Calculateur de Tirant d'Air
Antichute longe · enrouleur · coulisseau
Ai-je assez de vide sous les pieds pour que mon harnais serve à quelque chose ? Calculez la hauteur libre nécessaire, la chute libre et le facteur de chute, avec le détail du calcul et les sources.
Votre système d'arrêt de chute
Le calcul change complètement selon le type d'EPITirant d'air nécessaire
Calcul instantané, détaillé terme à termeDétail du calcul
| Terme | Valeur |
|---|
Vérification de l'effet pendulaire
L'INRS signale que l'usage d'une liaison longue pour des déplacements horizontaux en rive crée des « risques de balancement (effet pendulaire) susceptible de provoquer le heurt de l'opérateur avec le sol ou un obstacle ». Cet outil ne calcule pas la trajectoire du balancement : au-delà de la limite de déport fixée par la notice (couramment 30°), l'analyse revient à une personne compétente.
Tirant d'air de référence — longe avec absorbeur d'énergie
Hauteur libre nécessaire sous le point d'ancrage, pour un opérateur dont le point d'accrochage dorsal est à 1,50 m des pieds et une marge de sécurité de 1 m. Ligne surlignée = configuration défavorable de référence.
| Longe + connecteurs | Allongement absorbeur | Opérateur + marge | Tirant d'air requis |
|---|---|---|---|
| 2,00 m maxi EN 355 | 1,75 m (maxi) | 2,50 m | 6,25 m |
| 2,00 m | 1,20 m | 2,50 m | 5,70 m |
| 1,50 m | 1,75 m | 2,50 m | 5,75 m |
| 1,50 m | 1,20 m | 2,50 m | 5,20 m |
| 1,00 m | 1,75 m | 2,50 m | 5,25 m |
| 1,00 m | 1,20 m | 2,50 m | 4,70 m |
Ces valeurs se lisent sous l'ancrage. Pour obtenir le vide nécessaire sous les pieds, retranchez la hauteur du point d'ancrage au-dessus de votre plan de travail : un ancrage à 2 m au-dessus du plancher ramène les 6,25 m à 4,25 m de vide sous les pieds.
Comprendre et calculer le tirant d'air
Le tirant d'air, c'est quoi exactement ?
Un harnais n'arrête pas une chute tout seul : il la freine, sur une certaine distance. Le tirant d'air est la hauteur libre dont vous devez disposer sous vous pour que ce freinage s'achève avant que votre corps ne touche le sol ou un obstacle. S'il manque un mètre, tout l'équipement — harnais, longe, absorbeur, ancrage conforme — ne sert strictement à rien : la personne est arrêtée par le sol, pas par son EPI.
L'INRS le formule clairement dans la brochure ED 6110 : l'allongement de l'absorbeur lors de la chute « nécessite de disposer d'un tirant d'air important, qui doit être vérifié avant le début de l'intervention ». Ce n'est donc pas un contrôle a posteriori, c'est une donnée de préparation de chantier, au même titre que la résistance de l'ancrage.
La formule, terme par terme
Tirant d'air sous l'ancrage = longueur de la liaison + allongement de l'absorbeur + distance dorsal-pieds + marge de sécurité (+ flèche de la ligne de vie)
- Longueur de la liaison (longe + connecteurs). L'INRS rappelle que « la longueur d'une longe pour antichute ne peut dépasser 2 m » ; la norme NF EN 355 plafonne à 2 m l'ensemble longe + absorbeur + connecteurs. Une longe plus courte réduit d'autant le tirant d'air.
- Allongement de l'absorbeur d'énergie. C'est la longueur de sangle qui se déchire pour dissiper l'énergie. Valeur maximale normative : 1,75 m. Beaucoup de notices annoncent moins — mais tant que vous ne l'avez pas lue, retenez 1,75 m.
- Distance point d'accrochage dorsal → pieds. Après l'arrêt, vous êtes suspendu par le dos : vos pieds sont environ 1,50 m plus bas que l'anneau dorsal. C'est la valeur d'usage retenue par les guides de calcul.
- Marge de sécurité. Au minimum 1 m. Elle absorbe les incertitudes : allongement réel du harnais et de la sangle, position exacte de l'anneau dorsal, tolérances de mesure, glissement du corps dans le harnais.
- Flèche de la ligne de vie. Sur un support d'assurage horizontal (NF EN 795 classe C), le câble s'affaisse sous le choc. Cette flèche s'ajoute intégralement au tirant d'air et ne s'invente pas : elle figure sur la note de calcul de l'installateur.
Sous l'ancrage ou sous les pieds ? L'erreur la plus fréquente
Le fameux « 6,25 m » se mesure sous le point d'ancrage, parce qu'il intègre déjà la hauteur de l'opérateur. Sur le terrain, ce que vous voyez, c'est le vide sous vos pieds. Les deux ne sont pas interchangeables : avec un ancrage à 2 m au-dessus du plancher, il vous faut 4,25 m sous les pieds, pas 6,25 m. Comparer une valeur « sous ancrage » à une mesure « sous les pieds » conduit à surdimensionner — ou, dans l'autre sens, à valider un poste qui ne l'est pas. Le calculateur ci-dessus affiche systématiquement les deux.
Facteur de chute : ce qu'il change et ce qu'il ne change pas
Le facteur de chute est le rapport entre la hauteur de chute libre et la longueur de la longe. Facteur 0 : ancrage au-dessus de la tête, longe tendue, chute quasi nulle. Facteur 1 : ancrage au niveau de l'anneau dorsal. Facteur 2 : ancrage au niveau des pieds, cas le plus violent — et tous les absorbeurs ne sont pas qualifiés pour cette configuration.
Point contre-intuitif : à longe et absorbeur donnés, la position finale du corps par rapport à l'ancrage ne dépend pas du facteur de chute. Le tirant d'air mesuré sous l'ancrage reste donc le même. Ce qui change, c'est (1) la violence du choc, donc l'allongement réellement consommé par l'absorbeur, et (2) le vide nécessaire sous vos pieds, qui augmente mécaniquement quand l'ancrage descend. Un ancrage haut est toujours préférable, pour la sécurité comme pour le tirant d'air.
Ce que dit vraiment le Code du travail
L'article R. 4323-61 alinéa 1er impose, lorsque la protection collective est impossible depuis un plan de travail, « un système d'arrêt de chute approprié ne permettant pas une chute libre de plus d'un mètre ou limitant dans les mêmes conditions les effets d'une chute de plus grande hauteur ».
Attention au contresens. L'INRS souligne que ce texte « est souvent mal interprété par les utilisateurs qui pensent que la chute libre d'un mètre sans moyen d'amortissement est autorisée, ce qui est inexact » : les essais montrent un effort de l'ordre de 1 200 daN dans ces conditions, alors que la norme NF EN 363 retient une valeur limite de 600 daN. La chute libre d'un mètre s'entend donc avec un dispositif d'absorption d'énergie.
Et cela reste une solution de repli : l'article R. 4323-58 pose la priorité aux protections collectives, et l'article R. 4323-60 impose, à défaut de garde-corps, des dispositifs de recueil souples positionnés « de manière à permettre d'éviter une chute de plus de trois mètres ».
Tirant d'air insuffisant : les cinq issues possibles
Dans l'ordre de préférence, et jamais en rognant la marge de sécurité :
- Supprimer le risque de chute — protection collective : garde-corps, plancher, plate-forme, nacelle (PEMP).
- Passer en système de retenue — une longe réglée trop courte pour atteindre la zone de chute : la chute devient impossible, le tirant d'air n'a plus d'objet.
- Remonter le point d'ancrage — chaque mètre gagné en hauteur d'ancrage est un mètre de vide en moins nécessaire sous les pieds.
- Changer de système — un antichute à rappel automatique installé à la verticale bloque sur une distance très courte et divise le tirant d'air requis.
- Raccourcir la liaison — longe de 1 m plutôt que 2 m, absorbeur à faible allongement documenté par sa notice.
Les limites de ce calculateur
- Il additionne des valeurs documentées : la notice du fabricant de chaque composant prime toujours sur les valeurs par défaut proposées ici.
- Il suppose une chute à l'aplomb de l'ancrage. Il ne calcule pas la trajectoire d'un balancement pendulaire ni le heurt d'un obstacle latéral.
- Il ne se substitue pas à la note de calcul de l'installateur d'une ligne de vie, ni à la vérification périodique des EPI.
- Il ne traite pas les travaux sur cordes (art. R. 4323-64 et R. 4323-89), qui relèvent de techniques et de formations spécifiques.
- Le tirant d'air n'est qu'un paramètre parmi d'autres : résistance de l'ancrage (NF EN 795), formation des opérateurs, interdiction de travailler seul, et surtout procédure de secours permettant de décrocher rapidement une personne suspendue — la suspension inerte dans un harnais est une urgence vitale.
Sources officielles : INRS — ED 6110 « Prévention des risques de chutes de hauteur » · INRS — EPI contre les chutes de hauteur · Code du travail, art. R. 4323-58 à R. 4323-61 (Légifrance) · Normes NF EN 353-1, NF EN 353-2, NF EN 354, NF EN 355, NF EN 360, NF EN 361, NF EN 363, NF EN 795 (AFNOR)
Contenu vérifié — dernière vérification : août 2026
Questions fréquentes
Quel tirant d'air minimum pour une longe de 2 m avec absorbeur ?
2 m de longe + 1,75 m d'allongement d'absorbeur + 1,50 m de distance dorsal-pieds + 1 m de marge = 6,25 m sous le point d'ancrage. C'est la configuration défavorable de référence, celle à retenir tant que vous n'avez pas la notice de votre absorbeur. Avec un ancrage à 2 m au-dessus du plancher, cela fait 4,25 m de vide sous les pieds.
Quel tirant d'air pour un enrouleur à rappel automatique ?
Nettement moins : l'appareil bloque en quelques dizaines de centimètres. La norme NF EN 360 impose l'arrêt d'une masse de 100 kg avec une force inférieure à 6 kN. En pratique, distance d'arrêt de la notice + 1 m de marge donne couramment de l'ordre de 3 m sous les pieds — à condition que l'enrouleur soit installé à la verticale au-dessus de l'opérateur. En déport ou au niveau des pieds, il faut un appareil qualifié pour ce cas et le tirant d'air correspondant.
Puis-je descendre la marge de sécurité sous 1 m ?
Non. Cette marge n'est pas du confort : elle couvre l'allongement réel du harnais, le glissement du corps dedans, la position exacte de l'anneau dorsal, les tolérances de mesure sur site et l'écart entre l'allongement d'essai de l'absorbeur et son comportement réel. La rogner revient à supprimer la seule protection contre les incertitudes du calcul.
Faut-il ajouter la flèche de la ligne de vie ?
Oui, intégralement, dès que l'ancrage est un support d'assurage horizontal (NF EN 795 classe C). Sous le choc, le câble s'affaisse et fait descendre l'opérateur d'autant. Cette flèche dépend de la portée, du nombre d'utilisateurs et de la tension de pose : elle figure sur la note de calcul de l'installateur et ne doit jamais être estimée au jugé.
Un harnais suffit-il si le tirant d'air est bon ?
Non. Le harnais NF EN 361 n'est qu'un des composants : il faut un ancrage sûr conforme à NF EN 795, un élément de liaison avec fonction d'absorption d'énergie limitant la force d'impact à 600 daN, des opérateurs formés, une intervention à deux, et une procédure de secours écrite. La suspension inerte dans un harnais après l'arrêt d'une chute est une urgence : la personne doit pouvoir être dégagée rapidement.
Mon absorbeur affiche 1,20 m d'allongement, puis-je l'utiliser dans le calcul ?
Oui, si la valeur vient de la notice du fabricant et correspond au domaine d'emploi réel (masse de l'utilisateur équipé, facteur de chute). Attention : certains absorbeurs annoncent un allongement réduit uniquement pour un facteur de chute limité. En facteur 2, l'allongement consommé est maximal — c'est le cas à retenir si vous ne maîtrisez pas la position de l'ancrage.
Art. R. 4323-61
« … un système d'arrêt de chute approprié ne permettant pas une chute libre de plus d'un mètre ou limitant dans les mêmes conditions les effets d'une chute de plus grande hauteur. »
La protection collective reste prioritaire (art. R. 4323-58).
Formation Travail en Hauteur
Sensibilisation gratuite en ligne : EPI, ancrages, ligne de vie, secours.
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