Tableau 42 · Régime Agricole · En vigueur

Maladies professionnelles provoquées par le cadmium et ses composés

Le tableau n° 42 du régime agricole (Annexe II du Code rural) couvre les maladies professionnelles provoquées par le cadmium et ses composés : broncho-pneumopathie aiguë, troubles gastro-intestinaux, néphropathie avec protéinurie et ostéomalacie. Délais de prise en charge de 3 jours à 12 ans. Liste indicative des travaux. Reconnaissance MSA.

Numéro
42
Régime
Régime Agricole
Agent causal
Cadmium
Type de liste
Indicative
Dernière modif.
19/04/2005

Texte officiel du tableau — source Légifrance

Désignation des maladies

Désignation des maladies, délai de prise en charge et liste indicative des travaux

Texte officiel — Annexe II du Code rural et de la pêche maritime (régime agricole), tableau n° 42. Tableau créé par le décret n° 2005-368 du 19 avril 2005 (JORF du 22 avril 2005). Source : Légifrance — LEGIARTI000022082536.

Désignation des maladies Délai de prise en charge Liste indicative des principaux travaux susceptibles de provoquer ces maladies
Broncho-pneumopathie aiguë. 5 jours Travaux exposant à l'inhalation ou à la manipulation de cadmium ou de ses composés, notamment :
— Découpage au chalumeau ou soudure de pièces cadmiées ;
— Soudure avec alliage de cadmium.
Troubles gastro-intestinaux aigus (nausées, vomissements ou diarrhées). 3 jours
Néphropathie avec protéinurie. 2 ans
Ostéomalacie avec ou sans fractures spontanées, avec ou sans manifestations douloureuses, radiologiquement confirmée. 12 ans
Type de liste : indicative. La liste des travaux n'est pas exhaustive : toute exposition professionnelle au cadmium ou à ses composés en milieu agricole, identique ou comparable à celles citées, peut ouvrir droit à la présomption d'origine professionnelle dès lors que la désignation médicale et le délai de prise en charge sont respectés (article L. 461-1 al. 2 du Code de la sécurité sociale, applicable au régime agricole via l'article L. 751-7 du Code rural).

Qu'est-ce que c'est concrètement ?

Le tableau n° 42 du régime agricole couvre les maladies professionnelles provoquées par le cadmium et ses composés chez les salariés relevant de la Mutualité sociale agricole (MSA). Il reprend, pour le secteur agricole, les pathologies déjà reconnues au régime général sous le tableau 61 (cadmium), avec des conditions adaptées aux travaux agricoles et para-agricoles.

De quoi parle-t-on ?

Le cadmium (Cd) est un métal lourd toxique, classé cancérogène avéré pour l'homme (groupe 1) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis 1993 pour les voies respiratoires. En milieu agricole et para-agricole, l'exposition résulte principalement de la soudure ou du découpage au chalumeau de pièces métalliques cadmiées (matériel agricole, structures de hangars, citernes, échangeurs), ainsi que de manipulations d'alliages de cadmium en atelier de maintenance. Une fois inhalé sous forme de fumées ou de poussières, le cadmium se fixe durablement dans les reins et le squelette, où sa demi-vie biologique dépasse 10 à 30 ans (source : INRS, fiche toxicologique FT 60).

Les 4 grandes affections couvertes

  • Broncho-pneumopathie aiguë : tableau clinique d'œdème aigu pulmonaire chimique survenant quelques heures après l'inhalation de fumées de cadmium (typiquement après une opération de soudage en milieu confiné). Évolution possible vers la fibrose interstitielle.
  • Troubles gastro-intestinaux aigus : nausées, vomissements, diarrhées survenant après ingestion accidentelle (mains souillées portées à la bouche, aliments contaminés sur le poste de travail).
  • Néphropathie avec protéinurie : atteinte tubulaire rénale chronique, marqueur d'une exposition prolongée. Protéinurie de bas poids moléculaire (β2-microglobuline, retinol binding protein) constituant le premier signe biologique.
  • Ostéomalacie : déminéralisation osseuse douloureuse, parfois compliquée de fractures spontanées, liée à la perturbation du métabolisme phosphocalcique secondaire à l'atteinte rénale chronique.

Qui est concerné en milieu agricole ?

Les principales situations d'exposition relèvent des ateliers de maintenance d'exploitation agricole, CUMA, ETA (entreprises de travaux agricoles), coopératives, et des activités connexes rattachées au régime agricole (article L. 722-1 du Code rural) : salariés effectuant la soudure ou la réparation de matériel agricole comportant des éléments cadmiés (anciens boulons, brides, revêtements anti-corrosion), agents de maintenance d'installations de stockage et de séchage, soudeurs intervenant sur des structures métalliques anciennes (toitures, hangars, silos). Les expositions par pulvérisation d'engrais phosphatés contenant du cadmium font l'objet d'une surveillance épidémiologique distincte mais ne sont pas, en l'état actuel du texte, listées dans la colonne des travaux du tableau 42 RA.

Sources : Légifrance — Tableau 42 RA ; INRS — Tableau RA 42 ; INRS — Fiche toxicologique FT 60 (Cadmium).

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Procédure de reconnaissance

La reconnaissance d'une affection inscrite au tableau 42 du régime agricole ouvre droit à la présomption d'origine professionnelle (article L. 461-1 al. 2 du Code de la sécurité sociale, applicable au régime agricole via l'article L. 751-7 du Code rural) : dès lors que la désignation médicale, le délai de prise en charge et un travail exposant au cadmium sont établis, le caractère professionnel est acquis sans que la victime ait à prouver le lien de causalité.

Étape 1 — Certificat médical initial (CMI)

Le médecin (généraliste, néphrologue, pneumologue, médecin du travail de la MSA) établit un certificat médical initial mentionnant explicitement le tableau 42 du régime agricole et l'affection visée (ex. : « néphropathie avec protéinurie — tableau 42 RA »). Ce document marque le point de départ de la procédure et conditionne la prescription biennale.

Étape 2 — Déclaration à la MSA

La victime (ou ses ayants droit) adresse à sa caisse de Mutualité sociale agricole (MSA) le formulaire Cerfa S6909 « Déclaration de maladie professionnelle — régime agricole », accompagné des deux premiers volets du CMI et de l'attestation de salaire de l'employeur agricole. Délai de prescription : 2 ans à compter de la date du CMI (article L. 461-5 CSS, applicable par renvoi).

Étape 3 — Instruction par la MSA

La caisse de MSA ouvre une enquête contradictoire (visite éventuelle de l'exploitation, audition du salarié et de l'employeur, examen des fiches d'exposition, des FDS et de la traçabilité des opérations de soudure). Elle dispose de 120 jours à compter de la réception du dossier complet pour rendre sa décision, avec extension à 240 jours possible. L'employeur peut consulter le dossier pendant 10 jours avant décision.

Étape 4 — Le cas échéant : CRRMP

Si une condition du tableau n'est pas remplie (délai de prise en charge dépassé, travail d'exposition non listé mais comparable, désignation médicale partiellement satisfaite), le dossier est transmis au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). Le CRRMP examine si la maladie est « directement causée par le travail habituel de la victime » et peut s'appuyer ici sur le caractère indicatif de la liste des travaux du tableau 42 RA pour retenir des expositions non explicitement listées (entretien d'installations cadmiées, recyclage de batteries Ni-Cd…).

Étape 5 — Notification et voies de recours

La décision de la MSA est notifiée à la victime et à l'employeur. Recours possibles devant la Commission médicale de recours amiable (CMRA) pour les contestations d'ordre médical, puis devant le pôle social du tribunal judiciaire pour les contestations d'ordre administratif ou juridique.

Sources : MSA — Reconnaissance d'une maladie professionnelle ; articles L. 461-1 à L. 461-5 et R. 461-9 du Code de la sécurité sociale ; article L. 751-7 du Code rural et de la pêche maritime.

Indemnisation

Une maladie professionnelle reconnue au titre du tableau 42 du régime agricole ouvre droit à des prestations versées par la MSA, à partir de la date du certificat médical initial. Les prestations sont calquées sur celles du régime général (livre IV du Code de la sécurité sociale, applicable par renvoi).

Pendant l'arrêt de travail : indemnités journalières

Versées par la MSA dès le 1ᵉʳ jour d'arrêt (pas de délai de carence en MP) selon les modalités de l'article R. 433-1 CSS :

  • du 1ᵉʳ au 28ᵉ jour : 60 % du salaire journalier de référence ;
  • à partir du 29ᵉ jour : 80 % du salaire journalier de référence.

Plafond : 1/365ᵉ du gain maximal annuel revalorisé chaque année. La convention collective agricole applicable (production agricole, CUMA, ETA, coopération…) peut prévoir un complément employeur.

À la consolidation : taux d'incapacité permanente (IPP)

Lorsque l'état est stabilisé, le médecin conseil de la MSA évalue le taux d'IPP selon le barème indicatif d'invalidité (annexe I de l'article R. 434-32 CSS).

  • IPP < 10 % : indemnité en capital versée en une seule fois (montants fixés par décret).
  • IPP ≥ 10 % : rente viagère trimestrielle calculée sur le salaire annuel des 12 derniers mois × taux d'IPP corrigé (taux ÷ 2 jusqu'à 50 %, puis taux × 1,5 au-delà).
  • IPP ≥ 66 % : majoration pour assistance d'une tierce personne possible.

Les atteintes rénales chroniques (néphropathie) et osseuses (ostéomalacie) sont susceptibles, en cas d'aggravation documentée, de donner lieu à révision du taux d'IPP (article L. 443-1 CSS).

En cas de décès

Le décès d'un travailleur agricole d'une affection inscrite au tableau 42 ouvre droit pour les ayants droit (conjoint, enfants à charge) à une rente survivants : 40 % du salaire annuel du défunt pour le conjoint, 25 % par enfant à charge dans la limite de 85 % au total (articles L. 434-7 à L. 434-14 CSS).

Faute inexcusable de l'employeur

Si la victime (ou ses ayants droit) démontre que l'employeur agricole avait ou aurait dû avoir conscience du danger (cadmium classé CMR, fiches de données de sécurité, recommandations MSA et INRS depuis les années 1990) et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires de prévention, la faute inexcusable peut être retenue (article L. 452-1 CSS). Conséquences : majoration de la rente jusqu'au taux maximum et indemnisation des préjudices personnels (souffrances physiques et morales, préjudice esthétique, préjudice d'agrément, perte ou diminution des possibilités de promotion professionnelle).

Sources : articles L. 431-1, L. 433-1, L. 434-1 à L. 434-14, L. 443-1, L. 452-1 à L. 452-5 du Code de la sécurité sociale ; MSA — Indemnisation MP.

Jurisprudence

Le contentieux spécifique au cadmium est moins fourni que celui de l'amiante, mais il s'inscrit dans les grandes lignes jurisprudentielles du contentieux MP, applicables au régime agricole comme au régime général.

1. L'obligation de sécurité de l'employeur agricole — étendue aux CMR

Cass. soc., 25 novembre 2015, n° 14-24.444 — La Cour de cassation rappelle que l'employeur, débiteur d'une obligation de sécurité, doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs. Le manquement à cette obligation prend le caractère d'une faute inexcusable lorsque l'employeur « avait ou aurait dû avoir conscience du danger » et n'a pas pris les mesures pour l'en préserver. Pour les agents CMR comme le cadmium, la conscience du danger est présumée du seul fait de la classification CMR figurant sur les fiches de données de sécurité, indépendamment de la taille de l'exploitation.

2. Liste indicative et présomption d'origine — interprétation extensive

Cass. 2ᵉ civ., 19 décembre 2013, n° 12-19.995 — S'agissant des tableaux à liste indicative (cas du tableau 42 RA), la Cour de cassation juge que la présomption d'origine professionnelle joue dès lors que la victime a effectué des travaux comparables à ceux mentionnés au tableau, sans qu'il soit nécessaire que l'activité figure expressément dans la colonne des travaux. Cette interprétation est particulièrement favorable aux victimes du tableau 42 RA, dont les activités d'exposition au cadmium sont diverses (maintenance, soudure occasionnelle, recyclage).

3. Caractère professionnel — appréciation au regard de l'ensemble de la carrière

Cass. 2ᵉ civ., 9 mai 2019, n° 18-15.435 — La Cour confirme que, lorsqu'une victime a été exposée chez plusieurs employeurs successifs, l'imputabilité de la maladie professionnelle se fait au dernier employeur chez qui elle a été exposée au risque (article D. 461-12 CSS), sauf preuve apportée par celui-ci d'une absence d'exposition durant la période d'emploi. Cette règle d'imputabilité s'applique au régime agricole.

Pour aller plus loin : rechercher sur Judilibre les mots-clés « cadmium + maladie professionnelle » ou « tableau régime agricole + faute inexcusable ».

Prévention

Le cadmium est classé cancérogène avéré (catégorie 1B), mutagène (catégorie 2) et toxique pour la reproduction (catégorie 2) selon le règlement CLP. À ce titre, sa prévention relève des dispositions CMR du Code du travail (articles R. 4412-59 à R. 4412-93), applicables aux salariés agricoles comme à tout employeur.

Substitution prioritaire

L'article R. 4412-66 du Code du travail impose la substitution obligatoire du cadmium chaque fois que c'est techniquement possible. En pratique, cela signifie privilégier les pièces de rechange non cadmiées lors de la maintenance de matériel agricole ancien, choisir des alliages de soudure exempts de cadmium, et tracer les choix de substitution dans le document unique.

VLEP réglementaire

La valeur limite d'exposition professionnelle (VLEP) du cadmium et de ses composés inorganiques est fixée à 0,001 mg/m³ (1 µg/m³) en fraction alvéolaire, sur 8 heures, en vertu du décret n° 2019-1487 du 27 décembre 2019 (transposition de la directive UE 2019/130). Cette VLEP contraignante est l'une des plus basses des CMR métalliques.

Mesures organisationnelles

  • Captage à la source obligatoire pour toute opération de soudure ou de découpage de pièces cadmiées (table aspirante, torche aspirante, ventilation locale efficace).
  • Interdiction de manger, boire et fumer aux postes exposés (article R. 4412-72).
  • Vestiaires de travail et de ville séparés, douches obligatoires en fin de poste.
  • Étiquetage clair des pièces et alliages contenant du cadmium.

EPI obligatoires

Pour les opérations de soudure, brasage ou découpage de pièces cadmiées : masque à ventilation assistée TM2P ou TM3P (ou demi-masque FFP3 minimum pour interventions ponctuelles), combinaison de soudeur étanche aux particules, gants longs en cuir traité, lunettes ou écran facial. Les EPI doivent être nettoyés ou éliminés selon une procédure spécifique CMR.

Surveillance médicale renforcée et biométrologie

Les travailleurs exposés au cadmium bénéficient d'un suivi individuel renforcé (SIR) par le médecin du travail de la MSA (articles R. 4624-22 et s. du Code du travail) : examen médical avant affectation puis à périodicité maximale de 2 ans. La biosurveillance repose sur le dosage du cadmium urinaire (Cd-U, indicateur d'imprégnation chronique) et de la β2-microglobuline urinaire (marqueur précoce d'atteinte tubulaire). Valeurs guides françaises de l'ANSES : Cd-U < 0,8 µg/g de créatinine. À la cessation d'exposition, l'employeur remet une attestation d'exposition permettant le suivi médical post-professionnel à la charge de la MSA.

Droit d'alerte et de retrait

Tout salarié constatant un danger grave et imminent (absence de captage, défaillance d'EPI, fumées non maîtrisées) peut exercer son droit de retrait sans qu'aucune sanction ne puisse en résulter (article L. 4131-1 du Code du travail).

Sources : INRS — Fiche toxicologique FT 60 (Cadmium) ; INRS — Risques CMR ; articles R. 4412-59 à R. 4412-93 du Code du travail ; décret n° 2019-1487 du 27 décembre 2019.

Cas pratiques

Les cas ci-dessous sont anonymisés et reconstitués à des fins pédagogiques à partir de situations types rencontrées par les caisses de MSA et les juridictions sociales. Ils n'identifient aucune entreprise.

Cas 1 — Broncho-pneumopathie aiguë après soudure de pièces cadmiées (tableau 42 RA — désignation 1)

M. A., 38 ans, salarié d'une ETA (entreprise de travaux agricoles), intervient sur la réparation d'un ancien semoir comportant des boulonneries cadmiées. Travail en atelier mal ventilé, sans captage à la source ni masque adapté, pendant une demi-journée. Le lendemain, fièvre, toux sèche et essoufflement : hospitalisation pour œdème pulmonaire chimique. CMI au titre du tableau 42 RA, désignation broncho-pneumopathie aiguë. La MSA reconnaît la MP (délai de 5 jours respecté, exposition documentée par l'enquête). IPP fixée à 15 % à la consolidation (fibrose résiduelle).

Cas 2 — Néphropathie chronique chez un agent de maintenance CUMA (tableau 42 RA — désignation 3)

Mme B., 54 ans, mécanicienne en CUMA depuis 1995, intervient régulièrement sur la maintenance de matériel agricole comportant des alliages cadmiés (anciens systèmes de freinage, brides). Découverte fortuite d'une protéinurie tubulaire avec élévation de la β2-microglobuline urinaire lors du suivi périodique. Le médecin du travail établit le CMI au titre du tableau 42 RA. La MSA reconnaît la MP : désignation médicale conforme, délai de prise en charge de 2 ans respecté (poste tenu jusqu'à la veille du CMI), travaux comparables à ceux du tableau. IPP fixée à 20 %, rente trimestrielle.

Cas 3 — Ostéomalacie chez un ancien soudeur agricole, CRRMP saisi (tableau 42 RA — désignation 4)

M. C., 67 ans, ancien soudeur dans une coopérative agricole entre 1980 et 2010, présente à 65 ans des douleurs osseuses diffuses, fractures spontanées de côtes et ostéomalacie radiologiquement confirmée. La cessation d'exposition remonte à 14 ans : le délai de prise en charge du tableau (12 ans) est dépassé. Le dossier est transmis au CRRMP, qui retient un lien direct avec le travail habituel au vu d'une exposition prolongée documentée et d'un cadmium urinaire historiquement élevé. Reconnaissance MP hors délai de tableau. IPP fixée à 35 %.

Cas 4 — Faute inexcusable de l'employeur agricole

M. D., 45 ans, salarié d'une entreprise de maintenance d'équipements agricoles, a développé une néphropathie cadmique. L'enquête révèle l'absence de captage à la source, l'absence d'EPI adaptés malgré la fiche de données de sécurité claire sur la classification CMR, et l'absence de suivi biométrologique. Le pôle social du tribunal judiciaire retient la faute inexcusable : l'employeur, en possession de FDS mentionnant le cadmium comme CMR, ne pouvait ignorer le danger. Rente majorée au taux maximum et indemnisation des préjudices personnels (souffrances physiques et morales, préjudice d'agrément).

Questions fréquentes

Le tableau cite expressément le découpage au chalumeau ou la soudure de pièces cadmiées, et la soudure avec alliage de cadmium. Comme la liste est indicative, d'autres travaux comparables exposant au cadmium en milieu agricole (maintenance, atelier de coopérative, ETA) peuvent ouvrir droit à la présomption d'origine.

Le délai de prise en charge est de 2 ans à compter de la cessation d'exposition pour la néphropathie avec protéinurie, et de 12 ans pour l'ostéomalacie. Pour la broncho-pneumopathie aiguë, il est de 5 jours, et pour les troubles gastro-intestinaux aigus de 3 jours.

Non, elle est indicative. Cela signifie que la présomption d'origine professionnelle joue même pour des travaux non expressément cités, dès lors qu'ils exposent au cadmium ou à ses composés de manière comparable à ceux énumérés (Cass. 2e civ., 19 décembre 2013, n° 12-19.995).

À la caisse de Mutualité sociale agricole (MSA) dont dépend le salarié, via le formulaire Cerfa S6909 accompagné du certificat médical initial et de l'attestation de salaire de l'employeur. Le délai de prescription est de 2 ans à compter de la date du CMI.

La valeur limite d'exposition professionnelle contraignante du cadmium et de ses composés inorganiques est fixée à 0,001 mg/m³ (soit 1 µg/m³) en fraction alvéolaire sur 8 heures, depuis le décret n° 2019-1487 du 27 décembre 2019. La biosurveillance repose sur le dosage du cadmium urinaire.

Oui, le tableau n° 61 du régime général couvre des affections similaires liées au cadmium pour les salariés relevant de la CPAM. Les conditions médicales et les délais sont proches, mais la liste des travaux et l'instance compétente diffèrent (CPAM pour le régime général, MSA pour le régime agricole).
Avertissement : cette fiche a une vocation informative. Pour toute démarche concrète de reconnaissance d'une maladie professionnelle, contactez votre médecin du travail, votre CPAM ou un professionnel du droit social. Pour le texte officiel en vigueur, référez-vous à Légifrance.
Page mise à jour le 01/06/2026.