Convention Blanchisserie, Pressing et Teinturerie 2026 (IDCC 2002) : Salaires et Droits

Mise à jour : 08/05/2026 Convention collective

La convention collective nationale de la blanchisserie, laverie, location de linge, nettoyage à sec, pressing et teinturerie (IDCC 2002, brochure JO 3074) couvre près de 35 000 salariés employés dans deux univers très différents : les blanchisseries industrielles (Elis, Initial / Rentokil, RLD, MAJ, Kalhyge) qui traitent linge d'hôpitaux, hôtels et industriels, et les pressings de proximité. Métier physique, exposé à la chaleur, aux solvants et aux cadences soutenues, il est éligible à plusieurs facteurs de pénibilité C2P.

Plancher grille
1 823 €
brut / 35h (relevé au SMIC)
Ouvrier qualifié N4
~ 1 967 €
brut / 35h
Revalorisation 2026
+ 1,18 %
avenant 11 fév. 2026
Salariés couverts
~ 35 000
en France

1. Présentation de l'IDCC 2002

Signée le 17 novembre 1997 et étendue par arrêté du 30 mars 1999, la convention IDCC 2002 s'applique à toutes les entreprises dont l'activité principale relève des codes NAF 96.01A (blanchisserie-teinturerie de gros) et 96.01B (blanchisserie-teinturerie de détail). Elle est négociée côté employeurs par le GEIST (Groupement des Entrepreneurs de la Blanchisserie Industrielle et de Service Textile) et la FFPB (Fédération Française des Pressings et Blanchisseries).

Deux mondes très différents

La convention couvre à la fois la blanchisserie industrielle (grands sites de traitement de linge plat hospitalier, hôtelier, professionnel — équipes de 50 à 300 salariés) et le pressing de proximité (TPE de 1 à 5 salariés). Les conditions de travail et les usages diffèrent radicalement, mais les minima conventionnels et les règles juridiques sont identiques.

2. Classification et coefficients

La classification actuelle de l'IDCC 2002 repose sur une grille de niveaux et échelons (notés « 1-1 », « 2-1 », « 4-1 »…) : les niveaux 1 à 4 correspondent aux ouvriers, les niveaux 5 et 6 aux ETAM (employés, techniciens, agents de maîtrise), les niveaux 7 à 9 aux cadres. Chaque niveau est associé à un minimum conventionnel révisé par accord de branche.

Niveau Catégorie Profil type Exemples de postes
1OuvrierManœuvre débutantTri du linge sale, manutention, conditionnement
2OuvrierOpérateur exécutionCalandre, plieuse, séchoir industriel
3OuvrierOpérateur qualifiéRepassage technique, finition, traitement de taches en pressing
4Ouvrier hautement qualifiéTechnicien atelierRéglage des machines, contrôle qualité, polyvalence
5 – 6ETAMTechnicien / agent de maîtriseChef d'équipe, contremaître, responsable atelier
7 – 9CadreCadreResponsable de site, directeur d'exploitation

Source : Convention collective IDCC 2002 (classification issue de l'accord du 27 avril 2006) et grille de salaires 2026. Texte intégral sur Légifrance.

3. Grille de salaires 2026

Les minima conventionnels blanchisserie sont fixés par accord paritaire annuel. Pour 2026, l'avenant salaires du 11 février 2026 a relevé les minima de + 1,18 % en moyenne, avec effet au 1er janvier 2026. Les montants ci-dessous sont en brut mensuel pour 35 heures hebdomadaires (151,67 h/mois). Les premiers coefficients étant inférieurs au SMIC, ils sont de fait relevés au SMIC (1 867,02 € au 1er juin 2026).

Simulateur de paie blanchisserie

Estimez votre rémunération avec ancienneté et primes de poste.

Salaire de base1 967 €
Majoration poste+ 0 €
Majo. dimanche (+ 100 %)+ 0 €
Brut mensuel1 967 €
Net estimé (≈ 77 %)1 514 €

Minima branche, hors éventuelle prime d'ancienneté d'entreprise, 13ᵉ mois et indemnité de panier. Net hors impôt sur le revenu.

Progression salariale 2026

Minima conventionnels du manœuvre au cadre.

Plancher N11 823 €
Ouvrier N41 967 €
Top cadre3 838 €

4. Ancienneté et primes

Pas de prime d'ancienneté imposée par la branche

Contrairement à d'autres conventions, l'IDCC 2002 ne fixe aucun barème de prime d'ancienneté obligatoire (ni taux, ni palier) au niveau national. Une prime d'ancienneté peut néanmoins exister dans votre entreprise par accord collectif ou par usage : vérifiez votre accord d'entreprise et votre bulletin de paie. Lorsqu'elle existe, elle figure sur une ligne distincte.

La convention accorde en revanche plusieurs droits liés à l'ancienneté :

  • Maintien de salaire en cas de maladie : durée d'indemnisation croissante avec l'ancienneté (voir section 9) ;
  • Congés payés supplémentaires des cadres : 3 jours ouvrés après 5 ans d'ancienneté, 6 jours après 10 ans (annexe 3) ;
  • Indemnité de départ volontaire à la retraite progressive : 0,5 mois de 5 à 10 ans, 1 mois de 10 à 15 ans, jusqu'à 4 mois minimum au-delà de 35 ans ;
  • Préavis et indemnité de licenciement renforcés avec l'ancienneté (voir section 10).

Rappel des principaux minima mensuels bruts 2026 (base 35 h) :

NiveauMinimum conventionnel 2026Appliqué (SMIC si inférieur)
Niveau 1 (manœuvre)1 823,03 €1 867,02 € (SMIC)
Niveau 21 839 – 1 881 €1 867,02 € (SMIC) à 1 881 €
Niveau 31 887 – 1 913 €identique
Niveau 4 (ouvrier qualifié)1 967,22 €identique
Niveau 5 – 6 (ETAM)1 986 – 2 217 €identique
Cadres (7 à 9)2 614 – 3 838 €identique

Source : avenant salaires du 11 février 2026 (revalorisation moyenne + 1,18 % au 1er janvier 2026), convention IDCC 2002. SMIC mensuel 1 867,02 € au 1er juin 2026.

5. Travail posté, nuit et dimanche

Les blanchisseries industrielles fonctionnent souvent en équipes successives (2x8, 3x8) pour optimiser l'utilisation des équipements. Plusieurs majorations s'ajoutent au salaire de base.

SituationMajoration
Travail en équipe 2x8+ 8 à 12 % (selon accord d'entreprise)
Travail en équipe 3x8 incluant nuit+ 15 à 20 %
Heures de nuit (21h – 6h)+ 25 % du taux horaire + repos compensateur
Indemnité de panier de nuit~ 7,40 € / poste (1,5 fois le MG)
Dimanche travaillé+ 100 % du taux horaire
Jour férié travaillé+ 100 % + repos compensateur équivalent

6. Pénibilité, chaleur et solvants

Le métier de la blanchisserie cumule plusieurs facteurs de pénibilité reconnus ouvrant droit au Compte professionnel de prévention (C2P) :

  • Températures extrêmes : exposition à plus de 30 °C en continu près des calandres, tunnels de finition, séchoirs industriels et fers à repasser professionnels ;
  • Agents chimiques dangereux : perchloroéthylène (CMR catégorie 2 — voir section dédiée), lessives industrielles, désinfectants, solvants ;
  • Travail répétitif : cadences soutenues sur plieuse / engageuse / sécheuse, gestes répétés à la main pour le pliage, le triage et le contrôle qualité ;
  • Travail de nuit et équipes successives alternantes dans les blanchisseries industrielles fonctionnant 24h/24 ou en 2x8.
Vérifier vos points C2P

L'employeur doit déclarer les expositions chaque année via la DSN. Connectez-vous sur compteprofessionnelprevention.fr avec FranceConnect pour consulter votre solde. Les points permettent : 25 h de formation par point, passage à 80 % sans perte de salaire (10 points = 1 trimestre), retraite anticipée jusqu'à 2 ans avant l'âge légal.

7. Perchloroéthylène : règles spécifiques

Le perchloroéthylène (perc), longtemps utilisé pour le nettoyage à sec, est classé cancérogène possible (catégorie 2) par le CIRC. Sa réglementation a été progressivement durcie en France :

  • 2013 : interdiction des nouvelles installations au perc dans les locaux contigus à des locaux occupés par des tiers (habitations, bureaux) ;
  • 2022 : suppression totale dans les locaux contigus aux habitations ;
  • Les pressings éloignés peuvent encore l'utiliser à condition d'être équipés de machines de 5ᵉ génération en circuit fermé, validées par les pouvoirs publics.
Obligations employeur

Pour tout salarié exposé au perc ou aux solvants alternatifs (silicones, hydrocarbures), l'employeur doit : 1) réaliser un DUER (Document Unique d'Évaluation des Risques) spécifique, 2) fournir des EPI adaptés (gants nitrile résistants aux solvants, masque cartouche type A2, lunettes), 3) organiser une surveillance médicale renforcée (visite tous les 2 ans minimum), 4) afficher les fiches de sécurité (FDS) des produits utilisés.

8. Congés et événements familiaux

Congés payés légaux : 25 jours ouvrés (5 semaines). La convention réserve des congés supplémentaires d'ancienneté aux ingénieurs et cadres : 3 jours ouvrés après 5 ans d'ancienneté, 6 jours après 10 ans (annexe 3).

ÉvénementDurée
Mariage / PACS du salarié4 jours
Naissance ou adoption3 jours (cumulables avec congé paternité légal)
Décès conjoint / partenaire / concubin3 jours
Décès d'un enfant5 jours (7 jours si l'enfant a moins de 25 ans ou était lui-même parent) + 8 jours de congé de deuil
Décès parents / beaux-parents3 jours

9. Maladie, prévoyance et inaptitude

Maintien de salaire en cas de maladie (ouvriers)

Maintien du salaire brut sous déduction des indemnités journalières de la Sécurité sociale et de la part employeur de la prévoyance, sans délai de carence en cas d'accident du travail, après 9 jours de carence en cas de maladie ou d'accident de trajet.

AnciennetéMaintien à 90 %Maintien aux 2/3
18 mois à 8 ans30 jours30 jours (40 en cas d'AT)
8 à 13 ans40 jours40 jours
13 à 18 ans50 jours50 jours
18 à 23 ans60 jours60 jours
23 à 28 ans70 jours70 jours
28 à 33 ans80 jours80 jours
Plus de 33 ans90 jours90 jours

Les ETAM et cadres relèvent d'un régime distinct (maintien à 100 % sous déduction des IJSS et de la prévoyance pendant 1 à 3 mois selon la catégorie et l'ancienneté). Une garantie d'emploi en cas de maladie s'applique pendant 1 an.

Inaptitude au poste

Le métier est très exposé à l'inaptitude pour TMS (troubles musculo-squelettiques), tendinites des poignets/épaules, lombalgies. En cas d'inaptitude prononcée par le médecin du travail, l'employeur a un mois pour proposer un reclassement (article L1226-2 ou L1226-10). À défaut, licenciement pour inaptitude avec indemnité conventionnelle ou légale (la plus favorable), doublée si origine professionnelle.

10. Préavis et indemnités de rupture

Catégorie Démission Licenciement < 2 ans Licenciement ≥ 2 ans
Ouvriers (niveaux 1 à 4)1 semaine (1 mois si coef. ≥ 150 et 2 ans d'anc.)1 sem. (< 6 mois) puis 1 mois2 mois
ETAM (niveaux 5-6)1 mois1 mois2 mois
Cadres (niveaux 7-9)3 mois3 mois3 mois

Indemnité de licenciement

La convention prévoit une indemnité conventionnelle (hors faute grave, proratisée) :

CatégorieAnciennetéIndemnité
Ouvriers et ETAM2 à 10 ans1/10 de mois par année
Au-delà de 10 ans1/10 de mois par année + 1/15 par année au-delà de 10 ans
Ouvriers/ETAM de 50 ans et +Indemnité majorée de 20 %
CadresPlus de 2 ans1/5 de mois par année (maximum 6 mois)

Le salarié perçoit toujours le montant le plus favorable entre cette indemnité conventionnelle et l'indemnité légale (article R1234-2 : 1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois au-delà), généralement plus avantageuse pour les ouvriers et employés. Assiette : moyenne des 12 ou des 3 derniers mois, la formule la plus favorable au salarié.

11. Questions fréquentes

Mon employeur peut-il refuser de me fournir des gants et un masque ?

Non. Les EPI sont une obligation patronale absolue (article L4121-1). Pour le pressing : gants nitrile résistants aux solvants, masque FFP2 ou cartouche A2, lunettes, chaussures antidérapantes. En cas de refus, alertez le CSE et l'inspection du travail. Vous pouvez aussi exercer votre droit de retrait (article L4131-1) si le danger est grave et imminent.

La chaleur excessive peut-elle justifier un arrêt ?

Oui. Au-dessus de 30 °C, l'employeur a une obligation renforcée de prévention (mise à disposition d'eau fraîche, pauses, ventilation). À partir de 33 °C, le travail dans des conditions normales devient dangereux et peut justifier l'exercice du droit de retrait. Le Code du travail (articles R4225-2 à R4225-4) impose des locaux adaptés à la chaleur ambiante.

Les blanchisseries industrielles versent-elles un 13ᵉ mois ?

Pas systématiquement, mais c'est devenu courant chez les grands acteurs (Elis, Initial, RLD, MAJ, Kalhyge) via accord d'entreprise. Dans les pressings indépendants et TPE, il est plus rare. Vérifiez votre accord d'entreprise.

Comment récupérer le temps de pause si la cadence est trop forte ?

Le Code du travail impose une pause de 20 minutes minimum après 6 heures de travail consécutif (article L3121-33). En blanchisserie industrielle, certains accords prévoient des pauses de 10 min toutes les 2 heures pour compenser la cadence machine. Vérifiez votre accord d'entreprise et exigez le respect strict des pauses.

Que faire si la machine est dangereuse ou en panne ?

Refusez de l'utiliser et alertez immédiatement votre supérieur par écrit. Les calandres et plieuses industrielles sont parmi les machines les plus accidentogènes de l'industrie (écrasements, brûlures). Le droit de retrait s'applique pleinement. Aucune sanction ne peut vous être infligée si le danger est réel.

Comment connaître l'accord d'entreprise (13ᵉ mois, primes additionnelles) ?

Demandez-le par écrit au service RH ou au CSE. L'employeur a l'obligation de tenir à disposition tous les accords d'entreprise (article R2262-1 Code du travail). Vous pouvez aussi consulter la base Légifrance.

Sources : Convention collective nationale blanchisserie, laverie, location de linge, nettoyage à sec, pressing et teinturerie (IDCC 2002, brochure JO 3074), avenant salaires du 11 février 2026 (+ 1,18 % au 1er janvier 2026). Code du travail (articles L1226-2, L1226-10, L3121-33, L4121-1, L4131-1, R1234-2, R2262-1, R4225-2 à R4225-4). Réglementation perchloroéthylène : arrêtés du 5 décembre 2012, 2013 et 2018. Publications GEIST, FFPB, INRS. Page mise à jour le 8 mai 2026.
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