Tableau 66 bis · Régime Général · En vigueur

Pneumopathies d'hypersensibilité

Le tableau 66 bis du régime général reconnaît les pneumopathies d'hypersensibilité (alvéolites allergiques extrinsèques) dues à l'inhalation d'antigènes organiques : moisissures, actinomycètes, protéines aviaires, enzymes. Délai de 30 jours pour la forme aiguë, 15 ans pour la fibrose pulmonaire.

Numéro
66 bis
Régime
Régime Général
Agent causal
Antigènes organiques
Type de liste
Limitative
Durée d'exposition
1 an (pour la fibrose pulmonaire)
Dernière modif.
21/11/2003

Texte officiel du tableau — source Légifrance

Désignation des maladies

Désignation des maladies, délai de prise en charge et liste limitative des travaux

Texte officiel — Annexe II du Code de la sécurité sociale. Tableau créé par le décret n° 2003-1128 du 21 novembre 2003 (JORF du 27 novembre 2003), en vigueur depuis le 28 novembre 2003. Source : Légifrance — LEGIARTI000006746378.

Désignation des maladies Délai de prise en charge Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies
– Bronchoalvéolite aiguë ou subaiguë avec syndrome respiratoire (dyspnée, toux, expectoration) et/ou signes généraux (fièvre, amaigrissement) confirmés par l'exploration fonctionnelle respiratoire et la présence d'anticorps précipitants dans le sérum contre l'agent pathogène responsable ou à défaut par les résultats du lavage broncho-alvéolaire (lymphocytose). 30 jours Travaux de manipulation ou de fabrication exposant à des spores de moisissures ou à des actinomycètes contaminant les particules végétales ou animales suivantes : bagasse de la canne à sucre, malt, paprika, liège, charcuterie, fromages (affinage), pâte à papier et poussières de bois.

Travaux exposant à l'inhalation de particules microbiennes ou mycéliennes dans les laboratoires de microbiologie et les locaux à caractère industriel, de bureaux ou d'habitation, dont l'atmosphère est climatisée ou humidifiée par un dispositif central de traitement de l'air, et travaux d'entretien et de nettoyage de ces installations.

Travaux exposant à l'inhalation d'aérosols d'enzymes (notamment lors de la fabrication ou de l'emploi de produits détergents).

Travaux exposant à l'inhalation de poussières provenant des produits végétaux (notamment céréales, café, thé, tabac, houblon) ou de leur transformation.

Travaux exposant à l'inhalation de protéines aviaires, en particulier dans l'élevage d'oiseaux et de volailles.

Travaux exposant à l'inhalation d'anhydrides d'acides volatils, notamment les anhydrides phtalique, trimellitique, tétrachlorophtalique et hexahydrophtalique.
– Fibrose pulmonaire avec signes radiologiques et troubles respiratoires confirmés par l'exploration fonctionnelle respiratoire et la présence d'anticorps précipitants dans le sérum contre l'agent pathogène responsable ou à défaut par les résultats du lavage broncho-alvéolaire (lymphocytose), et sa complication : insuffisance ventriculaire droite. 15 ans
(sous réserve d'une durée d'exposition d'un an)
Type de liste : limitative. Si vos travaux exposants ne figurent pas explicitement dans cette liste, ou si toutes les conditions du tableau ne sont pas réunies, le dossier peut être présenté au CRRMP (article L. 461-1 al. 4 du Code de la sécurité sociale).

Qu'est-ce que c'est concrètement ?

Le tableau n° 66 bis du régime général reconnaît comme maladies professionnelles les pneumopathies d'hypersensibilité, aussi appelées alvéolites allergiques extrinsèques. Il s'agit de maladies respiratoires immuno-allergiques provoquées par l'inhalation répétée d'antigènes organiques en suspension dans l'air : spores de moisissures, actinomycètes thermophiles, protéines aviaires, poussières végétales ou aérosols d'enzymes.

Un mécanisme allergique, pas une simple irritation

Contrairement à l'asthme professionnel (tableau 66) qui touche les bronches, la pneumopathie d'hypersensibilité atteint le parenchyme pulmonaire profond (les alvéoles). Le système immunitaire, sensibilisé par des expositions répétées, déclenche une réaction inflammatoire dans les alvéoles. Le diagnostic repose sur la mise en évidence d'anticorps précipitants (précipitines) dans le sang dirigés contre l'antigène responsable, ou à défaut sur une lymphocytose au lavage broncho-alvéolaire (LBA).

Trois formes cliniques

  • Forme aiguë : syndrome pseudo-grippal (fièvre, frissons, courbatures) accompagné de toux et de dyspnée, survenant typiquement 4 à 8 heures après l'exposition. Les symptômes régressent à l'arrêt de l'exposition puis réapparaissent à la reprise.
  • Forme subaiguë : toux, essoufflement progressif et altération de l'état général sur plusieurs semaines.
  • Forme chronique : en cas d'exposition prolongée, évolution vers une fibrose pulmonaire irréversible, pouvant se compliquer d'une insuffisance ventriculaire droite (cœur pulmonaire). C'est la forme couverte par le délai de prise en charge de 15 ans du tableau.

Des maladies aux noms imagés

Les pneumopathies d'hypersensibilité portent souvent le nom du métier ou de l'environnement où elles ont été décrites :

  • le « poumon de fermier » (inhalation d'actinomycètes thermophiles du foin moisi) ;
  • la « maladie des éleveurs d'oiseaux » (protéines aviaires des pigeons, perruches, volailles) ;
  • le « poumon des champignonnistes » (spores du compost de culture) ;
  • la « suberose » (poussières de liège moisi) ;
  • la « bagassose » (bagasse de canne à sucre) ;
  • le « poumon des climatiseurs et humidificateurs » (micro-organismes proliférant dans les circuits d'eau des systèmes de traitement d'air).

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic associe plusieurs examens : recherche de précipitines sériques contre l'antigène suspecté, lavage broncho-alvéolaire (mise en évidence d'une lymphocytose), scanner thoracique haute résolution (TDM-HR), épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR) montrant un trouble ventilatoire restrictif, et parfois test de provocation par réexposition contrôlée. L'amélioration à l'éviction de l'antigène est un argument diagnostique majeur.

Qui est concerné ?

Les secteurs les plus exposés sont l'agriculture et l'élevage (fermiers manipulant du foin moisi, éleveurs de volailles et de pigeons), les champignonnistes, l'industrie du bois et du liège, les fromageries (affinage), l'industrie agroalimentaire (malt, café, thé, tabac, charcuterie), la pâte à papier, ainsi que les agents chargés de la maintenance et du nettoyage des systèmes de climatisation et d'humidification.

Source pédagogique : INRS — Tableau RG 66 bis.

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Procédure de reconnaissance

La reconnaissance d'une pneumopathie d'hypersensibilité au titre du tableau 66 bis suit la procédure générale de l'article L. 461-1 du Code de la sécurité sociale.

Étape 1 — Certificat médical initial (CMI)

Le pneumologue ou le médecin du travail établit un certificat médical initial mentionnant la maladie et le tableau : « Pneumopathie d'hypersensibilité (bronchoalvéolite ou fibrose pulmonaire) — tableau 66 bis (RG) ». Le CMI doit s'appuyer sur les éléments de diagnostic exigés par le tableau : exploration fonctionnelle respiratoire et présence d'anticorps précipitants dans le sérum ou, à défaut, lymphocytose au lavage broncho-alvéolaire.

Étape 2 — Déclaration à la CPAM

La victime adresse le formulaire Cerfa S6100 à la CPAM, accompagné :

  • des deux volets du CMI ;
  • des comptes rendus d'examens (EFR, sérologie des précipitines, LBA, scanner thoracique) ;
  • de l'attestation de salaire pour le calcul des indemnités ;
  • des éléments documentant l'exposition professionnelle (fiches de poste, attestation d'exposition, descriptif des tâches).

Délai de prescription : 2 ans à compter du CMI ou de la cessation du travail (article L. 461-5 CSS).

Étape 3 — Vérification des conditions du tableau

La CPAM vérifie que les trois conditions sont remplies : la désignation de la maladie (bronchoalvéolite ou fibrose confirmée par les examens), le délai de prise en charge (30 jours pour la forme aiguë/subaiguë, 15 ans pour la fibrose) et l'exercice de travaux figurant à la liste limitative. Si ces conditions sont réunies, la présomption d'origine professionnelle s'applique.

Étape 4 — Instruction et CRRMP éventuel

Délai d'instruction : 120 jours, prorogeable à 240 (article R. 461-9 CSS). Si l'antigène ou le travail exposant ne figure pas dans la liste limitative, ou si une condition n'est pas remplie, le dossier est transmis au CRRMP (Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles), qui apprécie le lien direct entre la pathologie et le travail habituel.

Sources : articles L. 461-1, L. 461-5, R. 461-9 CSS ; Améli — Reconnaissance MP.

Indemnisation

L'indemnisation d'une pneumopathie d'hypersensibilité reconnue au titre du tableau 66 bis relève du régime des maladies professionnelles, plus favorable que celui de l'assurance maladie de droit commun.

Indemnités journalières (IJSS) pendant l'arrêt

Versées dès le 1ᵉʳ jour, sans délai de carence : 60 % du salaire journalier de référence du 1ᵉʳ au 28ᵉ jour, puis 80 % au-delà (article R. 433-1 CSS). La convention collective peut prévoir un complément employeur portant la rémunération à 100 %.

Rente ou indemnité en capital (IPP)

À la consolidation, un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) est fixé selon le barème indicatif (annexe I de l'article R. 434-32 CSS), en fonction du retentissement respiratoire :

  • forme aiguë guérie après éviction de l'antigène : séquelles souvent faibles ou nulles ;
  • trouble ventilatoire restrictif persistant : taux variable selon le déficit fonctionnel ;
  • fibrose pulmonaire avec insuffisance respiratoire : taux élevé, majoré en cas d'insuffisance ventriculaire droite associée.

Si le taux est inférieur à 10 %, l'indemnisation prend la forme d'une indemnité en capital ; à partir de 10 %, une rente est versée (articles L. 434-1 et L. 434-2 CSS).

Reclassement et inaptitude

La poursuite de l'exposition aggrave la maladie : l'éviction de l'antigène est souvent indispensable. Le médecin du travail peut prononcer une inaptitude au poste exposant, ouvrant droit, en cas d'impossibilité de reclassement, à une indemnité spéciale de licenciement (doublée) et à l'indemnité compensatrice de préavis pour les MP (article L. 1226-14 du Code du travail).

Faute inexcusable de l'employeur

Si l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du risque (absence de captage des poussières, de ventilation, d'entretien des installations de climatisation) sans prendre les mesures nécessaires, la victime peut engager une action en faute inexcusable (article L. 452-1 CSS) : majoration de la rente et indemnisation des préjudices personnels (souffrances physiques et morales, préjudice d'agrément, etc.).

Sources : articles L. 431-1, L. 433-1, L. 434-1 et L. 434-2, L. 452-1 CSS ; article L. 1226-14 du Code du travail. Montants et taux indicatifs : l'IPP est fixée par le médecin-conseil de la CPAM.

Jurisprudence

Le contentieux propre au tableau 66 bis est limité, mais les pneumopathies d'hypersensibilité relèvent des grands principes dégagés par la Cour de cassation en matière de maladies professionnelles respiratoires.

1. La présomption d'origine joue dès que les conditions du tableau sont réunies

Selon une jurisprudence constante (par ex. Cass. 2ᵉ civ., 8 octobre 2009, n° 08-17.005), dès lors que la victime établit la désignation de la maladie, le respect du délai de prise en charge et l'exercice de travaux figurant dans la liste, la maladie est présumée d'origine professionnelle sans qu'elle ait à prouver le lien de causalité. Il appartient à l'employeur ou à la caisse, pour la combattre, de démontrer que la maladie a une cause totalement étrangère au travail.

2. La faute inexcusable repose sur l'obligation de sécurité de l'employeur

L'employeur est tenu d'une obligation de sécurité à l'égard du salarié ; le manquement à cette obligation a le caractère d'une faute inexcusable lorsque l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger et n'a pas pris les mesures nécessaires pour en préserver le salarié (jurisprudence issue des arrêts Cass. soc., 28 février 2002, n° 99-17.201 et arrêts joints). Pour les pneumopathies d'hypersensibilité, ce manquement peut résider dans l'absence de captage des poussières organiques, de ventilation adaptée ou d'entretien des circuits d'eau des installations de climatisation.

3. Maladies hors tableau et recours au CRRMP

Lorsque l'antigène en cause ou le travail exposant ne figure pas dans la liste limitative, la reconnaissance reste possible par la voie du CRRMP sur le fondement de l'article L. 461-1 al. 4 CSS, à condition d'établir que la maladie est essentiellement et directement causée par le travail habituel et qu'elle entraîne une incapacité permanente d'un taux suffisant ou le décès.

Pour suivre la jurisprudence en temps réel : Judilibre, mots-clés « pneumopathie d'hypersensibilité » ou « tableau 66 bis ». Les références de pourvoi doivent toujours être vérifiées avant tout usage juridique.

Prévention

La prévention des pneumopathies d'hypersensibilité repose sur la maîtrise de l'exposition aux antigènes organiques (moisissures, actinomycètes, protéines animales et végétales) et relève à la fois du dispositif « agents chimiques » (articles R. 4412-1 et suivants du Code du travail) et du dispositif « risque biologique » (articles R. 4421-1 et suivants), selon la nature de l'agent.

Évaluation du risque

L'employeur identifie les sources d'antigènes organiques et les consigne dans le document unique d'évaluation des risques (DUERP). Les actinomycètes et moisissures relèvent de l'évaluation du risque biologique (R. 4423-1), tandis que les aérosols d'enzymes ou d'anhydrides d'acides relèvent du risque chimique.

Prévention collective (prioritaire)

  • Stockage et séchage corrects des produits végétaux (foin, paille, grains) pour éviter le développement des moisissures et actinomycètes ;
  • Captage des poussières à la source et ventilation des locaux (manutention de céréales, affinage de fromages, travail du liège, compostage) ;
  • Entretien rigoureux des systèmes de climatisation et d'humidification : nettoyage et désinfection réguliers des circuits d'eau et des filtres, lutte contre la stagnation de l'eau ;
  • Ventilation des bâtiments d'élevage (volailles, pigeons) pour limiter les protéines aviaires en suspension.

Protection individuelle

Lorsque la prévention collective ne suffit pas, port d'appareils de protection respiratoire adaptés (au minimum FFP2 à FFP3 selon le niveau d'empoussièrement) lors des tâches très exposantes : manipulation de foin moisi, vidange de silos, nettoyage de circuits de climatisation, entretien des composts.

Surveillance médicale

Les salariés exposés bénéficient d'un suivi par le médecin du travail, qui peut comporter une surveillance fonctionnelle respiratoire. L'éviction précoce de l'antigène dès les premiers symptômes (forme aiguë) est déterminante pour éviter l'évolution vers la fibrose pulmonaire irréversible. Le médecin du travail peut proposer un aménagement de poste ou un reclassement.

Sources : INRS — Tableau RG 66 bis ; articles R. 4412-1 et suivants (risque chimique) et R. 4421-1 et suivants (risque biologique) du Code du travail.

Cas pratiques

Cas anonymisés et reconstitués à des fins pédagogiques.

Cas 1 — « Poumon de fermier » reconnu en forme aiguë (par tableau)

M. A., 54 ans, exploitant agricole en élevage bovin, manipule quotidiennement du foin stocké en grange. Depuis l'automne, il présente des épisodes répétés de fièvre, toux sèche et essoufflement survenant le soir, quelques heures après le travail au fourrage. Le pneumologue retrouve des précipitines sériques dirigées contre des actinomycètes thermophiles et une lymphocytose au lavage broncho-alvéolaire. Diagnostic : bronchoalvéolite aiguë. Le CMI mentionne le tableau 66 bis (manipulation exposant à des spores de moisissures du foin). Délai de prise en charge de 30 jours respecté. La caisse reconnaît la maladie professionnelle.

Cas 2 — Maladie des éleveurs d'oiseaux évoluant vers la fibrose

Mme B., 58 ans, salariée d'un élevage avicole pendant plus de quinze ans, consulte pour une dyspnée d'effort progressive et un amaigrissement. Le scanner thoracique montre des signes de fibrose pulmonaire ; la sérologie retrouve des précipitines contre les protéines aviaires. Diagnostic : fibrose pulmonaire d'hypersensibilité. La condition de désignation et le délai de prise en charge de 15 ans sont remplis, le travail (inhalation de protéines aviaires en élevage de volailles) figure à la liste limitative. Reconnaissance MP au titre du tableau 66 bis, avec fixation d'un taux d'IPP tenant compte du déficit respiratoire.

Cas 3 — Poumon des climatiseurs et recours au CRRMP

M. C., 47 ans, technicien chargé de la maintenance de centrales de traitement d'air dans des immeubles de bureaux. Il développe une bronchoalvéolite subaiguë avec précipitines. L'exposition à des particules microbiennes issues de circuits d'eau de climatisation mal entretenus correspond à la liste du tableau. Les conditions étant réunies, la maladie est reconnue. En complément, le médecin du travail propose un aménagement des procédures d'entretien et le port systématique d'un appareil de protection respiratoire.

Cas 4 — Suberose chez un ouvrier du liège — antigène à la limite de la liste

M. D., 60 ans, ouvrier dans une unité de transformation du liège, présente une pneumopathie d'hypersensibilité confirmée par précipitines et LBA. L'exposition aux spores de moisissures contaminant le liège figure à la liste limitative ; le dossier est reconnu par tableau. Si, dans une situation voisine, le travail exposant n'avait pas figuré explicitement à la liste, le dossier aurait été transmis au CRRMP pour appréciation du lien direct avec le travail habituel.

Questions fréquentes

C'est une maladie respiratoire immuno-allergique, aussi appelée alvéolite allergique extrinsèque, provoquée par l'inhalation répétée d'antigènes organiques (spores de moisissures, actinomycètes, protéines aviaires, poussières végétales, enzymes). Elle atteint les alvéoles pulmonaires et peut évoluer vers une fibrose en cas d'exposition prolongée.

Le tableau 66 couvre les affections respiratoires de mécanisme allergique comme l'asthme professionnel, qui touche les bronches. Le tableau 66 bis couvre les pneumopathies d'hypersensibilité (alvéolites allergiques extrinsèques), qui atteignent le parenchyme pulmonaire profond et peuvent évoluer vers une fibrose.

Le poumon de fermier est la forme la plus connue de pneumopathie d'hypersensibilité. Il est provoqué par l'inhalation d'actinomycètes thermophiles présents dans le foin moisi. Il peut être reconnu au titre du tableau 66 bis lorsque les conditions du tableau sont réunies.

Le délai est de 30 jours pour la bronchoalvéolite aiguë ou subaiguë (forme aiguë), et de 15 ans pour la fibrose pulmonaire, sous réserve d'une durée d'exposition d'un an pour cette dernière. Ces délais figurent dans le texte officiel de l'Annexe II du Code de la sécurité sociale.

Le diagnostic repose sur l'exploration fonctionnelle respiratoire et la mise en évidence d'anticorps précipitants dans le sérum contre l'antigène responsable, ou à défaut sur une lymphocytose au lavage broncho-alvéolaire. Le scanner thoracique haute résolution et l'amélioration à l'éviction de l'antigène complètent le diagnostic.

Si l'antigène ou le travail exposant ne figure pas dans la liste limitative du tableau 66 bis, ou si une condition n'est pas remplie, le dossier peut être transmis au CRRMP (Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles), qui apprécie le lien direct entre la maladie et le travail habituel (article L. 461-1 al. 4 CSS).
Avertissement : cette fiche a une vocation informative. Pour toute démarche concrète de reconnaissance d'une maladie professionnelle, contactez votre médecin du travail, votre CPAM ou un professionnel du droit social. Pour le texte officiel en vigueur, référez-vous à Légifrance.
Page mise à jour le 27/05/2026.