir de situations types relevant du tableau 4 du régime agricole. Ils n'identifient aucune exploitation ni entreprise.

Cas 1 — Pustule maligne chez un éleveur bovin (charbon cutané)

M. A., 52 ans, exploitant agricole non salarié spécialisé dans l'élevage bovin allaitant, intervient sur une vache morte subitement au pré. Dix jours plus tard, une papule prurigineuse apparaît sur l'avant-bras, évoluant vers une vésicule puis une escarre noire indolore entourée d'œdème. Le diagnostic de pustule maligne est confirmé ; une antibiothérapie (doxycycline) est instaurée. Le CMI mentionne le tableau 4 RA. Le délai de 30 jours est respecté et le contact avec un animal atteint figure dans la liste limitative : la MSA reconnaît la MP au titre de l'ATEXA. Guérison sans séquelle ; IPP faible, donnant lieu à une indemnité en capital forfaitaire.

Cas 2 — Charbon pulmonaire chez un salarié d'un atelier de tri de laine

M. B., 49 ans, salarié agricole d'une exploitation ovine ayant développé une activité de tri et de cardage de laine brute, développe un syndrome grippal qui s'aggrave en quelques jours vers une détresse respiratoire ; le diagnostic de charbon pulmonaire (inhalation de spores) est posé en réanimation. Le CMI vise le tableau 4 RA. La reconnaissance MP est acquise (délai et travaux conformes). Compte tenu de la gravité, une IPP importante est retenue après consolidation. L'enquête de la MSA révèle l'absence de protection respiratoire adaptée (FFP3) malgré l'activité de cardage : une action en faute inexcusable de l'employeur est engagée.

Cas 3 — Œdème malin chez un employé d'équarrissage agricole (délai dépassé, CRRMP saisi)

Mme C., 41 ans, salariée d'un centre d'équarrissage relevant du régime agricole, présente un œdème malin du visage et du cou après manipulation d'un cadavre ovin. Le diagnostic et la déclaration interviennent toutefois au-delà du délai de 30 jours en raison d'une errance diagnostique initiale (suspicion d'allergie). Une condition du tableau n'étant pas strictement remplie, le dossier est transmis au CRRMP, qui retient le lien direct avec le travail habituel au vu du poste exposé et conclut à la reconnaissance.

Cas 4 — Charbon gastro-intestinal après intervention sur un foyer tellurique connu

M. D., 63 ans, berger transhumant, intervient sur un animal mort subitement dans une parcelle correspondant à un ancien foyer charbonneux connu (réactivé par une période chaude et sèche faisant remonter les spores). Il développe une forme digestive sévère après consommation supposée de viande contaminée. La déclaration au titre du tableau 4 RA aboutit à la reconnaissance par la MSA, le contact avec un animal atteint figurant dans la liste limitative. Le cas fait par ailleurs l'objet d'une déclaration obligatoire à l'ARS et d'une enquête vétérinaire (DDPP) sur le cheptel et la parcelle, qui est mise sous surveillance.

Questions fréquentes

Non. Le tableau 4 RA vise la maladie du charbon (anthrax), une infection bactérienne due à Bacillus anthracis transmise par les animaux d'élevage. Il n'a aucun rapport avec le charbon minéral ou la houille.

Aucune sur la désignation des maladies, le délai de prise en charge (30 jours) ni la liste des travaux : les deux tableaux sont strictement équivalents. La différence est le régime d'affiliation : le tableau 4 RA s'applique aux actifs agricoles (salariés MSA et non-salariés ATEXA), le tableau 18 RG aux salariés du régime général.

Le délai est de 30 jours pour les quatre formes (pustule maligne, œdème malin, charbon gastro-intestinal, charbon pulmonaire). Ce délai court correspond au caractère aigu de la maladie, qui se déclare rapidement après le contact contaminant.

Les éleveurs (bovins, ovins, caprins, équins), bergers, vachers, vétérinaires ruraux, employés d'abattoirs et d'équarrissage agricole, tanneurs, ouvriers du travail des peaux, cuirs, laine, poils et os, et dockers manipulant des marchandises animales importées.

Oui. Les non-salariés agricoles (exploitants, collaborateurs, aides familiaux) affiliés à l'ATEXA bénéficient de la reconnaissance MP au titre du tableau 4 RA, avec versement d'indemnités journalières forfaitaires et d'une rente forfaitaire en cas d'IPP. La voie de la faute inexcusable n'est en revanche pas ouverte faute d'employeur.

Oui. Si l'exposition ne figure pas dans la liste ou si le délai de 30 jours est dépassé, le dossier est transmis au CRRMP, qui examine le lien direct avec le travail habituel de la victime (article L. 461-1 al. 4 CSS).
Avertissement : cette fiche a une vocation informative. Pour toute démarche concrète de reconnaissance d'une maladie professionnelle, contactez votre médecin du travail, votre CPAM ou un professionnel du droit social. Pour le texte officiel en vigueur, référez-vous à Légifrance.
Page mise à jour le 29/05/2026.