Depuis la réforme de 2021, le DUT Génie Industriel et Maintenance a cédé la place au BUT GIM en trois ans, reconnu niveau 6 au RNCP — soit l'équivalent d'une licence universitaire dans tout l'espace européen.

La formation regroupe environ 5 500 étudiants dans une trentaine d'IUT en France, avec un tronc commun de 1 800 h, une spécialisation de 600 h en BUT3 et 22 à 26 semaines de stages cumulés selon le rapport de l'ADIUT.

Son objectif : former des techniciens supérieurs polyvalents capables de maintenir, fiabiliser et améliorer des systèmes pluritechniques mêlant mécanique, électricité, automatismes, hydraulique, pneumatique et informatique industrielle.

Programme détaillé, IUT proposant la filière, salaires en alternance et à la sortie, secteurs qui embauchent, comparaison avec le BTS Maintenance et les écoles d'ingénieurs : voici le décryptage complet du Bachelor Universitaire de Technologie Génie Industriel et Maintenance.

1. Le BUT GIM en bref : du DUT au Bachelor Bac+3

Le Bachelor Universitaire de Technologie Génie Industriel et Maintenance remplace l'ex-DUT GIM depuis la rentrée 2021, dans le cadre de la réforme portée par la DGESIP (Direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle).

L'ancien DUT s'étalait sur deux ans (Bac+2). Le BUT, lui, dure trois ans et délivre désormais un diplôme national niveau 6 au cadre national des certifications (RNCP), équivalent du grade Licence reconnu dans tout l'espace européen de l'enseignement supérieur.

Concrètement, la fiche RNCP de France Compétences décrit un profil de technicien supérieur polyvalent, capable de prendre en charge des systèmes pluritechniques mêlant mécanique, électricité industrielle, automatismes programmables, hydraulique, pneumatique et informatique industrielle.

Sur le plan quantitatif, l'Assemblée des Directeurs d'IUT (ADIUT) recense environ 5 500 étudiants inscrits en BUT GIM toutes années confondues, répartis sur une trentaine de départements universitaires en France.

Le volume horaire est dense : 1 800 h de tronc commun sur les trois années, 600 h supplémentaires dédiées à la spécialisation en BUT3, complétées par 22 à 26 semaines de stages cumulés et 600 à 1 000 h de projets tuteurés. Le diplôme totalise 180 crédits ECTS.

La logique pédagogique repose sur l'approche par compétences définies par le Programme National (PN GIM), publié par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Cinq blocs de compétences structurent le diplôme : maintenance, amélioration continue, déploiement de solutions, management d'équipe et communication professionnelle.

Sources : France Compétences (fiche RNCP BUT GIM), MESR — Programme National BUT GIM, ADIUT, DGESIP.

2. Programme détaillé sur 3 ans

Le Programme National BUT GIM, validé par la DGESIP, organise la progression en trois années avec une montée en spécialisation graduelle. Voici la décomposition observée dans la quasi-totalité des IUT français.

BUT1 : tronc commun pluritechnique

La première année pose les fondamentaux scientifiques et techniques. Au programme : mathématiques, physique, sciences industrielles pour l'ingénieur (SII), dessin technique et CAO/DAO sur SolidWorks, Catia ou AutoCAD selon les IUT.

Côté maintenance, l'étudiant aborde la maintenance corrective et préventive, la lecture de schémas mécaniques, électriques et fluidiques, les bases de l'électricité industrielle, des automatismes, ainsi que la communication professionnelle et la gestion d'équipe.

BUT2 : approfondissement et alternance possible

En deuxième année, l'étudiant approfondit la maintenance prédictive via les techniques d'analyse vibratoire (norme ISO 10816), de thermographie infrarouge et d'analyse d'huile sur les équipements tournants.

Les automates programmables industriels sont au cœur des enseignements : Siemens TIA Portal, Rockwell Automation, Schneider Unity Pro / EcoStruxure selon les plateformes pédagogiques des IUT.

L'année introduit également la gestion de projet maintenance, l'économie de la maintenance (TCO, MTBF, MTTR) et la prise en main des GMAO du marché : Coswin, Carl Source, IBM Maximo notamment. C'est dès la BUT2 qu'il devient possible de basculer en alternance.

BUT3 : spécialisation + stage long ou alternance

La troisième année se structure autour de trois parcours au choix, définis par le Programme National. Chaque IUT n'ouvre généralement qu'un ou deux parcours selon ses ressources et son bassin économique.

Parcours BUT3 Orientation Débouchés principaux
MMI
Management de la Maintenance Industrielle
Pilotage d'équipes, économie maintenance, fiabilité Responsable méthodes, chef d'équipe, pilote fiabilité, technicien GMAO
ISCI
Ingénierie des Systèmes de Conduite Industrielle
Automatismes avancés, supervision, intégration Technicien automatismes, intégrateur, mise en service, supervision
MII
Management de l'Innovation et de l'Intrapreneuriat
Conduite du changement, projets d'amélioration, lean Chargé d'amélioration continue, chef de projet industriel, intrapreneur

Source : Programme National BUT GIM, DGESIP / MESR.

La BUT3 inclut un stage long de 12 à 22 semaines en entreprise pour la voie initiale, complété par la rédaction et la soutenance d'un mémoire professionnel. En alternance (BUT2 + BUT3 ou BUT3 seul), le rythme est typiquement de 2 semaines en entreprise / 1 semaine en cours.

Le financement de l'alternance repose principalement sur OPCO 2i (interindustriel), OPCO Mobilités ou AKTO selon le secteur de l'employeur. Le contrat d'apprentissage est ouvert jusqu'à 29 ans révolus ; le contrat de professionnalisation n'a pas de limite d'âge pour les demandeurs d'emploi.

Sources : Programme National BUT GIM (MESR/DGESIP), ADIUT, OPCO 2i, France Compétences (RNCP).

3. Les IUT proposant le BUT GIM et la sélection Parcoursup

Selon le portail officiel de l'ADIUT, environ une trentaine d'IUT répartis sur le territoire français proposent le BUT Génie Industriel et Maintenance.

Parmi les départements GIM identifiés : Aix-Marseille, Bourges, Brest, Chambéry, Cherbourg, Dijon-Auxerre, Le Mans, Lille, Limoges, Lorient, Lyon, Metz, Nancy-Brabois, Nantes, Nîmes, Reims-Châlons, Roanne, Saint-Étienne, Saint-Nazaire, Senlis, Tarbes, Toulouse, Tours, Villetaneuse (Paris-Nord), et plusieurs autres en outre-mer ou en région.

Les modalités d'études

Deux grandes voies coexistent. La voie initiale classique propose les trois années à temps plein à l'université, avec 22 à 26 semaines de stages cumulées et des projets tuteurés tout au long du cursus.

La voie alternance peut être engagée dès la BUT2, ou seulement en BUT3 selon les départements. Le contrat est généralement signé avec un industriel local — sidérurgie, agroalimentaire, énergie, prestataires de maintenance — et co-piloté par un tuteur entreprise et un tuteur universitaire.

L'admission via Parcoursup

L'entrée en BUT GIM passe systématiquement par la plateforme Parcoursup. La sélection est basée sur l'examen du dossier scolaire de Première et Terminale, complété parfois par un entretien de motivation selon les IUT.

Les profils visés en priorité : Bac STI2D (spécialités ITEC, EE, SIN ou AC), Bac général à dominante scientifique (spécialités Mathématiques, Physique-Chimie, SI ou NSI), et Bac Professionnel à caractère industriel (MEI, MELEEC, Maintenance des Véhicules, Productique) avec une mention Bien minimum pour maximiser ses chances d'admission, comme le rappelle le rapport Onisep 2025 sur les BUT industriels.

Sources : ADIUT (annuaire des IUT), Parcoursup (offre de formation BUT), Onisep, MESR (quotas de recrutement).

4. Salaires en alternance et à la sortie du diplôme

Pendant le BUT en alternance

En contrat d'apprentissage, la rémunération est encadrée par le Code du travail (Art. D. 6222-26 et suivants). Elle dépend de l'âge de l'apprenti et de l'année d'exécution du contrat, exprimée en pourcentage du SMIC.

Pour un apprenti BUT GIM, la fourchette pratique se situe entre 27 % et 78 % du SMIC, soit environ 480 à 1 300 € net mensuels selon l'âge (18-20 ans, 21-25 ans, 26 ans et plus) et l'année du cycle. À cela s'ajoutent dans la plupart des entreprises industrielles une prise en charge des transports et des repas.

À la sortie : fourchettes de salaires observées

Les enquêtes Génération du CEREQ et les Baromètres APEC des techniciens et techniciens supérieurs convergent sur des ordres de grandeur stables pour les diplômés BUT GIM en début de carrière.

Poste Expérience Fourchette brute annuelle
Technicien maintenance industrielle junior 0-2 ans 28 000 – 38 000 €
Technicien méthodes maintenance 1-3 ans 30 000 – 40 000 €
Technicien GMAO / pilote fiabilité 2-4 ans 32 000 – 44 000 €
Chef d'équipe maintenance 3-5 ans 38 000 – 50 000 €
Responsable maintenance / ingénieur fiabilité (post-licence pro ou Cnam) 5+ ans 50 000 – 80 000 €

Fourchettes indicatives — sources : enquêtes Génération CEREQ, baromètres APEC, observatoires de branche AFIM.

Côté évolution de carrière, le parcours classique observé conduit du poste de technicien à celui de chef d'équipe (3-5 ans), puis responsable maintenance (7-10 ans), avec une éventuelle bascule vers un poste d'ingénieur fiabilité ou de responsable méthodes via une licence professionnelle, un diplôme d'ingénieur du Cnam ou une école en alternance ITII.

Sources : CEREQ (enquêtes Génération), APEC (baromètres techniciens), Code du travail (Art. D. 6222-26 et s.), AFIM (Association Française des Ingénieurs et Responsables de Maintenance).

5. Secteurs et entreprises qui recrutent

Le diplôme BUT GIM est l'un des plus recherchés du paysage industriel français. Les enquêtes Besoins en Main-d'Œuvre (BMO) de France Travail (ex-Pôle emploi) classent depuis plusieurs années les métiers de la maintenance industrielle parmi les 10 métiers les plus en tension à l'échelle nationale.

Industrie lourde

Sidérurgie, pétrochimie et raffinage, nucléaire (filière EDF DPN et ses prestataires recrutent plusieurs centaines de techniciens par an), aéronautique (production et MRO), automobile (montage et powertrain).

Agroalimentaire

Premier employeur industriel de France selon l'INSEE. Plusieurs milliers de postes de maintenance industrielle ouverts chaque année dans les conserveries, laiteries, abattoirs, biscuiteries et lignes de conditionnement.

Pharma & cosmétique

Sites de production pharmaceutique, cosmétique et parfumerie, soumis à des contraintes BPF/GMP fortes. Maintenance d'utilités, salles blanches, conditionnement, automatisation, traitement d'air et d'eau.

Énergies renouvelables

Hydroélectrique, parcs éoliens onshore et offshore, photovoltaïque, gigafactories de batteries en construction dans les Hauts-de-France. Besoins de techniciens multi-technique et automatismes.

Data centers

Pénurie aiguë de techniciens multi-technique (CVC, électricité, groupes froids, onduleurs, GTC). Sites en région parisienne, Marseille, Lyon, Strasbourg. Marché en forte croissance.

Prestataires de maintenance industrielle

Acteurs spécialisés du contrat de maintenance industrielle, intervenant en interventions planifiées, arrêts de tranche et maintenance externalisée. Vivier d'emploi très actif pour les jeunes diplômés.

Insertion à 6 mois : un des meilleurs taux toutes formations confondues

Les enquêtes Génération du CEREQ rapportent un taux d'insertion supérieur à 92 % à six mois pour les diplômés BUT GIM (ex-DUT GIM avant 2024), un des meilleurs niveaux mesurés dans l'enseignement supérieur français selon la DGESIP.

Taux d'insertion à 6 mois des diplômés GIM (BUT et ex-DUT) par secteur d'embauche — fourchettes indicatives issues des enquêtes CEREQ Génération et baromètres ADIUT.

Sources : CEREQ (enquêtes Génération), France Travail (BMO), DGESIP, ADIUT, AFIM, INSEE.

6. BUT GIM vs BTS Maintenance vs écoles d'ingénieurs : pour qui ?

Le BUT GIM n'est pas la seule porte d'entrée vers les métiers de la maintenance industrielle. Voici les principales alternatives, et les profils qu'elles servent le mieux selon les orientations Onisep et les fiches RNCP.

BUT GIM (Bac+3)

Durée : 3 ans

Niveau RNCP : 6 (grade Licence)

Polyvalence pluritechnique, accès masters et écoles d'ingénieurs en admission parallèle, alternance possible BUT2 ou BUT3.

BTS Maintenance des Systèmes (Bac+2)

Durée : 2 ans

Niveau RNCP : 5

Plus rapide vers l'emploi, fortement orienté terrain, alternance répandue. Trois options : production, énergie, éolien.

Licence Pro Maintenance (Bac+3)

Durée : 1 an post-BTS/BUT2

Niveau RNCP : 6

Voie alternative pour spécialiser un BTS ou un BUT2, accent professionnel local, alternance quasi systématique.

Diplôme d'ingénieur (Bac+5)

Durée : 5 ans (ou 3 ans post-BUT)

Niveau RNCP : 7

Salaire d'entrée 28-50 % supérieur, postes d'encadrement, accès direct aux fonctions ingénierie/R&D.

À qui s'adresse vraiment le BUT GIM ?

Le BUT GIM cible des profils techniques motivés par le terrain, qui souhaitent un Bac+3 polyvalent reconnu sans s'engager immédiatement dans cinq ans d'études. C'est aussi un excellent tremplin vers l'ingénierie par voie d'admission parallèle : Polytech, INSA, écoles des Mines, ENI, ITII, Cnam.

C'est également une voie particulièrement intéressante pour les reconversions professionnelles d'adultes, via le contrat de professionnalisation sans limite d'âge ou via le dispositif Pro-A pour les salariés déjà en poste qui souhaitent évoluer vers la maintenance industrielle.

À l'inverse, un candidat qui souhaite rejoindre l'emploi en 2 ans aura intérêt à privilégier le BTS Maintenance des Systèmes. Et un candidat visant des postes d'ingénieur fiabilité, d'expert méthodes ou de chef de projet R&D devrait viser dès le départ une école d'ingénieurs, ou utiliser le BUT GIM comme rampe d'accès via une admission parallèle en BUT3 ou post-BUT.

Sources : Onisep, France Compétences (RNCP), MESR, ADIUT, fiches branche AFIM.

Conclusion : un Bac+3 industriel qui tient ses promesses

Le BUT GIM s'est imposé comme l'un des Bac+3 les plus solides du paysage industriel français. Son passage au niveau 6 RNCP en 2021 a renforcé sa valeur sur le marché du travail et facilité les passerelles vers les écoles d'ingénieurs ou les masters universitaires.

Son atout principal reste la polyvalence pluritechnique : la rareté des profils capables de maintenir indifféremment de la mécanique, de l'électricité, des automatismes et des fluides explique un taux d'insertion supérieur à 92 % à six mois et des tensions de recrutement durables sur tous les bassins industriels — du Dunkerquois aux gigafactories des Hauts-de-France, des laiteries de l'Ouest aux data centers d'Île-de-France. Pour les candidats qui acceptent la mobilité et qui aiment le terrain, c'est aujourd'hui l'un des choix de carrière les plus stables et les mieux valorisés.

Sources & Références :

  • • France Compétences (RNCP BUT GIM)
  • • MESR / DGESIP (Programme National BUT GIM)
  • • CEREQ (Enquêtes Génération)
  • • ADIUT (Assemblée des Directeurs d'IUT)
  • • OPCO 2i
  • • AFIM
  • • France Travail (BMO)
  • • Onisep
  • • Code du travail (Art. D. 6222-26 et s.)
  • • APEC (baromètres techniciens)