Calculateur de Ventilation
Espace Confiné cuve · fosse · silo · puits
Quel débit en m³/h et combien de temps avant d'ouvrir le permis de pénétrer ? Trois exigences sourcées confrontées à votre ventilateur réel — et le calcul de dilution de l'INRS.
Géométrie de l'ouvrage
Le volume commande la purge, la section commande le balayageDébit nécessaire et temps de purge
Trois exigences : la plus élevée commandeLes trois exigences, détaillées
Ce que donne votre ventilateur
| Grandeur obtenue | Valeur | Repère |
|---|---|---|
| Vitesse moyenne de balayage dans la section | — | ≥ 0,30 m/s |
| Taux de renouvellement obtenu | — | pas de valeur réglementaire |
| Temps pour 1 renouvellement complet | — | — |
| Temps pour 3 renouvellements (purge) | — | + 20 min mini |
| Débit d'air neuf disponible par intervenant | — | ≥ 60 m³/h |
La vitesse affichée est une moyenne de section : elle suppose un balayage homogène sur toute la surface. Dans un ouvrage réel, les recoins, les parties basses et les zones mortes sont beaucoup moins balayés. Elle ne remplace pas une mesure d'anémomètre au poste, ni le contrôle d'atmosphère de proche en proche.
Débit de dilution d'un solvant
Méthode de calcul INRS ED 703 — peinture, enduction, dégraissageSi l'intervention émet elle-même un polluant — peinture, colle, solvant de nettoyage —, le balayage ne suffit plus : le débit doit être calculé pour diluer l'émission. C'est le cas le plus fréquemment sous-dimensionné, et le seul pour lequel l'INRS publie une formule chiffrée.
Les seuils à connaître avant d'ouvrir un permis de pénétrer
Taux d'oxygène et conséquences
| Teneur en O₂ | Situation |
|---|---|
| 21 % | Taux normal de l'air — atmosphère respirable |
| 19 % | Seuil d'alarme — seuil minimal acceptable. En dessous, pénétration uniquement avec appareil de protection respiratoire isolant |
| 17 % | Seuil de danger — apparition des premiers symptômes : maux de tête… |
| 16 % | Extinction d'une bougie |
| 12 % | Perte de conscience |
| 6 % | Arrêt respiratoire et arrêt cardiaque |
Source : INRS ED 6184, figure 1. Données valables à une altitude inférieure à 700 mètres ; au-delà, une conversion est nécessaire.
Atmosphères inflammables : les trois paliers de la LIE
| Concentration | Conduite à tenir |
|---|---|
| < 5 % de la LIE (1/20) | Situation maîtrisée. Suivi de la concentration au minimum séquentiel. |
| > 5 % de la LIE | Le suivi de la concentration devient continu. |
| 10 % de la LIE (1/10) atteints | Intervention interrompue. Reprise seulement après assainissement et nouveau contrôle confirmant le retour sous le dixième de la LIE. |
Source : INRS ED 703. La ventilation doit maintenir la concentration sous le dixième de la LIE en tout point de l'espace confiné, pas seulement à la sonde. Pour les substances toxiques, ce sont les VLEP qui s'appliquent.
Dimensionner la ventilation d'un espace confiné
Le mythe des « renouvellements par heure »
On lit partout qu'il faudrait 20, 30 ou 60 renouvellements d'air par heure dans un espace confiné. Ces chiffres circulent, mais aucun n'est fixé par la réglementation française, et aucun n'est publié comme tel par l'INRS. Écrire « 20 vol/h » dans un plan de prévention sans autre justification ne prouve rien : ni que l'atmosphère sera saine, ni que l'ouvrage sera réellement balayé.
Ce qui est écrit, en revanche, ce sont trois exigences précises — et c'est sur elles que ce calculateur est construit.
1. Balayer tout l'espace à 0,3 m/s
C'est l'exigence centrale. L'INRS demande, dans la brochure ED 6184, de ventiler mécaniquement l'ouvrage « en soufflant en partie basse […] de façon à assurer une vitesse minimale de balayage de l'espace de 0,3 m/s avec un courant d'air neuf et non pollué ». Le guide pratique de ventilation ED 703 retient la même valeur au niveau des opérateurs. Traduit en débit : Q = 0,3 × section × 3 600. Une section de 4 m² demande déjà 4 320 m³/h — bien au-delà de ce que délivre un ventilateur de chantier ordinaire en bout de gaine.
Le soufflage se fait en partie basse : la plupart des gaz dangereux rencontrés en fosse et en cuve sont plus lourds que l'air et stagnent au fond, là où l'intervenant descend.
2. Le plancher réglementaire par occupant
L'article R. 4222-24 du Code du travail impose que, pendant l'exécution des travaux dans les cuves, fosses, puits et galeries, « la ventilation est réalisée suivant les prescriptions de l'article R. 4222-6 ou R. 4222-11 […] de manière à maintenir la salubrité de l'atmosphère et à en assurer un balayage permanent ». L'article R. 4222-6 fixe le débit minimal d'air neuf par occupant : 25 m³/h pour un bureau, 45 m³/h pour un travail physique léger, 60 m³/h pour les autres ateliers et locaux — catégorie dans laquelle tombe une intervention en espace confiné.
C'est un plancher, pas un objectif : sur un ouvrage de taille normale, il est presque toujours dépassé de très loin par l'exigence de balayage. Il devient dimensionnant sur les très petits volumes à section réduite.
3. Purger avant d'entrer : trois volumes et vingt minutes
Le guide ED 703 est explicite : « Bien souvent, il faut attendre au moins trois renouvellements complets du volume d'air intérieur, la ventilation assurant un balayage homogène de tout le volume, avant que les valeurs limites de référence ne soient respectées. » La brochure ED 6184 ajoute la contrainte de temps : ventiler 20 minutes au moins avant d'entrer.
Les deux conditions se cumulent, elles ne se remplacent pas. Vingt minutes de ventilation avec un appareil sous-dimensionné ne renouvellent pas trois fois le volume : l'atmosphère n'est pas assainie. Et trois renouvellements obtenus en huit minutes avec un gros extracteur ne dispensent pas d'attendre les vingt minutes. Si l'alarme du détecteur se déclenche pendant le contrôle, l'INRS impose 20 minutes supplémentaires de ventilation avant de refaire une mesure.
Quand l'intervention pollue elle-même
Peinture, colle, dégraissage, soudage : dès que le travail émet un polluant, le raisonnement change. Le débit doit alors être calculé pour maintenir la concentration sous les VLEP et sous le dixième de la LIE. L'ED 703 donne la formule, reprise dans le module de dilution ci-dessus : volume de vapeur émis par heure V = (m × p × 0,024) / M, puis Q ≥ V / C. L'ordre de grandeur surprend souvent — 30 kg/h de peinture à 35 % de white-spirit demandent 4 200 m³/h pour tenir 5 % de la LIE.
L'INRS insiste sur la hiérarchie : capter à la source quand l'émission est localisée, diluer seulement quand les sources sont diffuses ou multiples, car la dilution exige des débits nettement supérieurs et peut déplacer les polluants vers une zone propre.
Les erreurs qui reviennent le plus souvent
- Prendre le débit de la plaque signalétique. C'est un débit libre, sans gaine. Le débit délivré en bout de 15 m de gaine souple avec deux coudes n'a plus rien à voir. Utilisez la courbe de la notice ou une mesure.
- Souffler en partie haute. Les gaz denses restent au fond, exactement là où descend l'intervenant. L'INRS demande le soufflage en partie basse.
- Arrêter la ventilation une fois le permis signé. Elle doit fonctionner pendant toute l'intervention, air neuf amené au plus près de la zone respiratoire, et le surveillant extérieur doit ordonner l'évacuation en cas de défaillance.
- Utiliser un camion hydrocureur comme ventilation. L'ED 6184 l'exclut explicitement pour le renouvellement de l'air d'un puits ou d'une fosse.
- Croire qu'une seule mesure suffit. Le contrôle se fait de proche en proche, en couvrant toute la zone atteignable, en tenant compte du temps de réponse du détecteur et du temps de transit de l'échantillon dans la perche (durée d'échantillonnage au moins égale à 1 minute).
- Confondre ventilation et protection respiratoire. Si l'évaluation des risques montre qu'une atmosphère saine ne pourra pas être maintenue pendant toute la durée de l'intervention, l'intervenant doit être équipé d'un appareil de protection respiratoire isolant de travail.
Les limites de ce calculateur
- Il suppose un balayage homogène et, pour la dilution, un mélange parfait. Aucune capacité réelle ne se comporte ainsi : recoins, parties basses, zones mortes derrière les brise-lames ou les agitateurs restent mal ventilés. Le contrôle d'atmosphère de proche en proche reste indispensable.
- Il ne dimensionne pas les gaines, ventilateurs et pertes de charge, qui relèvent d'une étude d'installation.
- Il ne traite pas l'inertage, ni les atmosphères explosives sous ATEX, ni les capacités contenant encore des résidus ou des dépôts susceptibles de dégazer pendant les travaux.
- Il ne remplace ni la consignation des énergies et des fluides, ni le nettoyage préalable depuis l'extérieur, ni le permis de pénétrer, ni la présence d'un surveillant, ni les moyens de secours et d'extraction.
- Les valeurs par défaut sont des points de départ. Les FDS des produits, les notices des ventilateurs et l'analyse de risque de l'ouvrage priment systématiquement.
Sources officielles : INRS — ED 703 « Espaces confinés », guide pratique de ventilation n° 8 · INRS — ED 6184 « Les espaces confinés » · INRS — Dossier « Espaces confinés » · Code du travail, art. R. 4222-6, R. 4222-23 et R. 4222-24 (Légifrance)
Contenu vérifié — dernière vérification : août 2026
Questions fréquentes
Combien de renouvellements d'air par heure faut-il ?
Aucun taux horaire n'est imposé par le Code du travail pour les espaces confinés. Le seul repère chiffré de l'INRS concerne la purge : au moins trois renouvellements complets du volume avant l'entrée. Pendant les travaux, ce sont la vitesse de balayage de 0,3 m/s et le respect des VLEP et du dixième de la LIE qui commandent le débit, pas un nombre de volumes par heure.
Combien de temps ventiler avant d'entrer dans une cuve ?
20 minutes au minimum selon l'INRS ED 6184, en soufflant en partie basse — et suffisamment longtemps pour renouveler trois fois le volume selon l'ED 703. Les deux conditions se cumulent. Si l'alarme du détecteur se déclenche pendant le contrôle, il faut ventiler 20 minutes supplémentaires avant de refaire une mesure ; si elle se déclenche à nouveau, on consigne l'accès et on en réfère à la hiérarchie.
Quel taux d'oxygène pour entrer sans ARI ?
L'INRS retient 19 % comme seuil minimal acceptable et seuil d'alarme, l'air normal étant à 21 %. En dessous de 19 %, la pénétration ne doit s'effectuer qu'avec un appareil de protection respiratoire isolant. Attention aussi au sur-oxygène : une atmosphère enrichie augmente fortement le risque d'inflammation.
Mon ventilateur de 1 000 m³/h suffit-il pour une cuve de 20 m³ ?
Pour la purge, oui : trois renouvellements de 20 m³ représentent 60 m³, soit moins de 4 minutes à 1 000 m³/h — mais il faudra quand même attendre les 20 minutes réglementaires. Pour le balayage, cela dépend de la section : sur une section de 4 m², 1 000 m³/h ne donnent que 0,07 m/s, très loin des 0,3 m/s demandés. C'est presque toujours le balayage qui coince, pas la purge.
Faut-il souffler ou aspirer ?
L'INRS demande de ventiler « en soufflant en partie basse » avant l'entrée, et d'introduire l'air neuf au plus près de la zone respiratoire pendant l'intervention. Le soufflage assainit une zone plus large que l'aspiration, mais peut déplacer les polluants vers une zone propre. Quand l'émission est localisée, on capte à la source et on compense par un apport d'air neuf de débit égal.
La ventilation dispense-t-elle du permis de pénétrer ?
Non, elle en fait partie. L'INRS rappelle qu'il devrait être interdit de pénétrer dans un espace confiné sans un permis dûment visé constatant l'absence de risque ou précisant les mesures de prévention. La ventilation s'ajoute à la consignation des énergies et des fluides, au nettoyage préalable depuis l'extérieur, au contrôle d'atmosphère de proche en proche, à la présence d'un surveillant extérieur et aux moyens d'extraction de la victime.
La règle des 20 minutes
« Ventiler mécaniquement l'ouvrage pendant 20 minutes au moins avant d'entrer, en soufflant en partie basse […] de façon à assurer une vitesse minimale de balayage de l'espace de 0,3 m/s. »
INRS, ED 6184 — Les espaces confinés
Permis de pénétrer
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