Votre entreprise n'a pas tenu :
la démission initiale devient légitime
Démissionner pour entreprendre est un pari — que le règlement d'assurance chômage sécurise partiellement : si l'activité créée cesse malgré vous, vos droits au chômage issus de l'ancien emploi salarié s'ouvrent rétroactivement.
Le filet de sécurité de l'entrepreneur ex-salarié
Vous avez quitté votre emploi pour monter votre boîte, sans passer par France Travail. L'aventure s'arrête malgré vous : liquidation, marché introuvable, associé disparu. L'article 2 du règlement général prévoit ce scénario : votre démission initiale est requalifiée en départ légitime, et vos droits au chômage — fondés sur votre ancienne vie salariée — s'ouvrent.
Les 3 conditions
- Une vraie création ou reprise : l'entreprise a été enregistrée (immatriculation via le guichet unique, Kbis, répertoire des métiers…) après votre démission ;
- Pas d'inscription à France Travail entre la démission et la création (sinon d'autres mécanismes s'appliquaient déjà) ;
- Une cessation involontaire : l'activité s'arrête pour des raisons indépendantes de votre volonté — liquidation ou redressement judiciaire, échec économique documenté. Fermer volontairement une activité qui fonctionne ne rentre pas dans le cas.
Les justificatifs
| Pièce | Ce qu'elle prouve |
|---|---|
| Extrait d'immatriculation (Kbis, guichet unique) | La création/reprise réelle après la démission |
| Jugement de liquidation/redressement, radiation, comptes | La cessation involontaire |
| Attestation employeur de l'ancien poste | Les salaires de référence |
Le plan B : l'allocation des travailleurs indépendants (ATI)
Si la fenêtre d'affiliation salariée est dépassée, l'ATI peut prendre le relais : environ 800 €/mois pendant 6 mois maximum, sous conditions strictes — activité non salariée d'au moins 2 ans, cessation par liquidation/redressement judiciaire (ou activité non viable économiquement), revenus antérieurs minimums. France Travail examine les deux voies : présentez tout le dossier.
La leçon pour la prochaine fois
Ce cas est le filet de dernier recours. Pour entreprendre avec un vrai filet, deux dispositifs se préparent avant de quitter l'emploi :
- La démission-reconversion : projet de création validé par Transitions Pro avant la démission → ARE immédiate pendant le lancement ;
- La rupture conventionnelle négociée → ARE + possibilité d'ARCE (60 % des droits versés en capital) ou de maintien partiel de l'allocation pendant la création.
Testez avec vos dates réelles — la fenêtre des 24 mois est le point décisif.
Sources officielles : unedic.org, francetravail.fr (ATI), bpifrance-creation.fr.