Loi n° 2026-470 · applicable aux ruptures dès le 01/09/2026

Rupture conventionnelle :
l'indemnisation raccourcie dès septembre 2026

C'est le changement le plus lourd de l'année : les ruptures conventionnelles conclues à partir du 1er septembre 2026 ouvriront des droits au chômage plus courts — jusqu'à 6,5 mois de moins pour les seniors. Textes, chiffres exacts, qui est concerné et les questions de calendrier à se poser avant de signer.

Les nouvelles durées, noir sur blanc

Pour les ruptures conventionnelles conclues à compter du 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation chômage est réduite. Le montant de l'allocation, lui, ne change pas.

Âge à la fin du contratDurée actuelle
(droit commun, conservée pour les autres ruptures)
Après rupture conventionnelle
conclue dès le 01/09/2026 (métropole)
Écart
Moins de 55 ans18 mois (548 j)15 mois− 3 mois
55 – 56 ans22,5 mois (685 j)20,5 mois− 2 mois
57 ans et +27 mois (822 j)20,5 mois− 6,5 mois

Outre-mer (hors Mayotte) : 20 mois au lieu de 24 avant 55 ans ; 30 mois pour les 55 ans et plus.

C'est la date de conclusion de la rupture qui compte — pas celle de votre inscription à France Travail. Une rupture conventionnelle signée et homologuée avant le 1er septembre 2026 conserve les durées actuelles, même si le chômage démarre après.

Un texte applicable, pas une rumeur

La mesure repose sur un enchaînement juridique complet : accord des partenaires sociaux du 25 février 2026, base légale donnée par la loi n° 2026-470 du 11 juin 2026, avenant n° 2 du 10 avril 2026 à la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024, agréé par arrêté du 19 juin 2026. L'objectif affiché : freiner l'usage de la rupture conventionnelle comme porte d'entrée « confortable » vers le chômage, son coût ayant fortement augmenté ces dernières années.

Ce qui ne change PAS

  • Le droit au chômage lui-même : la rupture conventionnelle reste une privation involontaire d'emploi ouvrant droit à l'ARE — contrairement à la démission ;
  • Le montant de l'allocation : mêmes formules de calcul (40,4 % du SJR + 13,18 € ou 57 % du SJR), mêmes planchers et plafonds ;
  • Le calendrier du premier versement : 7 jours de délai d'attente, différé congés payés (plafonné à 30 jours) et différé spécifique sur l'indemnité supra-légale (÷ 111,8 en 2026, plafonné à 150 jours) — détaillés sur notre page rupture conventionnelle et différé ;
  • L'indemnité de rupture : au minimum l'indemnité légale de licenciement, régime social et fiscal inchangé ;
  • Les autres fins de contrat : licenciement, fin de CDD, fin de mission conservent les durées pleines (18 / 22,5 / 27 mois).

Signer avant le 1er septembre : bonne ou mauvaise idée ?

Si votre projet de départ est déjà mûr et qu'une période de chômage est probable, conclure avant l'échéance préserve 3 mois de droits (6,5 mois à partir de 57 ans) — à environ 40 € nets par jour pour un salaire moyen, l'enjeu se chiffre en milliers d'euros. Mais attention au rétroplanning : entretien(s), signature, 15 jours calendaires de rétractation, puis 15 jours ouvrables d'instruction de l'homologation par la DDETS. Un dossier entamé mi-août n'aboutira pas avant le 1er septembre.

Et ne signez jamais pour la seule optimisation du chômage : le montant négocié (chiffrez-le avec le calculateur d'indemnité), le différé qu'il génère et la solidité de votre projet pèsent plus lourd que 3 mois de droits que vous n'utiliserez peut-être jamais.

Sources : code.travail.gouv.fr (nouvelles durées d'indemnisation après rupture conventionnelle), loi n° 2026-470 du 11 juin 2026, avenant n° 2 du 10 avril 2026 agréé par arrêté du 19 juin 2026, unedic.org. Page vérifiée le 31/07/2026.

Questions fréquentes

Elle réduit la durée maximale d'indemnisation après une rupture conventionnelle (en métropole) : 15 mois au lieu de 18 pour les moins de 55 ans, 20,5 mois au lieu de 22,5 pour les 55-56 ans, et 20,5 mois au lieu de 27 pour les 57 ans et plus. En outre-mer (hors Mayotte) : 20 mois au lieu de 24 avant 55 ans, 30 mois ensuite. Le montant de l'ARE, lui, ne change pas.

Un enchaînement complet et déjà applicable : avenant négocié par les partenaires sociaux le 25 février 2026, base légale donnée par la loi n° 2026-470 du 11 juin 2026, avenant n° 2 du 10 avril 2026 à la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024, agréé par arrêté du 19 juin 2026. Ce n'est donc pas une annonce : c'est un texte en vigueur pour les ruptures conclues dès le 1er septembre 2026.

Non : les nouvelles durées s'appliquent aux ruptures conventionnelles conclues à compter du 1er septembre 2026. Une rupture antérieure conserve les durées actuelles (18 mois avant 55 ans, 22,5 ou 27 mois ensuite), même si l'inscription à France Travail intervient après cette date — c'est la date de la rupture qui compte.

Non. Les règles de calendrier restent identiques : 7 jours de délai d'attente, différé congés payés (plafonné à 30 jours) et différé spécifique sur les indemnités supra-légales (montant ÷ 111,8 en 2026, plafonné à 150 jours). Ce qui change, c'est uniquement la durée totale pendant laquelle vous pouvez être indemnisé.

Si le projet est déjà mûr et que le chômage est probable, conclure avant le 1er septembre préserve jusqu'à 3 mois de droits (6,5 mois pour les 57 ans et plus). Attention au formalisme : entretien, signature, 15 jours calendaires de rétractation puis 15 jours ouvrables d'homologation — un dossier lancé fin août peut ne pas aboutir à temps. Mais une rupture conventionnelle ne se décide jamais pour la seule optimisation du chômage : montant négocié, projet professionnel et différé comptent tout autant.

Non : cette réforme vise spécifiquement la rupture conventionnelle. Un licenciement (économique ou non), une fin de CDD ou de mission d'intérim continue d'ouvrir les durées de droit commun : 18 mois avant 55 ans, 22,5 mois à 55-56 ans, 27 mois à partir de 57 ans.