Dès 55 ans · taux plein garanti · décret de mai 2026 intégré

Retraite anticipée handicap :
partir dès 55 ans, à taux plein

C'est le départ le plus précoce du régime général — et l'un des moins demandés, faute d'information. Conditions, justificatifs, commission de rattrapage : le mode d'emploi complet.

Les deux conditions, simultanées

La retraite anticipée des travailleurs handicapés (RATH) exige de réunir, pendant les mêmes périodes :

  • Un taux d'incapacité permanente d'au moins 50 % reconnu par la MDPH (CDAPH) — ou, pour les périodes antérieures au 1er janvier 2016, la simple RQTH ;
  • Une durée minimale de trimestres cotisés en situation de handicap, dégressive selon l'âge de départ visé : pour un départ à 55 ans, la durée de référence de votre génération moins 60 trimestres (les départs à 56-59 ans exigent moins de réduction).

C'est la concomitance qui fait la difficulté des dossiers : il faut prouver que le handicap existait pendant les années travaillées comptabilisées.

Le rattrapage des justificatifs manquants : beaucoup de salariés handicapés n'ont jamais demandé leur taux à la MDPH pendant leur carrière. Une commission nationale peut valider rétroactivement une partie des périodes (jusqu'à 30 % de la durée exigée) sur dossier médical, si le taux de 50 % est reconnu au moment de la demande. Un décret de mai 2026 a ajusté ce dispositif — votre caisse détaille la procédure en vigueur.

Ce que vous touchez : taux plein + majoration

  • Taux plein garanti, quel que soit votre nombre total de trimestres : aucune décote ;
  • Majoration spécifique de pension si la carrière est incomplète, calculée sur vos trimestres cotisés en situation de handicap — elle peut relever significativement les petites pensions ;
  • Complémentaire sans abattement : l'Agirc-Arrco s'aligne sur le taux plein du régime de base ;
  • Et si la pension reste modeste : le minimum contributif s'applique, et une AAH différentielle reste possible au taux d'incapacité ≥ 80 %.

La check-list du dossier

PièceOù l'obtenir
Décisions MDPH (taux 50 %) couvrant les périodesMDPH — demandez les duplicatas des décisions anciennes
Notifications RQTH pour les périodes avant 2016MDPH / ex-COTOREP (archives départementales si besoin)
Relevé de carrière à jourinfo-retraite.fr — corrigez les anomalies AVANT le dépôt
Dossier médical (pour la commission, si justificatifs incomplets)Médecin traitant, MDPH, médecine du travail

Déposez la demande 6 mois avant la date de départ visée, auprès de votre caisse (attestation de situation vis-à-vis du dispositif possible en amont — utile pour planifier).

Ne pas confondre avec les dispositifs voisins

  • Retraite pour incapacité permanente : liée à un accident du travail ou une maladie professionnelle (IPP), départ à 60 ans — conditions totalement différentes ;
  • Retraite pour inaptitude : taux plein à l'âge légal (pas anticipé), sur avis du médecin-conseil ;
  • Carrière longue : fondée sur l'âge de début d'activité, cumulable dans l'analyse — votre caisse retient le dispositif le plus favorable ;
  • Pension d'invalidité : elle cesse à la retraite — la RATH permet précisément d'anticiper la bascule dans de bonnes conditions.

Sources officielles : lassuranceretraite.fr, service-public.fr, monparcourshandicap.gouv.fr.

Questions fréquentes

Dès 55 ans, à taux plein (sans décote), quel que soit le nombre total de trimestres — c'est le dispositif de départ le plus précoce du régime général. Des départs à 56, 57, 58 ou 59 ans sont aussi possibles avec des exigences de trimestres dégressives.

Deux conditions simultanées pendant les périodes exigées : justifier d'un taux d'incapacité permanente d'au moins 50 % (MDPH) — ou de la RQTH pour les périodes antérieures à 2016 — ET avoir cotisé un nombre minimum de trimestres en situation de handicap. Pour un départ à 55 ans, la durée cotisée exigée est la durée de référence de votre génération moins 60 trimestres.

Une commission nationale peut examiner votre dossier si vous justifiez du taux de 50 % au moment de la demande et d'une partie seulement des justificatifs de période : elle peut valider rétroactivement jusqu'à 30 % de la durée d'assurance exigée sur la base de votre dossier médical. Un décret de mai 2026 a ajusté ce dispositif — renseignez-vous auprès de votre caisse sur la procédure en vigueur.

Non : le taux plein est acquis. Mieux, une majoration spécifique augmente la pension des bénéficiaires dont la carrière est incomplète (coefficient fonction des trimestres cotisés en situation de handicap). La retraite complémentaire Agirc-Arrco suit également sans abattement.

La retraite remplace la pension d'invalidité (bascule automatique). L'AAH peut être conservée en complément d'une retraite faible : au taux d'incapacité ≥ 80 %, une AAH différentielle reste possible après la liquidation. Le minimum contributif peut aussi relever la pension de base si la carrière était à bas salaires.

Plus depuis 2016 : la RQTH ne suffit plus pour les périodes postérieures au 31 décembre 2015 — il faut le taux d'incapacité de 50 %. Mais la RQTH reste valable pour justifier les périodes antérieures à 2016, ce qui sauve de nombreux dossiers de carrières longues en situation de handicap.