Chômage après une mission d'intérim
Calcul de l'ARE, durée et date du 1er versement
Missions courtes, intercontrats, IFM, congés payés soldés à chaque fin de contrat : le calcul de l'allocation d'un intérimaire n'a rien à voir avec celui d'un salarié en CDI. Ce simulateur applique les règles réellement utilisées par France Travail.
L'idée reçue n° 1 en intérim : « mes IFM font monter mon chômage »
C'est faux. L'indemnité de fin de mission (IFM) et l'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) sont des indemnités liées à la rupture du contrat : elles sont exclues du salaire de référence qui sert à calculer l'ARE. Elles vous sont bien versées, mais elles n'augmentent pas d'un centime votre allocation.
L'ICCP joue même contre vous à court terme : elle génère un différé congés payés qui repousse votre premier virement (jusqu'à 30 jours). Le simulateur ci-dessous vous aide à isoler la part de brut réellement prise en compte. Source : service-public.gouv.fr.
Vos missions sur la période de référence
Récapitulatif annuel de vos agences ou attestations France Travail1. Votre profil
2. Vos rémunérations de mission
3. Vos jours de mission et d'intercontrat
Votre estimation d'allocation
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Estimation indicative. Seule la notification de droits de France Travail fait foi : elle seule intègre vos périodes de maladie, vos éventuels contrats hors intérim et le détail mois par mois de vos bulletins.
Je reprends une mission pendant mon indemnisation
Cumul ARE + salaire : combien me restera-t-il ?C'est la situation la plus courante en intérim : une mission de quelques jours ou semaines tombe alors que vous êtes indemnisé. France Travail ne suspend pas vos droits, il déduit 70 % du salaire brut du mois et reporte les jours non consommés à la fin de vos droits.
Barème ARE 2026 : ce que donne un salaire d'intérim
| Salaire de mission (brut mensuel, hors IFM/ICCP) | SJR | ARE brute / jour | ARE nette / mois | Taux |
|---|---|---|---|---|
| 1 500 € | 49,32 € | 33,10 € | 964 € | 67 % |
| 1 800 € | 59,18 € | 37,08 € | 1 059 € | 63 % |
| 2 000 € | 65,75 € | 39,74 € | 1 133 € | 60 % |
| 2 200 € | 72,33 € | 42,40 € | 1 207 € | 59 % |
| 2 500 € | 82,19 € | 46,85 € | 1 332 € | 57 % |
| 2 800 € | 92,05 € | 52,47 € | 1 491 € | 57 % |
| 3 000 € | 98,63 € | 56,22 € | 1 598 € | 57 % |
| 3 500 € | 115,07 € | 65,59 € | 1 735 € | 57 % |
Hypothèse : emploi continu sans intercontrat (SJR = salaire mensuel × 12 / 365). Avec des intercontrats, le SJR baisse et l'allocation avec lui — d'où l'intérêt du simulateur. Net après participation de 3 % du SJR à la retraite complémentaire et, au-delà de 61 € par jour, CSG 6,2 % et CRDS 0,5 % sur 98,25 % de l'allocation. Le taux affiché est le rapport allocation brute / SJR.
Chômage et intérim : le guide complet 2026
Un intérimaire n'est pas un salarié précaire aux yeux de l'assurance chômage : c'est un salarié dont le contrat s'achève par nature, souvent plusieurs fois par an. Cette spécificité change trois choses : la façon dont le salaire journalier de référence est calculé, le délai avant le premier virement, et la mécanique de cumul quand une nouvelle mission tombe. Ce guide reprend chacune de ces règles telles qu'elles s'appliquent en 2026.
Une fin de mission ouvre bien droit au chômage
L'arrivée du terme d'un contrat de mission constitue une perte involontaire d'emploi, exactement comme une fin de CDD. Vous pouvez donc vous inscrire à France Travail dès le lendemain de votre dernier jour de mission, et l'ancienneté cumulée de toutes vos agences compte, sans distinction.
Trois situations font en revanche perdre ce caractère involontaire :
- Le refus de deux propositions de CDI au cours des 12 derniers mois, sur le même emploi ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente, une durée de travail et une classification comparables et sans changement du lieu de travail. L'agence est tenue de signaler chaque refus à France Travail (article L1251-33-1 du Code du travail). Un refus isolé ne fait pas perdre le droit.
- La rupture anticipée à votre initiative sans motif légitime (hors embauche en CDI, qui reste toujours possible).
- Le licenciement pour faute lourde pendant la mission, qui prive également d'IFM.
Dans le doute, inscrivez-vous quand même : c'est France Travail qui qualifie la fin de contrat, et un refus peut être contesté.
Condition d'affiliation : 130 jours ou 910 heures
Pour ouvrir un droit, il faut justifier de 130 jours travaillés ou 910 heures — environ six mois — au cours des 24 mois précédant la fin de la dernière mission. Cette période de recherche passe à 36 mois à partir de 55 ans. Toutes vos missions, quelle que soit l'agence, s'additionnent.
Le décret n° 2026-214 du 28 mars 2026 abaisse la condition d'affiliation à 108 jours travaillés ou 758 heures (environ 5 mois) pour les demandeurs d'emploi n'ayant perçu aucune ARE au cours des 20 dernières années et ayant perdu involontairement leur emploi. La durée minimale d'indemnisation correspondante est de 152 jours. Une mesure directement utile aux jeunes qui démarrent leur vie professionnelle par des missions d'intérim.
Les saisonniers bénéficient de longue date d'une condition allégée équivalente (108 jours ou 758 heures de contrats saisonniers).
IFM et congés payés : exclus du salaire de référence
C'est le point le plus mal compris de l'intérim. Le salaire de référence retenu par l'assurance chômage regroupe les rémunérations perçues en contrepartie du travail : salaire de base, heures supplémentaires, majorations d'équipe ou de nuit, primes de rendement, primes de poste, 13e mois, indemnités de panier soumises à cotisations.
Sont en revanche expressément écartées les sommes liées à la rupture du contrat :
| Somme perçue en intérim | Compte pour l'ARE ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| Salaire de mission, heures supplémentaires, majorations | Oui | Contrepartie directe du travail |
| Primes de poste, de rendement, 13e mois | Oui | Primes soumises à cotisations |
| IFM (indemnité de fin de mission, 10 %) | Non | Indemnité de fin de contrat |
| ICCP (congés payés soldés, 10 %) | Non | Indemnité compensatrice de congés payés |
| Indemnités journalières de Sécurité sociale (arrêt maladie) | Non | Revenu de remplacement, non salarial |
| Remboursements de frais (transport, repas non soumis) | Non | Frais professionnels |
La conséquence pratique est simple : environ 21 % du brut figurant sur vos bulletins d'intérim ne servent pas à calculer votre allocation (10 % d'IFM, puis 10 % de congés payés calculés sur salaire + IFM). C'est aussi pour cette raison qu'un intérimaire et un salarié en CDI au même taux horaire n'ont pas la même allocation, alors que leurs fiches de paie affichent des totaux différents.
Un point mérite d'être souligné pour lever toute ambiguïté : ces sommes sont bien soumises à cotisations sociales, y compris aux contributions d'assurance chômage. Le fait de cotiser dessus ne les fait pas pour autant entrer dans le salaire de référence — la réglementation raisonne sur la nature de la somme, pas sur son assujettissement.
Le SJR quand on enchaîne les missions courtes
Le salaire journalier de référence (SJR) divise le salaire de référence par le nombre de jours calendaires de la période, du premier jour de la première mission au dernier jour de la dernière. Les week-ends, les jours fériés et surtout les intercontrats font donc partie du diviseur — ce qui, mécaniquement, écrase l'allocation des parcours fractionnés.
C'est précisément pour corriger cet effet qu'un plafond existe : les jours non travaillés ne sont retenus que dans la limite de 70 % du nombre de jours travaillés. Ce plafond, ramené de 75 % à 70 % au 1er avril 2025 par la convention du 15 novembre 2024, améliore l'allocation de ceux qui alternent missions et périodes creuses.
Un intérimaire logistique a travaillé 200 jours sur 24 mois, pour 16 000 € de salaires de mission (hors IFM et ICCP), avec 300 jours d'intercontrat.
- Sans plafond : 16 000 / (200 + 300) = 32,00 € de SJR → allocation ramenée à 75 % du SJR, soit 24,00 €/jour.
- Avec le plafond de 70 % : intercontrats retenus = 200 × 0,70 = 140 jours. SJR = 16 000 / 340 = 47,06 € → allocation de 32,19 €/jour, soit +34 %.
Le salaire de référence est par ailleurs plafonné à 16 020 € par mois en 2026 (quatre fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale), ce qui borne le SJR à 526,68 € par jour — une limite qu'un intérimaire n'atteint jamais en pratique.
Le montant : deux formules, le meilleur des deux
L'allocation journalière brute retient le plus élevé de ces deux calculs :
- 40,4 % du SJR + 13,18 € de partie fixe — avantageux sur les petits salaires ;
- 57 % du SJR — avantageux au-delà de 2 415 € brut mensuels environ.
Trois bornes s'appliquent ensuite, dans cet ordre :
- un plancher de 32,13 € par jour ;
- un plafond de 75 % du SJR, qui prend le dessus sur le plancher pour les très petits salaires (en dessous de 1 303 € brut mensuels, l'allocation revient à 75 % du salaire) ;
- un maximum théorique de 300,21 € par jour.
Ces montants sont ceux de la revalorisation du 1er juillet 2025 : le conseil d'administration de l'Unédic du 30 juin 2026 n'a pas dégagé de majorité pour revaloriser les allocations au 1er juillet 2026, qui restent donc inchangées.
Deux retenues transforment ce brut en net : une participation de 3 % du SJR au titre de la retraite complémentaire, qui ne peut jamais faire descendre l'allocation sous 32,13 € ; puis la CSG à 6,2 % et la CRDS à 0,5 %, assises sur 98,25 % de l'allocation et prélevées uniquement au-delà d'un seuil fixé à 61 € par jour au 1er janvier 2026 (et sous réserve du revenu fiscal de référence du foyer, qui peut donner droit à un taux réduit ou à une exonération). Enfin, l'ARE est imposable et pré-remplie dans votre déclaration.
Combien de temps : 548, 685 ou 822 jours
La durée d'indemnisation repose sur le même décompte de jours calendaires que le SJR (intercontrats plafonnés à 70 %), multiplié par le coefficient 0,75 instauré le 1er février 2023. Elle est ensuite encadrée :
| Âge à la fin de mission | Durée maximale | Période de référence |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 548 jours (18 mois) | 24 mois |
| 55 à 56 ans | 685 jours (22,5 mois) | 36 mois |
| 57 ans et plus | 822 jours (27 mois) | 36 mois |
Ces paliers d'âge ont été relevés de 53 à 55 ans et de 55 à 57 ans par la convention du 15 novembre 2024, applicable depuis le 1er avril 2025. La durée minimale est de 182 jours (152 jours pour les primo-entrants depuis le 1er avril 2026).
Un complément de fin de droits, qui allonge l'indemnisation, n'est mobilisable qu'en cas de dégradation de la conjoncture constatée par arrêté (chômage atteignant 9 % ou hausse de 0,8 point sur un trimestre). Il n'est pas déclenché en août 2026.
Pourquoi le premier virement tarde autant en intérim
C'est la deuxième grande spécificité du travail temporaire. Trois délais se cumulent entre la fin de mission et le premier paiement :
- Le différé congés payés : montant de l'ICCP divisé par le SJR, plafonné à 30 jours. Un intérimaire soldant ses congés payés à chaque fin de contrat atteint très souvent ce plafond, alors qu'un salarié en CDI qui a pris ses congés n'a aucun différé.
- Le différé spécifique, en cas d'indemnités de rupture supra-légales : montant divisé par 111,8 en 2026, plafonné à 150 jours (75 jours pour un licenciement économique). Situation rare en intérim, l'IFM étant une indemnité légale.
- Le délai d'attente de 7 jours, incompressible, appliqué une seule fois par période de 12 mois.
En pratique, un intérimaire qui perçoit une ICCP significative attend fréquemment un mois et demi avant son premier virement. Anticipez cette trésorerie : l'inscription à France Travail doit se faire immédiatement, puisque les différés courent à partir de l'inscription et non du paiement.
Reprendre une mission sans perdre ses droits
Accepter une mission de deux semaines pendant l'indemnisation ne fait perdre ni le droit ni le montant. France Travail applique le cumul allocation-salaire :
- il déduit 70 % du salaire brut du mois de l'allocation mensuelle théorique ;
- il divise le reste par l'allocation journalière pour obtenir le nombre de jours indemnisés du mois ;
- le total salaire + allocation ne peut pas dépasser 30 fois le SJR, c'est-à-dire votre ancien salaire mensuel de référence ;
- les jours non indemnisés ne sont pas perdus : ils repoussent d'autant la date de fin de droits.
Deux réflexes sont indispensables : déclarer la mission à chaque actualisation mensuelle (une omission entraîne un trop-perçu, réclamé ensuite), et rester inscrit comme demandeur d'emploi pendant la mission.
À l'épuisement des droits, le rechargement prend le relais : il suffit de justifier de 130 jours travaillés ou 910 heures depuis la précédente ouverture de droits pour qu'un nouveau droit soit calculé sur les périodes récentes. Pour un intérimaire régulièrement en mission, ce mécanisme joue quasi automatiquement.
Dégressivité : peu d'intérimaires concernés
La réduction de 30 % de l'allocation à partir du 7e mois d'indemnisation ne vise que les allocataires de moins de 55 ans dont l'allocation journalière dépasse 92,57 €, soit environ 4 940 € brut mensuels. Le plancher de 92,57 € par jour empêche l'allocation de descendre sous ce seuil. Le seuil d'âge protecteur a été abaissé de 57 à 55 ans au 1er avril 2025. En intérim, seuls des profils très qualifiés ou fortement primés atteignent ce niveau de rémunération.
Six erreurs qui coûtent cher aux intérimaires
- Attendre pour s'inscrire. Les différés et le délai d'attente courent à compter de l'inscription : chaque semaine de retard décale d'autant le premier virement, sans jamais le rattraper.
- Ne pas réclamer ses attestations. Chaque agence doit fournir une attestation d'employeur destinée à France Travail à la fin de chaque mission. Une attestation manquante, c'est une période absente du calcul — donc un SJR et une durée sous-évalués.
- Refuser des CDI sans mesurer les conséquences. Deux refus de CDI sur un emploi identique ou similaire au cours des 12 derniers mois font perdre le bénéfice de l'ARE. Chaque refus est signalé à France Travail par l'agence.
- Croire que les IFM gonflent l'allocation. Elles n'entrent pas dans le salaire de référence, et l'ICCP retarde même le premier paiement.
- Oublier de déclarer une mission courte à l'actualisation. Le trop-perçu sera récupéré, parfois plusieurs mois plus tard, sur les allocations suivantes.
- Ignorer les périodes de maladie. Les arrêts de travail sont neutralisés dans la période de référence : signalez-les, ils évitent de gonfler artificiellement le diviseur du SJR.
Questions fréquentes — Chômage et intérim
Sources officielles : service-public.gouv.fr — Comment est calculé le salaire journalier de référence ? (sommes exclues : IFM, ICCP) · Unédic — Salaire de référence · Unédic — Quel sera le montant de mon allocation chômage ? · Unédic — Pas de revalorisation des allocations au 1er juillet 2026 · Unédic — Assurance chômage : condition d'accès assouplie pour les primo-entrants · Unédic — Différé congés payés · Unédic — Cumul allocation / salaire · France Travail — Ai-je droit à l'allocation chômage (ARE) ? · Légifrance — Convention du 15 novembre 2024 relative à l'assurance chômage
Contenu vérifié — dernière vérification : août 2026
Repères ARE 2026
À retenir
Vos IFM et votre indemnité de congés payés ne comptent pas dans le calcul de l'ARE. Ne les incluez pas dans le total brut, sinon votre estimation sera surévaluée d'environ 21 %.
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