Le 12 février 2025, le CEA Cadarache a annoncé un record mondial : un plasma de fusion maintenu pendant 1 337 secondes (22 minutes et 17 secondes) à l'intérieur du tokamak WEST. Une étape majeure dans la maîtrise de la fusion nucléaire, technologie au cœur du futur réacteur ITER, en construction sur le même site.
Cette vidéo, en format court, revient sur l'exploit français : un plasma à plus de 50 millions de degrés, confiné par champ magnétique, stable plus de vingt minutes. Pour les ingénieurs en physique des plasmas, étudiants en énergie et passionnés du nucléaire de demain, c'est un repère scientifique majeur.
Qu'est-ce qu'un tokamak ?
Un tokamak est une chambre toroïdale (en forme de beignet) dans laquelle on confine un plasma — gaz ionisé porté à plusieurs dizaines de millions de degrés — au moyen de champs magnétiques très puissants. À ces températures, les noyaux légers (deutérium, tritium) fusionnent et libèrent de l'énergie : c'est la même réaction qui alimente les étoiles.
| Caractéristique | WEST (CEA Cadarache) |
|---|---|
| Type | Tokamak supraconducteur |
| Volume du plasma | ≈ 15 m³ |
| Température cible | 50 à 100 millions °C |
| Record de durée plasma (fév. 2025) | 1 337 secondes (22 min 17 s) |
| Précédent record | EAST (Chine), 1 056 s en 2023 |
| Mission | Préparer ITER, tester divertor en tungstène |
Pourquoi ce record est historique
Maintenir un plasma stable pendant plus de 22 minutes répond à l'un des verrous techniques majeurs de la fusion : tenir longtemps dans un état où la moindre instabilité provoque l'extinction immédiate de la réaction. WEST a battu de plusieurs minutes le précédent record détenu par le tokamak chinois EAST.
- Divertor en tungstène : la pièce qui encaisse les flux de chaleur extrêmes, validée par WEST pour ITER.
- Bobines supraconductrices : champ magnétique stable et puissant sans consommation électrique excessive.
- Système de chauffage : injection de neutres et ondes radiofréquence pour porter le plasma à température.
Les métiers de la fusion en France
Physicien des plasmas
Bac+8 (thèse + post-doc), profil rare, recruté par CEA, ITER Organization, EDF R&D ou les universités partenaires. Salaire d'embauche : 38 000 à 45 000 € brut annuels.
Ingénieur cryogénie / supraconducteur
Spécialiste des aimants supraconducteurs travaillant à très basse température (4 K, soit −269 °C). Compétence clé pour ITER. Profil ingénieur Centrale, Polytechnique, INSA, INPG.
Technicien d'exploitation tokamak
Bac+2 ou Bac+3 spécialisé en physique appliquée ou électronique. Travail posté en salle de contrôle pendant les campagnes expérimentales.
Pour aller plus loin
- Notre vidéo du raccordement de l'EPR de Flamanville.
- Notre collection vidéos « Nucléaire ».
- La fiche métier Ingénieur nucléaire.
« Vingt-deux minutes de plasma stable ne sont pas la fusion industrielle, mais c'est un pas décisif vers les conditions opérationnelles d'ITER, qui visera des plasmas en continu de plusieurs heures. » — CEA Cadarache
Source vidéo : YouTube