Simulateur de Retraite
Salarié du Privé
Anticipez votre départ ! Renseignez votre parcours pour croiser automatiquement vos droits : Carrière longue, points pénibilité (C2P), incapacité et estimez votre pension nette totale.
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Facteurs d'anticipation de départ
* Estimation simplifiée : la carrière restante est projetée au salaire actuel et le Salaire Annuel Moyen (SAM) est approché à 85 % de ce salaire, plafonné au PMSS (4 005 €). La complémentaire est calculée en points Agirc-Arrco (taux de calcul 6,20 % sur la tranche 1, 17 % sur la tranche 2 ; salaire de référence 20,1877 € ; valeur de service 1,4386 €). Le net déduit la CSG au taux choisi, la CRDS (0,5 %), la CASA (0,3 % aux taux médian et normal) et la cotisation maladie de 1 % sur la seule complémentaire. Ne sont pas intégrés : la majoration de 10 % pour 3 enfants et plus, la surcote, le minimum contributif et les périodes relevant d'autres régimes.
Pénibilité, Incapacité et Carrières Longues en 2026
La réforme de 2023 devait porter l'âge légal à 64 ans dès la génération 1968. L'article 105 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a suspendu cette montée en charge : pour les retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026, le calendrier est décalé d'environ une génération, et les 64 ans ne concernent plus que les personnes nées à partir de 1969. Plusieurs leviers permettent en outre de partir avant cet âge, particulièrement dans l'industrie et les métiers physiques.
Retraite Anticipée pour Carrière Longue (RACL)
Le dispositif repose sur 4 bornes d'âge d'entrée dans la vie active. Deux conditions se cumulent : avoir cotisé 5 trimestres avant la fin de l'année civile de l'anniversaire concerné (4 seulement si vous êtes né entre le 1er octobre et le 31 décembre), et réunir à l'âge visé la durée d'assurance cotisée exigée pour votre génération (170, 171 ou 172 trimestres). Depuis la réforme de 2023, cette durée n'est plus majorée de 4 à 8 trimestres comme c'était le cas auparavant.
- Début avant 16 ans : départ dès 58 ans.
- Début avant 18 ans : départ dès 60 ans.
- Début avant 20 ans : l'âge n'est pas fixe, il dépend de votre génération (voir le tableau ci-dessous).
- Début avant 21 ans : départ dès 63 ans.
| Année de naissance | Âge de départ | Trimestres cotisés requis |
|---|---|---|
| 1963 (janv. à août) | 60 ans | 170 |
| 1963 (sept. à déc.) | 60 ans et 3 mois | 170 |
| 1964 | 60 ans et 6 mois | 170 |
| 1965 (janv. à mars) | 60 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (avril à nov.) | 60 ans et 9 mois | 171 |
| 1965 (décembre) | 60 ans et 8 mois | 171 |
| 1966 | 60 ans et 9 mois | 172 |
| 1967 | 61 ans | 172 |
| 1968 | 61 ans et 3 mois | 172 |
| 1969 | 61 ans et 6 mois | 172 |
| 1970 et après | 61 ans et 9 mois | 172 |
Tous les trimestres validés ne sont pas des trimestres cotisés. Sont « réputés cotisés » et retenus dans des limites précises : le service national et la maladie ou l'accident du travail (4 trimestres chacun), le chômage indemnisé et l'activité partielle (4 trimestres au total), l'invalidité (2 trimestres), la maternité et l'adoption (sans limite) et les trimestres issus du C2P (sans limite). L'article 104 de la LFSS 2026 y ajoute, pour les départs à compter du 1er septembre 2026, 2 trimestres au titre de la naissance, de l'éducation ou de l'adoption d'un enfant.
Le Compte Professionnel de Prévention (C2P)
Les salariés exposés au travail de nuit, aux équipes successives alternantes (3x8), au bruit ou aux températures extrêmes cumulent des points. Depuis les décrets du 10 août 2023, le plafond de 100 points sur l'ensemble de la carrière a été supprimé et l'acquisition est devenue proportionnelle au nombre de facteurs : un salarié exposé simultanément à trois risques acquiert 12 points par an. Le compte ne peut toutefois pas dépasser 80 points au 60e anniversaire.
Règle de conversion : 10 points = 1 trimestre de majoration de durée d'assurance.
Cette conversion est ouverte à partir de 55 ans et plafonnée à 8 trimestres, ce qui permet d'anticiper le départ de 2 ans au maximum par rapport à l'âge légal de votre génération — sans jamais descendre en dessous de 60 ans. Attention : les 20 premiers points inscrits restent réservés au financement d'une formation ou d'un projet de reconversion. Ces trimestres sont « réputés cotisés » et donc retenus pour la carrière longue, et ils entrent dans le coefficient de proratisation.
Incapacité Permanente (Accident du Travail / Maladie Pro)
- Taux d'IPP ≥ 20 % : départ possible à 60 ans, au taux plein et sans condition de durée d'assurance.
- Taux d'IPP entre 10 % et 19 % : départ possible 2 ans avant l'âge légal de votre génération (et non à un âge fixe de 62 ans), à condition d'avoir été exposé pendant 17 ans (68 trimestres) à un ou plusieurs des facteurs de risques professionnels. Depuis la réforme de 2023, il n'est plus nécessaire de prouver l'identité des lésions avec celles indemnisées au titre d'une maladie professionnelle.
Comprendre la retraite du secteur privé en 2026
Âge légal et taux plein après la suspension de la réforme
La réforme des retraites de 2023 (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023) relevait l'âge légal de 3 mois par génération à compter des assurés nés à partir du 1er septembre 1961, pour atteindre 64 ans dès la génération 1968. L'article 105 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a suspendu cette montée en charge : le calendrier est décalé d'environ une génération pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Cinq générations en bénéficient (1964 à 1968) : elles partent 3 à 6 mois plus tôt que prévu, et les générations 1964 et 1965 doivent en plus valider 1 à 2 trimestres de moins.
| Année de naissance | Âge légal de départ | Durée requise pour le taux plein |
|---|---|---|
| 1958 à 1960 | 62 ans | 167 trimestres |
| 1961 (janv. à août) | 62 ans | 168 trimestres |
| 1961 (sept. à déc.) | 62 ans et 3 mois | 169 trimestres |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 trimestres |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 trimestres |
| 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 trimestres |
| 1965 (janv. à mars) | 62 ans et 9 mois | 170 trimestres |
| 1965 (avril à déc.) | 63 ans | 171 trimestres |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 trimestres |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 trimestres |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 trimestres |
| 1969 et après | 64 ans | 172 trimestres |
Pour obtenir le taux plein (50 % du salaire annuel moyen), il faut justifier de la durée d'assurance de sa génération, soit 172 trimestres (43 années) à partir de la génération 1966. Sans ces trimestres, une décote de 1,25 % par trimestre manquant s'applique (dans la limite de 20 trimestres), réduisant le taux à un minimum de 37,5 %. Le nombre de trimestres de décote retenu est le plus favorable entre les trimestres manquants et le nombre de trimestres séparant l'assuré de ses 67 ans. À cet âge, le taux plein est en effet accordé automatiquement, quel que soit le nombre de trimestres (article L. 351-8 du Code de la Sécurité sociale) : cet âge d'annulation de la décote n'a été modifié ni par la réforme de 2023, ni par sa suspension.
Calcul de la pension de base
La pension annuelle de base du régime général (CNAV) est calculée selon la formule :
Pension = SAM × Taux × (Durée d'assurance / Durée requise)
- SAM (Salaire Annuel Moyen) : moyenne des salaires bruts annuels des 25 meilleures années, revalorisés par des coefficients fixés chaque année, et plafonnés au PASS (48 060 € en 2026, soit 4 005 €/mois de PMSS).
- Taux : 50 % au taux plein, minoré par la décote ou majoré par la surcote (+1,25 % par trimestre cotisé au-delà du taux plein et au-delà de l'âge légal de votre génération — pas nécessairement 64 ans). Depuis le 1er septembre 2023, une surcote parentale de 1,25 % par trimestre, plafonnée à 5 %, récompense en plus les assurés qui ont déjà leur durée complète à 63 ans et disposent d'au moins un trimestre de majoration au titre de la parentalité.
- Durée d'assurance / Durée requise : coefficient de proratisation. Si vous avez 160 trimestres validés pour une durée requise de 172, le coefficient est 160/172 = 0,9302.
Exemple : SAM de 30 000 € avec taux plein et tous les trimestres → 30 000 × 50 % × 1 = 15 000 €/an, soit 1 250 €/mois de pension de base. La pension maximale de base est donc d'environ 2 002,50 €/mois en 2026 (50 % du PMSS de 4 005 €). Ce plafond ne concerne que la retraite de base : la complémentaire Agirc-Arrco n'est pas plafonnée.
Retraite complémentaire Agirc-Arrco
La retraite complémentaire fonctionne par points. Chaque année, vos cotisations sont converties en points selon le prix d'achat du point, appelé salaire de référence (20,1877 € en 2026, inchangé). Seule la part contractuelle de la cotisation crée des droits : 6,20 % du salaire sur la tranche 1 (jusqu'à 1 PASS) et 17 % sur la tranche 2 (de 1 à 8 PASS) — le taux d'appel de 127 % qui porte les cotisations réellement prélevées à 7,87 % et 21,59 % finance l'équilibre du régime sans générer de points. Au moment du départ, votre nombre total de points est multiplié par la valeur de service du point (1,4386 €, inchangée depuis le 1er novembre 2024).
Exemple : un salarié ayant accumulé 8 000 points touchera 8 000 × 1,4386 = 11 509 €/an, soit ~959 €/mois de complémentaire.
À noter (2025-2026) : faute d'accord paritaire entre les partenaires sociaux, l'Agirc-Arrco a gelé la valeur de service du point au 1er novembre 2025 — une première depuis la création du régime unifié en 2019. Les pensions complémentaires n'ont donc pas été revalorisées cette année ; la valeur reste figée à 1,4386 € au moins jusqu'au 31 octobre 2026.
Le malus temporaire (coefficient de solidarité de -10 % pendant 3 ans, ou jusqu'à 67 ans) a été supprimé : il ne s'applique plus aux retraites prenant effet à compter du 1er décembre 2023, et il a cessé d'être prélevé le 1er avril 2024 pour les pensions liquidées avant cette date. Le bonus temporaire (coefficient majorant de +10 % pendant 1 an) a suivi le même sort : il n'est maintenu que pour les assurés nés avant le 1er septembre 1961, non concernés par la réforme. Si vous partez aujourd'hui, ni malus ni bonus ne s'appliquent à votre complémentaire.
Dispositifs de départ anticipé
Plusieurs dispositifs permettent de partir avant l'âge légal de 64 ans :
- Carrière longue (RACL) : départ possible dès 58 ans (début avant 16 ans), 60 ans (avant 18 ans), 63 ans (avant 21 ans), ou à un âge variable selon la génération entre 60 et 61 ans et 9 mois (avant 20 ans). Il faut réunir la durée d'assurance cotisée de sa génération : la réforme de 2023 a supprimé la majoration de 4 à 8 trimestres qui existait auparavant. Elle a par ailleurs élargi les trimestres réputés cotisés (congé parental dans la limite de 4 trimestres, service national).
- Handicap : départ possible dès 55 ans au taux plein, sous condition de durée d'assurance cotisée accomplie en situation de handicap (article L. 351-1-3 du CSS). Le critère est un taux d'incapacité permanente d'au moins 50 % : depuis le 1er janvier 2016, la seule RQTH ne suffit plus, elle ne vaut que pour les périodes antérieures au 31 décembre 2015.
- Pénibilité (C2P) : le Compte Professionnel de Prévention recense l'exposition à six facteurs de risques (travail de nuit, équipes successives alternantes, bruit, températures extrêmes, milieu hyperbare, activités répétitives). Les décrets du 10 août 2023 ont supprimé le plafond de 100 points sur la carrière. 10 points = 1 trimestre de majoration, dans la limite de 8 trimestres, ce qui avance le départ de 2 ans au maximum par rapport à l'âge légal de la génération, sans descendre sous 60 ans.
- Incapacité permanente : taux d'IPP ≥ 20 % (AT/MP) → départ à 60 ans au taux plein sans condition de trimestres. Taux d'IPP entre 10 et 19 % → départ 2 ans avant l'âge légal de la génération, avec 17 ans d'exposition aux facteurs de risques.
- Minimum contributif : si votre pension de base complète reste faible, elle est portée à un plancher — environ 756 € par mois, ou 904 € avec la majoration à partir de 120 trimestres cotisés (montants 2026). Une majoration de 10 % s'ajoute par ailleurs à la pension des parents de 3 enfants ou plus.
Comment votre pension est-elle calculée ?
La retraite d'un salarié du secteur privé classique se compose toujours de deux étages :
1. La Retraite de Base (CNAV)
Calculée sur la moyenne de vos 25 meilleures années de salaires bruts, limitées par le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS).
Si vous réunissez la durée d'assurance de votre génération (170, 171 ou 172 trimestres selon l'année de naissance), vous obtenez le « taux plein », soit 50 % de ce salaire annuel moyen.
2. La Complémentaire (Agirc-Arrco)
Ce régime fonctionne par points. Chaque mois, vos cotisations salariales et patronales sont converties en points.
Au départ à la retraite, le total des points acquis est multiplié par la valeur de service du point (1,4386 €, fixée au 1er novembre 2024 puis gelée au 1er novembre 2025, faute d'accord entre les partenaires sociaux) pour donner le montant annuel brut.
Foire aux questions
Sources officielles : LFSS 2026, art. 104 et 105 — loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (Légifrance) · Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 portant réforme des retraites (Légifrance) · service-public.gouv.fr — Durée d'assurance et âge de départ · service-public.gouv.fr — Retraite anticipée pour carrière longue · L'Assurance retraite — Carrière longue et suspension de la réforme · Agirc-Arrco — Paramètres du régime (valeur du point, salaire de référence) · INRS — Compte professionnel de prévention (C2P)
Contenu vérifié — dernière vérification : août 2026
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