Barème Macron — Art. L1235-3

Calculateur d'Indemnité Prud'homale
Licenciement sans cause réelle et sérieuse

Estimez la fourchette d'indemnisation que vous pourriez obtenir aux prud'hommes selon le barème Macron 2026. Calcul instantané avec l'indemnité légale cumulable, gratuit et sans inscription.

Barème 2026 officiel Indemnité légale incluse Min < 11 / ≥ 11 salariés
À noter — Cet outil donne une estimation du barème Macron (article L1235-3 du Code du travail). Le juge prud'homal apprécie souverainement le montant entre le plancher et le plafond selon votre préjudice. Pour un cas réel, consultez un avocat en droit du travail ou un défenseur syndical.

Votre situation

Calcul instantané selon le barème en vigueur
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Moyenne brute 12 ou 3 derniers mois (le plus favorable)
Effectif moyen sur les 12 derniers mois
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Fourchette d'indemnisation prud'homale

Selon le barème Macron en vigueur
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Médiane estimée
— mois
Plafond
— mois

Indemnité légale de licenciement (article L1234-9) — cumulable
Calcul automatique 1/4 mois × ans (≤10) + 1/3 mois × ans (>10)
Estimation totale (médiane + indemnité légale) Hors préavis et autres rappels éventuels
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Tableau du barème Macron en mois de salaire — Art. L1235-3

Le tableau ci-dessous indique le minimum et le maximum d'indemnité, exprimés en mois de salaire brut de référence, selon l'ancienneté révolue et la taille de l'entreprise.

Ancienneté révolue Entreprise < 11 salariés Entreprise ≥ 11 salariés
Min Max Min Max

À partir de 10 ans d'ancienneté, le plancher de 3 mois s'applique uniformément aux deux types d'entreprises. Le plafond est identique pour toutes les tailles.

Indemnité prud'homale : guide complet 2026

Le barème Macron encadre depuis 2017 les indemnités versées par les conseils de prud'hommes en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Validé par la Cour de cassation en assemblée plénière le 11 mai 2022, il s'impose au juge sauf hypothèse de nullité. Ce guide détaille son fonctionnement, ses limites et les indemnités cumulables.

Origine et cadre légal du barème

Le barème Macron est issu de l'ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017, dite "ordonnances travail", ratifiée par la loi du 29 mars 2018. Il est codifié à l'article L1235-3 du Code du travail. Son objectif affiché : sécuriser les ruptures de contrat de travail en donnant aux employeurs une prévisibilité du risque financier en cas de contentieux.

Avant 2017, l'indemnité était fixée librement par le juge avec un plancher de 6 mois pour les salariés ayant plus de 2 ans d'ancienneté dans une entreprise de plus de 11 salariés. La réforme a introduit à la fois un plancher minoré (3 mois en règle générale) et un plafond qui croît avec l'ancienneté (jusqu'à 20 mois).

Sa conformité aux conventions internationales (notamment l'article 10 de la Convention 158 de l'OIT et l'article 24 de la Charte sociale européenne) a été contestée par plusieurs conseils de prud'hommes avant d'être définitivement validée par la Cour de cassation, assemblée plénière, dans deux arrêts du 11 mai 2022 (n° 21-14.490 et 21-15.247).

Comment se calcule l'indemnité prud'homale ?

Le calcul suit trois étapes :

  1. Déterminer le salaire de référence (article R1234-4) : montant le plus favorable entre la moyenne mensuelle brute des 12 derniers mois OU des 3 derniers mois (primes annuelles proratisées dans ce dernier cas).
  2. Identifier la fourchette applicable dans le barème selon l'ancienneté révolue (en années complètes) et la taille de l'entreprise (< 11 ou ≥ 11 salariés).
  3. Le juge positionne le montant entre le plancher et le plafond en fonction des circonstances : âge du salarié, situation familiale, état de santé, conditions du marché de l'emploi local, faute de l'employeur, etc.

Exemple chiffré : salarié de 2 500 € brut/mois, 8 ans d'ancienneté dans une entreprise de 50 salariés. La fourchette est de 3 à 8 mois. L'indemnité ira donc de 7 500 € à 20 000 €. La médiane statistique des décisions se situe vers 5,5 mois (13 750 €), mais peut varier selon les juridictions.

L'indemnité légale de licenciement (cumulable)

Indépendamment du barème prud'homal, l'indemnité légale de licenciement est due à tout salarié en CDI ayant au moins 8 mois d'ancienneté (article L1234-9 modifié par l'ordonnance du 22 septembre 2017). Cette indemnité est toujours due, que le licenciement soit jugé fondé ou non, et se cumule avec l'indemnité prud'homale du barème.

Le calcul est défini à l'article R1234-2 :

  • 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années.
  • 1/3 de mois de salaire (33,33 %) par année d'ancienneté au-delà de 10 ans.

Exemple : 12 ans d'ancienneté → 0,25 × 10 + 0,33 × 2 = 2,5 + 0,67 = 3,17 mois de salaire. Pour un brut de 3 000 €, cela représente 9 510 € d'indemnité légale, à ajouter à l'indemnité prud'homale du barème Macron.

L'indemnité légale est un plancher. La convention collective peut prévoir un montant plus favorable (indemnité conventionnelle), qui s'applique alors à la place.

Quand le barème est-il écarté ?

Le barème Macron ne s'applique pas en cas de nullité du licenciement. L'indemnité minimum est alors fixée à 6 mois de salaire sans plafond (article L1235-3-1). Les cas de nullité sont limitativement énumérés :

  • Discrimination (origine, sexe, âge, religion, orientation sexuelle, état de santé, handicap, situation de famille, etc.) — articles L1132-1 et L1132-4.
  • Harcèlement moral ou sexuel — articles L1152-3 et L1153-4.
  • Licenciement d'une salariée enceinte, en congé maternité ou dans les 10 semaines suivant le retour — article L1225-71.
  • Licenciement consécutif à un accident du travail ou maladie professionnelle pendant la période de suspension du contrat (article L1226-13).
  • Atteinte à une liberté fondamentale (droit de grève, liberté d'expression, vie privée, etc.).
  • Licenciement d'un lanceur d'alerte (loi Sapin II du 9 décembre 2016, article 12).
  • Licenciement consécutif à une action en justice du salarié ou à un témoignage de bonne foi.
  • Licenciement d'un salarié protégé sans autorisation de l'inspection du travail.

Dans tous ces cas, le salarié a droit à : indemnité minimale de 6 mois + indemnité légale + indemnité compensatrice de préavis + indemnité de congés payés + éventuelle réintégration dans son emploi (sauf demande contraire du salarié).

Régime fiscal et social de l'indemnité

Le traitement fiscal et social de l'indemnité prud'homale dépend de sa nature (dommages-intérêts pour licenciement injustifié) :

ComposanteImpôt sur le revenuCotisations socialesCSG/CRDS
Indemnité prud'homale (DI)Exonérée jusqu'à 2 PASS (94 200 € en 2026)Exonération jusqu'à 2 PASSExonération limitée
Indemnité légale L1234-9Exonérée jusqu'au plus favorable des 3 plafondsExonérée jusqu'à 2 PASSExonération partielle
Indemnité conventionnelleIdem indemnité légaleIdemIdem
Rappels de salaire / heures supSoumis à l'IRSoumisSoumis
Indemnité compensatrice CPSoumisSoumisSoumis

Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) 2026 est de 47 100 €, soit 2 PASS = 94 200 €. Au-delà de ce seuil, la part excédentaire devient imposable et soumise à charges sociales. Pour des indemnités très élevées (cadres dirigeants), l'optimisation fiscale via le système du quotient (article 163 OA du CGI) peut être envisagée.

Délai pour saisir les prud'hommes

Le délai de prescription pour contester un licenciement est de 12 mois à compter de la notification du licenciement (article L1471-1). Ce délai court est essentiel à connaître : passé ce délai, l'action est irrecevable.

Pour les autres demandes :

  • 3 ans pour les rappels de salaire, primes, heures supplémentaires (L3245-1).
  • 5 ans pour les actions en discrimination ou harcèlement (à compter de la révélation des faits).
  • 2 ans pour la contestation de la rupture d'un CDD ou d'une rupture conventionnelle.

La saisine se fait via une requête déposée au greffe du conseil de prud'hommes territorialement compétent (lieu de travail ou siège de l'entreprise, au choix du salarié). Aucune obligation d'avocat en première instance. Une conciliation préalable obligatoire précède l'audience de jugement.

Indemnités cumulables avec le barème prud'homal

En plus de l'indemnité prud'homale (barème) et de l'indemnité légale de licenciement, plusieurs autres sommes peuvent être réclamées :

  1. Indemnité compensatrice de préavis : si le préavis n'a pas été exécuté ou rémunéré. 1 mois (6 mois à 2 ans d'ancienneté) ou 2 mois (≥ 2 ans). Convention plus favorable possible.
  2. Indemnité compensatrice de congés payés non pris à la date de la rupture.
  3. Indemnité pour procédure de licenciement irrégulière : maximum 1 mois de salaire (article L1235-2). Cumulable avec l'indemnité du barème.
  4. Indemnité pour non-respect de l'ordre des licenciements en cas de licenciement économique.
  5. Indemnité pour non-respect de la priorité de réembauchage en cas de licenciement économique : minimum 1 mois de salaire (L1235-13).
  6. Dommages-intérêts pour préjudice distinct (perte de retraite, perte d'image, etc.) reconnu par la jurisprudence.
  7. Rappels de salaire en cas d'heures supplémentaires non payées, primes non versées, etc.

Conseils pratiques pour le salarié

  1. Ne pas attendre : le délai de 12 mois passe vite. Dès la notification du licenciement, prenez rendez-vous avec un avocat en droit social ou un défenseur syndical.
  2. Conservez toutes les preuves : contrat, fiches de paie, emails, témoignages, attestations de collègues, certificats médicaux, comptes-rendus d'entretiens. Plus la procédure de licenciement est entachée d'irrégularités, plus le juge se positionnera vers le haut du barème.
  3. Vérifiez les motifs : la lettre de licenciement fixe les limites du litige (Cass. soc. 2 mars 2010). Un motif vague ou imprécis suffit à rendre le licenciement injustifié.
  4. Évaluez la nullité possible : si vous étiez en congé maternité, en arrêt AT-MP, victime de discrimination, lanceur d'alerte, etc., l'indemnité passe à 6 mois minimum sans plafond.
  5. Pensez à la conciliation : la phase obligatoire de conciliation permet souvent d'obtenir une transaction rapide. Le barème indicatif de conciliation (article D1235-21) propose des montants raisonnables selon l'ancienneté.
  6. Restez vigilant sur la fiscalité : au-delà de 2 PASS (94 200 €), une partie de l'indemnité devient imposable. Anticipez l'impact sur votre TMI (tranche marginale d'imposition).
  7. Aide juridictionnelle : sous condition de ressources, vous pouvez bénéficier de l'aide juridictionnelle totale ou partielle pour couvrir les frais d'avocat aux prud'hommes.
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Questions fréquentes — Indemnité prud'homale

Le barème Macron est l'ensemble des planchers et plafonds d'indemnisation que le conseil de prud'hommes doit appliquer en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, instauré par l'ordonnance n°2017-1387 du 22 septembre 2017 et codifié à l'article L1235-3 du Code du travail. Il fixe une fourchette en mois de salaire brut selon l'ancienneté et la taille de l'entreprise. Validé par la Cour de cassation le 11 mai 2022 (assemblée plénière), il s'impose au juge sauf cas de nullité du licenciement.

En 2 étapes : 1) détermination du salaire de référence (moyenne brute des 12 ou des 3 derniers mois, le plus favorable) ; 2) application du barème selon ancienneté et taille de l'entreprise (≥ ou < 11 salariés). Exemple : 5 ans / 2 500 € brut / 50 salariés → 3 à 6 mois soit 7 500 € à 15 000 €. À cela s'ajoute toujours l'indemnité légale de licenciement (article L1234-9), distincte du barème.

Le plafond varie de 1 mois (moins d'1 an d'ancienneté) à 20 mois de salaire (à partir de 29 ans d'ancienneté). Pour les anciennetés de 10 à 30 ans, le plafond évolue de 10 à 20 mois par paliers d'environ 0,5 à 1 mois par année. Maximum absolu : 20 mois à 29 ans d'ancienneté. Au-delà, le plafond reste à 20 mois.

Oui, mais avec un plancher minoré pour les entreprises de moins de 11 salariés. Le minimum d'indemnité est ramené de 3 mois à 0,5 à 2,5 mois selon l'ancienneté (jusqu'à 10 ans). Le plafond, en revanche, reste identique aux entreprises plus grandes. Au-delà de 10 ans d'ancienneté, le plancher de 3 mois s'applique également aux TPE.

En cas de nullité du licenciement, qui ouvre droit à un minimum de 6 mois sans plafond (article L1235-3-1). Cas de nullité : discrimination (origine, sexe, âge, religion, syndicalisme...), licenciement d'une salariée enceinte ou en congé maternité, licenciement consécutif à un harcèlement moral ou sexuel, licenciement d'un lanceur d'alerte, licenciement consécutif à une action en justice du salarié, atteinte à une liberté fondamentale, licenciement pendant un AT-MP ou un congé paternité.

Non. L'indemnité prud'homale du barème Macron est totalement distincte et se cumule avec l'indemnité légale de licenciement (article L1234-9 et R1234-2) : 1/4 de mois par année pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois par année au-delà. Exemple : 12 ans d'ancienneté = 0,25 × 10 + 0,33 × 2 = 3,17 mois. Elle est due dès 8 mois d'ancienneté, peu importe que le licenciement soit jugé fondé ou non.

Les dommages-intérêts pour licenciement sans cause sont exonérés d'impôt dans la limite de 2 PASS (94 200 € en 2026). Au-delà, la part excédentaire est imposable. Côté charges sociales : exonération de CSG/CRDS dans la limite légale ou la moyenne sur 2 PASS, et exonération de cotisations sociales jusqu'à 2 PASS également. L'indemnité légale est totalement exonérée d'IR dans la limite du montant le plus favorable (légale, conventionnelle, ou 2 PASS).

Délai de prescription : 12 mois à compter de la notification du licenciement (article L1471-1). Pour les rappels de salaire ou indemnités contractuelles : 3 ans. Pour discrimination ou harcèlement : 5 ans à compter de la révélation des faits. La saisine se fait par requête déposée au greffe du conseil de prud'hommes territorialement compétent (lieu de travail ou siège de l'entreprise, au choix du salarié).

En théorie non, sauf en cas de nullité du licenciement. Plusieurs CPH avaient tenté d'écarter le barème en invoquant l'article 10 de la Convention 158 de l'OIT. La Cour de cassation, dans son arrêt d'assemblée plénière du 11 mai 2022, a confirmé la conformité du barème à la Convention OIT et son caractère obligatoire. Le juge positionne le montant entre le plancher et le plafond selon l'âge, la situation familiale, l'état du marché de l'emploi, l'état de santé du salarié.

Article R1234-4 : le montant le plus favorable au salarié entre 1) la moyenne mensuelle brute des 12 derniers mois précédant la rupture, et 2) la moyenne mensuelle brute des 3 derniers mois (les primes annuelles étant alors proratisées). Inclus : salaire de base, primes mensuelles, avantages en nature, commissions, 13e mois proraté. Exclus : remboursements de frais, indemnités de congés payés, primes exceptionnelles non récurrentes.
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Repères clés 2026

Plancher (≥ 11 sal., 2-29 ans)3 mois
Plafond maximum (29+ ans)20 mois
Min nullité licenciement6 mois
Indemnité légale (≤10 ans)1/4 mois/an
Indemnité légale (>10 ans)1/3 mois/an
Prescription action12 mois
Ancienneté minimum8 mois
PASS 2026 (×2 exo IR)94 200 €
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