L1471-1 · L3245-1 · L1134-5 · L1153-5

Calculateur Prescription Prud'homale
Délais CPH 12 mois / 3 ans / 5 ans

Vérifiez si votre action est recevable devant le Conseil de Prud'hommes : date limite de saisine, jours restants et article du Code du travail applicable selon le type de litige.

Outil indicatif — pas un conseil juridique

Ce calculateur donne un délai théorique. La jurisprudence peut moduler ces délais (interruption par saisine, suspension par médiation, point de départ flottant en discrimination). Pour un cas précis, consultez un avocat en droit du travail ou un défenseur syndical. Le non-respect du délai entraîne l'irrecevabilité définitive de l'action.

Votre situation

Type d'action et date du fait litigieux
Date de la rupture, du dernier impayé, du dernier fait

Recevabilité de votre action

Date limite de saisine CPH
Jours restants
jours
Recevable

Base légale et cas particuliers

3 actions à entreprendre

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    Tous les délais de prescription prud'homale

    Type d'action Délai Article Point de départ
    Contestation rupture (licenciement, démission, prise d'acte)12 moisL1471-1Notification rupture
    Rupture conventionnelle (contestation homologation)12 moisL1237-14Homologation DREETS
    Inaptitude (contestation avis médecin du travail)15 joursL4624-7Notification avis (TJ pas CPH)
    Réclamation salaires (heures sup, primes, congés payés)3 ansL3245-1Exigibilité de la créance
    RTT / décompte horaire3 ansL3245-1Exigibilité
    Action exécution contrat (clause non-concurrence, formation)2 ansL1471-1 al. 2Connaissance des faits
    Discrimination (sexe, âge, syndicat, handicap)5 ansL1134-5Révélation discrimination
    Harcèlement (moral ou sexuel)5 ansL1153-5Dernier fait de harcèlement
    Travail dissimulé5 ansL8232-3Connaissance ou cessation
    Requalification CDD en CDI5 ans2224 CCFin du contrat
    Droit commun (action non spécifiquement prévue)5 ans2224 CCConnaissance des faits
    Faute inexcusable AT/MP (pôle social TJ)2 ansL431-2 CSSAccident / consolidation
    Dommages corporels (réparation droit commun)10 ans2226 CCConsolidation du dommage
    Exécution forcée d'un jugement10 ansL111-4 CPCEDate du jugement

    Sources : Code du travail (L1471-1 issu de la loi 2013-504 du 14 juin 2013 modifié par l'ordonnance 2017-1387 du 22 septembre 2017) et Code civil (2224, 2226). Jurisprudence Cass. soc. constante.

    Prescription prud'homale : guide complet 2026

    La prescription est le délai au-delà duquel une action en justice ne peut plus être exercée. En droit du travail, ces délais varient de 15 jours (contestation d'inaptitude) à 10 ans (dommages corporels), avec trois durées dominantes : 12 mois pour la rupture, 3 ans pour les salaires, 5 ans pour les atteintes graves (discrimination, harcèlement, travail dissimulé).

    1. Qu'est-ce que la prescription en droit du travail ?

    La prescription extinctive (article 2219 du Code civil) éteint le droit d'agir en justice après écoulement du délai fixé par la loi. Elle vise à garantir la sécurité juridique : passé un certain temps, les preuves se perdent et il devient injuste d'exposer une partie à un contentieux ancien. En droit du travail, ces délais sont prévus principalement par le Code du travail (articles L1471-1, L3245-1, L1134-5, L1153-5, L8232-3, L4624-7) et subsidiairement par le Code civil (article 2224 pour le droit commun à 5 ans).

    La prescription doit être soulevée par la partie défenderesse (généralement l'employeur) ; le juge prud'homal ne la relève pas d'office. Concrètement, l'employeur attendra la première audience pour invoquer la fin de non-recevoir tirée de la prescription. Si elle est retenue, le CPH déclare la demande irrecevable sans examiner le fond.

    2. Réforme du 14 juin 2013 : uniformisation des délais

    Avant la loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 (relative à la sécurisation de l'emploi), la prescription des actions en exécution du contrat de travail était de 5 ans (droit commun). La loi a unifié les délais en créant trois grandes durées :

    • 2 ans pour les actions en exécution ou rupture du contrat de travail (L1471-1).
    • 3 ans pour le paiement du salaire (L3245-1).
    • 5 ans pour les atteintes spécifiques (discrimination, harcèlement, travail dissimulé).

    L'ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017 (ordonnances Macron) a encore raccourci à 12 mois le délai pour contester la rupture du contrat (licenciement, rupture conventionnelle, prise d'acte). Cette réduction drastique a pour effet de couper l'herbe sous le pied de nombreux salariés qui découvrent leurs droits tardivement.

    3. Point de départ : date de l'événement ou date de connaissance ?

    Le point de départ de la prescription est crucial : il conditionne tout le reste du calcul. Trois grandes catégories :

    • Point de départ fixe : pour la contestation d'une rupture, le délai court à compter de la notification de la rupture (date de réception du courrier recommandé de licenciement, date d'homologation pour la rupture conventionnelle).
    • Point de départ glissant : pour les salaires (L3245-1), le délai court à compter de l'exigibilité de chaque créance. Concrètement, un salarié qui agit en 2026 peut réclamer les heures sup impayées depuis 2023 (3 ans glissants).
    • Point de départ flottant : pour la discrimination (L1134-5), le délai court à compter du jour où le salarié a connaissance ou aurait dû connaître les faits. Un salarié qui découvre en 2026 qu'il a été discriminé en 2018 peut donc agir jusqu'en 2031.

    4. Causes d'interruption (le compteur repart à zéro)

    L'interruption efface le délai déjà couru et fait repartir un nouveau délai de même durée. Les causes d'interruption listées aux articles 2240 à 2244 du Code civil sont :

    1. La saisine du Conseil de Prud'hommes par dépôt de la requête au greffe (la simple convocation à l'audience de conciliation n'est pas une interruption préalable, c'est la requête qui compte).
    2. La saisine d'une juridiction même incompétente (par exemple, le tribunal judiciaire saisi à tort) : la saisine produit effet interruptif jusqu'au jugement définitif d'incompétence.
    3. La reconnaissance par l'employeur du droit du salarié (par exemple, un protocole d'accord transactionnel, un courrier reconnaissant devoir des heures sup).
    4. L'acte d'exécution forcée (saisie, commandement de payer délivré par huissier).

    Attention : la simple mise en demeure par lettre recommandée n'interrompt PAS la prescription en droit du travail. Beaucoup de salariés perdent leurs droits en pensant à tort qu'une lettre à l'employeur suffit.

    5. Causes de suspension (le compteur s'arrête puis reprend)

    La suspension arrête le décompte sans effacer le délai déjà couru. À la fin de la cause de suspension, le délai reprend là où il s'est arrêté. Les causes principales :

    • Médiation conventionnelle ou conciliation (article 2238 CC) : la prescription est suspendue à compter de l'accord de recourir à la médiation, ou de la première réunion, jusqu'à la fin (échec ou accord).
    • Force majeure (article 2234 CC) : empêchement absolu d'agir (catastrophe, maladie grave, etc.). Très rarement retenue par les juges.
    • Minorité ou incapacité (article 2235 CC) : le délai ne court pas contre les mineurs ou les majeurs protégés.
    • Procédure de redressement / liquidation judiciaire de l'employeur : la déclaration de créance par le salarié interrompt et suspend.

    6. Prescription longue : discrimination, harcèlement, travail dissimulé (5 ans)

    Les violations les plus graves bénéficient du délai allongé de 5 ans, justifié par le caractère insidieux et tardivement révélé de ces atteintes :

    • Discrimination (L1134-5) : 5 ans à compter de la révélation. La Cour de cassation admet une réparation intégrale du préjudice depuis l'origine de la discrimination, même au-delà des 5 ans (Cass. soc. 22 mars 2007). Exemple : un salarié discriminé syndicalement pendant 15 ans peut obtenir un rappel de salaires sur toute la période, même s'il n'a agi que dans les 5 ans suivant la révélation.
    • Harcèlement moral ou sexuel (L1153-5) : 5 ans à compter du dernier fait constituant le harcèlement (les faits forment un ensemble indivisible).
    • Travail dissimulé (L8232-3) : 5 ans pour réclamer l'indemnité forfaitaire de 6 mois de salaire prévue à l'article L8223-1.

    7. Prescription courte : contestation rupture (12 mois)

    L'article L1471-1, dans sa rédaction issue de l'ordonnance Macron 2017, prévoit que toute action portant sur la rupture du contrat de travail se prescrit par 12 mois à compter de la notification de la rupture. Sont concernés :

    • Contestation du motif de licenciement (économique, personnel, faute simple, grave ou lourde, inaptitude).
    • Demande de dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse (barème Macron).
    • Contestation d'une rupture conventionnelle (L1237-14).
    • Prise d'acte de la rupture aux torts de l'employeur (le délai court à compter de la prise d'acte).
    • Demande de résiliation judiciaire du contrat (le délai court à compter de la rupture définitive).

    Ce délai très court est le piège principal des contentieux prud'homaux : passé 12 mois, le salarié ne peut plus contester son licenciement, quelle qu'en soit la gravité.

    8. Heures supplémentaires : 3 ans glissants (L3245-1)

    L'action en paiement du salaire et de ses accessoires se prescrit par 3 ans à compter du jour où la créance est devenue exigible. Le salaire étant mensuel, chaque mois ouvre un nouveau délai de 3 ans pour les sommes du mois concerné. Conséquence pratique :

    • Un salarié en poste qui saisit le CPH en juin 2026 peut réclamer les heures sup impayées depuis juin 2023 (3 ans glissants).
    • Un salarié dont le contrat est rompu en mars 2025 a 3 ans à compter de la rupture pour réclamer les sommes dues sur les 3 années précédentes (2022 à 2025).
    • Le décompte horaire (RTT non pris, repos compensateurs) suit la même règle.

    Cette prescription concerne aussi les primes (treizième mois, ancienneté, vacances), les indemnités conventionnelles non versées, et l'indemnité de précarité CDD.

    9. Impact de la mise en demeure et de la médiation conventionnelle

    Beaucoup de salariés (et d'employeurs) commettent l'erreur de croire qu'une mise en demeure suffit à bloquer la prescription. C'est faux pour les actions prud'homales : seule la saisine du CPH (par requête au greffe) interrompt le délai. La mise en demeure peut servir à constituer une preuve ou à manifester sa bonne foi, mais elle ne stoppe pas le compteur.

    En revanche, la médiation conventionnelle (article 2238 CC) suspend la prescription pendant toute la durée du processus. C'est un outil utile pour gagner du temps tout en explorant une issue amiable : on signe un accord de médiation, la prescription est gelée, et si la médiation échoue on conserve le délai restant pour saisir le CPH. À ne pas confondre avec la conciliation prud'homale obligatoire (bureau de conciliation et d'orientation, art. R1454-7) qui intervient après la saisine et n'a donc pas d'effet supplémentaire sur la prescription.

    10. Erreurs fréquentes à éviter

    1. Confondre prescription et forclusion : la prescription peut être interrompue/suspendue, la forclusion (ex. 15 jours pour contester un avis d'inaptitude) ne se prolonge pas.
    2. Se fier à une mise en demeure au lieu de saisir le CPH. Seule la requête au greffe interrompt le délai.
    3. Compter le délai à partir du dernier fait en discrimination, alors que le point de départ est la révélation (souvent plus tardive).
    4. Cumuler tous les chefs de demande sur 12 mois. Distinguer : 12 mois pour la rupture, mais 3 ans pour les heures sup arriérées (on peut perdre la contestation de la rupture mais conserver les arriérés de salaire).
    5. Oublier la prescription civile de 5 ans (article 2224 CC) pour les actions non couvertes par le Code du travail.
    6. Croire que la rupture conventionnelle ne se conteste pas : 12 mois à compter de l'homologation pour vice du consentement ou harcèlement antérieur.
    7. Saisir un tribunal incompétent par sécurité : la saisine interrompt bien la prescription, mais il faut ressaisir le CPH dans le délai après le jugement d'incompétence.
    8. Négliger l'écrit : sans saisine officielle datée et tamponnée par le greffe, impossible de prouver l'interruption du délai.
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    Questions fréquentes — Prescription prud'homale

    12 mois à compter de la notification de la rupture (article L1471-1, ordonnance Macron du 22 septembre 2017). Ce délai s'applique à tous les motifs (économique, personnel, faute, inaptitude) et inclut la contestation d'une rupture conventionnelle (L1237-14). Au-delà : action irrecevable, plus de barème Macron ni dommages-intérêts pour absence de cause réelle et sérieuse.

    3 ans à compter de l'exigibilité de la créance (article L3245-1). C'est une prescription glissante : un salarié qui agit en 2026 peut réclamer les heures sup impayées depuis 2023. Si le contrat est rompu, le délai court à partir de la rupture pour les sommes dues sur les 3 années précédentes. Concerne aussi primes, treizième mois, ancienneté, congés payés non pris, RTT.

    À compter de la révélation de la discrimination au salarié, pas de la date des faits (article L1134-5, prescription 5 ans). Ce point de départ flottant protège le salarié qui découvre tardivement avoir été lésé. La réparation peut couvrir l'intégralité du préjudice depuis l'origine de la discrimination, même au-delà des 5 ans (Cass. soc. 22 mars 2007). Idem pour le harcèlement (L1153-5).

    Oui, dans un délai de 12 mois à compter de l'homologation par la DREETS (article L1237-14). Motifs admis : vice du consentement (violence morale, harcèlement, dol), absence d'entretien préalable, indemnité inférieure au minimum légal, rupture en période protégée (maternité, AT/MP), salarié protégé sans autorisation de l'inspection. Si la contestation aboutit : requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse + barème Macron.

    L'action est irrecevable : le Conseil de Prud'hommes la déclare éteinte sans examiner le fond (article 2219 CC). Le salarié ne peut plus obtenir de condamnation. La prescription n'est cependant pas d'ordre public : si l'employeur ne la soulève pas, le juge ne la relève pas d'office. La compensation entre créances reste possible même si une créance est prescrite. L'exécution forcée d'un jugement définitif a son propre délai (10 ans, L111-4 CPCE).

    Non en droit du travail. Une lettre recommandée AR adressée à l'employeur ne stoppe pas le compteur. Seules causes d'interruption (art. 2240-2244 CC) : 1) Saisine du CPH (requête au greffe). 2) Reconnaissance par l'employeur du droit du salarié (protocole transactionnel, courrier reconnaissant la dette). 3) Saisine même devant juridiction incompétente. 4) Acte d'exécution forcée. Pour bloquer la prescription : saisir, ne pas se contenter d'écrire.

    Oui : la médiation et la conciliation conventionnelles suspendent la prescription (article 2238 CC) à compter de l'accord de recourir à la médiation, ou à défaut à compter de la première réunion. Le délai reprend ensuite là où il s'est arrêté (et non à zéro). À ne pas confondre avec la conciliation prud'homale obligatoire (BCO) qui intervient après la saisine et n'a donc pas d'impact supplémentaire sur la prescription.

    Prescription = délai d'extinction de l'action, susceptible d'interruption (saisine, reconnaissance) et de suspension (médiation), doit être soulevée par la partie adverse. Forclusion = délai préfix, ne se prolonge pas, peut être relevé d'office par le juge. En droit du travail, presque tous les délais sont des prescriptions. Exceptions de forclusion : 15 jours pour contester un avis d'inaptitude (L4624-7), 2 mois pour contester certaines élections professionnelles.

    5 ans en principe (article 2224 CC, droit commun), à compter de la connaissance des faits (souvent la fin du contrat). Pour le travail dissimulé : L8232-3, même prescription quinquennale. Mais attention aux conséquences : si la demande vise les conséquences financières (indemnité de requalification, précarité), la prescription des salaires (3 ans, L3245-1) peut s'appliquer ; si elle vise la rupture (refus de transformation en CDI), c'est 12 mois (L1471-1).

    Plusieurs délais selon l'action : 1) Déclaration AT par l'employeur sous 48 h (R441-3 CSS), à défaut par le salarié sous 2 ans. 2) Contestation avis d'inaptitude du médecin du travail : 15 jours devant le TJ (L4624-7). 3) Faute inexcusable devant le pôle social du TJ : 2 ans à compter de l'accident ou de la consolidation (L431-2 CSS). 4) Dommages corporels droit commun : 10 ans (2226 CC). 5) Contestation licenciement pour inaptitude : 12 mois (L1471-1). Bien identifier la nature de l'action.
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    Délais clés 2026

    12 mois
    Contestation rupture (L1471-1) — licenciement, rupture conventionnelle, prise d'acte, inaptitude.
    3 ans
    Salaires, heures sup, primes, RTT (L3245-1) — délai glissant.
    5 ans
    Discrimination (L1134-5), harcèlement (L1153-5), travail dissimulé (L8232-3), droit commun (2224 CC).
    2 ans
    Faute inexcusable AT/MP (L431-2 CSS) + exécution contrat (L1471-1 al. 2).
    15 jours
    Contestation avis d'inaptitude (L4624-7) — devant le tribunal judiciaire.
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